Les Seigneurs

ECRANS | D’Olivier Dahan (Fr, 1h37) avec José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Ramzy, JoeyStarr, Gad Elmaleh, Franck Dubosc…

Christophe Chabert | Jeudi 20 septembre 2012

Photo : DR


Typique du cinéma industriel qui se développe en ce moment dans l'Hexagone, Les Seigneurs est avant tout un film de producteur, en l'occurrence l'ancien comédien Isaac Sharry. Olivier Dahan, certes réalisateur de La Môme mais qu'il avait tourné juste après une commande déjà bien foireuse pour Luc Besson (Les Rivières pourpres 2), ne vient donc qu'apporter sa griffe à un récit archi-calibré (en gros, un entraîneur à la dérive est engagé pour s'occuper d'une équipe de dernière zone sur l'île de Molène, Bretagne, et convainc tous ses anciens camarades de renfiler les gants pour défendre l'usine menacée de fermeture).

Le problème, c'est que Dahan est plus une erreur de casting qu'un atout : il ne sait manifestement pas mettre en scène de la comédie, sinon en surdécoupant le jeu de ses comédiens ou en les cadrant large quand ils font leur numéro, et en jouant sur des effets qui rappellent rien moins que Les Fous du stade avec Les Charlots. Quant au foot, n'en parlons même pas – de toute façon, seul Carlos Reygadas a su le filmer dans Batalla en el cielo. Dès qu'il esquisse un pas de côté vers la chronique sociale ou l'émotion, on sent Dahan pousser un véritable ouf de soulagement : il peut enfin faire du cinéma !

Ne reste donc que le casting pour sauver la comédie et, là aussi, l'affaire est boiteuse. Si José Garcia et Omar Sy restent dignes d'un bout à l'autre, si Ramzy et JoeyStarr font le boulot sans forcer, l'impossible Franck Dubosc confirme comme d'hab' qu'il ne sait pas jouer devant une caméra. Quant à Gad Elmaleh, il remporte haut la main la coupe de l'embarras ; complètement égocentré, il grimace, pleurniche, s'agite et renifle son slip sale dans ce qui reste sa plus navrante prestation à l'écran.

Christophe Chabert

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La compagnie Bardanes passe des planches aux écrans

Web-série | Rassemblant des étudiants, des travailleurs et des demandeurs d’emploi, la compagnie étudiante Bardanes a dévoilé il y a quelques semaines les premiers épisodes de sa web-série, en attendant de retrouver les salles de spectacle.

Sandy Plas | Mercredi 3 février 2021

La compagnie Bardanes passe des planches aux écrans

Ils ne peuvent plus monter sur scène, alors ils ont décidé d’investir les réseaux sociaux, en créant pour la première fois une série. Les membres de la compagnie Bardanes, une asso étudiante créée en 2017, sont ainsi passés des planches à la vidéo il y a quelques semaines, pour continuer à jouer, coûte que coûte. « L’an dernier, nous avions dû annuler nos représentations la veille de la première, à cause du confinement. Quand on a vu que cette année, il serait certainement compliqué de faire du théâtre, on a décidé de créer une série », explique Léa Barnel, membre de la compagnie et auteure de la série. Les Seigneurs, du nom de cette création en 10 épisodes, est visible depuis quelques semaines sur la page Facebook de la compagnie, ainsi que sur son compte Instagram et sa page Youtube. L’histoire plonge dans un monde dévasté par les épidémies et les catastrophes naturelles, face auquel les survivants ont été forcés de s

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"10 jours sans maman" : décharge parentale

ECRANS | De Ludovic Bernard (Fr., 1h38) avec Franck Dubosc, Aure Atika, Alice David…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début… L’une des plaies modernes du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s’appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l’histoire qu’il n’éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l’exemple du parfait repoussoir. Sauf que… loin d’être un chef-d’œuvre de raffinement, d’intelligence ou d’esthétique (on baigne quand même dans l’uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L’Ascension) n’est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c’est dire ! D’abord, il tient son pari d’aborder la question de la charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s’attaque à ce tabou existant encore autour de la question de l’

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"Merveilles à Montfermeil" : corbeille et somme

