On va voir quoi ?

SCENES | La biennale arts sciences Les Rencontres-i débute cette semaine. Une fois n’est pas coutume, nous n’avons quasiment pu voir aucun des spectacles programmés pendant ces dix jours de festival. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas vous parler de ceux qui nous donnent envie! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 septembre 2013

À la rue, O. Bloque

Débuter un festival arts sciences par un spectacle de l'auteure et metteuse en scène Marina Damestoy, notamment connue pour avoir initié les mouvements sociaux Génération Précaire et Jeudi-Noir, tel est le premier pari des Rencontres-i. Une création sur une jeune femme issue d'une famille aisée qui devient SDF par la force des choses, et dont on nous a vanté la pertinence du propos.

Vendredi 4 octobre à 20h et samedi 5 à 18h, au CLC (Eybens)

Robot !

Faire danser des robots? Une idée originale de l'exubérante chorégraphe espagnole Blanca Li. Sur scène, aux côtés des danseurs, on retrouvera donc des petits robots appelés Nao – ceux qui dansent le mieux parmi la faune robotique selon l'artiste. On veut bien la croire, tant les vidéos disponibles le prouvent. Reste à savoir si tout ceci fera spectacle...

Vendredi 4 et samedi 5 octobre à 20h, à l'Hexagone (Meylan)

Bionic Orchestra 2.0

Deuxième version de cette proposition du beatboxer Ezra, présentée en 2011 toujours dans le cadre des Rencontres-i : une création musicale, visuelle et interactive mêlant human beatbox donc, et nouvelles technologies. Un orchestre 2.0 qui questionne la relation entre l'homme et la technologie, Ezra ayant développé un gant atypique capable de diriger et moduler sons et voix… On a hâte de découvrir ça.

Vendredi 4 octobre à 14h30 et 20h30 et samedi 5 à 21h30, à la Maison de la musique (Meylan)

L'Enfant lunaire

Une chose est sûre : le Québécois Daniel Danis est un auteur et metteur en scène de talent à l'univers fin et lettré comme on a souvent pu s'en rendre compte à Grenoble. Et ce n'est pas le pitch de son Enfant lunaire (« un spectacle intimiste qui nous parle d'une époque de désordres, où les autorités, tant politiques qu'économiques cherchent à faire sensation par la peur afin de contrôler les populations, et où on sacrifie souvent l'innocence »), ni la scénographie épurée découverte sur des photos, qui nous prouveront le contraire.

Samedi 5 octobre à 19h30 et dimanche 6 à 18h, à l'Amphithéâtre (Pont-de-Claix)

 

Les Rencontres-i, du jeudi 3 au dimanche 13 octobre, dans divers lieux. Programme complet sur www.petit-bulletin.fr

 


À la rue, O. Bloque

De et ms Marina Damestoy, avec Pénélope Perdereau, dès 12 ans. Histoire d’une Ophélie contemporaine, jolie jeune fille éduquée, issue d’une famille aisée, qui glisse irréversiblement sur les pentes d’une société absurde, jusqu’à en partager la folie. « O » devient SDF, bloquée, comme en désuétude. Avec des mots, elle trace ses pensées au fond d’un cahier qui jalonne son errance, dernière rambarde pour ne pas disparaître tout à fait.
L'Autre rive 27 rue Victor Hugo Eybens
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Robot !

Chor. Blanca Li, dès 7 ans. Danse et automates musicaux. Sur la relation complexe de l’homme à la machine avec huit danseurs dont les mouvements déclenchent des instruments de musique absurdes
Hexagone 24 rue des Aiguinards Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


L’Enfant lunaire

De et ms Daniel Danis, dès 12 ans. La fable pourrait se situer dans un espace comme celui évoqué dans le récit de la tour de Babel ou un désert comme celui de l’Afghanistan. Comment un enfant lunaire peut-il se mesurer au contrôle des militaires guidés par la croyance ? Que ce soit ici ou ailleurs, d’une politique à une autre, l’hégémonie d’une pensée unidimensionnelle prend un tel essor qu’il menace la liberté de notre imaginaire individuel ou collectif
Amphithéâtre Place Michel Couëtoux Pont-de-Claix
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

