Mes héros

ECRANS | De Eric Besnard (Fr, 1h27) avec Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Clovis Cornillac...

Jerôme Dittmar | Jeudi 6 décembre 2012

Exemple effarant d'un cinéma post-sarkozy qu'on n'aurait jamais voulu voir naître, Mes héros confirme l'état alarmant de la production française en 2012. Pire que tout, cette comédie d'occupation où la tendresse neuneu côtoie le militantisme débile a des airs de Mamie fait de la résistance chez Jardiland.

Dans un décor digne d'un shooting pour magazine déco, Josiane Balasko cache un jeune sans-papiers (le juif de l'an 2000) qui, séparé un temps de sa mère, trouve refuge à la campagne où il découvre les joies des tartines au beurre et de la 2CV vintage.

Venue d'un autre temps, cette fable morale qui lave plus blanc que la Mère Denis, veut tout réconcilier : la famille, le pays, les années Hortefeux et ses gendarmes. Mené tambour battant par un duo Jugnot/Balasko ayant enfanté Clovis Cornillac (pire casting de l'année), Mes héros laboure l'humanisme blotti dans le petit coeur de chacun. L'enfant, qui n'a rien demandé à personne, enfonçant le clou de ce cauchemar hygiénique.

Jérôme Dittmar

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Antonin Peretjatko : « je suis prêt à remettre le couvert avec Josiane Balasko »

La Pièce rapportée | Une guichetière épouse un fils de famille et éprouve l’hostilité continue de la revêche “Reine Mère” déçu par cette mésalliance. Tel est le point de départ de la nouvelle comédie burlesque du Grenoblois Antonin Peretjatko, en partie tournée à Lyon avec Josiane Balasko. Rencontre…

Vincent Raymond | Mercredi 24 novembre 2021

Antonin Peretjatko : « je suis prêt à remettre le couvert avec Josiane Balasko »

Était-ce facile pour vous de composer un personnage aussi détestable que celui de cette “Reine Mère” ?Josiane Balasko: Oh, c’est amusant ! Faire “semblant de”, comme les enfants qui jouent au gendarme, ou au théâtre où l’on gueule sur scène, c’est pas pour de vrai… Entrer dans un personnage qui n’est pas le mien et jouer ce qu’il y a à jouer, c’est ça que j’aime. Mais il faut qu’on ait l’impression que c’est pour de vrai ! Le truc amusant en plus ici, c’est que c’est un personnage de bourgeoise, très riche, avec des bijoux, qu’elle vit dans une maison incroyable. Justement, cette maison, plus qu’un décor, est un élément central du film…Antonin Peretjatko : On l’a trouvée vers Lyon, après une recherche basée autour de l’époque. Et ce n’était pas du tout ce que j’imaginais au départ — à

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Myriam Boyer, la combattante

Portrait | La gamine de la Croix-Rousse prolo a bien grandi. À 70 ans sonnés, la pause du confinement aidant, la comédienne Myriam Boyer fait dans une biographie tout juste parue un retour arrière sur ses vies de cinéma et de théâtre. Où l’on croise Blier, Sautet, Koltès, Chéreau, Planchon et où on se dessine une vie de luttes et de joies mêlées, sa « marmelade de sentiments ».

Nadja Pobel | Jeudi 4 novembre 2021

Myriam Boyer, la combattante

Elle est en tournage à Auch quand elle décroche le téléphone à l’heure convenue : Les Vieux fourneaux 2, avec Pierre Richard et Eddy Mitchell. Mais immédiatement, elle accepte de revenir au Clos Jouve dans ce « deux pièces avec toilettes sur le palier » où elle a grandi sur le plateau de la Croix-Rousse, de sa naissance en mai 1948 à ses dix-huit ans. Le quartier n’a plus rien à voir avec « le refuge de tisserands » qu’elle évoque dans Théâtre de ma vie, paru en septembre, il est « devenu bobo » reconnait-elle bien volontiers « mais les immeubles, les espaces, le boulevard sont restés les mêmes. » Sa mère, La Berthe, l’élève avec ses deux frères plus âgés, les écartant d’un père violent, alcoolique et « maquereau de bas étage », que la gamine regrette de ne pas avoir su accompagner lors de son cancer fatal. Son œil de verre l’effrayait mais il lui a offert, a posteriori, « un réservoir d’images fantasmagoriques ». Le grand-père s’éteint à quelques mois de la naissance du pre

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Malle du transport : "L’Aventure des Marguerite" avec Clovis Cornillac

