Noir c'est noir

MUSIQUES | Révélation française de 2012, Lescop est à mi-chemin entre pop-rock française à la Daniel Darc et scène cold-wave anglaise à la Joy Division et consorts. Un cocktail détonant qui fait mouche et qui devrait enchanter le Cabaret frappé. Propos recueillis par Nicolas Bros

Aurélien Martinez | Lundi 15 juillet 2013

Quel était le but ce projet solo Lescop ?
Lescop :
Je voulais explorer des sensations et décrire certains sentiments que j'avais et qui n'étaient pas représentatifs d'ASYL (ex-groupe de Lescop). Quand tu es chanteur d'un groupe, tu es là pour exprimer les sentiments du groupe.

Pourriez-vous définir en quelques mots votre musique ?
Beauté et violence.

Lescop, qui est le nom de votre grand-mère, a-t-il une signification en Breton ?
Cela veut dire évêque. C'est assez éloigné de moi (rires).

Cela rejoint la « variété bipolaire » entre douceur et dureté, que vous utilisez pour expliquer votre musique.
Oui. Dans ma musique il y a des déclarations d'amour et des paires de claques. C'est comme lorsque l'on tombe amoureux : c'est violent et beau à la fois. C'est ce genre de sentiments que j'essaie d'exprimer.

Pourriez-vous citer quelques influences ?
Les personnages marquants comme les héros musicaux que sont Jim Morrison, Johnny Cash ou Bob Marley. Mais aussi des personnalités comme le Baron Rouge, Mishima, Jean-Pierre Melville ou même Bruce Lee. J'aime ceux qui développent un imaginaire en allant au bout des choses.

En France, vous expliquez que l'on vit sur les mythes de l'inspiration et de la sincérité en musique...
Certaines personnes imaginent que les artistes ne travaillent pas et que leur inspiration se retrouve directement sous leur plume. Le mythe répandu du poète magique, fainéant et simplement inspiré est à oublier. On peut aussi travailler pour être au plus près de ce que l'on ressent. A l'image de Picasso qui, pour exprimer la beauté du visage d'une femme, avait besoin de mettre une bouche non alignée avec les yeux, dessinant ainsi un visage déconstruit. Je pense également aux arts martiaux pour le lien entre le travail technique et le ressenti qui permet de tendre vers la perfection. C'est identique en musique.

On cite souvent Daniel Darc dans vos références. L'annonce de sa mort a dû beaucoup vous touché ?
Oui, c'est une grande perte. C'est un ami de dix ans qui est parti. Daniel, c'était quelqu'un qui filait entre les doigts et c'est ce qui faisait son charme.

Avez-vous eu des coups de cœur musicaux ces temps-ci ?
J'aime beaucoup les groupes comme La Femme, 69 ou Frustration.

Quelle est votre vision de la scène pop rock française actuelle ?
Comme en témoignent les réactions très positives du public étranger, les groupes rock français sont dynamiques. Pour ma part, j'ai beaucoup de fans anglais et même américains qui m'écrivent via le net. Aux États-Unis, certaines personnes sont venues me voir après m'avoir découvert sur le web. Les artistes français peuvent s'exporter. Pourtant, il reste toujours plus difficile pour un artiste français de s'exporter aux USA que l'inverse... mais impossible n'est pas Français.

Collaboration avec Indochine, nomination aux Victoires de la Musique... Vous aimez vous adresser au plus grand nombre ?
Tout à fait. Je viens d'une famille ouverte à la culture. Le système veut faire croire aujourd'hui aux pauvres que la culture n'est pas pour eux alors que c'est faux. Elle s'adresse à tout le monde. Je chante et je travaille pour tous ceux que ça intéressent.

Avez-vous des projets ?
Je ne peux pas trop en parler mais si tout se passe bien, il y aura des surprises d'ici à 2014 avec des collaborations et un scénario de film.

Pour finir, êtes-vous plutôt vodka ou whisky ?
Whisky, j'ai des origines irlandaises (rires).


Lescop + Fauve

Pop noire + Spoken word
Chapiteau du Jardin de Ville Jardin de Ville Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Théma | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (08/09). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs (photo) de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant un mixte

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Cultivons-nous dans les bois

Cultivons-nous dans les bois. escapade | Et si la fin des vacances vous incitait à amorcer une transition en douceur entre nature et culture ? Voici une sélection de sorties qui vous permettront précisément de concilier les deux pour le plus grand bonheur des petits et des grands !