ARTS | Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 19 octobre 2021

Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art contemporain africain", voilà ce qu’on pouvait y lire. Bonne surprise ! Cette exposition géographico-thématique, un peu fourre-tout, offre l’occasion de découvrir quelques œuvres qui méritent le détour. Dès l’accueil, faciles mais efficaces, les séries photographiques de Khalifa Ndiaye montrent des personnages dont on ne sait s’ils lévitent, volent ou planent dans des environnements relativement triviaux… un peu de légèreté et de poésie dans un monde de brutes. "foRest" par Paul Armelson C’est aussi l’impression que donnent les petits films d’Ezra Wube dont l’animation dynamique restitue l’urbanisation trépidante des mégapoles contemporaines. Plus loin, Sirifo Diakaby questionne la couleur noire à travers une installation téléphonique qui vous permettra d’entrer en communication avec l’esprit de cette

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Les 1001 nuits d'Alexander Robotnick

Soirée | Le pape de l’italo-disco sera la tête d'affiche de la soirée "Culte !" organisée samedi 10 novembre au Vieux manoir.

Damien Grimbert | Mardi 6 novembre 2018

Les 1001 nuits d'Alexander Robotnick

En dépit du formidable impact laissé par son classique italo-disco de 1983 Problèmes d’amour, il serait dommage de réduire pour autant l'Italien Maurizio Dami, alias Alexander Robotnick, à l’homme d’un seul tube. Déjà parce que, comme il nous l’expliquait lors d’une interview en 2009, il a conçu ce morceau de manière purement opportuniste (« Pour moi, l’italo-disco était déjà un truc un peu ringard à l’époque, dans les années 1980, j’étais plus branché Joy Division. C’est Giampiero, le boss du label Materiali Sonori, qui m’a incité à faire ce morceau, parce qu’on était fauchés et qu’il voyait ça comme un moyen de faire de la thune facile »). Ensuite, parce que Dami, qui fait ses débuts à Florence au sein de collectifs d’avant-garde comme Avida et Giovanotti Mondani Meccanici, n’a jamais cessé d’explorer différentes directions musicales tout au long de sa carrière, de l’ambient aux musiques ethniques en passant par le revival électro du début des années 2000. C’est d’ailleurs à cette période qu’il s’initie pour la première fois au deejaying, une discipline parfaitement adaptée

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"On l'appelle Jeeg Robot" : surhomme sur Rome

ECRANS | de Gabriele Mainetti (It., 1h58) avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilenia Pastorelli…

Vincent Raymond | Mardi 2 mai 2017

Au moment de couronner les meilleurs films de l’année, les professionnels de la profession d’Espagne et d’Italie semblent moins corsetés que leurs homologues hexagonaux, fidèles à un cinéma psychologique ou social. Ils osent la transgression, en primant pour les uns le "vigilante movie" La Colère d’un homme patient (sorti en France la semaine passée), pour les autre un polar de super-héros tarantinesque – c’est-à-dire sympathiquement fourre-tout et semi-parodique, On l’appelle Jeeg Robot. Certes, ce film aux joyeux relents de série B n’irradie pas l’écran par l’originalité de son script ni celle de sa réalisation, puisqu’il emprunte au commun des comics sa trame : le basculement de destin d’un pékin moyen qui, exposé fortuitement à un agent mutagène, va développer des pouvoirs surhumains. Le réalisateur Gabriele Mainetti transpose ce schéma à Rome, l’hybride avec des références nippones (génération Tarantino, on vous dit) et embauche pour faire bonne mesure la star

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Ezra, l'alchimiste moderne

Concert | Le musicien-beatboxer, souvent vu dans l'agglo, sera vendredi 14 et mardi 18 avril sur la scène de l'Hexagone de Meylan avec "Chrones", un concert-performance aussi technologique que poétique.

