Villeurbanne, bilan d'une année capitale

Bilan / Durant l’année 2022, Villeurbanne a été la première ville à mettre en œuvre le label de Capitale Française de la Culture. Bilan (provisoire).

Tout s’est préparé à la vitesse de l’éclair. Juillet 2020, une nouvelle équipe municipale prend les rênes, emmenées par Cédric Van Styvendael dans la continuité de son prédécesseur Jean-Paul Bret. Octobre 2020, en plein covid, appel à projets de ce dispositif imaginé par Bernard Faivre-d’Arcier, ancien directeur du festival d’Avignon et des Biennales de Lyon, pour attribuer un million d’euros à une ville entre 20 0000 et 200 000 habitants. Mars 2021 : victoire. Villeurbanne, ses 158 858 habitants recensement tout juste tombé de 2022), dont 50% a moins de 30 ans, ses 16% de budget dédié à la Culture (la 2e part de la Ville derrière l’Education) et son pari sur la jeunesse font mouche. Entamée en septembre 2021 avec une édition des Invites décalée pour cause de crise sanitaire, les festivités viennent de prendre de fin.

Si le bilan définitif sera tiré lors d’un colloque les 11 et 12 mai prochains avec l’évaluation menée par l’Observatoire des Politiques Culturelles, une enquête flash réalisée cet été auprès de 200 Villeurbannais – « un très petit échantillon » convenait l’édile dans une longue interview accordée à nos confrères de la revue La Scène -  87% d’entre eux savaient que Villeurbanne était capitale de la culture et 90% étaient satisfaits de la manière dont cela a été conduit. Il faut dire qu’il y a eu du lourd qui n’était d’ailleurs pas prévu au départ. « Lors de notre passage devant le jury, il nous a été dit qu’il n’y avait pas assez d’évènementiel » rapport Cédric Van Styvendael. Dont acte. S’ajoutent alors la co-production avec les Nuits de Fourvière de Boréalis de Dan Acher et des géniaux circassiens de Gandini Juggling ici gratuits quand partout ailleurs ils sont payants, la création sans queue ni tête mais captivante des Royal de Luxe – le Bull machin – l’impeccable expo Depardon/Daoud au pôle Pixel (visible jusqu’au 26 mars), le son et lumière prévisible et efficace de Gilbert Coudène sur la façade de l’Hôtel de Ville pour résumer les festivités de l’année. Pas très originales, ces signatures-là ont font le taf. C’est populaire.

Le Bull machin a rassemblé 150 000 personnes en trois jours. Mais, comme le laissait échapper un membre du cabinet de la ministre Rima Abdul-Malak venue sur place le premier jour des Royal de Luxe, « ça coûte un fric fou ». Celui des ces pointures-là. Le budget final – 13, 5 M€ - est donc bien supérieur à celui envisagé – 7, 5M€ – mais il n’est pas « dû à une mauvaise maitrise des dépenses ; il a augmenté pour des raisons artistiques » selon le Maire.  « Impossible de relever ce défi sur la seule base d’aide d’1M€ du ministère de la Culture et de la Caisse des dépôts ». Le mécénat s’en est trouvé gonflé passant de 500 000€ à 1, 6M€ boosté notamment par les Royal de Luxe, valeur sûre, et la Ville abonde pour le reste des fonds. « Une partie d’entre eux sont des redéploiements au sein du budget culture. On peut se dire que sur cette année spécifique, la Ville a fait un effort supplémentaire d’environ 5M€, c’est conséquent mais, quand on met en rapport ce chiffre avec la fréquentation, le nombre d’événements organisés (NDLR 800), l’enrichissement de l’offre métropolitaine que cela a généré, on voit cela avec un autre regard » expliquait-il dans cette même interview à La Scène

Pas pareil. Quoique

Cependant, ce dépassement fait de 2023 une année contrainte artistiquement. Exit Les Invites 2023. Ce sera en 2024. Cela étant dit, la Ville abonde tout de même le TNP (+100 000€) « pour conforter ses moyens artistiques » grevé par la baisse de la Région (-150 000€) et surtout elle poursuit ce qui a été initié pendant cette année de Capitale, et notamment les mini-mixes, projets culturels mis en place dans les 27 groupes scolaires de la Ville (et 7000 enfants) par des recrues en CDI. Les cinq balades urbaines autonomes proposées par le formidable centre de ressources qu’est le Rize ont si bien fonctionné que six autres seront créées d’ici 2026 (dont deux en 2023), fin de ce mandat. 

Le temps (très) fort qu’a été le Festival Réel, piloté par une équipe de jeunes pour 50 000 spectateurs début juin aura peut-être droit à une 2e édition avant la date fatidique de 2026. CVS le souhaite mais le budget pèse lourd – « le festival a coûté deux fois plus cher que prévu en raison notamment des frais de sécurité ». Une chose est sûre, la Fête de la musique, sur le modèle de la « la plus grande rue de musique » sera reconduite cette année. 

Alors qu’une année de serrage de vis à tous les étages s’annonce pour pallier la hausse faramineuse des coûts de l’énergie, des élus, ou adjoints à la culture, à Lyon comme à Villeurbanne, font de la culture un essentiel de leur politique. Ce n’est pas un détail. « L’accès à la culture est ce qui nous rend libre » rappelait récemment en conférence de presse le maire de Villeurbanne, également vice-président en charge de ce portefeuille à la Métropole de Lyon.

La Capitale Française de la Culture 2024 – c’est un mode biennale – tarde à être connue. Les trois finalistes, Bourg-en-Bresse, Alès et Monbéliard, ont été auditionnées fin novembre. Six villes seulement s’étaient portées candidates (Issy-les-Moulineaux, Vendôme et Beauvais en plus des trois pré-citées). Décision rendue publique en février.

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