Comédie | 1942. Le père de Marguerite a disparu à la guerre et l’adolescente se languit de son retour. 2019. Margot, sosie de la précédente, doit passer trois jours avec le nouveau copain de sa mère qu’elle trouve lourd. À cause d’une malle magique, les deux jeunes filles vont se substituer l’une l’autre…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Malle du transport :

Comme une étrange impression de se retrouver devant un J’aime Lire mis en images… Pas si loin, en fait, puisque cette comédie fantastique d’aventures est adaptée d’un roman jeunesse signé Vincent Cuvellier. Si le travail visuel est propre, rythmé par le va-et-vient permanent entre les deux époques, la partie 1942 se révèle beaucoup plus riche en rebondissements épiques que le segment contemporain — Marguerite s’adaptant très (trop) vite à l’univers de science-fiction XXIe siècle. Les scénaristes ne se sont pas non plus beaucoup trop préoccupés des inévitables questions de paradoxes temporels, pourtant le sel de ces histoires ainsi que des ressorts dramatiques de premier choix. On ignore quel destin attend ce film d’ambiance automnale un 14 juillet en salles, il fera certainement un meilleur score une après-midi de novembre agrémenté d’un chocolat chaud sur le canapé… L'Aventure des Marguerite Un film de Pierre Coré (Fr, 1h26) avec Alice Pol, Clovis Cornillac, Lila Gueneau…

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Seules les bêtes ? : "Les Vétos"

Comédie | Nico et son aîné Michel font tourner à deux un cabinet vétérinaire d’un petit village du Morvan. Partant subitement en retraite, Michel fait venir à sa place (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Seules les bêtes ? :

Nico et son aîné Michel font tourner à deux un cabinet vétérinaire d’un petit village du Morvan. Partant subitement en retraite, Michel fait venir à sa place sa nièce, une chercheuse entêtée mais qui n’a jamais pratiqué. Au contact de Nico, du village et des animaux, elle changera… Évidemment sympathique, terriblement dans l’air du temps, malheureusement téléphonée, l’intrigue des Vétos est au moins aussi lourde que cette phrase surchargée en adverbes. On s’étonne même de voir sur grand écran cette collection de clichés sur la ruralité hexagonale — hostile et obtuse à l’étrangère, mais révélant un cœur “gros comme ça“ à la fin — d’habitude réservée au public captif de la télévision. Tout y passe : du paysan bourru au maire hobereau habillé façon militant LR à La Baule, de l’orpheline-cachant-un-lourd-secret au véto dévoré par son apostolat… Si aucun personnage n’échappe à sa caricature, le film aborde malgré tout un vrai sujet : celui de la désaffection rurale, de son abandon par l’État (raréfaction des services publics, mitage du maillage territorial…) au profit des zones plus urbanisé

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Battling Vieux : "Vous êtes jeunes, vous êtes beaux"

Réforme des retraites | À 73 ans, Lucius se sait condamné à brève échéance. Mais il a encore du jus. Alors, quand on lui propose contre un petit pactole de participer à des combats clandestins entre “vieux“, il accepte. Pour se prouver qu’il existe encore. Ou pour sa chère Mona, qui sait ?

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Battling Vieux :

Inutile de frapper la viande pour attendrir. La preuve avec ce premier long-métrage aux lisières de la série blême et du surréel onirique lynchéen, dont la stylisation extrême s’ajoute à un propos fort ainsi qu’à une interprétation solide. Or si c’est un plaisir de retrouver Josiane Balasko déployant ce registre dramatique qu’elle a déjà offert à Guillaume Nicloux ou François Ozon, voix basse et gravité à fendre les pierres ; Bouchitey en clown épuisé et Denis Lavant en meneur de jeu méphistophélique, il est plus surprenant de voir Gérard Darmon distribué dans une “non-comédie” — et qui plus est, au premier rôle. Quel dommage que les cinéastes n’aient pas l’imagination de Franchin Don, car Darmon se révèle aussi brillant que touchant dans cet emploi sacrificiel rappelant à bien des égards le Wrestler d’Aronofsky. La confidentialité de cette production risque de l’empêcher de briguer le parallélépipède doré — concourir pour les César n’est pas “donné“ à tout le monde. Portrait d’une société cynique, vénale et dépourvue de compassion (en d’autres terme

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Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Entretien | Après Nicolas Vanier et Christian Duguay, Clovis Cornillac signe le troisième et dernier épisode de Belle et Sébastien, adaptation grand écran de la série de Cécile Aubry. Le réalisateur y joue aussi le rôle du méchant.