Aurélien Martinez | Mardi 11 avril 2017

Ezra, l'alchimiste moderne

Ezra (Vincent Chtaïbi de son vrai nom) est un musicien-beatboxer que l’on connaît bien à Grenoble, lui qui a notamment beaucoup travaillé avec l’Hexagone de Meylan et son fameux Atelier Arts Sciences – ensemble, ils avaient développé un gant interactif capable de contrôler le son. Un Hexagone dont il va de nouveau fouler la scène avec un concert-spectacle tout aussi technophile baptisé Chrones, dont nous avons pu découvrir quelques alléchants extraits. Où l’homme qui fait des bruits avec sa bouche (le principe du beatbox, boîte à rythmes humaine) démultiplie sa pratique, n’en faisant qu’une des facettes d’un projet plus grand. Sur le plateau, il s’est ainsi entouré d’un musicien multi-casquettes et « geek » (c’est lui qui le dit) et d’un créateur vidéo pour concevoir, en 100% live, une performance musicale onirique où le plus artisanal (que ce soit dans les vidéos ou avec certains instruments – comme ce batteur à œufs manuel) côtoie le plus technologique. Un bouillonnement créatif couplé à une approche très contemporaine de la musique qui, à nos yeux émerveillés, font d’Ezra un artiste atypique et, surtout, passionnan

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Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

Festival | On l’a appris au détour d’une conversation, l’Hexagone de Meylan n’ayant encore rien officialisé publiquement : la biennale arts-sciences Les Rencontres-i va changer de nom (ce sera Experimenta) et de dates (en février plutôt qu’en octobre). On a du coup essayé d’en savoir plus en allant directement à la source.

Aurélien Martinez | Mardi 28 mars 2017

Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

« On avait de nombreux noms pour nos différentes activités entre la biennale Arts-Sciences, les Rencontres-i, Experimenta… Il nous a paru important de nous recentrer en trouvant le format le plus immédiatement compréhensible à la fois pour le public de l’agglomération et pour nos partenaires extérieurs, notamment à l’étranger. » Voilà qui est clair comme nous l’a expliqué Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone de Meylan et de la biennale arts-sciences que ce même Hexagone organise : le nom du « salon arts, sciences et technologies » organisé chaque année à Minatec devient le nom de la biennale dans son ensemble, les Rencontres-imaginaires étant délaissées pour une appellation plus explicite. « Pour la petite histoire, quand on en a parlé avec des partenaires japonais, pour eux il n’y avait pas photo : Experimenta était le nom le plus évident. Ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire. » « On est sur du marketing territorial » Et quitte à changer le nom

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Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

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Atelier Arts Sciences : j'ai 10 ans

ACTUS | À Grenoble, l’Atelier Arts Sciences, financé conjointement par la scène nationale l’Hexagone de Meylan et le CEA, rassemble des artistes et des chercheurs afin qu’ils échangent sur leurs pratiques et, surtout, travaillent ensemble. Pour fêter les dix ans de ce laboratoire original, l’équipe l’ouvre au public le temps d’une journée (le jeudi 2 février).

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 31 janvier 2017

Atelier Arts Sciences : j'ai 10 ans

« Notre travail repose sur l’intégration des nouvelles technologies dans le monde de l’art » : voilà comment Eliane Sausse, directrice de l’Atelier Arts Sciences (et secrétaire générale de l’Hexagone de Meylan), résume les missions de ce laboratoire lancé en 2007. Grâce à l’Atelier, artistes et scientifiques se rencontrent, échangent et progressent pour aboutir à des projets communs. Comme, par exemple, celui d’EZ3kiel : en 2009, le groupe de musiciens, assoiffé d’innovation, avait pu travailler à Grenoble sur une installation interactive baptisée « les mécaniques poétiques ». « L’Atelier Arts Sciences a montré que les artistes réussissaient à bien anticiper les évolutions de la société » poursuit Eliane Sausse, qui annonce pour 2017 une réalisation du plasticien très branché nanoélectronique Lionel Palun. En octobre, la résidence de ce dernier prendra fin. Son œuvre, consacrée au "big data" (des milli

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« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Tribune | En 2016, Grenoble Alpes Métropole définit ce que sera l’intérêt métropolitain dans plusieurs domaines afin de construire ses politiques publiques. Ainsi en est-il de la culture pour laquelle la nouvelle collectivité doit délimiter les contours de son engagement. Au-delà de l’éventuel transfert d’équipements à l’euro près entre les communes et la métropole, c’est l’occasion de faire le point sur ce qu’est la culture à Grenoble et son agglomération et sur l’ambition que cette réflexion peut nourrir.

Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone Scène Nationale Arts Sciences | Mardi 24 mai 2016

« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Dans l’histoire de la décentralisation, la vie culturelle grenobloise est un creuset de la vie culturelle française. Aujourd’hui encore les artistes et acteurs culturels grenoblois sont des références et irriguent nombre de réseaux à l’échelle européenne et internationale. Mon intention ici n’est pas de faire un inventaire exhaustif mais de faire prendre conscience de la chance que chaque habitant de l’agglomération a d’avoir la possibilité d’être au contact d’œuvres et d’artistes qui participent du mouvement mondial des idées, des émotions. L’importance de ce contact interdit toute politique de repli et engage à articuler action territoriale et ouverture internationale. Nous n’avons pas suffisamment conscience de cette chance, qui trop souvent est confondue avec une forme d’élitisme. Gageons que la formule de Jean Vilar « élitaire pour tous » soit toujours et plus que jamais d’actualité : offrir le meilleur au plus grand nombre. La culture, a contrario d’un bien matériel, ne s’épuise pas dans sa consommation mais se démultiplie dans le partage. « S’élever, d’urgence! » Le rapport à la création et à l’art en général est un moyen unique pour chaqu

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Un Bionic orchestra « aussi sombre que poétique »

MUSIQUES | Avec "Bionic orchestra 2.0", le beatboxer Ezra devient un véritable orchestre à lui tout seul grâce à un gant interactif lui permettant de contrôler le son, la lumière, la vidéo… Un concert atypique au résultat bluffant qui valait bien une interview. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Un Bionic orchestra « aussi sombre que poétique »

Bionic orchestra 2.0 est présenté comme un spectacle immersif… Ezra : L’idée est que le public rentre dans un petit univers en se retrouvant non pas face au spectacle mais à l’intérieur. Et il va y voir une forme de performance d’une heure dans laquelle moi, un beatboxer, un être humain qui fait de la musique avec son corps, avec sa bouche, s’amuse à jouer avec un outil qui lui permet de modifier sa voix. Il s’agit de transformer une performance organique grâce à la rencontre avec la machine. C’est donc à la fois musical et gestuel – je n’ose pas dire chorégraphique parce que je ne suis pas danseur, même si la place du corps est importante. J’essaie de faire en sorte que ça soit aussi sombre que poétique. Bionic orchestra 2.0 parle ainsi du rapport qu’entretient l’humain avec la machine… Oui. Il questionne l’usage des machines. De l’outil en général même, des nouvelles technologies jusqu’au caillou qui sert à construire ou à détruire. Ces nouvelles technologies sont présentes sur scène via un gant interactif imaginé à Grenoble… Il y a le gant, o

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Traité de Damonologie

MUSIQUES | C’est sous son propre nom et uniquement celui-ci que Damon Albarn revient fouler les pierres de Fourvière. Au menu, un album pas facile à appréhender de prime abord mais sublime comme une mise à nue. Et un concert que, connaissant l’animal, on promet à l’avenant.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 juin 2014

Traité de Damonologie

Un quart de siècle d’activisme musical, un statut d’icône britannique et pourtant, à quarante-six ans, l’âge où meurent les grands poètes (Wilde, Musset, Nerval, Baudelaire, Camus, Mishima, Orwell, Perec, Wallace..), l’ex-leader de Blur s’offre une seconde vie artistique, livrant son premier effort solitaire officiel. Son premier véritable album sous le nom de Damon Albarn, (enfin ?) démasqué des nombreux avatars sous lesquels il a officié directement (Blur, Gorillaz, The Good The Bad & The Queen...) ou indirectement (Mali Music, les opéras Monkey : Journey to the West et Dr Dee, des BO collaboratives). Mais avec lesquels, il faut bien l’avouer, Albarn a déjà donné beaucoup de lui-même. Comme l’était Think Tank pour Blur, dont on imaginait bien qu’il n’aurait pas de suite, Everyday Robots semble être la somme de ce qui nourrit depuis toujours le musicien. Soit un petit tas de paradoxes soigneusement rangés dans un cerveau à tiroirs. Fils spirituel et quasi naturel de Terry H

