Jeunes et Modern

MUSIQUES | Leur nouveau EP "Care for Colors" à peine sorti, les Grenoblois de Modern Folks viennent fêter ça à domicile. L'occasion de découvrir une facette plus lumineuse du groupe, déjà entraperçue mais qui ici crève les yeux. Une chose est sûre : Modern Folks a trois ans d'existence et l'avenir devant lui. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 2 novembre 2012

On dit souvent que c'est en la dépouillant de tout ses atours, ses arrangements avec la nature, pour la livrer dans sa vérité la plus nue, défauts compris, qu'on sait si une chanson est vraiment belle. Et si le compositeur qu'il y a derrière est un cador ou pas. Avec Modern Folks, qui officie dans un genre assez indéterminé, quelque part entre des Talking Heads qui n'auraient jamais vu l'Afrique, les Doors et Television, Interpol et Vampire Weekend (qui ont vu l'Afrique à la télé), il suffit d'écouter leur reprise d'un de leurs morceaux phares, So Overrated, en version acoustique pour s'apercevoir vraiment à qui on a affaire – on le savait déjà, mais quand on voit l'objet du désir nu pour la première fois ça fait toujours quelque chose. Même débarrassée de ses atours dark, de ses guitares carillonnantes, de ses choeurs et de ses claviers ascensionnels (mais pas de la voix de leur chanteur qui joue sur le terrain de Matt Berninger de The National), livrée à deux seules guitares acoustiques et un piano jouet, So Overrated reste un petit chef d'oeuvre, folk(s) et bien plus lumineux qu'à l'origine. Quelque chose nous dit qu'on peut faire le test avec n'importe quel autre titre du groupe, il sera positif. On n'en aura heureusement pas besoin, car ces chansons-là, comme en amour, on les aime aussi habillées et heureusement.


Colors

Or c'est encore davantage le cas avec les morceaux du bien nommé Care for Colors, leur tout récent EP. Est-ce cette prise de conscience, de ce que l'on démontrait juste avant, qui les a positivement poussés à laisser entrer davantage de lumière et de couleur dans leur musique. Somehow it never happened a beau être le titre du premier morceau, il semble bien que quelque chose se soit passé. Ironiquement, là où la chose est la plus flagrante, c'est sur un morceau magnifique ne figurant pas sur l'EP mais auquel on a pu avoir accès, Break Up with Yourself & Go – qu'on devrait bien entendre en concert – et dont le titre là encore est assez révélateur. Sans parler du sublime et très aérien Drop yourself véritable cathédrale pop sur fondations de choeurs. En fait, c'est comme si en aérant davantage leur musique, Modern Folks avait ouvert en grand la porte d'une ambition musicale déjà présente mais pas tout à fait assumée – faute de moyens peut-être. La surprise – si tant est qu'elle en fut une – est néanmoins excellente et laisse présager pour ces Grenoblois un futur radieux.

Modern Folks + BR Oad way, vendredi 9 novembre à 20h30, à la Source (Fontaine)

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Cuvée, décuver

MUSIQUES | On est d’accord, l’appellation « musique locale » ne veut pas dire grand-chose ! Ce label sert tout juste à regrouper des groupes aux identités différentes (...)

Laetitia Giry | Vendredi 15 février 2013

Cuvée, décuver

On est d’accord, l’appellation « musique locale » ne veut pas dire grand-chose ! Ce label sert tout juste à regrouper des groupes aux identités différentes et ayant pour point commun d’être « d’ici ». Des groupes – petits ou grands – que l’association Dynamusic écoutent un à un chaque année depuis douze ans pour choisir ceux qui figureront sur la compil Cuvée grenobloise… « Représentative mais pas exhaustive », cette sélection sur disque (sortie ce 20 février) est l’occasion d’un concert spécial. Sur scène : les bien connus et actifs Trompe le monde avec leur rock un peu déjanté, les étonnants Apple Jelly, fiers d’un son rappelant les Kinks et incitant fortement l’auditeur à remuer les pieds (voire les mains) de manière frénétique. Et pour finir, le folk des Modern Folks (dont on a déjà parlé) et qui, décidément, a ce quelque chose de séduisant qui fonctionne. Du côté des absents du concert mais présents sur le disque : les inénarrables