Cinema | De et avec Jeanne Balibar (Fr., 1h49) avec également Emmanuelle Béart, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Fraîchement séparés, Joëlle et Kamel se côtoient tous les jours au sein de l’équipe municipale de Montfermeil. La maire, une illuminée, rêve, entre autres excentricités années 1980, d’implanter une école de langues démesurée dans cette cité de banlieue. Cela n’arrangera pas leurs relations… Intrigante et prometteuse, la séquence d’ouverture montrant le couple Balibar/Bedia se disputant en arabe devant une juge des divorces abasourdie aurait pu – dû ? – constituer l’alpha et l’oméga de cette pseudo comédie politique, mais authentique catastrophe artisanale. Première réalisation solo de la comédienne-chanteuse intello (récemment enrubannée d’un hochet républicain, dans la même promotion que le patron de BlackRock), ce "machin" a faux sur toute la ligne. La forme, tout d’abord : écrit et joué en dépit du bon sens, il offre à une troupe de bobos hors sol vêtue arty sexy l’occasion de glapir du cri primal dans un simulacre pathétique de Rendez-vous en terre inconnue. Le fond, ensuit

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"Terminal Sud" : Kakfa à la Méditerranée

Cinema | De Rabah Ameur-Zaïmeche (Fr.-Alg., avec avert. 1h36) avec Ramzy Bedia, Amel Brahim-Djelloul, Slimane Dazi…

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

Un pays méditerranéen indéfini de nos jours, en proie à un conflit civil et religieux. Non aligné, un médecin tente d’exercer son métier malgré les tracasseries ordinaires et les incitations de ses proches à migrer en sûreté. Un jour, sa situation s’envenime malgré lui… Rabah Ameur-Zaïmeche signe sans doute son film le plus abouti, porté un Ramzy Bedia inspiré (comme il l’est souvent lorsqu’on lui confie un rôle dramatique). Celui dont le récit s’avère le plus linéaire, mais surtout celui dont l’histoire est la plus universelle. Le contexte méditerranéen, l’évocation d’une guerre de décolonisation, la nation déchirée et la question de la trahison… Autant de thèmes qui font écho à l’œuvre de Camus dont le cinéaste offre ici une forme de continuation contemporaine. Jusqu’à l’absurdité d’une séquence de torture qui, elle, renvoie moins à la pensée camusienne qu’à la folie tchèque des procès de Prague (voir L’Aveu), quand des trésors de raffinement stalinien étaient mis en œuvre pour que des innocents s’accusent de forfaits dont ils ne connaissaient même pas l’existence.

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"À cause des filles..?" : les surprises de l'amour de Pascal Thomas

ECRANS | À la fois désuète et très contemporaine, cette imbrication de sketches parlant de l’éternel jeu de chat et chien que se jouent femmes et hommes signe le retour de Pascal Thomas dans son genre de prédilection : la comédie de mœurs chorale. Sous le satin, le papier de verre…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Sortant de l’église où elle vient de convoler, une mariée voit avec stupeur son époux s’enfuir avec une autre femme. Lors de la noce qui s’ensuit, invités et témoins de ce coup de théâtre rivalisent d’anecdotes illustrant l’insondable versatilité de la vie conjugale… Les plus vénérables se souviendront du film de Clément Duhour La Vie à deux (1958), florilège d’histoires de couples glanées dans les œuvres de Guitry dessinant une mosaïque du tandem conjugal à l’époque du vieux maître. Le réalisateur Pascal Thomas nous offre une réactualisation de ce portrait de plus en plus abstrait, de sa touche alerte et fantaisiste. Défauts inclus : on ne le reprendra plus sur ses post-synchro hasardeuses qui, avec le temps, confinent à la marque de fabrique autant que ses distributions d’habitués (Christian Morin, Bernard Ménez, Victoria Lafaury) ou ses aphorismes. Celles qui nous ont bien eus Parmi cette collection de sketches, certains semblent adaptés de ces histoires insolites (et pourtant authentiques) jadis racontées par Pierre Bellemare – telle celle du chauffeur de taxi père

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"Lola et ses frères" : affaires de famille signées Jean-Paul Rouve

ECRANS | de et avec Jean-Paul Rouve (Fr, 1h45) avec également Ludivine Sagnier, José Garcia…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Depuis la mort de leurs parents, Lola (Ludivine Sagnier) joue un peu le rôle de grande sœur pour ses deux frères aînés que rien ne rapproche : Benoît (Jean-Paul Rouve) est aisé et aime tout contrôler ; Pierre (José Garcia), en difficulté, est très soupe-au-lait. Ils en oublieraient presque que leur benjamine a, elle aussi, une vie à elle… Voici l’histoire de famille que l’on aurait aimé voir réalisée par Michel Blanc il y a quelques semaines, et que son excellent interprète du pathétique Voyez comme on danse (Jean-Paul Rouve donc) signe avec la sensibilité qu’on lui connaît. Oh certes, il ne retrouve pas la grâce de Quand je serai petit (2012) mais s’obstine (à raison) dans cette trajectoire qui lui fera accomplir un jour une indiscutable réussite ; ce film sur les relations entre frères et

