Les grottes de la Balme [Copie]

Théâtre : événements à venir

Applaudissez l'escroc !

Texte d'Eloïse Galicier, mise en scène de Julien Decourty, 1h10, dès 12 ans. Amis d'enfance, Rose et Édouard vivent en colocation. Lui, petit escroc toujours plongé dans les embrouilles, elle, jeune comédienne réservée et incapable de mentir. En galère financière, Rose et Édouard vont devoir se plonger dans une arnaque qui va les dépasser, mais cette fois, ils vont devoir intervertir leurs rôles.

Mamé

De et avec, 50 min, dès 9 ans. Seul sur scène, Antoine Demor propose une plongée tendre, gourmande et poétique au cœur de souvenirs familiaux, articulée au tour du personnage de Mamé, sa grand-mère italienne.

Orso et le secret des étoiles

Texte de Sylvie Gaillard, mise en scène de Ludovic Marcato, 1h30, dès 4 ans. Pendant que les humains dorment paisiblement, une équipe pas comme les autres veille sur leurs nuits depuis le ciel. Mais un jour, le sable magique du marchand de sable disparait, et sans lui, ils ne peuvent plus faire de rêves. Orso, l’apprenti du Maître du Temps, va devoir affronter sa peur de la nuit pour découvrir ce qui s’est passé et retrouver le sable magique avant que le Soleil ne se couche.

Jacob incertitude direction saturne

Texte et mise en scène de Manuel Liminiana, 1h20. Jacob décide de traverser l’univers connu pour retrouver sur Saturne les victimes des exactions des habitants de son monde. Il tient à tout prix à demander pardon pour ce qui est arrivé et à faire ce qu’il faut pour réparer les souffrances et les peines qu’ils ont causées.

Du charbon dans les veines

Texte et mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, 1h20. 1958, dans le nord de la France. À Noeux-Les-Mines, petite ville minière, Pierre et Vlad sont les meilleurs amis du monde.Ils passent leur temps à la mine, en élevant des pigeons-voyageurs et en jouant de l’accordéon dans l’orchestre local. Mais, quand la jolie Leila vient jouer de l’accordéon dans l’orchestre, leur monde ne sera plus le même.

Ressources humaines

D’après Laurent Cantet, mise en scène d'Elise Noiraud, 1h25, dès 10 ans. Diplômé d’une grande école parisienne, un fils d’ouvrier revient dans son village natal pour effectuer un stage au sein du service des ressources humaines dans l’usine où travaille son père depuis 30 ans. Tiraillé entre son milieu d’origine et sa nouvelle place au sein de la direction, il découvre que son stage masque un plan social dont son propre père va faire les frais. Entre ascension professionnelle et fidélité familiale, le jeune homme devra faire un choix.

L'Après-midi d'un foehn, version 1

De Phia Ménard, 25 min, dès 5 ans

Notre avis : Classique du théâtre jeune public et créé en 2011, cette pièce (en version courte ici) de Phia Ménard est un petit bijou dédié au vent. Avec de simples sachets plastiques bricolés, la circassienne invente un monde de personnages au son de Debussy et son "Après-midi d'un faune". Inratable.

Le bruit des arbres qui tombent

Mise en scène de Nathalie Béasse, 1h30, dès 15 ans. Sur le plateau, une bâche devient mer ou ciel, les corps dansent et racontent quand les mots échouent : quatre membres d’une même famille s’essaient à tenir debout, au bord de leurs failles. Entre chutes, élans, souvenirs et silences, tout se mêle et la nature s’infiltre, discrète et insistante.

Notre avis : À la fois plasticienne et comédienne, Nathalie Béasse revient avec un spectacle de 2017 où, comme souvent dans son travail, des personnages sont de passage, un peu égarés. Ils racontent leurs états, leurs rencontres quand ils ne dansent pas ensemble l'espace de quelques instants. Les corps, enrobés dans des costumes très élégants et soignés, apportent une légèreté souvent contradictoire avec ce bruit des arbres qui tombent. La grande classe.

Cyrano de Bergerac

D'après Edmond Rostand, mise en scène d'Anne Kessler et Maïa Godin Hadji-Lazaro, 2h. Revisitée par Anne Kessler et interprétée par une troupe de quatorze comédiens, l'histoire d'Edmond Rostand met en scène un Cyrano vulnérable, qui confine à l’absurde, dans une mise en scène apportant de nouveaux éléments à l’œuvre du poète, la transformant en une tragédie classique où le destin joue un rôle capital.

Qui veut la peau de Sherlock Holmes ?

De Titouan Bodin et Nicolas Delahaye, dès 10 ans, 1h35. Novembre 1889. Sherlock Holmes est sur le point d’être condamné à mort pour double homicide ! Les preuves sont accablantes, mais sa mémoire récente accuse quelques lacunes et l'empêche de prouver son innocence.  Ce sera donc au public de jouer le rôle des neurones du détective pour le tirer d'affaire.

Yann et Marguerite

D'après Yann Andréa, mise en scène d'Antoine Atek, 1h10, dès 14 ans. Entre l’été 1980 et le 3 mars 1996, Marguerite Duras et Yann Andréa ont vécu une histoire d’amour. De cette relation entre fascination, possession et inspiration, Yann Andréa a tiré un livre intitulé Cet amour-là, qui se voit adapté sur la scène des Clochards Célestes. Sur scène, Yann raconte son histoire, mais Marguerite est toujours là, et les mots se conjuguent aux fantômes du passé.