Aliénor Vinçotte | Vendredi 16 février 2018

Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Pourquoi autant de temps entre vos deux longs-métrages ? Clovis Cornillac : Entre les deux, j’ai aussi réalisé quatre épisodes de la saison 2 de Chefs, la série télévisée. Même si c’est passionnant, la réalisation demande beaucoup de temps. Belle et Sébastien 3 m’a pris un an et demi, tous les jours jusqu’à aujourd’hui. Mais quel bonheur de faire des films — c’est dément ! Qu’est-ce qui vous a amené à réaliser Belle et Sébastien 3 ? Son producteur Clément Miserez. La proposition en elle-même m’a un peu déstabilisé au début — je ne voyais pas le lien avec moi. C’est à la lecture du scénario que je me suis fait avoir, car l’histoire m’a plongé dans la littérature d’aventures, type nord-américaine comme Conrad, Steinbeck. J’ai alors réalisé que ce genre de films d’aventures n’existe plus en France. On ne nous donne plus la possibilité d’en faire. J’étais aussi très intéressé par les thématiques comme la nature, les animaux, l’enfant et la figure du grand-père. Ce qui m’amusait plus que tout, c’était l’idée de faire un conte, de pouvoir emmener ce film sur des références qu

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Chienne d’arrêt : "Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre"

Pour occuper les enfants pendant les vacances | de et avec Clovis Cornillac (Fr, 1h37) avec également Félix Bossuet, Tchéky Karyo…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Chienne d’arrêt :

Comme si la montagne lui tombait sur la tête ! Sébastien, qui a désormais douze ans, apprend que son père veut l’emmener au Canada, loin de ses alpages chéris. Pire que tout, Joseph, un odieux bonhomme débarqué de nulle part, revendique la propriété de Belle et de ses trois chiots… Après deux opus touristiques sentant le foin, le vieux poêle et les années cinquante, on n’attendait plus grand chose de Belle et Sébastien, si ce n’est une nouvelle collection de chandails qui grattent et de guêtres en flanelle. Pur objet de producteurs, confié de surcroît à un réalisateur différent, chaque épisode de ce reboot du feuilleton de l’ORTF a déjà l’air d’être la rediffusion de Heidi contre Totoro. Alors, quelle heureuse surprise que ce volet qui, en plus d’annoncer clairement la fin de la série, le propulse dans une direction inattendue. Comme dans Harry Potter, gagnant en noirceur au fur et à mesure que le héros-titre prend de l’âge, Sébastien s’approche de l’adolescence en se confrontant à l’arrachement et à la perte de ses référents d

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"C’est beau la vie quand on y pense" : risques de rejet

ECRANS | de et avec Gérard Jugnot (Fr, 1h35) avec également François Deblock, Isabelle Mergault…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Dans l’espoir de le canaliser, un Breton dépressif prend sous son aile le jeune homme foutraque s’étant fait greffer le cœur de son fils brutalement décédé. Une seconde chance pour les deux. Brave type un brin râleur, bons sentiments comme s’il en crachinait, entraide… Jugnot s’échine à retrouver la martingale de ses succès passés, en vain. Le ressort paraît distendu, et l’écriture mécanique avec des effets grossiers. Quant à la réalisation, elle est à l’avenant, tout juste dynamisée par un modeste gag récurrent impliquant son propre fils. Mais si ce morne buddy movie est à la comédie ce que Réparer les vivants était au drame (une occasion gâchée de rendre ordinaire par le cinéma la question de la greffe ; mieux vaut revoir Les Mains d’Orlac), il le doit aussi à l’interprétation médiocre du jeune François Deblock, tristement faux. Un néo Pierre Niney de plus, promenant sa silhouette d’étourneau apeuré et récitant des répliques hors d’âge. C’était bien Scout toujours, quand on y pense…

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Gérard Jugnot à l’Institut Lumière

Rencontre | De loin le réalisateur le plus prolifique de la bande du Splendid, mais aussi celui qui, parmi eux, aura le plus été réclamé comme acteur, Gérard Jugnot est (...)

Vincent Raymond | Dimanche 29 janvier 2017

Gérard Jugnot à l’Institut Lumière

De loin le réalisateur le plus prolifique de la bande du Splendid, mais aussi celui qui, parmi eux, aura le plus été réclamé comme acteur, Gérard Jugnot est convié par l’Institut Lumière à l’occasion de la publication d’un recueil de souvenirs, Une époque formidable - Mes années Splendid. Un premier bilan qui ne sonne en rien la fin de sa carrière, puisqu’il s’apprête à sortir en avril prochain sa douzième réalisation, C'est beau la vie quand on y pense. De ce film-là, il ne sera en théorie pas question lors de la causerie du vendredi 3 février à 19h — sauf s’il décide de livrer quelque cadeau pour remercier les Lyonnais de leur accueil. En revanche, il est prévu de poursuivre la soirée avec la projection de son quatrième film, Une époque formidable (1991), une histoire de crise, de SDF et de survie en milieu urbain avec Bohringer, Ticky Holgado et Chick Ortega, toujours d’actualité un quart de siècle après sa sortie. Une époque formidable À l'institut Lumière le vendredi 3 février à 19 et 21h