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"Madame Hyde" : Bozon maudit

ECRANS | de Serge Bozon (Fr., 1h35) avec Isabelle Huppert, Romain Duris, José Garcia…

Vincent Raymond | Lundi 26 mars 2018

Prof de physique dans un lycée de banlieue, Madame Géquil (Isabelle Huppert) est chahutée par ses élèves et méprisée par ses collègues. Un jour, un choc électrique la métamorphose en une version d’elle-même plus conquérante, capable parfois de s’embraser, voire de consumer les autres… Auteur de manifestes puissamment anti-cinématographiques (La France, Tip Top) et jouissant d’un prestige parisien aussi enviable qu’inexplicable au-delà du périphérique, le redoutable Serge Bozon confirme tout ce qu’il était permis de craindre d’une transposition du roman Docteur Jekyll et Mister Hyde de Robert Louis Stevenson revêtue de sa signature. Substance fantastique siphonnée (forcément, ce serait convenu), interprétation plate (la stakhanoviste du mois Isabelle Huppert poursuit ici le rôle qu’elle endosse depuis environ dix ans), vision de la banlieue telle qu’elle était fantasmée au début des années 1990, on peine à comprendre le "pourquoi" de ce film. Son "comment" demeure également mystérieux, avec ses séquences coup

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"Les Aventures de Spirou et Fantasio" : il leur manque des cases

ECRANS | de Alexandre Coffre (Fr., 1h29) avec Thomas Solivérès, Alex Lutz, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Lundi 19 février 2018

Un rat d’hôtel roux déguisé en groom et un journaliste frustré en quête de scoop partent à la recherche d’un inventeur de génie enlevé par un atrabilaire maléfique, désireux de dominer le "moooonde". Et voilà comment déboulent des bulles Spirou, Fantasio, Champignac et Zorglub… Réussir l’adaptation d’une BD au cinéma tient de l’exploit, surtout lorsqu’il s’agit de l’école franco-belge : seul Alain Chabat s’en était tiré sans trop de dégâts – et encore, au risque de défriser la doxa, avec Le Marsupilami et Mission Cléopâtre. Les raisons expliquant qu’Alexandre Coffre achoppe sont évidentes à la vision de ce film d’aventures bon marché. Par exemple, gratifier ses personnages principaux d’un air ahuri permanent et faire jouer à Alex Lutz (qui avait quelque chose à défendre physiquement en Fantasio) un faire-valoir façon Jar Jar Binks de théâtre de boulevard, c’est peut-être bon pour un public de 6 ans (et encore), mais destructeur pour le reste de l’assistance. Spielberg et Chabat (encore lui), eux, pensent toujours à combiner plusieurs niveaux de lecture parallèles, afin de ne frustrer personne. Si l’

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"Coexister" : le boys band religieux de Fabrice Éboué va faire un malheur

ECRANS | de et avec Fabrice Éboué (Fr., 1h30) avec également Ramzy Bedia, Guillaume de Tonquédec, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Lundi 9 octobre 2017

Directeur de la branche musicale déficitaire d’une multinationale, Nicolas est sommé par sa PDG de produire un succès sous six mois. Au bout du rouleau, il décide de créer un groupe réunissant un prêtre, un rabbin et un (faux) imam chantant le vivre-ensemble et la concorde. Un sacré défi… Alléluia ! À partir de cet improbable argument, qui aurait pu aisément choir dans la comédie flasque et la bienveillance sucrée, Fabrice Éboué a su tirer une authentique satire prenant comme cible non pas les divergences entre les obédiences, mais les hypocrisies – rassemblant fidèles et mécréants. S’appuyant sur un trio excellemment choisi (Tonquédec/Cohen/Bédia, à la fois naturels et caricaturaux), complété par Audrey Lamy convaincante en ingénue-couche-toi-là et Mathilde Seigner plus que réaliste en capitaine d’industrie sans état d’âme, le comédien-réalisateur (dont le personnage ne se donne même plus la peine d’être cynique) repousse les limites de la provocation et du mauvais goût en restant dans les clous – si l’on ose. Jamais blessant, son très plaisant sens du corrosif se rév

