Mince alors !

ECRANS | De Charlotte De Turckheim (Fr, 1h40) avec Lola Dewaere, Victoria Abril…

Christophe Chabert | Vendredi 23 mars 2012

Photo : DR


Mince alors ! est tellement nul qu'on ne sait par quel bout prendre son ratage. On pourrait parler de cette manière laborieuse de faire de la comédie où, faute de trouver le tempo, on se rabat sur du mot d'auteur balourd façon Théâtre des deux ânes. On pourrait fustiger ce qui ressemble à un vaste spot de publicité pour les cures d'amaigrissement à Brides-les-Bains. On pourrait enfin se gausser des ficelles vaudevillesques du scénario, où l'émotion surgelée débarque comme un cheveu sur la soupe dans le dernier tiers. Mais plus subtilement foiré est le choix de Lola Dewaere dans le rôle principal. Rien à dire sur son talent de comédienne, un peu gauche certes, mais qu'on ne demande qu'à suivre dans autre chose qu'un nanar. Le problème, c'est qu'elle est supposée incarner une fille un peu ronde qui doit perdre du poids pour plaire à nouveau à son mari. Mais Lola Dewaere est si évidemment belle à l'écran qu'on ne voit pas où est la question et, du coup, pourquoi en faire un film…
Christophe Chabert

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48 heures par jour

ECRANS | de Catherine Castel (Fr, 1h29) avec Antoine de Caunes, Aure Atika, Victoria Abril…

Christophe Chabert | Mardi 27 mai 2008

48 heures par jour

Face à ce film anodin et médiocre, grande est la tentation de ressortir nos rengaines habituelles sur le délabrement de la comédie française. Mais, fin de saison oblige, la lassitude est trop forte. À la limite, relisez notre papier sur Tu peux garder un secret, dont 48 heures par jour est une version moins agressivement commerciale et misogyne. On y retrouve les mêmes travers : des mots d’auteurs lourds comme du plomb surlignés par le jeu «comédie» des acteurs, une vision désespérante du monde du travail où tout le monde est débordé mais où personne ne travaille jamais à l’écran, une empathie voulue mais introuvable pour les problèmes des gens riches, une relecture à peine dépoussiérée des clichés du vaudeville. Osons donc ici un sepuku critique : ce cinéma-là existe depuis des lustres, il a connu, selon les acteurs et les auteurs qui l’ont alimenté, des hauts (diard) et des bas (en ce moment…), mais surtout, il se contrefout de notre avis de spectateur. Autant dire qu’il n’est pas impossible qu’à l’avenir, on le laisse macérer dans son jus… CC

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