Benjamin Bardinet | Mardi 24 août 2021

Cultivons-nous dans les bois

Après un été pas franchement folichon, il n’est pas interdit d’espérer une météo clémente pour nous aider à affronter la rentrée. D’autant plus que cela pourrait nous permettre de profiter d’un certain nombre d’animations et de spectacles qui ambitionnent de faire vivre la culture au cœur de la nature – ou plus précisément au cœur des forêts puisque proposés par le Département dans le cadre de la saison culturelle intitulée l’Appel de la forêt. Du côté de Saint-Gervais, dans le magnifique espace naturel des Écouges, entre alpages et hêtraies, la compagnie Culture Caillou vous invite à découvrir la diversité des histoires qui hantent les espaces forestiers. Au cours de cette balade théâtrale oscillant entre humour et poésie, la forêt se dévoilera tour à tour comme lieu de refuge, de travail, de plaisir, d’aventures et de fantasmes (le 11 septembre). « Vis ma vie de bûcheron » Pour ceux qui n’entendent rien aux possibles fantasmes que peuvent susciter les environnements forestiers, l’approche plus pragmatique proposée par les parcs naturels régionaux et les professionnels de la filière bois pourrait peut-être leur con

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1, 2, 3, nous irons au bois

ESCAPADES | Si l’Isère organise une année sur le thème de la forêt, c’est qu’elle occupe un rôle et une place essentiels dans le département, le recouvrant du tiers de sa surface. Partez à la découverte de quelques-unes d’entre elles et profitez de leurs bienfaits reconnus.

Jérémy Tronc | Mardi 29 juin 2021

1, 2, 3, nous irons au bois

Vallin, forêt mystique Magique, mystique, magnétique, miraculeuse, sacrée… Les mots caractérisant la forêt de Vallin (Nord-Isère) sur Internet ou dans les magazines l’entourent d’une aura qui attire inévitablement des promeneurs tendance New Age en quête de spiritualité sylvicole. Là-bas, à 60 km au nord-ouest de Grenoble, sous les frondaisons, on fait des gros câlins aux arbres (sylvothérapie) et on vient profiter des énergies telluriques censées affoler les boussoles. La légende raconte que la forêt abritait jadis un ancien site druidique. On susurre aussi qu’elle fut parcourue par des Templiers, des croix aux abords du site venant étayer cette idée. Pour toutes ces raisons, le bois est devenu un vrai lieu de pèlerinage. Les randonneurs et les pèlerins y côtoient fréquemment les magnétiseurs, guérisseurs et radiesthésistes. D'un point de vue plus cartésien, la forêt de Vallin vaut le détour pour sa faune sauvage et ses milieux naturels très diversifiés : mares, zones humides, prairies et deux ruisseaux, eux aussi nourris d’histoires de guérisons en raison de leur particularité. L’un est chargé d’argile verte, l’autre est formé d’un lit d’oxyde de fer. E

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"La Forêt de mon père" : aux racines de la folie

ECRANS | De Vero Cratzborn (Bel.-Fr.-Sui., 1h31) avec Léonie Souchaud, Ludivine Sagnier, Alban Lenoir…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Élagueur, Jimmy vient de se faire licencier parce qu’il agissait bizarrement. À la maison, son comportement lunatique devient difficile à supporter pour sa femme et ses trois enfants. Jusqu’à une crise qui lui vaut d’être interné. Mais Gina, son aînée de 15 ans, ne parvient pas à l’accepter… Censée être vécue à travers les yeux de la grande ado, comme en atteste le possessif au singulier du titre, l’histoire se diffracte un peu pour être vue également à travers les yeux de ses cadets et de sa mère. On perd en pure subjectivité, mais on gagne quelques contrepoints utiles pour composer, avec du recul, un tableau familial plus précis et assembler les pièces du tableau clinique de la maladie psychique de Jimmy. Bien sûr, l’élément végétal est abondant, fondateur, aussi enveloppant qu’inquiétant dans La Forêt de mon père, puisque c’est le territoire dans lequel cet “homme des bois“ évolue, au premier degré. Cette forêt est également mentale, un dédale à l’intérieur duquel il s’égare sans trouver de sortie, où il tente même d’aspirer les siens. Il faut mettre