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"Une vie ailleurs" : à propos de ta mère…

ECRANS | de Olivier Peyon (Fr, 1h36) avec Isabelle Carré, Ramzy Bédia, María Dupláa…

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Épaulée par Mehdi (Ramzy Bedia), un assistant social, Sylvie (Isabelle Carré) se rend en Uruguay pour ramener en France son fils Felipe, enlevé par son père. Mais rien ne se passera pas comme prévu et sa relation avec l'enfant prendra une tournure inattendue. Olivier Peyon vient du documentaire et ça se voit. Caméra à l’épaule au plus près des visages, toujours au bon endroit au bon regard, la forme singe presque le reportage. Elle ne mise pas sur la symbolique, ses acteurs véhiculant le sens du film jusqu’à une fin ouverte bienvenue. La puissance du mélodrame émane de la retenue et de la pudeur, laissant le soin au spectateur de reconstruire l’histoire. Incarnant la filiation absente chez Sylvie, Mehdi devient ainsi un père de substitution, cordon ombilicale fragile nécessaire pour grandir. En somme, Peyon montre ce qu’il y a de plus douloureux et complexe : l’incertitude des retrouvailles où même une mère peut être l’étrangère.

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Isabelle Carré : « Olivier m’a amenée ailleurs en me rendant plus âpre »

ECRANS | La maternité présente de multiples facettes, difficiles à traiter pour certaines lorsque la loi s’en mêle. Entretien avec Isabelle Carré et le réalisateur Olivier Peyon, en écho au film "Une vie ailleurs" qu'ils sortent ce mercredi 22 mars.

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Isabelle Carré : « Olivier m’a amenée ailleurs en me rendant plus âpre »

Est-ce l’histoire ou le pays (l'Uruguay) qui a construit Une vie ailleurs ? Olivier Peyon : L’histoire. Quand Isabelle a lu le scénario, ces problèmes de couples binationaux l’intéressaient. Dans ce type de récit, on se dit que la mère serait naturellement dans son droit. Ça l’a rassurée lorsqu’elle a vu que le personnage avait ses propres limites. Ce que j’ai dit à Isabelle, c’est qu’elle n’avait plus le temps d’être aimable. Elle est usée par quatre années de recherches et ne s’embarrasse de rien. Isabelle Carré : C’est un mélodrame qui aurait pu être facile mais tout ce qu’elle prévoit ne se déroule pas comme elle l’attendait. Comment avez-vous construit la psychologie de votre personnage ? I.C : La première piste était de changer de voix vers le grave durant les répétitions. La première mise en scène au théâtre que je venais de faire, De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites,

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"Hibou" : petit premier film pour Ramzy Bedia

ECRANS | de & avec Ramzy Bedia (Fr., 1h23) avec également Élodie Bouchez, Étienne Chicot, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Si vous avez vu Frank (2015) de Lenny Abrahamson, portrait du leader d’un groupe de rock recouvrant sa tête d’une sphère pour parvenir à affronter le monde extérieur ; si vous avez lu/vu La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère, l’histoire d’un malheureux qui, après avoir rasé son attribut pileux, constate avec effroi que personne ne remarque la différence et finit par s’interroger sur sa propre existence ; alors vous pouvez faire l’impasse sur Hibou racontant comment un type ignoré par tous soigne sa self-estime en enfilant un costume de grand-duc – l’oiseau, pas l’artisto. Le style de Quentin Dupieux, dont Ramzy Bedia est un fidèle, se devine à chaque recoin, mais dans des dilutions homéopathiques. Car il ne suffit pas de convoquer des personnages aux mœurs saugrenues dans une ville d’Amérique du Nord ni se revendiquer Gondry pour signer un film d’avant-garde. Ici, les ruptures ne sont pas des ellipses, mais des trous dans un scénario bâclé ou mal bouclé, et la candeur trop appuyée pour être honnête. Son argument de départ tenant de l’anecdote

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"Camping 3" : et Gérard Jugnot avala un space cake

ECRANS | de Fabien Onteniente (Fr., 1h45) avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Gérard Jugnot…

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3, réjouissez-vous : il se peut que vous puissiez vous raccrocher à une séquence comme le naufragé à sa bouée. En l’occurrence celle où Gérard Jugnot ingurgite un space cake – expliquer les circonstances de l’ingestion serait fastidieux. Rentabilisant au mieux sa participation et son expérience, le comédien retrouve ses trémulations asthmatiques du buveur de liqueur d’échalote, devient hystérique comme un Félix à Noël et offre par son trip une plage de grâce dans une mer d’huile solaire. À part ce moment qui, étonnamment, échappe au cadre du camping (de là à en tirer les conclusions qui s’imposent…), rien de nouveau sous le coup de soleil ; tout le monde retourne au piquet de tente.

