Art contemporain et numérique : événements à venir

Béatrice Balcou

Vernissage le 14 novembre à 18h. Pour son exposition personnelle à La BF15, Béatrice Balcou invite aux coulisses d'une observation attentive des différents modes de monstration et de manipulation des œuvres, en parlant de leurs vies, leurs relations, les dangers auxquels elles font face et les processus de restauration qu'elles vivent.

Notre avis : Dans l'exposition de Béatrice Balcou, rien ne s'impose car les œuvres semblent dériver depuis un noyau manquant, un vide qui leur donne leur force. Dans Cérémonie sans titre #23, réactivation d'une pièce d'Élodie Seguin, c'est précisément ce qui n'a pas été conservé qui confère sa teneur à l'expérience : une action sans trace, dont la disparition devient la condition même de sa portée. L'invisible sature ainsi l'espace, entre cimaises en bois vides (hommage aux artistes femmes oubliées du Bauhaus), insectes « muséophages », fragments de livres réassemblés, et une vidéo de 69 heures.

Elsa Fauconnet

Inspirée par les recherches de l’anthropologue Jean-Loïc Le Quellec, Elsa Fauconnet arpente les grottes préhistoriques et leurs reconstitutions pour explorer ce qui subsiste du mythe dans nos dispositifs culturels. À travers une installation composée d'un ensemble d’images, de textiles et de céramiques, elle s’intéresse aux gestes de médiation, aux parcours scénarisés et aux fictions qui façonnent notre regard sur le passé.

Notre avis : Ce qui fait de Kommet un lieu à part, c'est son pouvoir opératoire de raconter des histoires. Une vocation qui s'allie parfaitement avec le projet de l'artiste Elsa Fauconnet, reconfigurant l'espace en antre historial, juxtaposition de bribes d'art rupestre, de ses répliques factices et de narration personnelle. À travers un montage warburgien, le mythe fondateur de l'humanité est interrogé par un regard critique et ironique voué à révoquer la tyrannie du parcours protocolé afin de tisser un nouveau récit fascinant peuplé d'ombres et simulacres.

Simon Dybbroe Møller

Originaire du Danemark, Simon Dybbroe Møller examine l’interaction entre les expériences sensorielles fondamentales et le détachement croissant des médias de représentation. Dans ses expositions, il tente de repousser les limites de la perception, du temps et de la représentation artistique en regroupant des objets du quotidien subtilement modifiés, qu'il juxtapose de vidéos et de photographies mettant en scène un ou plusieurs sujets.

Notre avis : Dans les images et les installations de Dybbroe Møller la vision vacille, prise dans un réseau de signes qui excède toute maîtrise. Les regards surexposés des Retinal Rift, arrachés à leur contexte, fonctionnent comme des seuils : une confrontation où l'intime devient territoire partagé et instable. L'exposition installe une zone où la perception se dédouble, prise entre présence physique, voilage aveuglant et reflet spéculaire. Ce qui surgit n'est ni confession ni spectacle, mais une dérive du sensible, un lieu où la subjectivité se recompose, troublée par ses propres médiations.

Double jeu

Vernissage le 5 février à 18h. Dans le cadre d'un échange avec l'espace Interface à Dijon, la BF15 accueillera les artistes Sabine Leclercq et Guilaume Perez pour une exposition collective de leurs travaux, explorant le portrait, l'archive, les formes et la couleur.

Notre avis : Deux lieux associatifs, Interface à Dijon et la BF15 à Lyon, proposent des expositions croisées qui permettront tour à tour de découvrir deux artistes lyonnais (Sabine Leclerq et Guillaume Perez) puis deux artistes dijonnais (Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier). Leurs œuvres se confrontent et s'adaptent aux espaces d'expositions pour des accrochages toujours singuliers. On attend beaucoup notamment des créations de Guillaume Pérez, que l'on avait pu découvrir à l'URDLA dernièrement, et pour qui la peinture doit se déployer au-delà de la toile et de la surface.

Steph Cop

Inspiré par le massif du Morvan, là où il a installé son atelier, Steph Cop donne vie à des sculptures en bois réalisées à partir d'arbres déjà tombés pour leur donner une seconde vie, tantôt sous forme anthropomorphique, tantôt sous des formes plus abstraites.

Notre avis : Steph Cop a installé son atelier au cœur des Noires Montagnes dans le Morvan, un environnement qui inspire la vitalité de ses sculptures sur bois (réalisées à partir d'arbres tombés). Elles donnent comme une seconde vie aux arbres, parfois à travers des formes abstraites, parfois à travers des figures plus anthropomorphes. De petite ou de grande taille, ses œuvres recèlent une puissance poétique et formelle qui nous émeut beaucoup.

Jeu double

Vernissage le 2 avril à 18h. Dans le cadre d'un échange avec l'espace Interface à Dijon, la BF15 accueillera les artistes Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier pour une exposition collective de leurs travaux explorant le tissu, le passage du temps et le cycle de la vie.

Notre avis : Deux lieux associatifs, Interface à Dijon et la BF15 à Lyon, proposent des expositions croisées qui permettront tour à tour de découvrir deux artistes lyonnais (Sabine Leclerq et Guillaume Perez) puis deux artistes dijonnais (Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier). Leurs œuvres se confrontent et s'adaptent aux espaces d'expositions pour des accrochages toujours singuliers. On attend beaucoup notamment des créations de Guillaume Pérez, que l'on avait pu découvrir à l'URDLA dernièrement, et pour qui la peinture doit se déployer au-delà de la toile et de la surface.

Encore lui ! Jean-Claude Guillaumon

Avec sa nouvelle exposition, le Musée d'art contemporain de Lyon propose une rétrospective dédiée à l'artiste lyonnais Jean-Claude Guillaumon, qui s'est illustré pendant près de soixante ans à la peinture, puis à l'happening et à l'art environnemental avant de se consacrer à la photographie, le tout avec malice et engagement.

Notre avis : Avec cette rétrospective, le MAC exhume une œuvre qui fait du doute une méthode et du jeu un principe critique. Obstinément rétif aux catégories, Jean-Claude Guillaumon utilise l'image comme un terrain d'essai, non pour s'affirmer, mais pour se dédoubler, se contredire, jusqu'à atteindre le point de dissolution. Entre apparition et effacement, ses expérimentations photographiques interrogent avec ironie la condition même de l'artiste, pris dans le flux ordinaire du monde.