Starbuck

ECRANS | De Ken Scott (Canada, 1h49) avec Patrick Huard, Julie Le Breton…

Aurélien Martinez | Lundi 25 juin 2012

Pour avaler ce Starbuck, feel good movie en provenance d'une Province, le Québec, où de toute façon les Bisounours sont rois, il faut passer outre un énorme problème lié à son sujet. En effet, on y voit un ado attardé et irresponsable qui a dans sa jeunesse, pour mettre de l'argent de côté, donné son sperme anonymement et ainsi donné naissance à 533 enfants. Le scandale éclate quand cette progéniture pléthorique décide de porter l'affaire devant la justice pour connaître son identité. Jusqu'ici, rien d'incongru, sinon le fait que Ken Scott privilégie l'image au point de vue, la réalisation sur la mise en scène. Mais scénaristiquement, il a besoin d'en passer par une énorme malhonnêteté en posant l'équation enfants nés d'une I.A.D. (Insémination Artificielle avec Donneur) = enfants malheureux et orphelins. C'est à la fois faux et très bête, mais c'est surtout une pure manipulation. La galerie de seconds rôles, tous paumés, drogués, suicidaires, sur lesquels « Starbuck » va veiller tel Mimie Mathy dans Joséphine Ange gardien, ne sont que des clichés servant une mécanique qui a pour seule fin le pathos, dégoulinant de partout, jusque dans un climax assez obscène de chantage affectif. Ce genre de cinéma, qui clame très fort son côté «sympa», est en fait l'inverse : un truc très antipathique. Christophe Chabert

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Fonzy

ECRANS | D’Isabelle Doval (Fr, 1h43) avec José Garcia, Lucien Jean-Baptiste, Audrey Fleurot…

Christophe Chabert | Jeudi 24 octobre 2013

Fonzy

Remake du film québécois Starbuck, Fonzy en reprend l’exact déroulé narratif, quasiment scènes par scènes, parfois au plan près, ne modifiant que de tout petits détails – le héros n’est plus livreur dans une boucherie mais dans une poissonnerie, par exemple. Parfois, il fait pire, notamment à cause d’un étalonnage désastreux qui intensifie tous les défauts du numérique, ou par la prestation franchement nulle de certains comédiens – le fils gothique, en particulier, est assez cauchemardesque. Pourtant, Isabelle Doval a réussi l’essentiel : corriger ce que Starbuck avait de profondément dégueu, à savoir son manque de respect envers son sujet, les enfants nés d’une I.A.D. (Insémination Artificielle avec Donneur). Simple prétexte dans le film québécois conduisant à un déluge de pathos Benetton style, il est pris au sérieux dans Fonzy avec une honnêteté surprenante, montrant toutes les apories actuelles de la loi française sur la question et le refus de prendre en compte le point de vue d

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