La classe Marianne Faithfull

MUSIQUES | C’est le mois des légendes : après Patti Smith il y a trois semaines, c’est la romanesque Marianne Faithfull qui débarque à Grenoble. Un grand bout de l’histoire du rock.

Aurélien Martinez | Lundi 21 novembre 2011

Photo : Patrick Swirc


Au cours d'une interview accordée aux internautes du magazine Télérama en 2008, quand on lui demandait quel artiste actuel elle préférait, Marianne Faithfull répondait Amy Winehouse. « Elle est la plus talentueuse chanteuse du moment. » L'assertion semblait évidente ; la filiation tout autant, malgré le manque de recul à l'époque sur la carrière incertaine de la jeune Britannique.

Puis Amy Winehouse est morte : fin juillet, lors d'un concert en Italie, Faithfull lui dédicaçait alors une reprise de Sing me back home (Before I die). Quand on connaît l'histoire de Faithfull, le parallèle est troublant : Winehouse ressemblait à Faithfull, et pas que musicalement. Mais celle qui s'est éteinte à 27 ans n'aura pas eu la résistance de son aînée, qui elle, est revenue de tout, de la toxicomanie au cancer du sein, en passant par l'hépatite C… et même de Mick Jagger, son Blake Fielder-Civil à elle.

Redemption songs

Flash back. Née à Londres en 1946, Marianne Faithfull se lance rapidement (avant même d'être majeure) dans la musique, via des reprises folk jouées dans différents bars. Et c'est justement lors d'un de ces concerts qu'elle rencontre l'équipe des Rolling Stones : Keith Richards et – surtout – Mick Jagger (qui deviendra un temps son amant) lui écrivent alors le très fort As Tears Go By, premier d'une longue série de succès. Durant ces mêmes années 1960, outre le fait qu'elle commence à flirter avec diverses drogues (Sister Morphine), elle se lance dans le cinéma (Made in USA de Godard par exemple) et le théâtre.

S'en suivent des années 70 très difficiles, jusqu'à son grand retour en 1979 avec l'album Broken English, qui renferme l'inusable et très new wave The Ballad of Lucy Jordan. La période d'après sera celle de la rédemption à coups de prises de conscience et autres cures de désintoxication. Depuis, elle gère sa carrière différemment, en s'entourant judicieusement, notamment sur le splendide Before the Poison (2004), coécrit par PJ Harvey, Nick Cave et Damon Albarn. Horses and High Heels, son dernier album en date, est tout en velours, la grande dame gardant son aura de gardienne du temple. Et, à l'écoute, on ne peut s'empêcher de se demander si Amy Winehouse aurait ensuite pu prendre la relève.

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Danser la fin du monde avec Broken English Club

MUSIQUES | « Voyage au bout de la nuit au travers les sonorités techno, industrial et electronic body music, telle est la visée des soirées "Subversion" » annonce l'asso The Dare Night qui les organise. Et qui propose une deuxième édition, samedi 10 novembre à l'Ampérage, prometteuse.

Damien Grimbert | Mardi 6 novembre 2018

Danser la fin du monde avec Broken English Club

Cela n’aura pas échappé aux adeptes : ces cinq dernières années ont été marquées, au sein de la sphère techno, par un regain d’intérêt conséquent pour les sonorités rêches et froides des musiques industrielles. Une tendance lourde à laquelle l’asso grenobloise The Dare Night a logiquement décidé de dédier une soirée thématique, Subversion, qui, après un premier volet marqué par les prestations de Codex Empire et J-Zbel, fait son retour ce samedi avec deux nouveaux lives a priori tout aussi incandescents. Notamment celui de Broken English Club, side-project industriel volontiers expérimental du vétéran techno Oliver Ho, qui enchaine les sorties à un rythme prononcé depuis 2014. On l’avait ainsi repéré en 2015 avec son EP Scars pour le label Cititrax, d’où surnageait le formidable Channel 83, porté par des rythmiques downtempo oppressantes et… des hurlements de loups. Trois EPs et deux albums plus tard (The English Beach et White Rats, tous deux sortis sur l’excellent label L.I.E.S. de Ron Morelli), le Britannique n’a visiblement rien perdu de sa capacité à créer des ambiances apocalyptiques qui semblent figée

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Du rock, des femmes...

MUSIQUES | Sur le modèle de Lilith Fair, créé en 1996 aux États-Unis, "les Femmes s'en mêlent" propose depuis 15 ans un festival célébrant la scène indépendante féminine. Est-ce bien nécessaire ? Oui, si on considère que l'Histoire est racontée du point de vue des vainqueurs. Car, en musique, les femmes s'en mêlent et choisissent simplement de ne pas s'avouer vaincues.

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 mars 2013

Du rock, des femmes...

Au lendemain de la Journée de la Femme, que penser d'un festival comme Les Femmes s'en mêlent, (quasi) exclusivement réservé aux artistes féminines ? La Lyonnaise Vale Poher, moitié du duo Mensch, qui y a elle-même participé, avait bien résumé le problème lors d'une interview qu'elle nous avait consacrée. En substance : une initiative qui sera vraiment précieuse le jour où elle n'aura plus de raison d'être. Mais parité bien ordonnée commence par soi-même. Et ainsi peut-on se contenter d'y voir un hommage à la contribution des femmes au rock – un domaine où, il faut bien l'avouer, la parité n'a jamais été vraiment de rigueur. Les légendes Au mieux pouvait-on, comme Marianne Faithfull dans les années 1960, glisser du statut de groupie, encore lycéenne, à celui de chanteuse, même si dans son cas Andrew Loog Oldham, manager des Stones, déclarera dans son autobiographie s'être arraché les cheveux à faire chanter juste As tears go by à, disait-il, « cet ange avec les seins d'un démon » (ironie du

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Lady Marianne

MUSIQUES | Après Patti Smith, la MC2 accueillera une autre légende vivante du rock, active depuis la même époque, et qui a également tourné chez Godard (dans Made in USA), (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Lady Marianne

Après Patti Smith, la MC2 accueillera une autre légende vivante du rock, active depuis la même époque, et qui a également tourné chez Godard (dans Made in USA), la grande Marianne Faithfull. Bien moins déglinguée que dans les swinging sixties, elle a tourné le dos à tous ses démons, s’est montrée autant au cinéma que sur les planches, sans oublier la musique. Sur ce dernier point, elle a su (très bien) s’entourer ces dernières années, notamment sur le splendide Before the poison (2004), coécrit par PJ Harvey, Nick Cave et Damon Albarn. Sur la foi de son beau petit dernier, Horses and high heels (sorti en janvier), et de son vécu imposant, on l’attend de pied ferme. Marianne FaithfullMercredi 30 novembre à 19h30, à la MC2.

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