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La Tour 2 Contrôle Infernale

ECRANS | De et avec Éric Judor (Fr., 1h31) avec Ramzy Bedia, Marina Foïs, Serge Riaboukine...

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

La Tour 2 Contrôle Infernale

Donner une suite à une comédie absurde n’est-il pas en soi absurde ? Éric et Ramzy semblent en convenir en tournant, quinze ans après, un prequel à La Tour Montparnasse infernale. Même distribution (augmentée de Philippe Katherine), même humour vernaculaire pareil à un match d’impro verbale sans fin entre les deux potes, même sentiment d’épuisement à la fin – un Quentin Dupieux aurait été parfait pour les canaliser et réaliser cette histoire de pilotes devenus, suite à un accident, bagagistes à Orly. Leur brillant compositeur semble lui aussi éreinté par sa contribution : alors qu’il avait signé pour Microbe et Gasoil de Michel Gondry une très plaisante bande originale, Jean-Claude Vannier marque ici le pas, au point d’emprunter à François de Roubaix un thème emblématique (La Vitesse, la Mort, dûment crédité au générique) pour le climax du film qu'est la séquence finale – Ludovic Bource avait eu recours à la même “facilité” dans The Artist, en reprenant la partiti

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Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Bis

C’est un cas d’école : comment le succès d’un film d’auteur français (Camille redouble) conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule – ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d’oublier cette donnée pendant qu’on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu’affectionne l’ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d’un conservatisme tellement inouï et assumé qu’on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017. Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l’idée des Ch’tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l’est plus encore, venant corroborer l’idée qu’un succès e

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Cannes 2014, jour 1 : Grace de M...

ECRANS | "Grace de Monaco" d’Olivier Dahan (en salles depuis mercredi). "Timbuktu" d’Abderrahmane Sissako (pas encore de date de sortie)

Christophe Chabert | Jeudi 15 mai 2014

Cannes 2014, jour 1 : Grace de M...

C’est donc reparti pour un tour de Cannes, et bon, disons-le tout de suite, ça a très très mal commencé. Avec la présentation en ouverture du Grace de Monaco d’Olivier Dahan, on sonde déjà les profondeurs du néant cinématographique. Il faut remonter à loin pour trouver une séance de gala aussi foireuse (Da Vinci Code ? Fanfan la Tulipe ?). Les producteurs de ce truc peuvent remercier Thierry Frémaux d’avoir donné un généreux coup de pouce à un film en perdition depuis des mois, en particulier depuis la brouille ouverte entre le réalisateur et Harvey Weinstein, à qui on donne plutôt raison d’avoir refusé de présenter cette version au public américain. Quoique, à moins de le retourner intégralement, on voit mal comment on peut sauver l’affaire du naufrage dans lequel il s’enfonce quasi-instantanément. Déjà, l’angle choisi pour cette bio a de quoi faire hurler : comment Grace Kelly a choisi de renoncer définitivement à sa carrière au cinéma pour endosser les habits de princesse monégasque, à la faveur d’un incident qui opposa la famille royale à De Gaulle, décidé à mettre fin à l’exil massif des capitaux qui avait lieu là-bas. Dah

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Barbecue

ECRANS | D’Éric Lavaine (Fr, h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Barbecue

Le concept – une comédie avec des potes, un barbecue et Franck Dubosc – pouvait laisser penser à un ersatz de Camping ; grave erreur ! Barbecue est en fait un ersatz des Petits mouchoirs de Guillaume Canet. Même humour pas drôle entre gens riches pleins de problèmes de riches, même envie de capturer l’air du temps générationnel des gens riches, même vague suspense mélodramatique autour de la mort possible d’un des mecs riches présents sur l’écran. Et, surtout, même morale décomplexée où l’argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, si tu n’en as pas, ben t’es qu’un gros raté. On le sait : la comédie française vote depuis belle lurette à droite et, après tout, elle fait bien ce qu’elle veut. Mais dans ce film horriblement mal écrit au casting aussi furieusement opportuniste que totalement à côté de la plaque – exception : Florence Foresti, qui se sauve courageusement du désastre – la chose est affirmée clairement : le pauvre de la bande a un job de merde, pas de copine et est à moitié simplet. Comme disait l’autre : vive l

