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Nora Hamzawi au Radiant : enfin grande !

À la télévision, à la radio, dans les magazines et les librairies : Nora Hamzawi est partout. Elle est aussi et surtout sur scène, avec un spectacle qui cartonne, à voir au Radiant le 21 avril.
le Mardi 11 avril 2017 par

Nora Hamzawi au Radiant : enfin grande !

À la télévision, à la radio, dans les magazines et les librairies : Nora Hamzawi est partout. Elle est aussi et surtout sur scène, avec un spectacle qui cartonne, à voir au Radiant le 21 avril.
le Mardi 11 avril 2017 par Gabriel Cnudde

Nora Hamzawi au Radiant : enfin grande !

Crédit Photo : © Sylvain Norget

Nora Hamzawi

Radiant-Bellevue 1 rue Jean Moulin Caluire

Vendredi 21 avril 2017 à 20h30

voir les salles et horaires

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Comment expliquez-vous le succès de votre spectacle depuis 2013 ?
Quand j'ai commencé, il était beaucoup plus court, il ne faisait que quarante minutes. Je m'autoproduisais à l'époque. Le spectacle a évolué. Je ne sais pas vraiment comment expliquer son succès... Moi qui suis angoissée, j'ai plutôt tendance à me dire « pourvu que ça dure ». Je suis hyper heureuse : je l'ai joué à une époque devant dix personnes... Pourquoi les gens sont au rendez-vous aujourd'hui ? Je crois qu'il y a du travail, de la chance, une question de timing. Je pense qu'il y a aussi une question de sincérité : je fais ça depuis des années, ça n'a pas toujours marché. Je pense aussi que le portrait que je dresse sur scène est celui de quelqu'un d'extrêmement normal, qui n'a pas peur de se livrer et de se tourner en dérision. C'est quelqu'un qui rassure les gens dans leur folie ou leur normalité : ils s'y retrouvent.

Ce personnage que vous incarnez, c'est Nora Hamzawi ou un personnage de fiction ?
Entre les deux. C'est un personnage que j'ai créé, mais il n'est pas éloigné de moi. Le quotidien de mon personnage sur scène n'est pas du tout mon quotidien actuel. Généralement quand j'écris, je prends toujours comme base – en caricaturant un peu – une version de moi d'il y a deux ans. J'ai besoin d'avoir du recul sur la situation pour pouvoir en parler. Tout est sincère, ça part de choses que j'ai vraiment vécues. Ensuite je gonfle le trait pour créer le personnage. Quand j'ai pensé le spectacle, je me suis demandé qui était cette fille. Être juste moi, ce n'était pas possible.

Pour remonter un peu plus loin, pourriez-vous nous raconter d'où vient cette envie de faire rire ?
Je pense que plus que de faire rire – il y a tellement de façons différentes de faire rire – j'ai toujours aimé être dans l'empathie. Je n'arrive pas vraiment à expliquer le pourquoi et le comment, mais j'aime bien sentir que ce que je dis résonne chez les gens, que ça les rend moins seuls. Quand les gens me remercient parce qu'ils ont rigolé après une journée pourrie, c'est très chouette. Mais moi j'ai juste envie de leur dire : « en fait merci à vous parce que sans vous je ne peux pas jouer ! » J'ai toujours eu envie de raconter des histoires sans forcément faire rire. Mais je me suis rendu compte que j'aimais bien me tourner en dérision. Je préfère montrer des mauvais côtés de moi que des bons. Du coup ça pousse plus à la comédie qu'à autre chose.

Vous êtes devenue mère il y a un an. De quoi donner de nouvelles idées ?
Évidemment c'est quelque chose d'immense dans une vie, mais justement, tant que je suis au premier degré, que je vis les choses frontalement, j'ai du mal à prendre du recul et à trouver la distance nécessaire à l'autodérision. Pour l'instant, ça reste dans la sphère intime. Là, je commence à avoir du recul sur ces premiers moments, à les observer. Ce qui m'intéresse plus, au-delà de la maternité, c'est le passage à l'âge adulte. Qu'est-ce que ça signifie d'être devenue une grande fille ? C'est un peu tôt pour réussir à trouver les choses justes autour de ça. Mais ça vient doucement.

Vous allez tourner dans le film de votre frère (ndlr, Amro Hamzawi)...
Oui ! On tourne normalement en septembre. Il était scénariste sur le film 20 ans d'écart. Sur le prochain, il sera scénariste et réalisateur, une première. On a hâte. C'est génial, on est vraiment très proches. On a un humour et des goûts artistiques en commun.