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"Camping 3" : et Gérard Jugnot avala un spacecake

ECRANS | Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un instant grégaire…) réjouissez-vous, il se peut que vous puissiez vous raccrocher à une séquence comme le naufragé à sa bouée. En l’occurrence, celle où Gérard Jugnot ingurgite un spacecake — expliquer les circonstances de l’ingestion serait fastidieux. Rentabilisant au mieux sa participation et son expérience, le comédien retrouve ses trémulations asthmatiques du buveur de liqueur d’échalote, devient hystérique comme un Félix à Noël et offre par son trip une plage de grâce dans une mer d’huile solaire. À part ce moment qui, étonnamment, échappe au cadre du camping — de là à en tirer les conclusions qui s’imposent… — rien de nouveau sous le coup de soleil ; tout le monde retourne au piquet de tente. Camping 3 de Fabien Onteniente (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Gérard Jugnot…

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"Retour chez ma mère" : un double portrait de femmes réussi

ECRANS | Un film de Éric Lavaine (Fr, 1h37) avec Alexandra Lamy, Josiane Balasko, Mathilde Seigner…

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Auteur du très injustement mésestimé Protéger et Servir (comme du moins mémorable Barbecue), Éric Lavaine adore adapter au format de la comédie des sujets de société ne prêtant pas forcément à rire. Se saisissant des désarrois de la “génération boomerang” humiliée par un retour subit et subi chez môman, il signe un double portrait de femmes d’autant plus réussi qu’il est dépourvu de vulgarité, ce saprophyte du rire ordinaire. Malgré les apparences, la mère n’y est pas qu’une mamie poussiéreuse dépassée par la modernité ; elle possède son petit tempérament — sans surprise, Josiane Balasko se montre parfaite pour jouer sur les deux registres. Quant à Alexandra Lamy en fille déprimée, elle se ferait presque manger par sa sœur à l’écran, Mathilde Seigner : en peau de vache, la seconde retrouve enfin de la subtilité dans son interprétation et redevient attachante. Certes, la presque trop grande efficacité du dialogue, aux répliques sur-ciselées façon Francis Veber, donne à l’ensemble des allures de succès des planches transposé devant la caméra. Ma

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Joséphine s'arrondit

ECRANS | De et avec Marilou Berry (Fr, 1h30) avec Mehdi Nebbou, Cyril Gueï…

Vincent Raymond | Mercredi 10 février 2016

Joséphine s'arrondit

En s’arrondissant, Joséphine s’affranchit de la BD d’origine signée Pénélope Bagieu. Marilou Berry prend également son autonomie et les commandes du film (au revoir, Agnès Obadia !) pour ce qui devient sa première réalisation. L’actrice accouche d’une comédie plutôt satisfaisante sur le thème rebattu et casse-museau (n’est-ce pas, Rémi Besançon ?) des conséquences d’une gestation sur une primipare et son conjoint (pas vrai, Patrick Braoudé ?). Ce n’est donc pas l’originalité de l’histoire, connue par n’importe quel(le) spectateur(trice) qui mérite le détour, mais sa manière d’être racontée et jouée : sans les niaiseries post-pubères girlie émaillant ce type de production et dynamisée par une distribution très homogène qui ne lorgne pas sur les comédies new-yorkaises pour savoir ce qu’il convient de faire. Mention spéciale à la séquence de jérémiades sous-titrée et à la couette ornée de petites fraises. VR

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Le Goût des merveilles

ECRANS | D'Éric Besnard (Fr, 1h40) avec Virginie Efira, Benjamin Lavernhe, Lucie Fagedet…

Vincent Raymond | Mardi 15 décembre 2015

Le Goût des merveilles

Les êtres innocents, purs, vierges de toute mauvaise pensée, ont toujours eu la cote au cinéma : tels les enfants, les animaux et les "esprits simples" — en général, des personnages présentant des troubles psychiques ou mentaux, souvent réduits à des prestations schématiques voire caricaturales, dans des films les idéalisant au point de les déréaliser. Même s’il y a des exceptions comme Bienvenue, Mr Chance (1980) de Hal Ashby. Ici, Éric Besnard raconte la "belle histoire" en pays drômois d’une propriété familiale en danger sauvée par Pierre, atteint du syndrome d’Asperger. Une entreprise pataude et naïve, exploitant bien mal l’idée de la synesthésie, où la relation à la nature — le lien quasi-organique, même — se trouve réduite à un chromo haché et surligné de musique. On est très loin du lyrisme mystique de Terrence Malick, et même à bonne distance de Rain Man (1989) — qui demeure encore la moins pire évocation d’Asperger identifiée par le grand public. Avec ses fades merveilles, Éric Besnard a bugné.