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Fonzy

ECRANS | D’Isabelle Doval (Fr, 1h43) avec José Garcia, Lucien Jean-Baptiste, Audrey Fleurot…

Christophe Chabert | Jeudi 24 octobre 2013

Fonzy

Remake du film québécois Starbuck, Fonzy en reprend l’exact déroulé narratif, quasiment scènes par scènes, parfois au plan près, ne modifiant que de tout petits détails – le héros n’est plus livreur dans une boucherie mais dans une poissonnerie, par exemple. Parfois, il fait pire, notamment à cause d’un étalonnage désastreux qui intensifie tous les défauts du numérique, ou par la prestation franchement nulle de certains comédiens – le fils gothique, en particulier, est assez cauchemardesque. Pourtant, Isabelle Doval a réussi l’essentiel : corriger ce que Starbuck avait de profondément dégueu, à savoir son manque de respect envers son sujet, les enfants nés d’une I.A.D. (Insémination Artificielle avec Donneur). Simple prétexte dans le film québécois conduisant à un déluge de pathos Benetton style, il est pris au sérieux dans Fonzy avec une honnêteté surprenante, montrant toutes les apories actuelles de la loi française sur la question et le refus de prendre en compte le point de vue d

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"L’Écume des jours" : mais qu'est-il donc arrivé à Michel Gondry ?

ECRANS | Avec cette adaptation du roman culte de Boris Vian, Michel Gondry s’embourbe dans ses bricolages et recouvre d’une couche de poussière un matériau littéraire déjà très daté. Énorme déception.

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

Plus madeleine de Proust adolescente que véritable chef-d’œuvre de la littérature française, L’Écume des jours avait déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique, devenue difficile à voir pour cause de gros échec à sa sortie en salles. Le cinéma français ayant redécouvert les vertus de son patrimoine littéraire, voici donc Michel Gondry qui s’y colle. Le moins que l’on puisse dire est que, là où beaucoup auraient jugé l’univers métaphorico-poétique de Vian ardu à transposer à l’écran, Gondry est face à lui comme un poisson dans l’eau, trouvant une matière propice à déverser toutes ses inventions visuelles. Trop propice, tant les premières minutes du film fatiguent par leur accumulation d’idées passées au broyeur d’un montage hystérique. On n’a tout simplement pas le temps de digérer ce qui se déroule sous nos yeux, Gondry enchaînant à toute blinde les trouvailles, multipliant les accélérés, les changements d’échelle ou les trucages à la Méliès. D’une certaine manière, sa fidélité à Vian est déjà un handicap : là où il aurait pu faire le tri, il préfère empil

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La Fleur de l’âge

ECRANS | De Nick Quinn (Fr, 1h23) avec Pierre Arditi, Jean-Pierre Marielle, Julie Ferrier…

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

La Fleur de l’âge

Un animateur télé vieillissant se retrouve avec son père grabataire et ronchon sur les bras, et finit par trouver une jeune immigrée serbe pour s’occuper de lui. Avec un casting pareil, le premier film de Nick Quinn devrait dérouler pépère et sans risque son petit couplet sur le temps qui passe, la jeunesse qui n’a pas d’âge, la la la la… Eh ben même pas. Plus film pour seniors que film de seniors, La Fleur de l’âge patine dans les conventions de la fiction télé, avec une réalisation passe-partout (on ne parlera pas de mise en scène histoire de ne fâcher personne), un scénario qui enfile les perles et les clichés et un cinéaste qui oublie au passage de regarder ses comédiens. Bien à l’image du cinéma hexagonal depuis le début de l’année, ce produit standardisé vient encombrer les écrans histoire de "faire du volume", comme on dit dans l’industrie. Cannes arrivé, il aura déjà disparu. Christophe Chabert

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Splendeur et misère d’un beauf extraordinaire

CONNAITRE | À la question : « qu’est-ce qu’un beauf ? », Joël Séria et Jean-Pierre Marielle répondaient de manière définitive en 1977 dans Comme la lune, apothéose de leur (...)