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Électricité sensible

ARTS | L’art de la robotique prend tout son sens avec l’œuvre de France Cadet. Actuellement exposée à l’espace Vallès, l’artiste jongle entre des cyborgs, interrogeant le devenir d’une société techno-corps, et des chiens mécaniques, dénonçant les relations hommes-animaux. Plus encore, elle offre une radioscopie des matières, à la recherche de l’émotif. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 4 février 2014

Électricité sensible

De sa formation scientifique, France Cadet conserve une curiosité pour la biologie et un goût pour les connexions. Ce glissement d’univers permet à l’artiste d’étendre avec créativité sa réflexion sur un monde enclin à se robotiser sans cesse. L’exposition Robot mon amour à l’Espace Vallès met ainsi en lumière l’étude de deux entités : l’organique et l’artificiel. Issus du commerce, des chiens-jouets sont reconfigurés afin de leur donner des propriétés étranges : miaulement ou hennissement. La bête est perturbée et, par le prisme de cette analyse mécanique, commence à poindre la dénonciation de l’emprise humaine sur l’animal. Parmi cette série, des trophées de chasse canins, qui s’animent de plus en plus lorsque l’on s’approche, accentuent cette critique : leur hostilité est en réponse à l’acte barbare commis par l’homme. Un homme qui est lui-même décortiqué, ou plus exactement la femme, dans les Anataleçons, détournement parodique des publicités Aubade. L’autopsie de l’anatomie retourne le caractère sexuel des affiches, et la position lascive du corps, entre sensualité et domination, interroge les rapports de force. Alors qu’à travers des tirag

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Vog-uons vers Vallès

ARTS | Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai (...)

Charline Corubolo | Vendredi 10 janvier 2014

Vog-uons vers Vallès

Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai laisse à penser également que la découverte sera de qualité. Artiste jouant de la couleur et du vide, de la coulure et de la géométrie, du précis et du déconstruit, le peintre use des images du quotidien glanées au hasard et cherche à préserver leur qualité moyenne afin de créer un encodage. Ombre noire ou « vitrail » coloré, Lefebvre donne à voir des images brouillées comme pour apercevoir ce qui se cache derrière. Changement de décor à l’espace Vallès avec l’exposition Robot mon amour qui présentera, à la fin du mois de janvier, le travail de France Cadet. Faisant fi des barrières entre le naturel et l’artificiel, l’artiste emploie les nouveaux médias et la robotique afin de faire basculer le scientifique dans l’art pour créer des relations parodiques entre l’humain, l’animal et l’androïde. Une exposition à la pointe de l’innovation, qui s’interroge sur les nouveaux rapports aux machines et qui déclenchera surement une « connexion ».

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Tendance sombre

MUSIQUES | Pour fêter en beauté les dix ans du Mark XIII, le créateur du lieu Aymeric Ponsart a composé un plateau réunissant des artistes issus de trois générations (...)

Damien Grimbert | Samedi 5 octobre 2013

Tendance sombre

Pour fêter en beauté les dix ans du Mark XIII, le créateur du lieu Aymeric Ponsart a composé un plateau réunissant des artistes issus de trois générations différentes, mais partageant un amour commun pour le versant le plus sombre des musiques électroniques. Honneur aux plus anciens, on commence avec l'Italien Alexander Robotnick (photo), figure tutélaire de la scène électronique européenne issu de l'avant-garde florentine du début des années 80. Révélé au grand jour en 1983 avec le fameux tube italo-disco Problèmes d'amour, Maurizio Dami de son vrai nom va progressivement bifurquer vers les musiques ethniques, avant de retourner à ses premiers amours disco, new wave et électro il y a un peu plus d'une dizaine d'années. Un curieux parcours pour un passionnant personnage ! Place ensuite au Marseillais David Carretta, déjà présent lors du premier anniversaire du lieu, et cette fois de retour avec son acolyte Workerpoor, pour livrer un live électro/techno dark et puissant, une discipline dont il est (aux côtés de son ami

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Les Rencontres-i, fabrique de grandes utopies

ACTUS | Début la semaine prochaine de la septième édition des Rencontres-i, biennale mixant habilement arts et sciences. Une aventure atypique, aventureuse et passionnante portée par l’Hexagone, la scène nationale de Meylan amenée à devenir un pôle national sur ces questions. De ça, et d’autres choses encore, on a longuement causé avec le directeur Antoine Conjard.