Notre avis : Il faut toujours aller voir ce qui se passe au théâtre des Clochards célestes. Leur début de saison a été excellent et voici qu'arrive ce projet de fin d'études basé sur le livre de Yann Andréa Cet amour-là, récit de son lien atypique à Marguerite Duras. Élève du Théâtre national de Bretagne, Antoine Atek dirige et joue avec son acolyte Karl Picard, formé au Conservatoire de Lyon. Au programme : « l'amour, Hervé Vilard, l'alcool, la mer et l'éternité » annoncent-ils.

Les 4 Mousquetaires

D'après Alexandre Dumas, par la compagnie La Douce, dès 9 ans, 1h15. Réarrangés en mode pop et coloré, les 67 chapitres de l'œuvre originale d'Alexandre Dumas se transforment en une nouvelle, frénétique, empruntant son humour aux Monty Python, le tout plongé dans l’univers des années 1980.

Le Iench

Texte et mise en scène d'Eva Doumbia, 2h10, dès 13 ans. Drissa Diarra emménage à onze ans dans un pavillon en province avec ses parents, sa jumelle et son petit frère, une maison toute neuve comme celle des familles qu’il voit à la télévision. À tout cela, il ne manque plus qu'un chien pour compléter ce tableau, pour lui symbole parfait d’intégration. À travers l'histoire de cette famille, la pièce dévoile l’intimité d’une famille afrodescendante française aux prises avec les violences racistes subies au quotidien.

Notre avis : « Les familles noires sont invisibilisées dans le répertoire théâtral français », déplore Eva Doumbia. Avec Le Iench, la metteuse en scène et autrice, cofondatrice du collectif Décoloniser les arts, propose une pièce centrée sur une famille afro-européenne - notamment le fils qui, avec son désir de chien, « veut abattre les obstacles à la banalité pour les garçons noirs ». On ne peut plus politique.

Le Nom des choses

Mise en scène de Muriel Imbach, 1h, dès 7 ans. Sur scène, cinq lampes trouent l’obscurité et des feuilles mortes jonchent le sol, en tas. Cinq interprètes arrivent alors, et découvrent toutes sortes d’objets auxquels ils vont tenter de trouver un nom.

Surface de réparations (ou comment recoudre la cape rouge de Superman)

Texte et mise en scène de Claire Truche, par la Nième Compagnie, 1h30, dès 12 ans. Nourrie par une immersion au sein d’un DITEP (Dispositif d’institut thérapeutique, éducatif et pédagogique) accueillant des enfants et adolescents en difficulté psychologique, la Nième Compagnie raconte l’histoire de super-héros du quotidien, des jeunes qui y vivent aux professionnel·le·s qui les accompagnent, dans un lieu où prendre soin devient une manière d’agir pour que le monde tourne un peu mieux.

Neandertal

Texte et mise en scène de David Geselson, 2h25, dès 14 ans. Il y a plus de 30 ans, des scientifiques se sont lancés dans l’étude de l’ADN des Néandertaliens pour mieux les comprendre et réécrire une histoire de nos origines. Dans leur laboratoire, des personnages entremêlent ces recherches sur les origines avec leurs propres vies et celles, bien plus vastes, des peuples et des territoires, tout en explorant la géopolitique et les crises écologiques.

Entre deux terres

Texte et mise en scène d'Anastasia James, par la compagnie Les errances enchantées, 1h, dès 10 ans. Deux jeunes femmes se rencontrent à la croisée des mondes : l’une Maorie, profondément ancrée dans les traditions de son peuple, et l’autre, venue d’ailleurs, cherchant à comprendre ce qui la relie ou la sépare de cette terre inconnue. Au fil du temps, leur lien se tisse entre poésie, transmission et exploration des identités culturelles.

Mélange 2 Temps

Écriture et mise en scène de Philippe Martz, Bernie Collins et Joz Houben, dès 6 ans. Mister B. et Mister P. sont deux énergumènes qui adorent se détester. L’un est lunaire et maladroit, l’autre est autoritaire et raisonnable. Tout les oppose, et ensemble, ils font surgir drôlerie et poésie d'un geste banal ou d’une situation anodine.

Sans faire de bruit

Texte de Louve Reiniche-Larroche et Tal Reuveny, mise en scène de Tal Reuveny, 1h, dès 12 ans. Inspirée par son histoire personnelle, Louve Reiniche-Larroche dresse le portrait tragi-comique d’une famille ébranlée par la soudaine surdité de la mère. Au fil d’enregistrements diffusés sur scène, la comédienne porte avec tendresse et fidélité les voix de chaque personnage pour leur donner vie grâce au play-back et ses attitudes corporelles.

« Bien, reprenons ! »

De Roman Gigoi-Gary, 1h05, dès 10 ans. À la croisée du théâtre, du concert live et de la création radiophonique, un musicien remonte le fil de sa vie comme on rejoue une partition et explore, de l'enfance à l'âge adulte, ses souvenirs, ses rêves, ses limites, ses doutes et la place qu’il cherche à se faire dans le monde.

Scènes de la vie conjugale

D'après Ingmar Bergman, mise en scène de Christophe Perton. En 1973, Ingmar Bergman crée pour la télévision Scènes de la vie conjugale, un récit en six épisodes disséquant au scalpel la relation de Marianne et Johan, un couple modèle de la classe moyenne fondé sur les conventions bourgeoises de l’amour. Cette année, Christophe Perton réadapte cette histoire avec un texte inédit.