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Radiostars

ECRANS | De Romain Lévy (Fr, 1h40) avec Manu Payet, Clovis Cornillac, Douglas Attal…

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2012

Radiostars

Une bande d’animateurs exerçant leur art de la grossièreté et de la vanne sur une radio FM le matin sont punis de leurs excès par leur directeur d’antenne et doivent aller faire le tour de la France profonde pendant l’été s’ils veulent garder leur place sur la grille de rentrée. En voilà un bon argument pour faire sauter les stéréotypes, ramener les personnages à la réalité, les changer en profondeur tout en tricotant une comédie douce-amère sur les aléas de la célébrité. Mais Radiostars n’est pas Intouchables, au contraire. Radiostars n’aime que le conflit, la dispute, l’engueulade, le couteau tiré, portrait d’un monde qui ne cherche pas la réconciliation, mais la conservation de son esprit de clan pour garder, en fin de compte, le succès et l’argent. La France d’en bas ? Des cons, des racistes, des bouseux, des passionnés de trucs pourris dont on se moque parce que ça fait de l’audience — parce que c’est l’audience ! La comédie elle-même se fout d’être parfois d’une lourdeur incroyable (Cornillac et les chambres pour handicapés,

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Requiem pour une tueuse

ECRANS | De Jérôme Le Gris (Fr, 1h31) avec Mélanie Laurent, Clovis Cornillac…

Christophe Chabert | Mercredi 16 février 2011

Requiem pour une tueuse

Classique instantané du nanar, "Requiem pour une tueuse" est un film héroïque. Dès les cinq premières minutes, rien n’y est crédible, et tout y est risible : la perruque blonde de Mélanie Laurent, les lunettes rondes de Tchéky Karyo, la guitare du super-espion Cornillac, la tronche du jardinier… Ce Nikita new-look est en fait le thriller le plus cheap et neurasthénique jamais tourné : passée l’intro, l’action ne sort plus d’un château en Suisse dans lequel on a construit au sous-sol un théâtre à l’italienne (félicitations à l’architecte) pour y organiser un festival de musique lyrique. Du coup, les personnages se courent après dans les couloirs et dans les jardins pendant une heure vingt. Avec le même scénario, les mêmes dialogues, des acteurs un peu plus âgés et Pascal Thomas derrière la caméra, il y avait matière à une comédie old school plaisante. Jérôme Le Gris, lui, a choisi de prendre tout cela au sérieux, et c’est encore plus fendard, comme un remake sérieux des "Barbouzes" (Karyo et son bonnet en laine grise ressemble d’ailleurs furieusement à Francis Blanche). Un joyeux naufrage à consommer sans modération, à l’image de la scène déjà culte du vin empoisonné.Christ

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600 kilos d’or pur

ECRANS | D’Éric Besnard (Fr, 1h40) avec Clovis Cornillac, Audrey Dana, Patrick Chesnais…

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

600 kilos d’or pur

Une immense frustration gagne le spectateur devant ce "600 kilos d’or pur", tant le film sur l’écran est le compromis manifeste entre deux visions absolument contradictoires : d’un côté, l’envie de faire un film d’aventures noir et désespéré, quelque chose entre "Le Trésor de la Sierra Madre" et "Le Convoi de la peur" (plus que l’original de Clouzot, c’est bien le remake de Friedkin auquel on pense). De l’autre, les exigences des coproducteurs et du prime-time télé : casting bankable, scènes d’action hors sujet et violence reléguée dans un hors champ systématique et ridicule. Éric Besnard, co-scénariste de Boukhrief et réalisateur du déjà très «TF1» "Cash", a visiblement dû courber l’échine de ses ambitions pour mener son projet à bien. C’est d’autant plus étrange que le producteur du film, Mandarin, a démontré avec les "OSS 117" et bientôt avec le formidable "Potiche" de François Ozon, qu’il savait secouer la monotonie du cinéma français mainstream avec des films populaires et rentre-dedans… CC

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L’Amour c’est mieux à deux

ECRANS | De Dominique Farrugia et Arnaud Lemort (Fr, 1h30) avec Clovis Cornillac, Virginie Efira, Manu Payet…