Est-ce qu'après toutes ces années à tourner, à animer vos chroniques et à écrire, vous vous faites rire ?
Non, pas trop. Je suis rarement satisfaite de mon travail. Sauf sur scène. Quand il y a eu une soirée où ça a été fou, où j'ai senti que le public a accroché, là j'adore. Ça me rend heureuse. Mais c'est plus le fait d'avoir passé une bonne soirée, pas tellement que je me fais rire. En revanche, je me rends compte que souvent j'ai été hyper dure vis-à-vis de moi-même. En revoyant des trucs d'il y a quelques années, je me dis : « oh bah pourquoi tu t'es pris la tête, c'était pas si mal. » Je me souviens de chroniques sur France Inter dont je suis sortie complètement déprimée. En les revoyant deux ans après, je me dis que ça va, quoi. J'apprends à être plus indulgente avec moi-même, mais pas au point de me faire rire, non.


C'est l'histoire d'une fille...

Infatigable bosseuse qui s'exprime partout où elle le peut, Nora Hamzawi n'est pas une humoriste comme les autres. Loin des clichés d'un humour girly en surabondance, elle a saisi ce qui faisait de l'humour un art universel : s'il permet de rire de tout le monde, il permet aussi et surtout de rire de nous-mêmes.

Si l'on devait qualifier le travail de Nora Hamzawi en un mot, c'est sans aucun doute "naturel" que l'on choisirait. Sur scène, à la télévision, lors de ses chroniques à France Inter ou même au travers de son dernier livre, 30 ans, 10 ans de thérapie, jamais l'humoriste ne se travestit ni ne se déguise. Ce qu'elle raconte, Nora Hamzawi l'a bien souvent vécu. Si elle confesse volontiers prendre au minimum « deux ans » de recul avant de pouvoir rire de ses propres péripéties et qu'elle grossit volontairement les traits les plus noirs de sa personnalité, elle n'en est pas moins authentique. Dans le monde ultra-politisé de l'humour actuel, où les codes sont dictés par une campagne présidentielle hors-norme, le spectacle de Nora Hamzawi est une respiration bienvenue.

Sans tomber dans les clichés des spectacles girly qui peuvent parfois sonner creux, la Cannoise de naissance propose un one-woman-show simple et qui s'adresse à tous. Aux jeunes adultes, évidemment, aux jeunes, tout court, aux anxieux comme elle, et à ceux qui s'en moquent. Voilà l'histoire simple d'une grande enfant qui grandit sans doute trop vite à son goût. C'est sans aucun doute cette sincérité qui parle à son public depuis trois ans. Ici pas de calembours ou d'histoires courtes, des histoires, simplement racontées avec ce qu'il faut d'humain pour qu'elles nous semblent universelles. Après tout, l'humour n'est que plus drôle quand on conçoit qu'il peut servir à rire de nous-mêmes. En bref, Nora Hamzawi, c'est l'histoire d'une fille...

Nora Hamzawi
Au Radiant-Bellevue le vendredi 21 avril

Tags  • Nora+Hamzawi

Comment expliquez-vous le succès de votre spectacle depuis 2013 ?
Quand j'ai commencé, il était beaucoup plus court, il ne faisait que quarante minutes. Je m'autoproduisais à l'époque. Le spectacle a évolué. Je ne sais pas vraiment comment expliquer son succès... Moi qui suis angoissée, j'ai plutôt tendance à me dire « pourvu que ça dure ». Je suis hyper heureuse : je l'ai joué à une époque devant dix personnes... Pourquoi les gens sont au rendez-vous aujourd'hui ? Je crois qu'il y a du travail, de la chance, une question de timing. Je pense qu'il y a aussi une question de sincérité : je fais ça depuis des années, ça n'a pas toujours marché. Je pense aussi que le portrait que je dresse sur scène est celui de quelqu'un d'extrêmement normal, qui n'a pas peur de se livrer et de se tourner en dérision. C'est quelqu'un qui rassure les gens dans leur folie ou leur normalité : ils s'y retrouvent.

Ce personnage que vous incarnez, c'est Nora Hamzawi ou un personnage de fiction ?
Entre les deux. C'est un personnage que j'ai créé, mais il n'est pas éloigné de moi. Le quotidien de mon personnage sur scène n'est pas du tout mon quotidien actuel. Généralement quand j'écris, je prends toujours comme base – en caricaturant un peu – une version de moi d'il y a deux ans. J'ai besoin d'avoir du recul sur la situation pour pouvoir en parler. Tout est sincère, ça part de choses que j'ai vraiment vécues. Ensuite je gonfle le trait pour créer le personnage. Quand j'ai pensé le spectacle, je me suis demandé qui était cette fille. Être juste moi, ce n'était pas possible.