Beau comme un camion

Texte et mise en scène d'Adèle Gascuel, 1h, dès 16 ans. Inspiré par de nombreuses années d'auto-stop, le nouveau spectacle d'Adèle Gascuel réimagine les chauffeurs routiers des chevaliers du XXIe siècle, lancés à vive allure sur leur destrier motorisé. En duo avec le comédien Pierre Germain, elle aborde ce métier très masculin pris dans les mailles d’une société du mouvement qui les invisibilise.

Suzanne

Écrit et mise en scène d'Olivier Borle et David Mambouch, 1h20. Alfred, un réalisateur en fin de parcours ne sait que faire de Suzanne, sa nouvelle assistante embauchée pour l’aider à terminer son dernier film. Un soir, la séance de travail ne va pas se dérouler comme prévu et leurs habituelles chamailleries vont laisser place à un étrange affrontement.

Blanche-Neige, histoire d'un prince

Écrit par Marie Dilasser, mise en scène de Michel Raskine, 1h, dès 8 ans. Le couple princier bat de l’aile, le royaume est dévasté, la biodiversité en danger à force de fêtes et de guerres. Ces héros mélancoliques et joyeux clopent, chantent, se disputent et divaguent en tricotant. En un tourbillon burlesque, le spectacle plonge dans un récit moderne interrogeant les archétypes, le patriarcat, le féminisme et l’environnement.

Notre avis : Une histoire très connue comme on ne nous l'a jamais racontée : avec Blanche-Neige, histoire d'un prince, l'autrice Marie Dilasser a livré un texte bourré d'intelligence et d'humour (Blanche-Neige rêve par exemple d'une aventure avec sa copine Peau d'âne) qui nous transporte des années après le fameux baiser. Le metteur en scène Michel Raskine en a fait un excellent spectacle pour tous (petits et grands) dans la droite lignée d'un théâtre généreux et inventif. On adore.

Marie Stuart

De Friedrich von Schiller, mise en scène de Chloé Dabert, 3h45. Marie Stuart, reine d’Écosse emprisonnée en Angleterre depuis dix-huit ans, est accusée de comploter contre la reine Élisabeth, car elle représente une menace pour le règne protestant de cette dernière, car certains la considèrent comme l’héritière légitime du trône d’Angleterre. Tiraillée entre son devoir de reine et ses doutes personnels, Élisabeth hésite à ordonner l’exécution de Marie, craignant de ternir sa propre image et d’encourager la colère des catholiques européens.

Numéro deux

D'après David Foenkinos, mise en scène de Sophie Accard, 1h30. En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par conséquent, deviendrait mondialement célèbre. Des centaines de garçons furent auditionnés, pour qu'il n’en reste plus que deux. Ce spectacle raconte l’histoire de celui qui n’a pas été choisi.

Notre avis : C'est l'histoire d'un gamin qui a failli jouer Harry Potter au cinéma, sauf qu'il a été doublé dans la dernière ligne droite par Daniel Radcliffe. Ce Numéro deux doit donc regarder la réussite du numéro un de loin. Adapté par Léonard Prain et mis en scène par Sophie Accard, le roman fictionnel de David Foenkinos prend vie dans un spectacle efficace et captivant qui rencontre un succès mérité depuis sa création en début d'année à Paris dans le théâtre privé.

Et le reste c'est de la sauce sur les cailloux

Texte et mise en scène de, 1h15. Inspirés de la vie des cinéastes Danièle Huillet et Jean‑Marie Straub, le duo Sacha Ribeiro/Alice Vannier inventent une mise en abîme où deux jeunes artistes se lancent dans la répétition d’un nouveau spectacle et mettent leur radicalité à l’épreuve, une histoire de couple et de luttes autant artistiques qu’intimes.

Je ne suis pas Maria Callas

Texte de Benoit de Chassey, mise en scène de Fany Buy, 1h05, dès 10 ans. Sur scène, trois interprètes donnent corps et voix à Maria Callas pour plonger dans les tensions singulières qui ont composé et déchiré son existence, le tout dans une narration guidée par la musique permettant de sentir ses émotions, son humour et ses doutes.

Les jolies petites choses

Écrit et mis en scène par Yoann Faure, par la compagnie des Affreux, 1h05, dès 10 ans. Lors de la Première Guerre mondiale, des femmes écrivent des lettres aux soldats qui n'ont pas de famille, pour leur dire qu’elles sont là, qu’elles ne les oublient pas.

The Loop

Texte et mise en scène de Robin Goupil. Malgré sa malice, Mike Mitchel est accusé de meurtre et toutes les preuves l'accablent. Défendu par l’avocate véreuse de la famille, il va devoir s’en sortir face aux assauts répétés de Douglas et Carrie, deux inspecteurs incorruptibles bien décidés à le faire tomber, le tout dans un univers parodiant les films policiers américains des années 1980.

Le Petit Coiffeur

Écrite et mise en scène par Jean-Philippe Daguerre, chorégraphie de Florentine Houdiniere, 1h10. Inspirée par la célèbre photo de Robert Capa, « La tondue de Chartres », cette pièce vise à imaginer la vie du coiffeur qui a rasé la tête de cette femme.

Les Éclipsées

Par la collectif Les herbes folles, 1h, dès 10 ans. Dans ce seul en scène à mi-chemin entre spectacle et conférence, un comédien remet en lumière Françoise Pascal, première dramaturge professionnelle de France, en explorant son œuvre et l’injustice de son effacement à travers les personnages de deux de ses pièces.