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Aurélien Martinez | Jeudi 6 septembre 2012

Identité internationale

La rencontre de la carpe grenobloise et du lapin stéphanois. D'un côté, Modern Folks, « jeune groupe » né en 2009 qui, à force d'hésiter entre folk et new-wave, a choisi de marier les deux pour le meilleur et pour l'épique. Soit une sorte de pop hybride à la fois sombre et roborative, un trou noir qui renverrait la lumière – écouter absolument la version acoustique de So Overrated – et laisse entrevoir quelques grâces fracassantes à la The National. De l'autre, B r oad way (photo), avenue principale reliant en pointillé le Forez au meilleur rock 'n' roll, et sans doute l'un des groupes français les plus injustement déconsidérés. Surtout au vu de son dernier album en date, le magnifique Solo System Revolution, grand virage pop d'un groupe jusque-là plus conceptuel, porté par le single Days of Reckoning l'un des titres les plus cannibales de cette année. Soit deux preuves que parfois le meilleur de la musique "anglo-saxonne" est là, juste sous nos fenêtres. SD Modern Folks + B r oad way, le 9 novembre à la Source (Fontaine)

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Le mardi, c'est cannibalisme

MUSIQUES | En ce qui concerne Modern Folks, le 24 juillet au Kiosque, bien penser au "s" final de leur nom qui précise qu'on a affaire à des « gars modernes » et pas (...)

François Cau | Mardi 24 juillet 2012

Le mardi, c'est cannibalisme

En ce qui concerne Modern Folks, le 24 juillet au Kiosque, bien penser au "s" final de leur nom qui précise qu'on a affaire à des « gars modernes » et pas à un énième groupe de folk. Dans un sens ils en sont un, mais un qui aurait écouté beaucoup trop de new-wave, aurait plongé sa guitare dans le goudron en oubliant les plumes, et battu la mesure avec la tête un peu trop près du mur. On les a décrits un jour à l'occasion du mal nommé single So overrated (une merveille de groove psychotique qui aurait, enfin, vu la lumière) comme « Vampire Weekend avalé par Interpol ». Il y a un peu de ça. SD Modern Folks - So Overrated par LARTSENIC

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Le Cabaret frappé, jour par jour

MUSIQUES | Que verra-t-on au Jardin de Ville du 23 au 28 juillet? Réponse ici, sous forme de sélection.

Aurélien Martinez | Lundi 16 juillet 2012

Le Cabaret frappé, jour par jour

Le lundi, c'est révolutionTony Allen, co-inventeur du style afro dans les années 60, fut aussi le batteur de The good, the Bad and the Queen, grand groupe de rock de la fin des années 2000. Passé seul à la Maison de la musique de Meylan en 2009, pour un concert dont les âmes présentes se souviennent encore avec un large sourire et des fourmis dans les pieds rien qu’à son évocation, il revient dans le coin avec ses Black series, accompagné de toute une équipée. Et ce pour nous délivrer un style qui fusionne de la musique traditionnelle nigérienne (la patte de Tony) et du hip-hop (celle de son acolyte Amp Fiddler, tout droit venu de Detroit). Voilà pour les réjouissances sous Chapiteau, qui ne doivent pas nous faire oublier le passage de l’admirable Emel Mathlouthi sous le Kiosque deux heures avant. Cette Tunisienne militante fan de Joan Baez prête sa voix toute en émotion à des compositions trip-hop orientales, mélange d’électro et de tradition dont la portée dramatique a de quoi faire frissonner. LG

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