Olé

François Cau | Vendredi 7 janvier 2011

Israel Galvan, génie du flamenco, débarque à la MC2 avec La Edad de Oro, le spectacle créé en 2005 qui l'a imposé – à juste titre – comme l'un des représentants majeurs de cette discipline chorégraphique dont il explose les codes avec une insolence tout à fait jouissive. Seul sur scène avec un chanteur et un guitariste, eux aussi exceptionnels dans leur registre respectif, Galvan témoigne dès les premiers instants d'une virtuosité technique qui fait un temps redouter la simple démonstration tape-à-l'œil, mais qui vous embarque avant la fin du premier tableau dans un tourbillon sensoriel d'une sensualité magnétique, d'un humour à la superbe arrogance et, disons-le, d'une beauté indiscutable. Inutile de faire vos blasés : vous avez peut-être déjà vu du flamenco, mais jamais comme ça.

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Pétard mouillé

SCENES | Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on la jouera à la suisse en expliquant avoir été déçus en bien. Car le Britannique Akram Khan et l’Espagnol Israel (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 juin 2014

Pétard mouillé

Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on la jouera à la suisse en expliquant avoir été déçus en bien. Car le Britannique Akram Khan et l’Espagnol Israel Galván sont deux danseurs-chorégraphes absolument fabuleux à la technique sidérante – côté kathak (une danse ancestrale indienne) pour le premier, côté flamenco pour le second. Il n’y a qu’à les regarder habiter la scène pour se rendre à l’évidence : nous avons deux géants devant nous. Sauf que Torobaka se voulait plus que ça. On devait assister à la rencontre de deux univers forts, comme on l’expliquait ici. Et là, le verre est à moitié vide. Si tout commence assez bien, avec un jeu entre eux et les quatre musiciens sur les sons que font leurs danses et un travail d’entremêlement sonore efficace entre les deux esthétiques, la sauce ne prend jamais, le spectacle se transformant rapidement en succession de tableaux sans véritable enjeu dramatique. D’où une heure de représ

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Choc au sommet

SCENES | Le dernier spectacle de la saison de la MC2 est aussi l’un des plus attendus. Soit la rencontre sur scène entre deux monstres sacrés de la danse contemporaine : le Britannique Akram Khan (qui clôture sa résidence grenobloise) et l’Espagnol Israel Galván. Zoom sur une aventure dont on ne sait finalement pas grand-chose ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 27 mai 2014

Choc au sommet

Un vent de mystère plane autour du spectacle Torobaka, en création en ce moment à la MC2, avant une première mondiale prévue le lundi 2 juin. Pas de possibilités d’assister à des répétions ou à un filage, pas d’interviews accordées à deux semaines des représentations... Du coup, on est obligés de lire de fond en comble le dossier de presse – ce qui, au passage, ne nous arrive pas si souvent ! « La tradition est comme de l'oxygène le jour, et la nuit du dioxyde de carbone. La tradition d’Israel serait le flamenco, le kathak serait mon oxygène. Cela fait de nombreuses années que j’ai soif d’un espace où ces traditions respectives puissent coexister l’une avec l’autre pour créer une nouvelle dynamique de danse. Mais la raison pour laquelle j’attendais était simplement que je n'étais pas inspiré par l’idée de faire ce que d'autres artistes avant nous ont tenté, et qui consistait à illustrer un lien entre les deux traditions. Comment briser le moule ou la tradition de l'intérieur? Ce n'est que lorsque j'ai finalement vu Israel danser que je me suis rendu compte qu’il était l’artiste que j’attendais pour parcourir cette route de découverte et d’anarchie. » Ai

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Akram Khan, Israel Galván et les Ballets jazz de Montréal

SCENES | Feu d’artifice Rencontre au sommet prévue du 2 au 7 juin à la MC2 entre Akram Khan et Israel Galván. Soit deux monstres sacrés de la danse contemporaine, qui (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

