District 9

ECRANS | De Neill Blomkamp (Afrique du Sud-Nouvelle Zélande, 1h50) avec Sharlto Copley, Jason Cope…

Christophe Chabert | Vendredi 11 septembre 2009

Retrouvant l'esprit originel de la science-fiction, Neill Blomkamp réalise avec District 9 une authentique parabole de notre présent, où un ghetto de Johannesbourg n'est pas occupé par des Noirs, mais par des aliens. Leurs mœurs jugées sauvages par les autochtones provoquent l'ire de la population, et le gouvernement délègue une entreprise privée, la MNU, pour exiler les gêneurs en rase campagne. Dans sa première heure, District 9 est un objet résolument contemporain, constitué de fausses interviews et de reportages sur le vif, où les créatures se fondent dans le décor, quidams indésirables d'une grande machine médiatico-politique cherchant à s'en débarrasser. Le long récit de leur tentative d'expulsion est assez sidérant, narrativement et visuellement, tout comme l'idée de faire du protagoniste un parfait connard, à moitié débile et profondément «raciste» envers les aliens. Là où le bât blesse, c'est quand cette série B inventive se mue en blockbuster guerrier et agressif. Blomkamp est alors plus proche de Michael Bay que de Carpenter. Machines destructrices, design sonore assourdissant, caméra secouée, c'est Transformers en plus gore et plus rugueux, mais avec le même horizon de fun décérébrant et la même morale du sacrifice et de l'union des contraires. Des prototypes d'inspiration hollywoodienne que cette production Peter Jackson semblait fuir au premier abord…

CC

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Chappie

ECRANS | Déroute intégrale pour Neill Blomkamp avec ce blockbuster bas du front, au scénario incohérent et à la direction artistique indigente, où il semble parodier son style cyberpunk avec l’inconséquence d’une production Luc Besson. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 6 mars 2015

Chappie

S’il fallait une preuve que la politique des auteurs a des limites, Chappie jouerait à merveille ce rôle : on y voit un cinéaste, le Sud-africain Neill Blomkamp, dont on a pu apprécier la cohérence de ses deux premiers films — District 9 et Elysium — commuer sa rage punk en une grotesque parodie sur un scénario écrit à la va-vite, incapable d’élaborer le moindre discours et même pas foutu d’assurer le minimum syndical en matière de blockbuster futuriste. Pourtant, tout est là : l’alliance entre l’humain et la machine — ici, un robot policier doté d’une intelligence artificielle et récupéré par des gangsters très méchants pour lui faire commettre un braquage permettant d’honorer leurs dettes — un futur proche qui ressemble à une extrapolation de nos ghettos sociaux contemporains, un goût de la destruction et des ruines urbaines… Cet effet de signature n’est qu’un trompe-l’œil : Blomkamp ne retrouve jamais la substance politique, même manichéenne et schématique, de ses œ

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Elysium

ECRANS | Une fable futuriste sombre, furieuse et politique, nourrie à la culture cyberpunk et filmée par le cinéaste de District 9 : une réussite qui tranche par son ambition thématique et son absence de compromis avec les superproductions américaines actuelles. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 17 août 2013

Elysium

On dit que tout succès repose sur un malentendu ; dans le cas de Neill Blomkamp et de son District 9, cela paraît aujourd’hui indéniable, le concept du film ayant sans doute pris le pas sur la réalité de ce qui était montré à l’écran. Son futur pas si lointain, sale et gangrené par la lutte des classes cachait une métaphore de SF où les aliens étaient les nouveaux immigrés, exclus et brimés. Le futur d’Elysium, second et fulgurant long-métrage de Blomkamp, est plus éloigné, mais cette fois-ci, le cinéaste n’a plus besoin de passer par une parabole, aussi astucieuse soit-elle, pour en montrer le cauchemar : les pauvres errent dans les décombres d’une Terre ravagée par la pollution et la surpopulation, tandis que les riches ont construit une station spatiale baptisée Elysium, verdoyante et à l’abri de la maladie ou de la violence. Saisissantes, les premières images opposent les taudis terrestres poussiéreux aux jardins orbitaux radieux. À l’inverse du raté Oblivion

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