Un peu seul(e)

Texte et mise en scène de Marina Aleo, par la compagnie Scène Éclat, 1h15, dès 12 ans. Dans un espace où tout vacille, trois voix résonnent : un homme en quête de sens, une femme enfermée dans une absence, et un reflet qui observe et provoque. À travers le mythe de Narcisse, les personnages naissent, créant un parallèle entre concepts psychanalytiques et comportements humains pour interroger la solitude sous toutes ses formes.

Vers où je ne comptais pas voyager

Texte et mise en scène de Katayoon Latif, 1h, dès 13 ans. Chaque nuit, Katayoon est prisonnière d’un rêve récurrent et replonge dans son histoire, de sa jeunesse iranienne à son exil en France et la brutalité de devoir tout reconstruire ailleurs, un enchaînement de souvenirs qui la pousse sans cesse à rechercher ce qui lui manque. Mais cette fois-ci, le rêve ne suit plus son cours habituel et vire au cauchemar ; elle va devoir mettre des mots sur ce qu’il était autrefois impossible de dire entre les rêves d’hier, la réalité d’aujourd’hui et les milliers de kilomètres qui les séparent.

Le Cercle des poètes disparus

Mise en scène d’Olivier Solivérès, 2h. Première adaptation en France du film de Peter Weir, reprenant l'histoire de John Keating, professeur de littérature anglaise qui va pousser ses jeunes élèves à s’ouvrir à la vie, loin du carcan des conventions qu’incarne leur établissement.

Notre avis : Quand un film culte passe à la scène sans autre but que de raconter une fois de plus l'histoire, la circonspection peut-être de mise : que va apporter cette nouvelle version ? Dans le cas du Cercle des poètes disparus, film de Peter Weir sorti en 1989 avec Robin Williams dans le rôle d'un professeur de littérature tout sauf conventionnel, la réponse est : une savoureuse vivification ! Ce récit d'émancipation prend vie et corps sur le plateau avec justesse, grâce notamment à Stéphane Freiss dans le rôle-titre et à tout une série de jeunes comédiens épatants de fougue en guise d'élèves. Rien de révolutionnaire, certes, mais quel plaisir communicatif.

Nelvar - le royaume sans peuple

Texte de Logan De Carvalho, mise en scène de Logan De Carvalho et Margaux Desailly, 2h40. Dans un monde imaginaire où les orcs parlent en rimes façon rappeurs, les elfes flirtent avec Shakespeare, les trolls sont franchouillards comme Audiard et où les mages et magiciennes adoptent une langue de techniciens, un groupe éclectique part à la recherche d’une couronne magique pour rétablir l’unité dans leur royaume au bord de la guerre civile depuis la mort du roi. La route sera longue, et ils devront apprendre à vivre ensemble pour réussir.

La disparition de Josef Mengele

D'après Olivier Guez, mise en scène de Mikaël Chirinian et Benoit Giros. Le 22 juin 1949, un paquebot accoste à Buenos Aires avec, à son bord, un certain Helmut Gregor qui n’est autre que Josef Mengele, dignitaire nazi et médecin des camps de la mort en fuite. Pendant 30 ans, il échappera à la justice, protégé par des silences et des compromissions. Sobre et haletant, ce spectacle montre comment la société fabrique ses monstres puis les cache sous un manteau de silence pour mieux les oublier.

Freda

Écrit par Kaïnana Ramadani et Azani V. Ebengou, 1h, dès 14 ans. Dans ce seule en scène puissant et tragi-comique, Kaïnana Ramadani mêle français et créole pour explorer les liens entre France, océan Indien et États-Unis. Une autofiction politique et sensible, co-écrite avec Azani Ebengou, qui trace un chemin vers l’émancipation.

Que d'espoir !

Texte d'Hanokh Levin, mise en scène Valérie Lesort, 1h10. Sur scène, trois acteurices se métamorphosent à vue, comme des figurines pour enfants, pour questionner le quotidien et réfléchir sur de grands enjeux politiques avec une touche d'audace et d'irrévérence.

Elections municipales 2026 - Guignol et Gnafron à la rescousse

De Rodolphe Perrin, 50 minutes. Alors que les élections municipales approchent, Guignol et Gnafron, livrent eux aussi leur « contirbuchon électorable » en conduisant une enquête palpitante pour aider un ami à retrouver son vélo volé, dans la tradition du Guignol lyonnais faisant la satire des dominants.

BoOm

Mise en scène de Claire Petit et Sylvain Desplagnes, 30 min, dès 18 mois. Dans un espace blanc et calme, entre cabane et cocon douillet, BoOm, un drôle de personnage, apparaît et explore, avec sa tête de cube, un univers où tout devient jeu, chute et équilibre. Peu à peu, il découvre le monde avec curiosité et maladresse, et se construit pour se mettre à jouer. Autour de lui, des cubes apparaissent et disparaissent, et l’un d’eux, plus petit et tout rouge, attire son attention et devient son partenaire de jeu.

Absalon, Absalon !

D’après William Faulkner, mise en scène de Séverine Chavrier, 5h15. Dans le Sud des États-Unis post-guerre de Sécession, Thomas Sutpen, un homme blanc rongé par la rancœur bâtit, à partir d’une unique pièce d’or, un domaine monumental qu’il baptise de son nom, Sutpen’s Hundred. Pour fonder sa dynastie, au sang le plus pur, il multiplie les épouses et les enfants dans un délire d’engendrement, mais échoue, dans l’inceste et le fratricide.