Aurélien Martinez | Vendredi 20 septembre 2013

Les Rencontres-i, fabrique de grandes utopies

Les Rencontres-i, c’est donc une « biennale arts sciences »... Mais encore ?! Antoine Conjard : Il s’agit de mixer arts et sciences au regard de quelque chose. Le triptyque est important : quand il y a une relation à deux, binaire, on est vite dans le ping-pong. En revanche, dès que l’on rajoute un troisième plan, une dynamique se met en route. C’est donc arts et sciences avec ce troisième côté qu’est la société, le territoire... Car ce n’est pas les artistes et les scientifiques dans leur bocal, c’est les artistes et les scientifiques sur le territoire. Avec, au cœur du projet depuis 2002, l’idée de programmer des spectacles atypiques... Les Rencontres, au départ, ont été faites pour présenter des projets artistiques qui sortent du cadre traditionnel, qui ne rentrent pas trop dans la boîte du théâtre et qui interrogent la relation arts et sciences. Mais on ne présente pas forcément des spectacles technologiques : je ne veux surtout pas que ce soit la seule image que l’on garde de cette relation. Par exemple, la compagnie Les Ateliers du spectacle utilise beaucoup de technique, avec plein d’objets sur le plateau, sans tou

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La science des rêves

SCENES | En 2003, les Rencontres-i voyaient le jour. Impulsé par l’Hexagone de Meylan et le CEA, ce qui deviendra par la suite une biennale s’intéresse d’emblée aux (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 septembre 2013

La science des rêves

En 2003, les Rencontres-i voyaient le jour. Impulsé par l’Hexagone de Meylan et le CEA, ce qui deviendra par la suite une biennale s’intéresse d’emblée aux relations entre art et science. Si, au début, on a eu un peu de mal à comprendre où l’équipe organisatrice voulait aller (on se souvient par exemple d’une édition 2009 un brin confuse), force est de constater que le projet s’affine et devient bigrement intéressant – l’Hexagone se transforme même cette saison en « scène nationale arts sciences », ce qui la différencie encore plus de l’autre scène nationale du coin (la MC2). Pour cette septième édition, en plus du salon Experimenta, on pourra découvrir de nombreux spectacles (Blanca Li, Daniel Danis, Pierre Meunier, Mathurin Bolze...) dans la dizaine de salles de l’agglo partenaires. Plus d’infos dans le Petit Bulletin du 25 septembre. AM Les Rencontres-i, du jeudi 3 au dimanche 13 octobre.

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Le Monde de Charlie

ECRANS | De Stephen Chbosky (ÉU, 1h42) avec Emma Watson, Ezra Miller, Logan Lerman…

Jerôme Dittmar | Jeudi 20 décembre 2012

Le Monde de Charlie

Avec ses airs de Breakfast Club ressuscité par le sentimentalisme existentiel d'un Cameron Crowe, Le Monde de Charlie est un peu ce teen movie fragile et précieux qu'on n'attendait plus. Un film servant les clichés du genre à la louche (début des années 90, un lycéen timide de banlieue découvre la vie au contact d'une nouvelle bande de potes marginaux), mais avec une folle envie de cristalliser ces moments miraculeux qui ont fait de l'adolescence une légende américaine. Ces moments où sur une pop song de Bowie, l'infini vous tend les bras en même temps que le regard d'une fille ou d'un ami. Aussi fin qu'appuyé, truffé de références has been, le film menace toujours de s'effondrer, jusque dans un final explicatif d'une balourdise absolue, et pourtant c'est beau. Peut-être parce que plus qu'une énième histoire de fin d'innocence à l'orée des rêves adultes, Stephen Chbosky (adaptant son best seller) tourne un film tendre et bienveillant sur une époque appelée à devenir un moment symbolique. Jérôme Dittmar

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Another happy day

ECRANS | De Sam Levinson (ÉU, 1h55) avec Ellen Barkin, Ellen Burstyn, Ezra Miller…

