Dans l'envers vivant du musée
Muséographie / À Villefranche-sur-Saône, le Musée Paul-Dini fête ses 25 ans en ouvrant ses portes sur ce qui, d'ordinaire, reste hors champ : le travail minutieux de celles et ceux qui rendent le musée vivant.
Photo : Vue de l'exposition ''Muséocoulisses. Un musée, des métiers''
Avec Muséocoulisses. Un musée, des métiers, présentée jusqu'au 20 septembre à l'espace Cornil, l'institution invite à passer de l'autre côté du décor. Ainsi la visite ne se limite plus seulement à la contemplation des œuvres, mais vise à dévoiler ses coulisses : les postes et les responsabilités qui rendent une exposition possible.
L'objectif est clair, presque politique : mettre en lumière les contributions discrètes qui animent le musée. Les domaines tels que la documentation, la régie, la conservation, l'administration, la technique, la direction, la médiation, l'accueil et la surveillance forment ensemble une narration commune. Le commissariat, pris en charge de manière collective par l'équipe, rejette toute prétention à une parole dominante. « Nous ne pouvions pas nous exprimer à la place de nos collègues », souligne la directrice adjointe Mariya Todorova, insistant sur l'importance de permettre à chaque profession de partager son propre récit.

Le parcours évite, de cette manière, l'écueil de la démonstration sèche. Tables de travail, objets professionnels, manipulations, jeux de budget ou de planning : Muséocoulisses met le public en situation, avec une pédagogie légère, mais toujours concrète. Que devient une œuvre hors des salles ? Qui écrit les textes ? Comment se prépare un accrochage ? Traversant les salles, on découvre ainsi la part immergée de l'iceberg : les réunions, les recherches, les arbitrages, mais également l'interdépendance des missions.
La collection intérieure
L'exposition touche aussi par ce qu'elle laisse affleurer d'intime. Les choix et les coups de cœur de l'équipe rappellent qu'un musée n'est pas seulement une machine savante, mais qu'il est traversé par des regards personnels. « On est aussi avant tout des visiteurs de musée, des amateurs d'art », nous dit encore Madame Todorova. Cette phrase donne au projet sa justesse : derrière les fonctions, des présences, derrière les procédures, une relation aux œuvres.

En regard, l'espace Grenette prolonge l'expérience avec un accrochage consacré aux artistes femmes, ainsi que deux projets participatifs : le premier mené avec des élèves du collège Jean-Moulin tandis qu'une proposition construite avec des abonnés de l'artothèque clôt le parcours.
Plus qu'une exposition anniversaire, Muséocoulisses devient ainsi un geste de reconnaissance envers les métiers souvent invisibles, et une invitation à regarder le musée comme un organisme vivant, collectif et profondément nécessaire.
Muséocoulisses. Un musée, des métiers
Jusqu'au 20 septembre 2026 au Musée Paul-Dini (Villefranche-sur-Saône) ; 0 à 6€