Notre avis : Après avoir présenté son excellent Ils nous ont oubliés en 2023 au TNP, Séverine Chavrier revient avec son intense adaptation de 5h du roman culte de William Faulkner qu'elle a créée au festival d'Avignon 2024. Sur le plateau, elle a tout mis : la maison et la voiture de Thomas Sutpen, cet enfant des basses couches de la société qui veut fonder un empire de plantations, mais aussi la moiteur du Mississipi et l'Amérique de la guerre de Sécession, la ségrégation et l'inceste. L'acteur Laurent Papot impressionne, le spectacle nous happe, quitte à parfois ne pas être complètement saisissable.

Le cercle de craie

D’après Klabund, mise en scène de Théo Thiéry, 1h20, dès 11 ans. Haitang, une jeune fille vendue comme esclave dans une maison de thé, est mariée de force et dépossédée de son enfant. L’amour empêché, la corruption et la jalousie jalonneront son destin jusqu'à ce que l'empereur émette un jugement, celui du cercle de craie.

Process Comedy

De Quentin Lesaffre et Bertrand de Ruyver, mise en scène d'Olivier Maille, 1h15. À travers des anecdotes et des imitations, Process Comedy vise à apprendre au public à mieux se connaître et à mieux comprendre son entourage, à la maison comme au travail.

Disc Comedy

Mise en scène d'Olivier Maille, 1h30. Basé sur l'outil d'évaluation psychologique éponyme, ce spectacle plonge dans l’univers des personnalités, entre rouge, jaune, vert et bleu, pour découvrir avec humour qui nous sommes et à quelles catégories appartiennent notre entourage.

Trancher

Mise en scène de Sophie Engel et Héléna Sadowy, par la compagnie Haut les cœurs, 1h, dès 15 ans. Pour une énième fois, l'être aimé de Sophie vient de rompre. Face au cycle auquel elle est confrontée, elle décide d'agir et remonte le fil de son rapport à l’amour et à sa culture juive pour chercher ce qui cloche et essayer de faire fuir les monstres.

Zaï zaï zaï zaï

D’après Fabcaro, mise en scène de Paul Moulin, 1h. Fabrice est à la caisse d’un supermarché lorsque la caissière lui demande s’il a la carte du magasin, mais il ne la trouve pas. La caissière appelle la sécurité et Fabrice prend la fuite. En quelques heures, il devient l’ennemi public numéro un. Installés autour d’une grande table équipée de micros, une bande d’acteurs s’amuse comme des gosses à raconter cette histoire complètement déjantée, en faisant les voix et les bruitages.

Notre avis : Quand la bande dessinée à succès Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro est adaptée sur scène en fiction radiophonique par le Théâtre de l'Argument, ça donne un spectacle à succès aussi drôle qu'inquiétant sur ce qu'il dit en filigrane de notre monde actuel - tout part d'un simple oubli de carte de fidélité pour finir en paranoïa sécuritaire nationale !

Un peu de calme avant la tempête

Texte de Theresia Walser, mise en scène de Gilles Chavassieux, 1h15. Trois hommes, H1, H2 et G, se retrouvent avant de passer sur un plateau en direct à la télévision pour débattre sur l’incarnation d’Adolf Hitler, bien que l’un d’eux soit surtout connu pour avoir interprété Goebbels. D'abord centré sur  l’incarnation de l’inhumanité, leur échange glisse peu à peu vers une réflexion sur l’irruption du personnage dans la vie intime et sociale.

Notre avis : Retour de Gilles Chavassieux sur les planches ! Lui qui a fondé et dirigé jusqu'en 2012 le théâtre des Ateliers, aujourd'hui annexe du TNG, rejoint deux camarades pour jouer trois acteurs s'apprêtant à débattre en direct à la télévision sur l'incarnation d'Adolf Hitler. Ils s'emparent de la première pièce traduite en français, en 2019, de la très primée dramaturge allemande.

Le plaisir, la peur et le triomphe

De Joaquim Fossi, 1h. Après la révolution engendrée par la photographie au siècle dernier, le 21e siècle marque une nouvelle rupture, car les images circulent désormais en continu sur nos écrans. Face à cette déferlante, Joaquim Fossi tente de reprendre le contrôle et de restaurer nos imaginaires en s'arrêtant sur certaines de ces images pour les regarder autrement et réinventer notre rapport à celles‑ci. 

Very hot line

Texte d'Yvan Lecomte, mise en scène de Yohan Genin, par la compagnie du Bistanclac, 1h20, dès 15 ans. Début 2000, Télécom Polissonnes, petite entreprise de téléphone rose, subit de plein fouet la révolution numérique. Le dépôt de bilan semble inévitable, mais c’est sans compter sur Catherine, Julie et Mickaël, une équipe qui va tout donner pour sauver leur entreprise.

Prendre soin

Texte et mise en scène d'Alexander Zeldin, 1h30. Au cœur de la nuit, dans une boucherie industrielle, cinq agents de ménage se rencontrent pour la première fois. Au moment de leurs pauses, ils bavardent, dans une scénographie d’une grande sobriété donnant toute la place aux acteurs et actrices.

Notre avis : Dans cette saison dense, on ose affirmer que c'est le spectacle que nous attendons le plus. Il y a quelques années, Alexandre Zeldin nous avait fait chavirer avec Love tant il aimait ses personnages plus qu'il ne collait sur eux un discours, intensément politique. Avec le théâtre, il rendait leur humanité à des allocataires en mal de logement gérés par les services sociaux anglais. Avec Prendre soin, autre volet de sa trilogie sur les inégalités, le Britannique s'attache aux travailleurs précaires, celles et ceux compressés par le programme économique à la tâche dit « Zero hour ».