François Cau | Vendredi 27 janvier 2012

Another happy day

Le mariage et la famille sont des institutions américaines ; suffit-il de les transformer en jeu de massacre pour être impertinent et politiquement incorrect ? C’est visiblement ce que pense Sam Levinson avec cette comédie chorale complètement cynique qui ressemble à du Altman revisité par ses détracteurs. Les stéréotypes sont légions : l’ado camé, la belle-mère arrogante, le grand-père sénile, la mère dépressive, les tantes hystériques, la sœur suicidaire, etc. Ce petit manège s’ébroue dans un scénario laborieux, et l’ensemble trouve son apogée dans l’horripilant cabotinage d’Ellen Barkin (coproductrice, ceci expliquant cela), à côté duquel les acteurs à la fin des Petits mouchoirs paraissent sobres et retenus. D’ailleurs, depuis la sortie du navet de Canet, ce cinéma américain «indépendant» a pris un sacré coup de vieux : aujourd’hui, en France, on fait aussi mauvais, mais avec plus de pognon. CC

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C’est notre choix

SCENES | Une sélection subjective et arbitraire de quelques évènements incontournables du festival. AM

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

C’est notre choix

Un parcours inaugural Les Rencontres-i 2011 débuteront avec un parcours original, l’équipe de la biennale aimant beaucoup les parcours - elle en proposera de nombreux. À 16h30, rendez-vous à la gare téléphérique, pour monter à la Bastille assister au vernissage des expositions Degrés de lumière et T.O.E. La première se propose d’associer lumière et musique, les trois artistes italiens ayant étroitement collaboré avec deux chercheurs du CEA. La seconde, conçue pour le Centre d’art Bastille, est une exposition collective autour de la notion d’énergie (le thème de ces Rencontres-i). À 18h30, départ pour le CCSTI – La Casemate où sera présentée XYZT, les paysages abstraits, l’exposition d’Adrien Mondot et de Claire Bardainne dont on attend énormément (on vous en reparlera une fois vue). À 20h45, tout le monde sera confortablement installé sur les sièges de l’Hexagone de Meylan pour découvrir une ébauche de L’Écorce du vent, projet autour de la lumière qui a gagné le prix A.R.T.S 2010 (un prix créé par l’Atelier arts-sciences dans le but de récompenser les collaborations innovantes et fructueuses entre artistes et scientifiques). Et la soirée se terminera p

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Science friction

SCENES | FESTIVAL/ À la fin du mois débuteront les Rencontres-i, organisées par l’Hexagone de Meylan. Une biennale arts-sciences en plein développement qui s’impose petit à petit comme l’un des évènements culturels de l’agglo les plus excitants. Rien que ça, oui. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

Science friction

La science d’un côté, l’art de l’autre. Les deux se regardent en chien de faïence. « Pourquoi vient-il me sucrer une part de budget pour des bagatelles de bobos quand moi, je travaille pour l’avenir de l’humanité ? » s’exclame la première, sûre d’elle et de sa légitimité. « Espèce de technophile sans aucune humanité qui va nous mener droit dans le mur » lui rétorque le second, d’un ton dénigrant et méprisant. Le décor est planté : on pourrait avoir ici affaire à un western moderne où deux mondes qu’a priori tout oppose s’affronteraient dans une lutte sans merci. Mais rien de tout ça. Car l’on est à Grenoble, là où rien ne se passe jamais comme on l’attend. Grenoble : une terre d’asile pour les scientifiques les plus réputés, carrément surnommée la « Silicon Valley » à la française par les plus ambitieux du fait de son positionnement en recherche et développement. Un territoire riche en laboratoires, universités et entreprises, également généreusement pourvu niveau culturel, à la grâce de politiques passées volontaristes (on cite souvent le Conseil général dans ce cas-là, alors citons-le) et d’acteurs locaux extrêmement impliqués. Ce qui fait dire là aussi aux plus ambitieux que

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Profession de foi

MUSIQUES | Qu’est-ce qui fait un bon producteur de house music ? Une bonne maîtrise technique ? Sans doute. Une érudition sans faille ? Ça peut aider. Mais avant (...)