Akram Khan, Israel Galván et les Ballets jazz de Montréal

Feu d’artifice Rencontre au sommet prévue du 2 au 7 juin à la MC2 entre Akram Khan et Israel Galván. Soit deux monstres sacrés de la danse contemporaine, qui chacun à sa manière transcende un art ancestral – le kathak pour Khan, le flamenco pour Galván. Le temps fort de la fin de saison, dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, mais dont on attend énormément. Patience. Quand le jazz est là Les Ballets jazz de Montréal, fondés en 1972, bénéficient d’une excellente réputation. Leur envie ? « Faire vivre des émotions par une danse actuelle. » Ils seront à la Rampe mardi 25 et mercredi 26 mars avec un programme de trois pièces (Zero in on, Night Box et Harry). On ira découvrir ça avec plaisir.

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Flamme & co

SCENES | Et si vous commenciez votre année 2011 avec une grosse mandale chorégraphique et musicale ? Pour honorer cette bonne résolution, rien de plus simple : foncez voir La edad de oro, spectacle porté par un Israel Galvan au sommet de son art. FC

François Cau | Lundi 24 janvier 2011

Flamme & co

"La edad de oro", ou “L’âge d’or“. Soit une formule fleurant bon la nostalgie passéiste, le “c’était mieux avant“ sacralisé ; mais c’est aussi, et il ne faut surtout pas l’oublier, un manifeste surréaliste réalisé par Luis Bunuel en 1930, une refonte fondamentale des codes et de la grammaire cinématographique au service d’un récit profondément frondeur pour l’époque. La démarche du spectaculaire danseur (et par ailleurs cinéphile hardcore) Israel Galvan, dans ce spectacle, se situe à mi-chemin des deux acceptions : le but est de s’emparer de la matière flamenco, qu’il a déjà vertement rudoyée dans des pièces comme Arena (présentée il y a deux ans à la MC2) ou El final de este estado de cosas, Redux, extrapolation furieuse sur l’Apocalypse. S’en emparer et lui redonner le lustre de sa vision à la fois novatrice et respectueuse dans son exécution. S’en emparer pour la mettre à nu, dans une création où les talents hors normes des interprètes sont les seuls et uniques effets spéciaux. Piétinements de clichésDe fait, lorsque les spectateurs entrent dans la salle, la nudité de l’espace de jeu n’est entamée que par la présence, assez discrète (forcément), de trois chaises posé

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Vertiges flamencos

SCENES | DANSE / Prendre une danse classique, bien installée dans l’imaginaire collectif, afin de la titiller, de la bousculer : voilà ce que fait l’Espagnol (...)

François Cau | Vendredi 23 janvier 2009

Vertiges flamencos

DANSE / Prendre une danse classique, bien installée dans l’imaginaire collectif, afin de la titiller, de la bousculer : voilà ce que fait l’Espagnol Israel Galvan avec le flamenco. Celui que l’on surnomme le Nijinski du flamenco remplit les salles depuis maintenant une dizaine d’années, toujours avec succès. Présenté cette semaine à Grenoble, son spectacle Arena, très baroque, reconstruit un flamenco moderne en partant des bases de cet art populaire, avec en premier lieu sa gestuelle et sa musique. La première d’abord, impeccable. Le danseur connaît les codes du flamenco sur le bout des doigts, et le vit de tout son corps, avec une maîtrise rigoureuse et une liberté totale. La musique ensuite, saisissante. Très loin des clichés d’une certaine Espagne, les musiciens présents sur scène portent l’art de Galvan, lui donnent une force supplémentaire. Galvan rend ainsi un hommage appuyé au monde expressif de la tauromachie, et notamment à Juan Belmonte, l’un des matadors les plus populaires du début du XXe siècle. Car le danseur a construit sa pièce comme une succession de chorégraphies pour « le monde du taureau ». Six moments différents les uns des autres, intenses

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