Antiviral

ECRANS | De Brandon Cronenberg (Canada, 1h48) avec Caleb Landry Jones, Sarah Gadon…

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Soyons honnêtes : le premier film de Brandon Cronenberg provoque des réactions diamétralement opposées chez les spectateurs. Mais pas forcément comme ceux de son père, qui cristallisent les avis autant par leurs sujets que par leur traitement. Ici, il s'agit de savoir si on est face à une œuvre prometteuse d'un auteur en prise directe avec son époque, ou au contraire à un gros fiasco écrit et réalisé par un geek ne vivant le monde que par la procuration de son ordinateur. On penche clairement pour la deuxième proposition : Antiviral, de son argument de départ — un trafic de maladies prélevées sur des stars et injectées ensuite à leurs fans — à son système figuratif — des décors cliniques, aseptisés, insonorisés, percés seulement par des spots publicitaires — et ses dialogues — un imbitable charabia de termes compliqués et de marques inventées — a quelque chose du court métrage de fin d'étude étiré, visant ouvertement le statut de film culte. Vincenzo Natali, quand il est peu inspiré, fait des trucs dans ce genre-là. Peut-être qu'avec le temps, Brandon Cronenberg réussira-t-il son Splice à lui ?

Christophe Chabert


Antiviral

De Brandon Cronenberg (Cda, 1h44) avec Caleb Landry Jones, Sarah Gadon... La communion des fans avec leurs idoles ne connait plus de limites. Syd est employé d'une clinique spécialisée dans la vente et l'injection de virus ayant infecté des célébrités. Mais il vend aussi ces échantillons pour son propre compte, à de puissantes organisations criminelles.
Cinéma Comœdia 13 avenue Berthelot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

VOD | Possessor aurait pu constituer l’Easter Egg idéal du festival Hallucinations Collectives si… Mais avec des si, les cinémas seraient ouverts et on ne serait pas obligé de voir le Grand Prix de Gérardmer signé Brandon Cronenberg en direct to DVD en espérant qu’il sorte enfin sur grand écran…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

Dans un monde parallèle, une firme hi-tech vend à ses très fortunés clients ses “talents“ consistant à téléguider neurologiqument des individus afin qu’ils commettent des meurtres ciblés. Tasya Vos, l’une de ces marionnettistes du subconscient, éprouve de plus en plus de difficultés à sortir de ses missions. Et la dernière qu’elle accepte pourrait bien lui être également fatale… En d’autres circonstances, on aurait été embarrassé d’évoquer le père à travers le fils. Mais ici tout, du thème au style organique choisis par Brandon, renvoie au cinéma de David Cronenberg et tend à démontrer par l’exemple (et l’hémoglobine) la maxime « bon sang ne saurait mentir ». Non qu’il s’agisse d’un film par procuration, plutôt de la perpétuation logique d’un esprit, de la manifestation d’un atavisme cinématographique. Avant que le concept soit énoncé et surtout banalisé dans toutes gazettes, l’idée de l’Humain augmenté — quel que soit le moyen choisi (hybridation vidéo, amélioration psychique,

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Queen and Country

ECRANS | De John Boorman (Ang, 1h55) avec Callum Turner, Caleb Landry Jones…

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

Queen and Country

Il faudrait, pour apprécier Queen and Country, oublier assez vite qu’il est signé John Boorman. Ce qui n’est pas chose aisée car : 1) le film est largement autobiographique ; 2) il est la suite directe d’Hope and Glory, une de ses dernières grandes réussites. Mais, entre temps, Boorman a visiblement perdu le plaisir de la mise en scène, et Queen and Country n’a absolument rien à voir avec la fougue de ses œuvres les plus mythiques (du Point de non retour au Général). C’est une sorte de téléfilm BBC amélioré qui ne compte que sur son art du storytelling pour raconter avec une pointe de nostalgie l’initiation sentimentale de son héros, Bill, en même temps que son apprentissage militaire. Boorman soigne sa reconstitution, joue sur un humour old school et un romanesque pour le moins anachronique, ce qui donne à Queen and Country un certain charme désuet. Seul bémol, la théâtralité des comédiens, même si l’halluciné Caleb Landry Jones, repéré dans Antiviral, confirme un certain talent cabotin et fiévreu

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