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Omar Sy : « C’est à mon instinct que je me connecte le plus »

Interview | Entre Los Angeles et Paris, Omar Sy mène une prolifique carrière transatlantique. Avant d’attaquer le tournage de la série Arsène Lupin, il est à l’affiche de trois films en ce début 2020 : après "Le Prince oublié" et avant "Police", on peut le voir dans "L’Appel de la forêt"…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Omar Sy : « C’est à mon instinct que je me connecte le plus »

Tout le monde a envie d’avoir un Buck dans sa vie. C’est votre cas ? OS : J’en ai deux : un cane corso et un american staff ! Mais j’espère que tout le monde a un Buck, que ce soit un frère, un pote, une copine, une chérie ou même ce qu’a Buck : un loup qui symbolise son instinct et qui le guide. J’espère qu’on est tous connectés à cette petite voix dans notre tête et qu’on l’écoute un petit peu plus. C’est ce que dit le film, et le livre aussi, je crois. Après, je ne connais pas Jack London, c’est pas mon pote ! (sourire) Ce que je comprends de ce qu’il nous raconte, Buck, c’est nous. On peut le voir comme un enfant qui devient un homme. Un enfant à qui on a appris des choses qui ne marchent pas toujours dans la vie. Alors, il s’adapte. Il s’adapte sans cesse et finalement, son vrai guide, c’est son instinct. Les réponses sont en lui. J’ai l’impression que pour nous aussi, c’est pareil. Malgré son imaginaire, malgré la communication, même s’il met des habits, l’Homme reste un animal. Vous-même, êtes-vous instinctif ? Je ne suis que ça ! Tout ce qui m’arrive par… chance ou par hasard ; to

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"L'Appel de la forêt" : loup y es-tu ?

ECRANS | La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en maître et son éveil à son instinct primitif, jusqu'à ce que le loup en lui parvienne enfin à s'exprimer à nouveau… À l’instar de Joseph Conrad, Jack London "vécut" avant d’écrire (même s’il sut marier les deux de concert) et donc écrivit sur l’aventure en connaissance de cause. Ce n’est sans doute pas un hasard si ses romans d’apprentissage rencontrent encore aujourd’hui un succès inentamé par-delà les générations et au-delà des transpositions. En témoigne la récente variation sur Martin Eden signée par Pietro Marcello. Plus remarquable encore est le fait que le roman d’apprentissage d’un non-humain, un chien, touche autant nos congénères ; d’autant qu’à rebours de son époque flattant l’industrialisation triomphante, London y exaltait des valeurs quasi rousseauistes de retour à la nature ! Par un des étranges renversements auxquels l’Histoire nous a habitués, les notions de recherche ou de préservation de l’étincelle de sauvagerie innée sont au cœur des préoccupations contemporaines : à

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"L’Appel de la forêt" : l'appel de la liberté par l'ensemble TaCTuS

Jeune public | Un véritable travail d'orfèvre que ce spectacle dessiné à découvrir mercredi 17 janvier après-midi à la Rampe / la Ponatière.

Nadja Pobel | Mardi 9 janvier 2018

Générique de début et de fin, panneaux intermédiaires scandant les chapitres : le spectacle L’Appel de la forêt du jeune ensemble lyonnais TaCTuS a tout d’une séance de cinéma – sans dolby surround mais en acoustique et avec sa livraison d’effets spéciaux à l’ancienne. Un fin travail qui repose sur un trio de percussionnistes et le talent de la dessinatrice Marion Cluzel. En live, attablée, elle signe une trentaine de croquis au crayon ou donne couleurs et nuances à des canevas déjà prêts. Par le jeu de calques, elle fait apparaître puis disparaître les animaux sauvages de la forêt que Buck vient de retrouver. Ce récit, adapté de Jack London, est une métaphore intemporelle de la liberté : vendu à des trafiquants de chiens de traîneaux, l’animal domestique Buck résiste, rencontre un maître aimant, John Thornton, avant d’être aimanté par la nature et de se fondre avec les loups. En alliant voix-off et intermède parlé face au public, le collectif ne choisit pas son mode de narration, ce qui freine parfois la fluidité du déroulé du spec

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Gilles Marchand : « Donner des émotions de natures diverses au spectateur »

Interview | Si l’animal vit dans la forêt, la famille s’y rend pour mourir. Habitué aux recoins obscurs de la psyché, Gilles Marchand éclaircit sa démarche à l'œuvre dans son film "Dans la forêt".