François Cau | Lundi 20 septembre 2010

Profession de foi

Qu’est-ce qui fait un bon producteur de house music ? Une bonne maîtrise technique ? Sans doute. Une érudition sans faille ? Ça peut aider. Mais avant tout, du vécu, du vécu, et encore du vécu. Et ça, Marcus Lambkin alias Shit Robot, figure de l’ombre du célèbre label new-yorkais DFA, 40 ans au compteur, en a à revendre. C’est ce qui donne à son premier album (From The Cradle To The Rave, sortie prévue dans quelques jours), cette intensité incontestable, au-delà de sa liste de guest-stars affriolante, et de ce grain analogique inimitable spécifique aux sorties du label. C’est également ce qui fait l’authenticité de ses DJ-sets imparables, à mi-chemin entre techno, house et disco vintage. Mais revenons au commencement. Marcus a grandi à Ballybrack dans les années 80, un quartier sinistré de Dublin plombé par la consommation d’héroïne, le crime organisé et l’absence de travail. « Un putain de tiers-monde virtuel », pour reprendre les termes de l’intéressé. Autant dire que l’arrivée de l’acid-house, à la fin de la décennie, fait pour lui office de véritable échappatoire. Porté par ce vent de changement, il s’installe à New York au tout début des années 90, et fait ses premiers pas dan

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"Terre océane" : le temps qui reste

SCENES | Spectacle à la beauté plastique indéniable, "Terre océane" surprend en convoquant sur scène nos émotions les plus enfouies sans jamais tomber dans l’étalage malsain ou voyeuriste, grâce notamment au texte évocateur et épuré de Daniel Danis.

Aurélien Martinez | Lundi 18 janvier 2010

Proposition théâtrale forte cette semaine à la MC2. La metteuse en scène Véronique Bellegarde, vue l’année dernière aux commandes de L’instrument à pression de David Lescot, s’est intéressée au texte Terre océane de Daniel Danis, dramaturge québécois dont on avait déjà pu apprécier l’écriture en octobre à l’Espace 600 avec Kiwi (un spectacle jeune public subjuguant, conçu et mis en scène par Danis lui-même). Dans Terre océane, on retrouve les thématiques récurrentes développées par l’auteur, et notamment ce besoin de créer des liens avec une famille de cœur plus que de sang, pour se protéger d’un monde extérieur violent et déshumanisé. Gabriel a dix ans. Atteint d’un cancer incurable, il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Sa mère adoptive, incapable de faire face à cet ultime défi, décide de le renvoyer à son père adoptif, qui se retrouve de facto chargé de l’accompagner vers l’inconnu. A l’abri d’une terre ivre qui poursuit sa course frénétiquement en ignorant la souffrance de ce tout petit bonhomme, le père et le fils partiront se réfugier chez l’oncle Dave, au fond des bois ; loin de tou

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Boxe avec les rythmes

MUSIQUES | Musique / Figure française du beatboxing, Ezra sera de passage à la Chaufferie ce samedi. Propos recueillis par Damien Grimbert

| Mercredi 7 mars 2007

Boxe avec les rythmes

En quoi consiste, et d’où vient le beatboxing ?Ezra : Le beatboxing, c’est faire des sons, des rythmes avec la bouche. Ça existe depuis toujours, c’est sans doute la plus vieille forme de musique qui existe. C’est un truc que tu retrouves dans les musiques traditionnelles de tous les continents. Et puis au XXe siècle, il y a eu le jazz, pas mal de trucs dans la musique contemporaine dans les années 60, avec des gens qui faisaient des bruits chelous avec la bouche. Et puis après, le beatboxing urbain qui est né dans les années 80 à New York. À l’époque, il y avait par exemple les Fat Boys qui ont enregistré leur premier album en 1984, Doug. E. Fresh… C’est un peu resté dans l’ombre pendant une quinzaine d’années jusqu’à ce que Rahzel (du collectif hip-hop The Roots, ndlr) sorte un album à la diffusion internationale. En France à la même époque, le Saïan (Supa Crew - NdlR) sortait son premier album, donc ça a permis de faire un peu de buzz autour de ça. Et depuis, ça s’étend un peu partout dans le monde depuis 7, 8 ans, il y a maintenant des conventions internationales, des championnats internationaux, il y a eu le premier contest national e

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