Christophe Chabert | Mardi 2 avril 2013

Splendeur et misère d’un beauf extraordinaire

À la question : « qu’est-ce qu’un beauf ? », Joël Séria et Jean-Pierre Marielle répondaient de manière définitive en 1977 dans Comme la lune, apothéose de leur collaboration après Les Galettes de Pont-Aven. Encore plus abouti que le précédent, il est pourtant méconnu et on ne peut que saluer l’initiative du cinéma de quartier des Barbarins fourchus qui le programme en compagnie d’un péplum culte de Cottafavi, Hercule à la conquête de l’Atlantide, dans le cadre d’une « carte blanche à Jean-Pierre Marielle ». Revenons à Comme la lune : Marielle y incarne Roger Pouplard, que l’on découvre aux crochets de sa maîtresse, belle plante qu’il astique avec le même soin que sa bagnole adorée. Les dialogues grandioses et outranciers, le premier degré absolu de Marielle et la description d’une France bien rance créent un effet de distance envers le personnage que la suite ne fera qu’intensifier. Qu’est-ce qu’un beauf, donc ? D’abord un individu autosatisfait – « J’suis bien » répète Pouplard à l’envie et en toutes circonstances –

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Le Capital

ECRANS | De Costa-Gavras (Fr, 1h53) avec Gad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier…

Christophe Chabert | Mercredi 7 novembre 2012

Le Capital

Incorrigible Costa-Gavras ! Il semble être le dernier à croire aux vertus du cinéma à thèse, ce rouleau compresseur de la dénonce courroucée dont l’objet varie au gré des circonstances politico-sociales. Ici, c’est le libéralisme qui en prend plein les dents, du moins en apparence. En montrant l’accession d’un énarque anonyme à la tête d’une grande banque européenne pour préparer sa reprise en main par des actionnaires avides, puis sa détermination à conserver le poste et les avantages qui vont avec, Gavras décrit un prototype de crapule que l’on devrait se plaire à détester. Conçu comme un thriller (la musique, envahissante, nous le fait bien comprendre), Le Capital s’égare toutefois dans une triple intrigue sentimentale aussi démonstrative et lourde que son propos politique. Mais là n’est pas le plus grave : par scrupule ou par paresse, Gavras invente une conscience à son anti-héros, qui se manifeste à l’écran par des flashs de violence fantasmée avant retour à la réalité. Le procédé est cinématographiquement éculé et dédouane le personnage de sa bassesse, pourtant affichée dès le départ (l’argent, l’argent, l’argent). On a oublié de parler de Gad Elmaleh : son jeu mo

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Boys in the Wood

MUSIQUES | Le géant vert des festivals de fin d'été (voir le logo de l'édition) a une fois de plus et peut-être encore plus que d'habitude choisi d'opter pour le mélange (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 21 juin 2012

Boys in the Wood

Le géant vert des festivals de fin d'été (voir le logo de l'édition) a une fois de plus et peut-être encore plus que d'habitude choisi d'opter pour le mélange des genres. Un peu comme ses salades de riz dont on s'empiffre tout l'été avec bonheur mais qu'en hiver on ne peut plus voir en peinture. Et comme Woodstower clôt chaque année la saison des festivals, il fallait que celle-ci soit goûteuse et variée. Et à base de "bonhommes". En tête d'affiche, même s'il a perdu de sa superbe musicale, JoeyStarr reste un plat de choix, ne serait-ce que parce que sa présence scénique fait la différence. Oui, JoeyStarr est le Johnny des quarantenaires, il faudra s'y faire. Pour coller avec l'esprit du festival, on ne pouvait guère trouver mieux, que l'on aime ou pas, que Birdy Nam Nam ou Shantel, Dj allemand aux aspirations balkaniques auquel on doit la bande originale du film de Fatih Akin, De l'autre côté. C'est également à un film que l'on doit la présence de Kavinsky (photo), musicien, Dj et acteur (Steak de Quentin Dupieux) pratiquement inconnu au-delà d'un cercle restreint jusqu'à ce que Ryan Gosling fasse vrombir sa grosse cylindrée au son du Nightcall du mêm

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L’Amour dure trois ans

ECRANS | De Frédéric Beigbeder (Fr, 1h38) avec Gaspard Proust, Louise Bourgoin, JoeyStarr…