Romancero queer

Texte et mise en scène de Virginie Despentes, 1h40, dès 15 ans. Après Woke, sa première expérience de mise en scène, Virginie Despentes est de retour avec Romancero Queer, qui se déroule dans les loges d’un théâtre public où huit acteurs sont rassemblés pour l’adaptation d’une pièce. La banalité de la tyrannie du metteur en scène les exaspère, puis les révolte et les soude.

Notre avis : Événement : l'autrice culte Virginie Despentes débarque cette saison à Lyon (à la Croix-Rousse, forcément) avec sa deuxième pièce qu'elle met en scène : Romancero queer. Un spectacle vivifiant et joyeusement imparfait, dans la lignée de ses réflexions et de ses combats (sa première pièce, écrite à huit mains, revendiquait fièrement le titre Woke), avec pour point de départ narratif le monde du théâtre et une histoire de metteur en scène problématique. Très métathéâtral.

Le Premier sexe

Texte et mise en scène de Mickaël Délis, 1h20. Épaulé par divers membres de sa famille, ses camarades de classe, des collègues et d'autres, un homme offre le fruit de sa réflexion sur le thème de la virilité, de l'enfance à l'âge adulte, le tout condensé en sept tableaux.

Notre avis : Dans la famille des seuls-en-scène à personnages, très à la mode en ce moment, Le Premier sexe de Mickaël Délis est dans le très haut du panier. Le comédien et auteur a ainsi livré en 2022 un spectacle sur « la grosse arnaque de la virilité » analysée de son point de vue d'homme gay, et avec pas mal d'humour et de théâtralité - notamment lorsqu'il campe sa mère. Une réussite qui tourne petit à petit en France et qui, pour info, a été complétée par deux autres spectacles afin de former une remarquable et passionnante « trilogie du troisième type ».

La prochaine fois que tu mordras la poussière

D’après Panayotis Pascot, mise en scène de Paul Pascot. Dans le miroir d’une salle d’attente d’hôpital, face à son fils, un père apparaît et disparaît. Des deux, on ne sait pas qui sera le prochain à mordre la poussière.

Notre avis : Du roman à succès La Prochaine fois que tu mordras la poussière de son frère Panayotis Pascot, le metteur en scène Paul Pascot a sorti des passages saillants sur le rapport compliqué du jeune humoriste à son père. Dans une scénographie polymorphe, il a placé son comédien principal (Vassili Schneider à la création, Roméo Mariani pour la tournée) au centre de l'attention, le père (Yann Pradal) étant une présence presque fantomatique habilement convoquée, pour un spectacle subtil et émouvant.

(É)mouvoir

Mise en scène de Claire Petit et Sylvain Desplagnes, 30 min, dès 6 mois. À l’intérieur même d’un décor de forêt doux et enveloppant, les tout-petits pourront se déplacer, toucher, observer, écouter. Accompagnés par une marionnettiste, ils partiront à l'aventure au contact de la nature mouvante.

Notre avis : Régulièrement des compagnies s'attèlent à s'adresser aux bébés avec des moyens restreints, tant l'économie du théâtre jeune public est précaire. Voici que Claire Petit et Sylvain Desplagnes s'offrent les moyens d'une scénographie immersive pour les tout-petits dès 6 mois. De petites boules orange évoluent dans un monde ouaté blanc-crème et des végétaux s'animent, sortant des limbes ou tombant du ciel. De quoi faire ses premiers pas au théâtre avec une grande délicatesse.

Big Mother

Par la compagnie Mélody Mourey. Alors qu’un scandale éclabousse le Président des États-Unis et agite la rédaction du New York Investigation, la journaliste Julia Robinson voit sa vie vaciller dans la salle d’audience d’un tribunal quand elle croit reconnaître sur le banc des accusés son compagnon, mort quatre ans plus tôt. Son enquête croise celle de son équipe, et la petite cellule du New York Investigation se retrouve confrontée à un programme de manipulation de masse d’une ampleur inédite.

Notre avis : Nom bankable du théâtre privé français, Mélody Mourey a créé un nouveau hit à succès. Soit une sorte de thriller dans le milieu journalistique états-unien, efficace dans sa narration et ses rebondissements (il est question d'un mort qui réapparaît subitement) et au plus près des enjeux démocratiques contemporains - le titre de la pièce est évidemment une référence à George Orwell. Voilà qui fait le job, même si c'est parfois aux forceps et à gros traits.

La vie secrète des vieux

Mise en scène de Mohamed El Khatib, 1h10, dès 15 ans. Après ses précédents succès au Théâtre de la Croix-Rousse, Mohamed El Khatib est de retour en invitant des femmes et des hommes âgés de 75 à 102 ans pour partager leurs histoires de coeur. Dans cette performance drôle et touchante, ces anciens évoquent avec sincérité leurs aventures sentimentales et intimes, passées ou présentes.

Notre avis : Raconter La Vie secrète des vieux, et notamment leur rapport au désir, avec sur le plateau des « vrais vieux », c'est ce qu'a entrepris le metteur en scène et auteur Mohamed El Khatib, grande figure d'un théâtre documentaire enrichi par la fiction. Le résultat est à la fois touchant, drôle, politique et, surtout, empreint de la fragilité et de la mélancolie de la fin de vie, l'une des interprètes amateurs étant décédée depuis la création en 2024.

Pistes...

Texte et mise en scène de Penda Diouf, 1h55, dès 14 ans. Dans ce seule-en-scène, Penda Diouf prend le parti de l’autofiction pour révéler la mémoire de la colonisation en reliant son enfance en France, marquée par le racisme systémique, au récit de son voyage en Namibie sur les traces de son héros d’adolescence, l’athlète Frankie Fredericks, seul Namibien à avoir remporté un titre olympique.

