Coups doubles au Maudit Festival

Parias / Six jours pour se remettre les pupilles à zéro grâce à du cinéma divergeant ou divergé, inquiétant ou bizarre, baroque ou kitsch, patrimonial ou appelé à le devenir. Le Maudit Festival débarque avec son terrible cortège et attend votre visite. Malheur aux absents !  

Il paraît que c’est Dry january, injonction à la diète hygiénio-janséniste destinée à purger par l’ascèse hypocrite et la bonne conscience les excès encouragés tous azimuts durant le mois de décembre. Plutôt que de faire maigre, le Maudit Festival vous incite à la bombance avec une petite dizaine de films à savourer en une toute petite semaine. Le menu de cette chandeleur façon grenobloise convoque les plus fins maîtres-queux du district : à l’équipe du Maudit Festival s’adjoignent en effet le Ciné-Club, Ojo Loco, la Cinémathèque, le Ciel et Mon Ciné autour de la (fructueuse) thématique du double et des alter ego.

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Doubles troubles

À tout "saigneur", tout honneur : Brian De Palma ouvre ce diabolique bal avec non pas Carrie mais Sœurs de sang (1973) ; lui suivra mercredi le Mexicain Double Destinée de Roberto Gavaldón (1946) avec – le croirez-vous ? – une autre histoire de sœurs jumelles. Amatrices et (a)mateurs de buddy movies féminins sulfureux, réjouissez-vous : le double programme du jeudi enchaîne deux raretés. D’abord Mais ne nous délivrez pas du mal, le premier long de Joël Séria (1971), dans l’esprit des Petites Marguerites avec évidemment Jeanne Goupil ; et puis Baise-moi de Virginie Despentes & Coralie Trinh Thi (2000) dans une bonne vieille copie 35 mm des familles – enfin, en âge de voter pour voir cet équivalent trash de Thelma et Louise. Le lendemain, un triple bill est prévu, débutant sous des auspices hong-kongais avec Infernal Affairs de Andrew Lau & Alan Mak (2002) et A Hero Never Dies de Johnnie To (1998), auquel succèdera le funèbre The Crow d’Alex Proyas (1994) – que Rust avec Alec Baldwin devrait bientôt rejoindre au dramatique rayon des snuff movies accidentels. Le samedi paraîtra plus soft avec la soirée grindhouse, combo réunissant Démons de Lamberto Bava (1985) – mise en abyme d’une projection d’épouvante – et Frères de sang de Frank Henenlotter (1982), comme en écho au De Palma inaugural. Cette évocation ne serait pas complète si l’on omettait de mentionner la séance jeune public, mercredi après-midi, autour L'Étrange Pouvoir de Norman de Chris Butler & Sam Fell (2012), tout à la fois comédie d’animation et de zombies. Ni si l’on faisait l’impasse sur le doc en clôture, The Ballad of Genesis and Lady Jaye signé Marie Losier (2011), portrait d’une figure de l’underground aux identités multiples… et de son double. Logique.

Le Maudit Festival du 31 janvier au 5 février au cinéma Juliet-Berto, au Ciel (Grenoble) et à Mon Ciné (Saint-Martin-d’Hères), de 4€ à 6, 50€

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