Hallucinations Collectives, les confins du monde
Festival / Alors qu'il fêtera son vingtième anniversaire en 2027, le festival Hallucinations collectives propose une 19ᵉ édition riche en invités entremêlant œuvres porteuses et curiosités de niche, résonances avec l'actualité et exploration de territoires rares.
Photo : The Carpenter's Son © Imagem Filmes
De 1930 à nos jours, du Mexique à la Russie, ce cru 2026 a des airs de voyage spatio-temporel. Que les initiés se rassurent, ils et elles n'auront aucun mal à trouver des marqueurs emblématiques. La programmation comprend un film avec Nicolas Cage (The Carpenter's son), du cinéma indien survolté (Eega de S.S Rajamouli) ou de l'animation en stop-motion (Junk World de Takahide Hori). Pourtant, cette continuité dans l'élaboration d'un festival qui n'a jamais trahi son ambition de valoriser un cinéma de la marge (minoré, méprisé ou oublié), n'exclut pas de subtiles évolutions. Â
Under the skin
Il est question de créer des dialogues entre les différentes éditions mais aussi entre les films projetés durant la semaine et les invités présents. La rétrospective Rotten apple fresh blood fait office de suite spirituelle au cycle New York jungle urbaine proposé en 2014. Elle comprend The Addiction, variation autour du mythe du vampire signée Abel Ferrara, aux côtés de deux longs-métrages plus confidentiels, Habit et Night Owl.Â
Alors que le genre se féminise considérablement depuis une décennie, le festival accueillera les autrices Fleur Hopkins-Loféron et Morgane Caussarieu. Celles qui viennent de publier l'ouvrage Génération body horror (qu'elles dédicaceront), accompagneront également la projection de Society. Une satire de Brian Yuzna, récemment citée dans The Substance et Retour à Silent Hill, sorte de soap opera trash et sans concession qui tire à boulets rouges sur la bourgeoisie californienne.Â
Grand Prix au Festival de Gérardmer avec Egō, Nightborn, le deuxième long-métrage d'Hanna Bergholm sera projeté en avant-première. Un folk-horror gore qui étudie la structure familiale et les injonctions sociales par le prisme du genre, dans lequel on pourra retrouver Rupert Grint et Seidi Harlaa, remarquée dans Compartiment n°6.

Brûler l'empreinte
Ami du festival, Maxime Lachaud dédicacera son dernier ouvrage Shockroads - Des cauchemars américains aux films-rêves et présentera Mandingo de Richard Fleischer. Un film choc réalisé par un vétéran hollywoodien, longtemps invisible suite à sa sortie houleuse. Le long-métrage n'hésite pas à montrer frontalement les horreurs de l'esclavage, Quentin Tarantino s'en est d'ailleurs inspiré pour Django Unchained.
Très attendu, le thriller psychologique et allégorique de Charlie Pollinger, The Plague, aura droit à son avant-première. L'histoire d'un garçon de 12 ans dans un camp de water-polo victime d'une tradition cruelle et désigné comme porteur de « La Peste ». Une fable à peine voilée sur la fabrication des boucs émissaires et dont les échos contemporains n'ont rien d'accidentel. S'il est bien une chose que le festival nous rappelle, édition après édition, c'est que le cinéma de genre et la marge sont les meilleurs thermomètres des sociétés qu'ils auscultent. Vous êtes toutes et tous prévenus.
Hallucinations collectives
Du 31 mars au 6 avril 2026 au Comœdia (Lyon 7ᵉ) ; prix variables
