Yellow Letters, la liste noire
Agora / Deux ans après "La Salle des profs", İlker Çatak reconduit son approche politique par l'allégorie dans un film plus hésitant que son prédécesseur, en dépit d'une mise en scène impressionnante. Ours d'or à la Berlinale. En salle le 1er avril 2026.
Photo : Yellow Letters © Haut et Court
Dans une Turquie imaginaire où Hambourg tient lieu d'Istanbul et Berlin d'Ankara, İlker Çatak observe la descente aux enfers d'un couple de privilégiés. Il est enseignant à la faculté, elle est comédienne au théâtre national. Si l'élégance et la fluidité d'une mise en scène graphique confirment les espoirs placés en son auteur, le scénario suscite davantage de réserves. Oscillant entre le film de dénonciation, le thriller parano et le drame familial, l'allégorie se révèle plus floue que sur La Salle des profs. À force de tergiversation, le réalisateur se contente d'effleurer la réalité turque qu'il prétend dépeindre, affronter et dénoncer.Â