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Gilles Marchand : « Donner des émotions de natures diverses au spectateur »

Dans Dans la forêt, la relation du père et de ses enfants se présente comme la clé du film. Comment avez-vous choisi les jeunes comédiens ? Gilles Marchand : Timothé, qui joue Tom, a été une sorte… de coup de foudre. Au casting, on a mis les enfants dans une situation où on leur racontait une histoire effrayante. Je voulais qu’ils en aient peur et en demandent pourtant la suite. Quand Timothé est venu, il a eu cette attitude incroyable pendant quatre minutes (rires). Ce qui m’a décidé, c’est sa qualité d’écoute : il dépassait toutes mes espérances. On était très attentifs avec lui et ses parents. Ils étaient très à l’écoute, et en même temps très prudents : ils ne voulaient pas faire n’importe quel film. Selon vous, s’agit-il d’un drame ou d’un film d’épouvante ? J’ai du mal à mettre les choses dans une case. Ce qui me plaît, c’est que ça peut donner des émotions de natures diverses au spectateur, qui peuvent être liées

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"Dans la forêt" : flippant petit papa

ECRANS | de Gilles Marchand (Fr, 1h43) avec Jérémie Elkaïm, Timothé Vom Dorp, Théo van de Voorde…

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Gilles Marchand n’a pas peur du genre. Avec son complice Dominik Moll, il a signé, en tant que scénariste ou réalisateur, des œuvres hybrides dans le paysage du cinéma français. Son nouveau film raconte l’histoire de deux frères qui accompagnent leur père en voyage d'affaires en Suède. Au cours du séjour, le trio va s’aventurer dans une forêt gigantesque au risque de briser leur famille et leurs liens avec le monde. Surprenant, ce Dans la forêt distille une atmosphère vénéneuse qui s’alourdit progressivement. Portée par des interprétations solides d’Elkaïm et des jeunes acteurs, l’intrigue marche, avec plus ou moins de brio, sur les traces de Kubrick et reste captivante par le solide travail visuel à la réalisation. Les cadres et le montage font du décor forestier le quatrième personnage perdu de ce drame psychologique où un garçon doit accepter la monstruosité de son père.

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Cannes 2015 : une compétition la tête à l’envers

ECRANS | Entre déceptions, ratages et réussites inattendues, la compétition du 68e festival de Cannes est, à mi-parcours, encore difficile à cerner, le renouvellement souhaité n’ayant pas toujours porté ses fruits. Mais on peut déjà en dégager deux films majeurs : "Le Fils de Saul" de László Nemes et "Carol" de Todd Haynes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015 : une compétition la tête à l’envers

En laissant à la porte de la compétition quelques très grands auteurs contemporains (Arnaud Desplechin, Apichatpong Weerasethakul – dont on s’apprête à découvrir le nouveau film) pour faire de la place à des cinéastes encore jeunes et parfois novices dans la "top list" du festival, Thierry Frémaux avait pris le risque assumé de surprendre. À mi-parcours, on ne se hasardera pas à faire de généralités, ni même à lancer de grandes phrases définitives sur la réussite d’une telle position, car chaque exemple semble produire son contre-exemple, tel metteur en scène acclamé et palmé pouvant livrer une de ses œuvres les plus abouties pendant qu’un autre, au statut similaire, se fourvoyait dans une énorme plantade. Idem pour les nouveaux venus : si la plupart ont peiné à justifier l’honneur qui leur a été fait, c’est pour l’instant un premier film qui a fait la plus forte impression au sein de la compétition. Promotion ratée À la case déceptions, s’empilent déjà les noms de Yorgos Lanthimos et Joachim Trier. Avec The Lobster, Lanthimos montre dès son quatrième film, pourtant tourné dans des conditions bien plus confortables que le

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Dans la forêt

SCENES | Le Retour de Baptiste, nouveau spectacle du Grenoblois Jean-Cyril Vadi, est l’adaptation de la pièce Au beau milieu de la forêt de la jeune dramaturge (...)

