Avec la Basse cour, on ne demande qu'à en rire

Un véritable café-théâtre à Grenoble ? Cette semaine ouvre, quartier de l’Estacade, la Basse cour, « lieu dédié à l’humour et au rire ». Une idée séduisante sur le papier, dans une ville où humour rime souvent avec grosses têtes d’affiche lourdingues. Rencontre avec deux des membres de l’équipe pour en savoir plus.

Vous investissez les anciens locaux du Théâtre Coccinelle, qui sont vacants depuis moins d’un an. À savoir depuis la fermeture du Fitzcarraldo, le « lieu de vie et de pratiques artistiques » qui avait ouvert en octobre 2012 et fermé quelques semaines plus tard… Les deux projets ont-ils un lien ?

Erwan Flageul, administrateur du conseil d’administration de la Basse cour : Non, puisque ce n’est pas du tout la même équipe. L’association la Basse cour est propriétaire des lieux, que l’on a rachetés au Théâtre Coccinelle [qui a déménagé en septembre 2011 – NdlR]. Le Fitzcarraldo était locataire. Mais on est là parce que ce lieu était vide, ce qui nous a donné l’idée de monter ce projet. C’est l’opportunité d’un tel endroit, bien équipé pour le culturel [l’équipe du Fitzacrraldo avait rénové le théâtre – NdlR], qui a concrétisé l’envie que l’on avait en tête depuis longtemps.

Monter un café-théâtre à Grenoble…

EF : Oui. Au départ, on s’est dit que si l’on refaisait une salle de concert, ça aurait été dommage, car beaucoup de structures existent déjà, dont pas mal qui se sont créées récemment. Avec une salle de théâtre classique, on tombait sur les mêmes conclusions. Il fallait donc que l’on trouve quelque chose qui n’existait pas, et nous voilà ! On s’est inspirés du principe des cafés-théâtres qui existent à Paris ou à Lyon.

Un café-théâtre donc, à la programmation différente de ce que l’on peut habituellement trouver dans les salles de l’agglo programmant des spectacles d’humour (le Théâtre de Grenoble, le Théâtre en Rond, le Summum…) ?

Valentine Argoud, chargée de production et de communication : L’idée est vraiment de faire une programmation d’humour sous toutes ses formes : du one-man-show, du clown, du mime, de la chanson... On est sur des choses différentes des autres lieux, même si par exemple, il y a des artistes programmés au Théâtre en Rond que l’on aimerait bien avoir chez nous.

EF : On va essayer de jongler entre de l’humour accessible et des formes plus dérangeantes, plus étranges...

Dans la programmation de ce premier semestre, on retrouve beaucoup d’artistes de Lyon et Paris, deux villes, comme vous l’expliquez, où les cafés-théâtres sont légion…

EF : Tout à fait, la scène café-théâtre est bien développée dans ces villes. Mais à terme, on aimerait avoir un véritable ancrage local. Au début, on l’aura notamment avec les compagnies d’impro...

Car on ne verra pas que des spectacles d’humour classique à la Basse cour ?

EF : L’idée de l’organisation de la semaine, c’est que le mardi soit dédié à l’impro, sous la forme de tournois par équipe de deux, qui se dérouleront sur tout le trimestre. Le mercredi, c’est aussi de l’impro, mais cette fois-ci avec les troupes locales, amateurs comme professionnelles. Et les jeudi, vendredi, samedi, sur une voire deux semaines, c’est un spectacle. Le fait qu’il y ait plusieurs représentations permettra de faire jouer le bouche-à-oreille.

Vous êtes une association. Comment comptez-vous fonctionner sur le plan économique ?

VA : On se financera par les adhésions annuelles, la billetterie, la recette du bar, et les cours donnés en musique et en théâtre.

Des cours où l’on retrouvera des figures grenobloises connues…

EF : L’idée n’était pas de faire une école classique avec de simples cours individuels, mais de s’appuyer sur des profs issus de la scène locale [Djazia Satour en chant, Roberto Lozano et Didier Bouchet en musique, Yannick Barbe en théâtre par exemple – NdlR]. Ce sont des profs qui sont en activité, qui n’ont pas forcément tous une bonne connaissance de la pédagogie, mais qui pourront transmettre leurs savoirs et leur expérience, et qui animeront aussi des journées de travail en commun.

La Basse cour, 18 rue Colbert, à Grenoble.
Premier spectacle du mardi 18 au jeudi 20 septembre (Laurent Violet – 25e année de triomphe). Inauguration officielle le vendredi 21 septembre.

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