Notre avis : Pour sa première mise en scène, l'autrice franco-sénégalaise Penda Diouf est partie de sa propre histoire et l'a reliée à la grande. Ou comment une jeune fille noire, élevée quelque part en France, là où les regards pointent la différence, décide, à l'âge adulte, après avoir découvert l'athlète namibien Frank Fredericks, de se rendre en Namibie, là où la colonisation allemande a conduit à un génocide au début du siècle dernier. Interprété par Nan Yadji Ka-Gara, ce riche seule-en-scène déploie de nombreuses pistes - politiques, engagées - afin d'écrire toutes les histoires.

Nexus de l'adoration

Texte et mise en scène de Joris Lacoste, 2h. Dans une grande cérémonie performative, Joris Lacoste réunit toutes les expériences individuelles du monde pour mieux célébrer notre hétérogénéité, entre poésies répétitives, chansons pop, prières matérialistes, chorégraphies K‑pop, dialogues absurdes, duos TikTok, discours flamboyants et confidences intimes en mode stand‑up.

Notre avis : Alerte ovni scénique, de ceux qui emballent une partie du public autant qu'ils en agacent une autre, bien décidée à quitter la salle avant la fin de la représentation - ici quelque 2h20 tout de même. En ayant créé une sorte de comédie musicale à la gloire des "choses" (des objets, des concepts, des discours...), l'auteur et metteur en scène Joris Lacoste a placé les mots au centre du plateau, délivrés par des interprètes chantant sur une musique live hypnotique. Entre la messe géante, l'arty fascinant et la grosse blague assumée.

Goupil et Kosmao

D'Étienne Saglio, 40 min, dès 5 ans. Nouveau venu incontournable dans le monde de la magie, Étienne Saglio met en scène un renard rebelle et un magicien qui composent un duo cartoonesque aussi féérique que comique, entre music-hall et marionnette. La star, ce n’est pas le prestidigitateur, c’est l’animal.

Notre avis : Grand nom de la magie contemporaine, Étienne Saglio a conçu, avec Goupil et Kosmao (soit le nom de l'assistant renard et celui du magicien), une petite forme cabaret de 30 minutes destinée au jeune public (à partir de 5 ans) d'une inventivité et d'une intelligence folles. Ici, l'humour est le moteur du récit, porté par ce duo involontairement comique qui fait littéralement s'esclaffer les enfants. Et les plus grands.

L'Abolition des privilèges

D’après Bertrand Guillot, mise en scène d'Hugues Duchêne, 1h15. Après avoir parlé de la politique actuelle, Hugues Duchêne plonge au cœur de la nuit du 4 août 1789, lorsque des jeunes députés sont venus à Versailles pour abolir les privilèges des bien-nés, un moment fondateur de la nation française.

Notre avis : De ce moment fondateur qu'est la fameuse nuit du 4 août 1789 ayant permis L'Abolition des privilèges, le metteur en scène Hugues Duchêne a fait un spectacle survolté pour un comédien. Un pan de l'histoire française réanimé façon one-man-show, Maxime Pambet changeant de rôle en quelques secondes pour enflammer un discours, rejouer un affrontement, délivrer une anecdote... Captivant.

Les gros patinent bien

De Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan, 1h20, dès 10 ans. Comme des Laurel et Hardy des temps modernes, un homme en costume trois pièces passe tout le spectacle assis, tandis qu’un autre, en maillot de bain, s’agite autour de lui, brandissant des centaines de cartons racontant un voyage imaginaire à travers le monde. Il fait ainsi défiler des paysages, des personnages et même des animaux croisés au cours de cette drôle d’épopée. 

Notre avis : Un gros homme, statique sur scène, se lance dans un impressionnant voyage grâce à un maigre acolyte qui matérialise avec des cartons tout un tas d'accessoires, de paysages, de compagnons de route... Signé Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois, Les Gros patinent bien, cabaret de carton est un bijou burlesque au succès phénoménal mérité depuis sa création en 2020. Interview de Pierre Guillois à lire sur notre site (« faire marrer les gens, c'est notre travail ! » nous dit-il).

White dog

Mise en scène de Camille Trouvé et Jonas Coutancier, 1h35, dès 12 ans. Dans l’Amérique des années 1960, bouleversée par de violentes luttes raciales, un couple recueille un chien. D’apparence douce et affectueuse, il est dressé pour attaquer les personnes noires ; un récit sur la haine, le conditionnement et l’instrumentalisation sur fond de jazz.

Notre avis : Créé en 2017, White Dog de la compagnie Les Anges au Plafond, grand nom français de la marionnette, est un petit bijou de spectacle construit autour du roman Chien blanc de Romain Gary. Dans ce texte de 1970, l'auteur raconte comment, aux États-Unis avec son épouse Jean Seberg, il a recueilli un chien abandonné d'apparence affectueuse, sauf quand il croise une personne noire... Une œuvre forte, politique, qui, sur scène, a été habilement adaptée avec une scénographie en papier, de la vidéo, des jeux de lumière et de la musique live.

L'évadation de la tour fatale enflammée

Texte de Romain Franklin, mise en scène d'Alexandra Volay, 1h15, dès 10 ans. Dans une grande tour de TV, un entretien d’embauche tourne au cauchemar lorsqu’un groupe de braqueurs fait irruption, déterminé à s’emparer d’un mystérieux coffre caché dans l’immeuble. Coincés à l’intérieur, Tom, un technicien, Benjamin, le PDG, et Emma, une candidate, doivent unir leurs forces pour échapper à cette prise d’otage.