Christophe Chabert | Vendredi 30 avril 2010

L’Amour c’est mieux à deux

Sous ses allures de comédie romantique à l’anglaise, ce sinistre sous-produit n’est en fait qu’un vaudeville relooké qui ne cache guère sa nature rance et sa beaufitude satisfaite. Si le nom du comique sarkoziste Farrugia figure sur l’affiche comme co-réalisateur, c’est bien l’imbitable Franck Dubosc qui est à l’origine du désastre, auteur d’un scénario où figurent des dialogues aussi fins que «Je m’appelle Ariel et je suis homo», ou une scène pathétique de chat dont le quiproquo repose sur une faute de frappe autour du mot «col». Niveau réalisation, on a droit à des clips réguliers censés résumer l’action et qui ne font, prouesse, que la ralentir encore. Enfin, un mot sur Virginie Efira : pendant que ses deux collègues cabotinent à outrance, elle se contente de débiter son texte sans aucune conviction, comme si elle passait des essais pour le rôle. On la préférait dans la Nouvelle Star ! CC

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La Sainte-Victoire

ECRANS | De François Favrat (Fr, 1h45) avec Clovis Cornillac, Christian Clavier…

Christophe Chabert | Mercredi 25 novembre 2009

La Sainte-Victoire

Xavier Alvarez, jeune architecte venu des quartiers pauvres d’Aix-en-Provence, rêve de franchir un palier social en obtenant de gros marchés publics. Sa rencontre avec Vincent Cluzel, aspirant à la députation, pourrait être la voie royale vers la réussite. Une chose fait d’abord rire jaune dans ce polar politique pépère : Christian Clavier y incarne un homme politique intègre qui se refuse au renvoi d’ascenseur. Après l’affaire de la villa corse, libre à chacun d’interpréter la chose comme du cynisme absolu ou une forme de mauvaise conscience. Cela dit, il faut le souligner, Clavier est très bon dans le film ; il est même le seul à donner du crédit à son rôle, tandis que tout le reste en manque cruellement. Le scénario a sans doute subi de grosses coupes pour rentrer dans le format du prime time, et le film est plus bordélique que touffu. Sans parler de la réalisation, frénétique jusqu’à l’absurde avec ses zooms de recadrage en ouverture de séquence ! Le plantage est presque total puisque cette quête aveuglée d’embourgeoisement se conclut sur une morale «rassurante», mais en fait très ambiguë : une femme, une maison, un enfant, n’est-ce pas avoir déjà deux pieds dans le ciment bour

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Le Hérisson

ECRANS | De Mona Achache (Fr-It, 1h40) avec Josiane Balasko, Togo Igawa, Garance Le Guillermic…

Christophe Chabert | Jeudi 25 juin 2009

Le Hérisson

Dans les cercles de lecteurs, après des mois de succès phénoménal, le livre de Muriel Barbery L’Élégance du hérisson avait été rebaptisé Le Hérisson tout court. Comme Les Ch’tis au cinéma l’an dernier… Le film tiré de ce best-seller que tout le monde a lu (sauf nous) prend acte de ce diminutif, ce qui lui permet au passage de prendre aussi ses distances avec le roman. Il faut dire qu’indépendamment de son origine littéraire, Le Hérisson se présente comme une œuvre d’une terne modestie, à la tristesse constante proche par instants de la neurasthénie. Tout est dit quand Paloma, la petite fille qui assume l’arc narratif principal, saisit une caméra Hi-8 (cette caméra vidéo pré-DV dont Alain Cavalier avait fait un usage superbe dans La Rencontre et Vies) et filme son quotidien bourgeois et étriqué, soudain révélé par la pauvreté de l’image. Mona Achache, dont c’est le premier film, ne fait pas de vague non plus dans sa mise en scène, propre, invisible, évanescente. L’éloge de la bonté d’âme manifestement héritée de Barbery, qui culmine dans la relation entre la concierge Renée (Balasko, en mode Cette femme-là, son plus grand rôle) et son voisin japonais Ozu (magnétique Togo I

