Villa Gillet

Art contemporain et numérique : événements à venir

Liv Schulman

Vernissage le 19 mars à partir de 18h. Inspiré par des évènements comme l'arrivée du câble en 1990 et le crash financier de 2001, le travail de Liv Schulman prend la forme de fictions filmées, de séries TV, de lectures-performances et d’écriture romanesque, avec en leur cœur des discours portant sur la place de la subjectivité dans l’espace politique et de la difficulté de lui accorder du crédit.

Notre avis : Sirco ceguro est une fiction entièrement filmée à travers les reflets des surfaces des bâtiments corporatifs, administratifs et financiers du Microcentro de Buenos Aires : l'image, n'apparaissant jamais de manière directe, s'avère toujours médiatisée et filtrée. Dans cet environnement lisse et contrôlé, des figures clownesques surgissent. Sans semer le chaos à la manière de Tati, elles s'insèrent parfaitement dans les logiques du marché, dont elles révèlent l'absurdité de l'intérieur. Par de subtils décalages, elles instillent un trouble diffus qui vient fissurer l'ensemble du dispositif.

Struggle

La galerie Kashagan propose un triptyque regroupant les œuvres de Damir Radović, Ludovic Paquelier et Salim Fassi-Fehri pour une exposition abordant l'exil, racontant des histoires à partir d'images puisées dans des magazines, publicités et films, et interrogeant les dispositifs par lesquels le réel se trouve médiatisé et reformulé.

Notre avis : Autour du thème de la lutte, le directeur Stéphane Maisonnette orchestre une exposition où se confrontent trois esthétiques âpres et militantes. Chez Damir Radović, la toile devient un espace de tension entre la légèreté vibrante de la couleur et des fragments textuels chargés de confessions et de revendications. Les dessins de Ludovic Paquelier se heurtent de plein fouet à une actualité dramatique, qu'ils transposent en images à la fois troublantes et incisives. Aux côtés de ces deux artistes confirmés, l'exposition révèle pour la première fois les grandes toiles de Salim Fassi-Fehri.

Gaelle Loth

Fait de contrastes, de couleurs vives et de formes inachevées oscillant entre abstraction et figuration, le travail de Gaelle Loth explore plusieurs médiums comme la peinture, le dessin, la céramique, l’installation et la micro-édition pour mettre en forme des récits visuels peuplés d’humanoïdes flous, incarnant des figures qui échappent à toute définition nette.

Notre avis : L'univers de l'artiste lyonnaise se distingue sans doute par sa suavité et sa capacité à suspendre le temps. C'est également le cas dans Derrière la colline, un dialogue silencieux qui dessine les contours d'un hommage émouvant à son âme sœur artistique, Yan Charpentier. L'exposition progresse par fragments : des formes répétées entrent en résonance avec la fragmentation de la vidéo de Charpentier projetée dans la salle souterraine. Restituant des bribes d'une fête sauvage sur les quais de Saône, elle confie des instants de partage au mouvement incessant de la disparition.

Jeu double

Vernissage le 2 avril à 18h. Dans le cadre d'un échange avec l'espace Interface à Dijon, la BF15 accueillera les artistes Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier pour une exposition collective de leurs travaux explorant le tissu, le passage du temps et le cycle de la vie.

Notre avis : Deux lieux associatifs, Interface à Dijon et la BF15 à Lyon, proposent des expositions croisées qui permettront tour à tour de découvrir deux artistes lyonnais (Sabine Leclerq et Guillaume Perez) puis deux artistes dijonnais (Mathilde Besson et Johan Côte Gayffier). Leurs œuvres se confrontent et s'adaptent aux espaces d'expositions pour des accrochages toujours singuliers. On attend beaucoup notamment des créations de Guillaume Pérez, que l'on avait pu découvrir à l'URDLA dernièrement, et pour qui la peinture doit se déployer au-delà de la toile et de la surface.

Célia Coëtte

La fatigue s’est transformée : de moins en moins reliée à l’effort physique, elle désigne dorénavant un épuisement moral, mental ou psychologique et un refus des injonctions de performance. Après avoir mené des recherches sur la notion de fatigue et l'évolution de son sens, Célia Coëtte investit le Centre d’art Madeleine Lambert pour une exposition de ses réalisations sur le sujet.

Notre avis : Célia Coëtte explore une fatigue devenue mentale, diffuse, propre à nos sociétés contemporaines. Entre structures d'effort et de confort affaissées, formes organiques et gestes suspendus, l'exposition compose un paysage où le corps vacille et se délie. Traces, odeurs et matières prolongent cette expérience sensible de l'épuisement. Avec leur présence, les œuvres de Rendez-vous, rue du Repos nous semblent combattre le constat formulé par Byung-Chul Han : « la fatigue de la société de performance est une fatigue en solitaire qui produit un effet individualisant et isolant. »

Giulia Andreani

Pendant plus de quatre mois, le Musée d'art contemporain de Lyon accueille l'artiste italienne Giulia Andreani pour une exposition d'une cinquantaine d'œuvres retraçant plus d’une décennie de sa pratique artistique et son évolution. Intitulée Peinture froide, elle explore la représentation des pouvoirs au 20e siècle à travers la guerre, l’art, mais aussi les figures oubliées et leur rôle social majeur.

Regards sensibles - Œuvres vidéo de la collection Lemaître

Pendant plus de trente ans, Isabelle et Jean-Conrad Lemaître ont constitué l’une des plus importantes collections d'art vidéo en mains privées en France. Commissariée par Tasja Langenbach, spécialiste reconnue en la matière, à la tête du festival Videonale – Festival for Video and Time-Based Arts en Allemagne, cette exposition retrace le parcours de leurs découvertes, abordant des enjeux sociaux, politiques et économiques.

Bar CodeX

Fondé par les artistes Kalen Iwamoto et Julien Silvano, le duo Wen New Atelier explore dans ses œuvres le langage comme une matière plastique. Dans cette nouvelle exposition investissant le bar du Musée d'art contemporain, ils transforment le lieu en un dispositif pour inviter le public à participer à la fabrication du sens à travers des œuvres interactives, des protocoles d’écriture et des collaborations inédites.

The (Psycho)somatic zone

Vernissage le 2 avril à 18h30. Divisée en deux espaces, la nouvelle exposition de l'IAC de Villeurbanne combine les travaux de Mire Lee et Pipilotti Rist pour occuper les deux pôles d’un même espace intérieur. À gauche, le corps exposé à ses cycles, tensions et épuisements, et à droite, l’esprit livré à ses débordements affectifs, psychédéliques et émotionnels.