La perruche

Écrit par Audrey Schebat, par la compagnie Art’Scenic, 1h, dès 10 ans. Un couple attend des amis pour le dîner, mais ceux-ci n’arriveront jamais… S’agit-il d’un accident, d’une séparation, d’un cambriolage ? À chercher les raisons de cette absence, l’homme et la femme se disputent au sujet du couple de leurs amis, remettant en cause les fondements de leur propre couple.

Face à la mère

Mise en scène de Guy Cassiers, 1h30. Après vingt années passées en Afrique puis en Europe avec sa famille, une femme décide de retourner à Haïti, sa terre natale. Dans ce pays progressivement en proie à la violence puis au chaos, elle choisit de rester envers et contre tout, y devient enseignante, consacre sa vie à s’occuper des autres avant d'y mourir tragiquement.

Notre avis : Un homme, seul sur le plateau, évoque le souvenir de sa mère, assassinée en Haïti, et la douleur qui a suivi. En 2006, le comédien, metteur en scène et dramaturge Jean-René Lemoine a publié puis joué le texte Face à la mère. C'est ce même texte qu'il reprend aujourd'hui, avec la voix calme de celui qui ne veut pas imposer sa peine, dans une mise en scène humble, au cordeau, de Guy Cassiers, l'un des papes du théâtre européen. Pour un moment presque hors du temps.

Au nom du ciel

Texte et mise en scène de Yuval Rozman, 2h, dès 15 ans. Après Ahouvi en 2023, Yuval Rozman aborde le quatrième opus de sa Quadrilogie de ma Terre, une œuvre qui aborde le lien avec son pays natal et le territoire israélo-palestinien. Dans cet ultime épisode, il prend de la hauteur et met en scène le point de vue de trois oiseaux qui enquêtent sur l’assassinat d’un jeune Palestinien autiste de 32 ans, Iyad Al-Hallaq, tué par la police israélienne en 2020.

Notre avis : En plein dans l'actu mais avec décalage. Homme de théâtre israélien installé en France et très critique envers la politique de Benyamin Netanyahou, Yuval Rozman a choisi, pour le quatrième volet de sa série baptisée Quadrilogie de ma terre, de prendre de la hauteur en confiant le récit à trois oiseaux témoins de l'assassinat, en 2020, d'un Palestinien autiste par la police israélienne. Des oiseaux engagés, forcément, mais également délicieusement vulgaires, pour un spectacle en tous points surprenant et captivant.

Une maison de poupée

D'après Henrik Ibsen, mise en scène d'Yngvild Aspeli et Paola Rizza, 1h20. Par amour pour son mari banquier et pour le sauver de sa maladie, Nora a contracté un emprunt illégal qu’il ne lui pardonne pas. Face à cette hypocrisie, elle préfère quitter son foyer et leurs trois enfants. Mi‑femme, mi‑oiseau, Nora se libère de son mariage avec grâce et conviction.

Notre avis : Metteuse en scène, comédienne et marionnettiste, la Norvégienne installée en France Yngvild Aspeli a choisi d'adapter la pièce culte du répertoire norvégien et européen qu'est Une maison de poupée d'Ibsen avec, forcément, des marionnettes. Un parti pris pertinent tant visuellement, la scénographie brouillant la frontière entre illusion et réalité, que sur le fond. L'aspect féministe du texte (une femme qui refuse d'être réduite au rôle de poupée par son mari) saute ainsi littéralement aux yeux, à l'image des immenses araignées convoquées sur scène.

Marius

D'après Marcel Pagnol, mise en scène de Joël Pommerat, 1h20, dès 12 ans. Les affaires du café‑boulangerie de César vont plutôt mal, les clients se font rares et son fils Marius n’a guère envie de reprendre le commerce. Partagé entre son envie de prendre le large et son amour pour Fanny, une amie d’enfance, le jeune homme se demande s'il faut tout quitter au risque de tout perdre, ou rester et honorer son devoir de fils.

Notre avis : Joël Pommerat revient à Lyon avec Marius, adaptation du texte de Marcel Pagnol portée par des interprètes professionnels et d'anciens détenus rencontrés lors d'ateliers en prison. En artisan précis du théâtre, il a dirigé ce petit groupe hétéroclite avec finesse, respectant la nature de chacun, pour composer un spectacle à plusieurs niveaux de lecture qui se déploie magistralement et avec fragilité. À noter que Pommerat sera également au TNP fin novembre avec son nouveau conte Les Petites Filles modernes.

Le soleil brille pourtant dehors

Écrit par Marine Chartrain, mise en scène de Louen Poppé, Mathilda Bouttau et François Geslin, 1h. Dans sa maison d’enfance, Adèle vit avec Samy, son partenaire. Depuis quelques mois, leur enfant a disparu sans laisser de trace derrière elle. Les recherches ne mènent à rien et le temps s’étend dans l’attente d’un indice, d’une explication.

Notre avis : Voilà un spectacle lynchéen. L'adjectif est beaucoup galvaudé et trop facilement utilisé pour décrire par paresse tout ce qui est étrange, mais ce spectacle là, découvert à l'Élysée le jour même du décès du réalisateur américain iconique (!), l'est pleinement. Le trio de créateurs son et lumière de la compagnie Maison vague, formé à l'ENSATT s'est adjoint le texte (commandé) de leur collègue dramaturge Marine Chartrain. Et voilà que cette histoire de parents déboussolés après la perte d'un jeune enfant devient un labyrinthe aussi visuel que réflexif.