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La Sicilienne

ECRANS | De Marco Amenta (Ita/Fr, 1h53) avec Veronica d’Agostino, Gérard Jugnot…

Dorotée Aznar | Jeudi 7 mai 2009

La Sicilienne

Venu du documentaire, Marco Amenta revient pour son passage au long-métrage à un sujet qui l’avait particulièrement touché : le calvaire subi par Rita Atria, une jeune sicilienne qui s’était retournée contre Cosa Nostra après les meurtres de son père et de son frère. Avec un souci d’authenticité fort louable, le réalisateur ne sombre pas dans l’hagiographie, ne transforme pas son héroïne en pasionaria incomprise mais souligne en permanence les failles de son caractère, son côté grande gueule, l’écart permanent et écrasant entre son jeune âge et la douleur de son vécu. Malheureusement, ce cap ne sera plus tenu dans la dernière partie, où Amenta cède aux sirènes aguicheuses du biopic conventionnel : emphase mélodramatique, surlignage des effets narratifs par des fondus au noir, images d’archive mélancoliques à souhait… Si l’on ajoute à ce revirement la faiblesse de la réalisation en termes de dynamique, son incapacité à sortir des sentiers balisés d’un tel récit (ce qui pourrait sembler hors de propos vu qu’on nous ressort une énième fois le coup de “l’histoire vraie“, mais le constat est hélas inévitable), et la suspension d’incrédulité requise face à un Gérard Jugnot doublé en i

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Bellamy

ECRANS | De Claude Chabrol (Fr, 1h50) avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Jacques Gamblin…

Christophe Chabert | Vendredi 20 février 2009

Bellamy

«Terminus en gare de Sète» : dans un raccourci rigolard, Claude Chabrol commence son dernier film par une fin funeste, cadrant dans un panoramique la tombe de Georges Brassens et une voiture calcinée en bord de mer, son conducteur décapité à ses côtés. Quelques minutes plus tard, l’apparition du commissaire Bellamy, plus pépère que Navarro et Derrick réunis, laisse entendre que le polar promis sera remis à un autre film. Il y a bien un crime, mais l’assassin, joué par un Jacques Gamblin guignolesque et inspiré, avoue tout de suite, et la vague enquête se traîne entre un repas sardonique chez un couple gay et une querelle entre époux à la maison. Il faut donc regarder ailleurs, vers la relation entre Bellamy et son demi-frère Jacques (Clovis Cornillac, en grande forme), faite de rivalité, de jalousie, de remords et de regrets. Dans ce drôle de film anti-dramatique, au sens où tout événement est noyé dans un quotidien terne et morne, Chabrol suggère au spectateur que l’homme est ainsi fait qu’il ne s’intéresse qu’à l’anecdotique et loupe ce qui dans une vie en constitue l’essentiel. Bellamy préfère la souffrance du criminel à celle de ce frère paumé, son rôle de flic à son rôle de ch

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Envoyés très spéciaux

ECRANS | De Frédéric Auburtin (Fr, 1h33) avec Gérard Jugnot, Gérard Lanvin…

Christophe Chabert | Jeudi 15 janvier 2009

Envoyés très spéciaux

C’est reparti pour une série de comédies françaises qui ne valent, quoiqu’on en pense, pas franchement le prix d’une place de cinoche. Même si Envoyés très spéciaux est loin d’être ce qu’il y a de pire en la matière (c’est juste… rien !), on se gardera bien d’en révéler les surprises : il n’y en a presque pas. C’est tout le problème du film : cette histoire de reporters radio qui, à la suite d’un quiproquo, simulent un enlèvement en Irak depuis un hammam de Barbès, se déroule avec une stupéfiante absence d’obstacles. Tout est facile dans le film d’Auburtin : monter un bidonnage national, récolter des fonds, passer des frontières (en un raccord, l’ellipse qui tue !) et finalement échapper aux griffes des terroristes. C’est une comédie, d’accord, mais la manière désarmante avec laquelle le scénario tue dans l’œuf tout enjeu dramatique donne un sentiment de téléfilm inoffensif alors que son argument était riche en possibilités satiriques (des manipulations médiatiques à l’appel compassionnel et financier pour des inconnus célèbres). CC

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Cliente

ECRANS | de et avec Josiane Balasko (Fr, 1h45) avec Nathalie Baye, Éric Caravaca…

Christophe Chabert | Mardi 23 septembre 2008

Cliente

Une quinquagénaire friquée se paie un gigolo trentenaire, marié et dans la dèche ; voilà un sujet qui convenait parfaitement à Josiane Balasko. Pour preuve : elle l’avait déjà traité dans un bouquin éponyme, faute de trouver des producteurs assez courageux pour le porter directement à l’écran. Plus personnel que son précédent et désastreux L’Ex-femme de ma vie, Cliente n’en est pas moins raté. Un ratage latent plus que criant, le film se contentant d’accumuler des scènes assez convenues et platement filmées, des dialogues pimentés de mots d’auteur pas toujours heureux jusqu’à un dernier tiers franchement laborieux. Ce qui manque pour que la sauce prenne, c’est le désir : les rapports Baye-Caravaca ne sont jamais charnels, alors qu’ils ne sont, au départ du moins, rien d’autre, et tout le trouble qui devrait en découler en est annihilé. Seule la description d’une banlieue multiraciale qui ne pose pas de problème à ceux qui y vivent apporte un peu de chaleur à un film étrangement désincarné et lointainement ennuyeux.CC

