Dark Angels

Aurélien Martinez | Lundi 15 juillet 2013

Photo : TodSeelie


À ceux qui en ont soupé du néo-folk ou du folk tout court – et Dieu sait s'il y en a – Dark Dark Dark est la réponse adéquate. Car il y a dans cette musique quelque chose d'à la fois extrêmement simple et pourtant infiniment sophistiqué qui déborde du cadre. Et c'est dans cette articulation même que réside toute l'ambiguïté de la promesse d'un groupe qui comme son dernier EP, aurait pu tout aussi bien s'appeler Bright Bright Bright.

Tandis que de ce côté-ci de l'Atlantique, les artistes folk tentent de raviver, parfois à coups de clichés, le Grand Esprit d'une Americana aussi vénérée que fantasmée, c'est vers la vieille Europe, au cœur des ténèbres, que l'Amérique folk de Dark Dark Dark vient chercher ses propres racines.

Car, comme Beirut, Devotchka ou même Arcade Fire, le quintet de Minneapolis a compris que c'est de toute façon là, en Europe, qu'en creusant le terreau des musiques américaines, on finit toujours, en partie du moins, par atterrir. Répartis aux quatre coins des États-Unis, ce qui ne les empêche pas de se réunir pour enregistrer des albums, les membres de Dark Dark Dark, et particulièrement Marshall LaCount et Nona Marie Invie parcourent mentalement tous les recoins du monde à la recherche du chaînon manquant.

Ce qui donne un album, Wild Go, où, littéralement mis à nu, comme la musique qu'il entend exposer sans la muséifier, le groupe offre sans couture apparente un patchwork de country, de musique d'Europe centrale à forte influence balkanique, de gospel affalé (Right Path) de pop de chambre (Heavy Heart) et de pures torch songs à faire chialer Lana Del Rey (Robert, Daydreaming).

Là où chez d'autres on pourrait rapidement s'égarer, ne sachant plus quelles pages tourner d'un fastidieux catalogue d'érudition, Dark Dark Dark nous éclaire tout au long d'un chemin certes semé de musiques supposément folkloriques mais qui jamais ne transforment le folklore en bête de foire. Avant tout, quelles que soient les influences importées le ciment de l'œuvre Dark Dark Dark est exclusivement composé de chansons belles à se tordre qui font oublier tout le reste.

Stéphane Duchêne


Dark dark dark

Folk jazz
Le Ciel 2 rue du Général Marchand Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Grâce, grâce, grâce

MUSIQUES | Dark dark dark, ovni quintet de Minneapolis fort de multi-instrumentistes aussi loufoques et curieux les uns que les autres, séduit et convainc le cœur (...)

François Cau | Mardi 14 juin 2011

Grâce, grâce, grâce

Dark dark dark, ovni quintet de Minneapolis fort de multi-instrumentistes aussi loufoques et curieux les uns que les autres, séduit et convainc le cœur comme la raison. L’EP Bright bright bright le prédisait, l’album Wild go l’a confirmé : en offrande sur l’autel de la foisonnante scène musicale mondiale, ceux-là déposent un son revisité indéterminé, un mélange de folk et d’americana, de folklore des Balkans et de jazz, de blues discret mâtiné d’un enthousiasme créatif sans faille. Accordéon, banjo, violoncelle, clavier, guitare et batterie virevoltent avec bonheur, parsemant d’éclats lumineux l’obscur chemin de la mélodie tracée par la voix de Nona Marie Invie. Chant assuré, timbre clair, Nona est douée pour faire sentir ces « unspeakable things » évoquées dans Daydreaming, soufflées dans Nobody knows, murmurées dans Robert… Autant de titres qui témoignent de l’indéniable richesse de l’univers de Dark dark dark, lequel se déploie avec la fougue désenchantée de ses membres légèrement mystérieux. Mis à nu, jetés en pâture – celle, relativement douce, de l’auditeur – comme sur la pochette de Wild go où trois d’entre eux posent avec leurs tatouages pour seul artifice. Leur nom annonce

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