François Cau | Vendredi 13 janvier 2012

L’Amour dure trois ans

Écrivain, Frédéric Beigbeder aimait les formules-choc, probablement héritées de son passé de publicitaire. Devenu cinéaste (mais on devrait plutôt dire qu’il s’improvise dans cette fonction), le voici qui tente pathétiquement d’en trouver un équivalent filmique. Solution 1 : faire reprendre par son personnage-alter ego (un médiocre Gaspard Proust dont le jeu bien pauvre consiste à dire son texte en bougeant les bras) les aphorismes lourdingues du roman, dans des intérieurs chics qui doivent valoir l’équivalent d’une vie entière d’un Smicard. Solution 2 : pomper sans vergogne le style Fight club en lui ôtant toute substance (car ce que raconte le film sur l’amour, le couple, les hommes, les femmes et la vie, est au bas mot sans intérêt), comme un défilé fatigant de formats courts télé (Bref n’est pas très loin…) où l’on injecte guests (certaines sont très bien, Lemercier en particulier) et clins d’œil, jusqu’à ce climax cauchemardesque où Louise Bourgoin regarde sur son écran plat Le Grand journal de Canal +. Dur de faire plus bêtement corporate que cette mise en abyme éloquente, où l’on contemple son nombril télévisuel avec satisfaction. L’Amour dure trois ans est, à tous les se

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Polisse

ECRANS | Avec son troisième film, Maïwenn tente de sortir de l'autobiographie en mettant en scène une brigade de protection des mineurs. Mais sa fiction chorale est rattrapée par une mise en scène qui ne cherche qu'à reproduire les codes du reportage télé. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 14 octobre 2011

Polisse

Au terme des 2 heures de Polisse et de son insupportable conclusion, ultime faute de goût d'un film qui en commet beaucoup, une question se pose : que veut dire Maïwenn avec cette chronique hystérique, répétitive et sans enjeu d'une brigade de protection des mineurs où le défilé des cas alterne avec la difficulté pour ces flics à mener à bien leur vie personnelle ? Le film n'est que coups de poing et baffes envoyés sans répit dans la figure du spectateur, avec un style pseudo-documentaire qui s'inspire plus de Zone interdite que de Ken Loach. Quelque chose ici traduit une peur phobique de la fiction, les personnages marinant dans leur stéréotype, de la femme bafouée au policier intello de gauche (Jérémie Elkaïm, ah, ah, ah !), du couple soudé à la fille trop seule. Quant à Maïwenn, elle débarque dans son film avec un rôle-alibi transparent et révélateur : une photographe bourgeoise venue faire un reportage dans la vraie vie. Mue par la curiosité puis par l'indignation, l'actrice-réalisatrice ne connaît que deux registres pour raconter son histoire : l'engueulade ou la scène-choc. Dans le premier, Polisse est lassant ; dans le second, il est parfois efficace, notamment quelques séqu

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Bienvenue à bord

ECRANS | D'Eric Lavaine (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Valérie Lemercier…

François Cau | Jeudi 29 septembre 2011

Bienvenue à bord

Franck Dubosc dans un ersatz de Croisière s'amuse par l'auteur de Poltergay, forcément ça fait peur. Sans miracle, Bienvenue à bord se hisse pourtant par-dessus la mêlée des comédies françaises qui font de la peine. Inutile de tergiverser sur les fantasmes hollywoodiens d'Eric Lavaine, le film est un brouillon de comédie US. Trop gras pour convaincre, mais avec un échafaudage qui par rares moments fonctionne. L'essentiel c'est bien sûr Dubosc, dont la nullité intrigue. Idiot généreux et fédérateur, son personnage (toujours le même) rappelle parfois ceux de Will Ferrell. Le talent en moins, mais avec la même envie de déjouer l'ironie, d'être plus littéral que parodique, sentimental que cynique ou juste caricatural. Jérôme Dittmar

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Chez Gino

ECRANS | De et avec Samuel Benchetrit (Fr, 1h40) avec José Garcia, Anna Mouglalis…

François Cau | Vendredi 25 mars 2011

Chez Gino

Samuel Benchetrit voulait rendre hommage à la comédie italienne à travers l’histoire rocambolesque de ce pizzaiolo de Bruxelles qui s’improvise mafieux dans un faux documentaire pour récupérer l’héritage de son oncle italien. À l’arrivée, l’amateurisme du film dans le film déborde sur la mise en scène de Benchetrit : image dégueu, son plat et à peine mixé, effets nanardeux (le massacre du chat en peluche). C’est en soi une insulte au travail soigné et précis de Germi, Risi, Scola, etc. Mais Chez Gino n’est, en plus, jamais drôle, plombé par des acteurs à l’ouest (Mouglalis, qui glousse et grimace, provoque l’embarras) et un manque constant de rigueur et de rythme. Rappelons-le encore et encore : faire une comédie, ce n’est pas filmer n’importe comment des gens qui font n’importe quoi. CC

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