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Faubourg 36

ECRANS | de Christophe Barratier (Fr-All, 2h) avec Gérard Jugnot, Kad Merad, Clovis Cornillac…

Christophe Chabert | Vendredi 12 septembre 2008

Faubourg 36

Sortir du succès des Choristes et de sa réputation de film nostalgique de la vieille école d’avant-guerre était un challenge. Christophe Barratier a choisi d’ignorer tout cela et signe avec Faubourg 36 un deuxième long pas mal du tout, sincère jusque dans ses défauts, loin d’un quelconque plan de carrière. En 1936 dans un faubourg parisien où pullulent les cabarets peuplés de chansonniers déjà ringards, Le Chansonia, repris par son régisseur Pigoil (Jugnot dans son registre préféré de Français poissard, picoleur et terriblement humain), est au bord de la ruine, et le gangster fascisant Galapiat n’attend qu’une occasion pour récupérer les murs. Dans ce Paris du Front Populaire reconstitué à Prague par Barratier, on croise un pseudo Gabin coco (Cornillac, très bien), un imitateur dénué de talent (Kad Merad, parfait), un vieil ermite mythique (normal, c’est Pierre Richard) et une jolie chanteuse avec un grand cœur (Nora Arnezeder, une révélation qui ne tient pas toutes ses promesses). Si nostalgie il y a, c’est donc plus pour les images du cinéma français, tendance Prévert-Carné-Duvivier, que pour l’époque, dont Barratier prend soin de montrer la n

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Le Nouveau Protocole

ECRANS | de Thomas Vincent (Fr, 1h30) avec Clovis Cornillac, Marie-Josée Croze…

Dorotée Aznar | Mercredi 12 mars 2008

Le Nouveau Protocole

Déjà réalisateur d’un éprouvant Je suis un assassin il y a deux ans, Thomas Vincent poursuit dans le cinéma de genre avec ce thriller politique qu’on pourrait résumer par «Michael Clayon rencontre le Constant Gardener». Soit une fiction parano où un bûcheron découvre que son fils a peut-être été victime d’une expérimentation pharmaceutique qui a mal tourné. Le «peut-être» est important, car il résume l’ambiguïté voulue par Vincent et son co-scénariste Eric Besnard. Et là, catastrophe : c’est le personnage de passionaria altermondialiste incarnée par la pourtant géniale Marie-Josée Croze qui doit, par son jeu illuminé, faire passer la pilule. Mais ses dialogues sont si grotesques, les situations si mal tournées (la grande révélation explosive se fait au coin d’un zinc, en plein jour, au milieu des clients !) que le film s’effondre instantanément. Et la capacité de Cornillac à jouer les héros badass, certifiée, n’empêche pas Le Nouveau Protocole de virer au grand n’importe quoi, convoquant le fantôme d’Henri Verneuil pour mieux plomber la perspective d’un cinoche populaire et engagé made in France. Un authentique gâchis… CC

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Astérix aux jeux Olympiques

ECRANS | De Thomas Langmann et Frédéric Forestier (Fr-All-Esp-It, 1h55) avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Alain Delon, Benoît Poelvoorde...

Christophe Chabert | Mercredi 6 février 2008

Astérix aux jeux Olympiques

L'échec artistique de ce troisième Astérix, patent et douloureux, peut se résumer facilement. Le projet de blockbuster paneuropéen de Thomas Langmann voulait fédérer les talents de chaque pays coproducteur. Des talents, il y en a (Depardieu, Poelvoorde, Delon, Cornillac, Astier, Segura, Garcia...), mais chacun est réduit à jouer sa partition en solo, souvent dans le registre qu'on lui connaît déjà. Ni le scénario, basique, ni la réalisation, occupée à justifier le budget du film, n'assure le liant. Langmann tenait aussi à se démarquer de la vision donnée par Chabat dans le précédent volet, jugé trop «Canal». Pourtant, dès le monologue de Delon, ce que l'on voit à l'écran, c'est un immense acteur en train de jouer en live son guignol. Rupture tranquille, donc, qui au fil du film se déporte de la chaîne cryptée vers TF1, avec la sainte trinité variétoche/comédie populaire/sport en ligne de mire. Sur le modèle des superproductions américaines formatées, Astérix aux jeux Olympiques ne repose que sur des équations marketing hasardeuses où chaque séquence est supposée répondre aux attentes d'une catégorie de spectateurs. C'est l'aveu terrible des 15 dernières minutes où il n'

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