Pour remonter un peu plus loin, pourriez-vous nous raconter d'où vient cette envie de faire rire ?
Je pense que plus que de faire rire – il y a tellement de façons différentes de faire rire – j'ai toujours aimé être dans l'empathie. Je n'arrive pas vraiment à expliquer le pourquoi et le comment, mais j'aime bien sentir que ce que je dis résonne chez les gens, que ça les rend moins seuls. Quand les gens me remercient parce qu'ils ont rigolé après une journée pourrie, c'est très chouette. Mais moi j'ai juste envie de leur dire : « en fait merci à vous parce que sans vous je ne peux pas jouer ! » J'ai toujours eu envie de raconter des histoires sans forcément faire rire. Mais je me suis rendu compte que j'aimais bien me tourner en dérision. Je préfère montrer des mauvais côtés de moi que des bons. Du coup ça pousse plus à la comédie qu'à autre chose.

Vous êtes devenue mère il y a un an. De quoi donner de nouvelles idées ?
Évidemment c'est quelque chose d'immense dans une vie, mais justement, tant que je suis au premier degré, que je vis les choses frontalement, j'ai du mal à prendre du recul et à trouver la distance nécessaire à l'autodérision. Pour l'instant, ça reste dans la sphère intime. Là, je commence à avoir du recul sur ces premiers moments, à les observer. Ce qui m'intéresse plus, au-delà de la maternité, c'est le passage à l'âge adulte. Qu'est-ce que ça signifie d'être devenue une grande fille ? C'est un peu tôt pour réussir à trouver les choses justes autour de ça. Mais ça vient doucement.

Vous allez tourner dans le film de votre frère (ndlr, Amro Hamzawi)...
Oui ! On tourne normalement en septembre. Il était scénariste sur le film 20 ans d'écart. Sur le prochain, il sera scénariste et réalisateur, une première. On a hâte. C'est génial, on est vraiment très proches. On a un humour et des goûts artistiques en commun.

Est-ce qu'après toutes ces années à tourner, à animer vos chroniques et à écrire, vous vous faites rire ?
Non, pas trop. Je suis rarement satisfaite de mon travail. Sauf sur scène. Quand il y a eu une soirée où ça a été fou, où j'ai senti que le public a accroché, là j'adore. Ça me rend heureuse. Mais c'est plus le fait d'avoir passé une bonne soirée, pas tellement que je me fais rire. En revanche, je me rends compte que souvent j'ai été hyper dure vis-à-vis de moi-même. En revoyant des trucs d'il y a quelques années, je me dis : « oh bah pourquoi tu t'es pris la tête, c'était pas si mal. » Je me souviens de chroniques sur France Inter dont je suis sortie complètement déprimée. En les revoyant deux ans après, je me dis que ça va, quoi. J'apprends à être plus indulgente avec moi-même, mais pas au point de me faire rire, non.


C'est l'histoire d'une fille...

Infatigable bosseuse qui s'exprime partout où elle le peut, Nora Hamzawi n'est pas une humoriste comme les autres. Loin des clichés d'un humour girly en surabondance, elle a saisi ce qui faisait de l'humour un art universel : s'il permet de rire de tout le monde, il permet aussi et surtout de rire de nous-mêmes.

Si l'on devait qualifier le travail de Nora Hamzawi en un mot, c'est sans aucun doute "naturel" que l'on choisirait. Sur scène, à la télévision, lors de ses chroniques à France Inter ou même au travers de son dernier livre,  30 ans, 10 ans de thérapie, jamais l'humoriste ne se travestit ni ne se déguise. Ce qu'elle raconte, Nora Hamzawi l'a bien souvent vécu. Si elle confesse volontiers prendre au minimum « deux ans » de recul avant de pouvoir rire de ses propres péripéties et qu'elle grossit volontairement les traits les plus noirs de sa personnalité, elle n'en est pas moins authentique. Dans le monde ultra-politisé de l'humour actuel, où les codes sont dictés par une campagne présidentielle hors-norme, le spectacle de Nora Hamzawi est une respiration bienvenue.

Sans tomber dans les clichés des spectacles girly qui peuvent parfois sonner creux, la Cannoise de naissance propose un one-woman-show simple et qui s'adresse à tous. Aux jeunes adultes, évidemment, aux jeunes, tout court, aux anxieux comme elle, et à ceux qui s'en moquent. Voilà l'histoire simple d'une grande enfant qui grandit sans doute trop vite à son goût. C'est sans aucun doute cette sincérité qui parle à son public depuis trois ans. Ici pas de calembours ou d'histoires courtes, des histoires, simplement racontées avec ce qu'il faut d'humain pour qu'elles nous semblent universelles. Après tout, l'humour n'est que plus drôle quand on conçoit qu'il peut servir à rire de nous-mêmes. En bref, Nora Hamzawi, c'est l'histoire d'une fille...

Nora Hamzawi
Au Radiant-Bellevue le vendredi 21 avril 

Tags  • Nora+Hamzawi

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