Chico et Rita

ECRANS | De Fernando Trueba et Javier Mariscal (Es-GB, 1h34) animation

François Cau | Jeudi 30 juin 2011

Chico se remémore, au crépuscule de son existence, sa jeunesse à Cuba où, jeune pianiste talentueux, il fit la rencontre de Rita, chanteuse exceptionnelle, dont il tomba amoureux et avec qui il vécut une décevante aventure artistique aux Etats-Unis, avant de rentrer seul et oublié dans son pays natal. La bizarrerie de ce film cosigné par Fernando Trueba est son absence totale d'imagination et de surprise : jamais film d'animation n'aura paru si peu légitime dans sa démarche, tant son scénario et ses rebondissements sont ceux de n'importe quelle œuvre en prises de vue réelles. Certes, reconstituer Cuba et New-York dans les années 40 doit coûter une blinde ; certes, le graphisme est loin d'être moche. Mais cela ne suffit pas à sortir Chico et Rita d'une désagréable sensation de routine académique, amassant les clichés à la pelle sur le machisme latino, l'industrie du spectacle américain, la sexualité torride des cubains et tuant dans l'œuf l'émotion mélancolique qu'elle est censée produire à l'écran.

Christophe Chabert

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L'Artiste et son modèle

ECRANS | De Fernando Trueba (Esp, 1h45) avec Jean Rochefort, Aida Folch, Claudia Cardinale...

Aurélien Martinez | Lundi 11 mars 2013

L'Artiste et son modèle

Avec sa filmographie hétéroclite et transcontinentale, Fernando Trueba compte parmi ces auteurs dont on ne sait pas trop quoi faire. Après Chico et Rita, tentative pas déshonorante quoique consensuelle de musical cubain en dessin animé, le cinéaste ibérique s'attaque à L'Artiste et son modèle, portrait d'un sculpteur regagnant en peu de vitalité lorsqu'une jeune fille devient sa muse. Situé en pleine occupation, le film veut retrouver l'époque bénie de la France de Matisse, cette France d'une avant-garde tourbillonnante, tout en tissant la double trajectoire de ses personnages : l'un crépusculaire, vieux et déçu par le monde, l'autre, la fille naïve, jeune et résistante, montrant que rien n'est perdu. La rencontre, sur fond de métaphysique artistico-érotique, est bien jolie sur le papier, mais Trueba confond film sur l'art, et filmer l'acte de création au travail ; ce qui cinématographiquement change tout. Le résultat, gentiment académique, laisse de marbre. Forcément.

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La joie du graphisme

ARTS | Le mois du graphisme dure plus de deux mois… On le sait, ça peut paraître étrange, mais c’est comme ça ! La question serait plutôt : qu’est-ce que ce fameux mois propose ? Bribes de réponse ci-dessous, avec un focus sur la jolie exposition "Mariscal, la alegria de vivir". Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 19 novembre 2012

La joie du graphisme

Si le Mois du graphisme annonce en pagaille des « expositions, conférences, rencontres, découvertes », force est de constater que les expositions constituent son point fort. Quelques conférences ou rencontres et quelques visites commentées sont prévues pour ceux qui ne voudraient pas être livrés à eux-mêmes lors des visites, mais ces moments sont distribués avec une parcimonie qui nous semble peu propice à créer un réel moment d’émulation autour de l’art du graphisme. Qu’importe. Cette année, l’accent est mis sur les créations latines. De l’Espagne à l’Amérique latine, le visiteur voyage dans un parcours à la cohérence inébranlable : de Cuba Grafica (affiches cubaines à l’artothèque Kateb Yacine), en passant par Nord-Sud, graphistes d’Europe et d’Amérique latine (aux Moulins de Villancourt), jusqu’à celle qui s’affiche clairement comme le clou du spectacle, Mariscal, la alegria de vivir (au musée Géo-Charles). Joie de vivre La liste n’est pas exhaustive, mais notre attention s’arrête sur cette der

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