Precious

ECRANS | De Lee Daniels (ÉU, 1h49) avec Gabourey Sidibe, Paula Patton…

Christophe Chabert | Jeudi 25 février 2010

À Cannes, un mirage collectif a créé le buzz autour de cette adaptation du Push de Sapphire, écrivain emblématique de la «vraie» littérature afro-américaine, telle que s'en moque Percival Everett dans son brillant Effacement. Pourtant, ce mélodrame bourré d'effets racoleurs n'est rien qu'un maigre téléfilm réalisé par un émule peu glorieux de Spike Lee. Le calvaire de Precious, adolescente obèse, séropositive et enceinte de son père, est raconté avec une absence de distance sidérante : la dignité de Precious ne semble pas tellement concerner Lee Daniels, qui n'y voit qu'un prétexte pour déverser sur elle des tombereaux de violence ou des moments bien cuculs comme cet entretien avec une assistance sociale jouée par une assez crédible (si, si…) Mariah Carey. Le reste du casting pleure, gesticule, hurle, tire la tronche, dans un nuancier d'émotions aussi subtil que la mise en scène. Mais ça sent le vécu, coco, alors tu la boucles et tu chiales !

Christophe Chabert

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Paperboy

ECRANS | De Lee Daniels (ÉU, 1h48) avec Nicole Kidman, Zac Efron, Matthew McConaughey…

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Paperboy

Le mirage continue autour de Lee Daniels : après les louanges déversées sur ce navet putassier et obscène qu’était Precious, le voilà sélectionné à Cannes pour un film encore pire, Paperboy. Daniels a désormais un style : en tant qu’auteur, il raconte à peu près n’importe comment ses histoires, passant d’un point de vue à un autre, ne choisissant jamais un angle pour traiter les sujets qu’il brasse, en général plein de bonne conscience (ici : racisme, peine de mort, identité sexuelle). En tant que cinéaste, c’est la fête puisque l’image, déjà enlaidie par l’utilisation de filtres glauques pour faire vintage, est triturée avec d’incompréhensibles surimpressions, ralentis et anamorphoses, avant d’être baignée dans de la musique rétro. En tant qu’homme, Daniels aimerait provoquer (il faut voir Nicole Kidman se livrer à de pathétiques simagrées sexuelles pour mesurer l’étendue des dégâts), émouvoir (on n’a jamais vu mort d’un personnage aussi peu touchante à l’écran) et pousser à l’indignation. Mais le seul souvenir que laisse Paperboy, c’est celle d’un typ

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Mission : impossible – Protocole fantôme

ECRANS | De Brad Bird (ÉU, 2h13) avec Tom Cruise, Jeremy Renner, Paula Patton…

Dorotée Aznar | Lundi 12 décembre 2011

Mission : impossible – Protocole fantôme

Alors que JJ Abrams avait tenté, sans convaincre totalement, une humanisation de l’agent Ethan Hunt, ce nouveau Mission : Impossible le remet dans la posture du héros indestructible traversant un monde en mutation tel que Brian de Palma l’avait défini dans le premier volet. Mais dès son évasion d’une prison moscovite, Hunt affirme aussi son goût du risque, un plaisir ludique à choisir toujours la voie la plus difficile pour se sortir des ennuis. C’est aussi le principe de ce blockbuster trépidant : multiplier les complications à l’intérieur des complications, les défis improbables à relever jusqu’au vertige (littéral et figuré). Que ce soit dans une incroyable poursuite à Dubai au milieu d’une tempête de sable ou dans un hallucinant ballet de corps et de voitures dans un parking automatique, tout ici repose sur le déchaînement des éléments et la résistance surhumaine de Hunt-Cruise. Si le scénario tente de dessiner une nouvelle géopolitique des rapports de force (une Amérique dépassée par les pays émergents), c’est bien ce côté cartoonesque et bigger than life qui impressionne ; la présence de Brad Bird, auteur de quelques-uns des plus beaux fleurons Pixar (

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Mirrors

ECRANS | d’Alexandre Aja (EU, 1h51) avec Kiefer Sutherland, Paula Patton…

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2008

Mirrors

Alexandre Aja avait fait sensation en réussissant le remake d’un Wes Craven vieillot, La Colline a des yeux. Avec Mirrors, il tente de reproduire la formule avec un médiocre film sud-coréen ; mais cette fois-ci, il ne fait pas illusion longtemps… Mirrors est une pauvre série B qui aurait fini directement au vidéoclub si elle ne bénéficiait de la présence de Jack Bauer lui-même. C’est d’ailleurs le premier écueil du film : Kiefer Sutherland est incapable de faire oublier son rôle d’agent de la CTA, tant il a déjà tout joué dans 24, de la course-poursuite à l’affliction, de la parano à la disgrâce. Mais ce n’est rien par rapport à la farandole de clichés que trimballe le scénario. Le concept même du film (les miroirs d’un supermarché dévasté par les flammes renferment une présence démoniaque) répète à l’infini un des effets les plus éculés du genre : le personnage se regarde dans une glace, il se baisse, il se relève et surprise ! ce n’est plus son reflet qui apparaît. Du coup, on ne croit jamais vraiment aux rebondissements (nombreux mais patauds), et les détails un tant soit peu «personnels» (une visite chez des rednecks ordinai

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