Aurélien Martinez | Lundi 14 octobre 2013

Dans la forêt

Le Retour de Baptiste, nouveau spectacle du Grenoblois Jean-Cyril Vadi, est l’adaptation de la pièce Au beau milieu de la forêt de la jeune dramaturge Katja Hunsinger. Prenant au pied de la lettre le titre initial, Jean-Cyril Vadi a imaginé une scénographie au cœur d’une forêt sombre, parsemée de divers troncs d’arbre. C’est au sein de ce milieu hostile, en quasi-autarcie, que vivent les deux parents de Baptiste, qui ne s’attendaient pas au retour de leur enfant. Encore moins au fait qu’il soit accompagné d’une femme. Le choc sera donc rude, surtout que Rose, l’épouse de Baptiste, est d’une culture différente : le metteur en scène a ainsi confié le rôle à une comédienne lituanienne, qui ne parle pas un mot de français, et qui a donc appris le texte phonétiquement (même si, bien sûr, elle le comprend, la pièce ayant été jouée en Lituanie, pays qui a compté dans le parcours de Jean-Cyril Vadi). En résulte un spectacle construit en différents tableaux entrecoupés de noir : un procédé souvent utilisé au théâtre, qui sectionne ici l’action, permettant de réaliser des sauts temporels, et d’alterner moments de vie et d’autres, plus tendus. Car ce retour ne ser

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Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

MUSIQUES | C’était la soirée la plus attendue du festival, la seule à afficher complet depuis des semaines. Elle a tenu toutes ses promesses, avec un Lescop à l’aise et – surtout – un collectif Fauve électrique. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 24 juillet 2013

Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

En 2002, sur son premier album Ceci n’est pas un disque, le groupe de hip-hop décalé TTC livrait l’un de ses meilleurs titres : De pauvres riches. « Putain c’est la merde / Pourquoi tu dis ça ? / Chez moi c’est la misère / Ah ouais t'as trop raison / Ici c’est la galère / Reprends du champagne man, de toute façon ce week-end on se barre sur la côte. » Il y a de ça chez le collectif Fauve : un côté problèmes de riches scandés façon rappeur sur une musique très rock. Un truc à n’écouter qu’au premier degré comme on l’écrivait ici (même si les parodies sont nombreuses sur le web). « Nique ta mère le blizzard » hurle d’ailleurs, comme un jeune du XVIe parisien en pleine rébellion, le survolté meneur du collectif, qui n’hésite pas à ouvrir le concert avec le titre Saint Anne. « Enfin voilà, je vous dresse le tableau : je suis né dans une famille plutôt aisée / J’ai toujours été privilégié / J’

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Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

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Il était une fois…

CONNAITRE | Dernière création en date du duo d’artistes grenoblois Rock Your World, Dans La Forêt Lointaine est à la fois un recueil d’illustrations… et un livre de (...)

François Cau | Lundi 7 novembre 2011

Il était une fois…

Dernière création en date du duo d’artistes grenoblois Rock Your World, Dans La Forêt Lointaine est à la fois un recueil d’illustrations… et un livre de coloriage. Un support original, né de la volonté de Marianne et de Nesta (désormais jeunes parents, ce qui a dû jouer aussi…) de dessiner ensemble de nouveau sans forcément passer par la case exposition. Au programme, 16 pages d’illustrations à colorier, reprenant plusieurs thèmes de prédilection enfantins (dinosaures, contes de fée, dragons, pirates…), mais avec une approche graphique très soignée et un souci du détail généralement absents de ce genre d’ouvrages. « Le fait d’avoir à colorier différentes surfaces permet de prendre conscience de certains aspects qui seraient passés inaperçus au travers d’une simple lecture » résume Nesta, « et puis ça nous permet aussi de toucher un autre public ».  Après un premier tirage de 100 exemplaires rapidement épuisé en juillet dernier, Dans La Forêt Lointaine a récemment été réédité à hauteur de 150 exemplaires, dans un nouveau pack incluant une couverture couleur, un nouveau poster dépliant A2 sérigraphié par Going Blind, et 4 stickers couleurs.

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