Diana

ECRANS | D’Oliver Hirschbiegel (Ang-Fr-Belg, 1h47) avec Naomi Watts, Naveen Andrews…

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Il y a une belle idée au début de cette bio filmée de Lady Di, prise entre la fin de son mariage avec le Prince Charles et l'accident au Pont de l'Alma : faire du personnage une femme blessée dans son orgueil, tentant vainement d'endosser un rôle auquel elle ne croit plus. Ce qui trouble ici, c'est que Naomi Watts semble s'engager dans une relecture du personnage qui l'a révélé, la Becky / Diane de Mulholland Drive. Le sourire publicitaire qui se transforme en rictus amer et la princesse répétant son show devant son miroir, la dépression et le playback : Diana est, dans son introduction, comme une remise à l'endroit du film de Lynch.

Mais ce n'était qu'un leurre : le film s'enfonce ensuite dans un médiocre soap opera romançant l'histoire d'amour impossible entre Diana et le chirurgien Hasnath Kahn. Le dialogue baigne dans la pire eau de rose, la mise en scène ne possède aucun relief et la figuration est d'un rare amateurisme — tout le film a ainsi un côté cheap et télévisuel. Surtout, Hirschbiegel, qui passe sans transition de la chute d'Hitler à la love story de Lady Di, n'a rien à dire sur le personnage ; son film pourrait être un mélo avec Madame tout-le-monde, cela ne troublerait pas plus que cela son récit, qui enfile les poncifs avec un sérieux royal.

Christophe Chabert


Diana

D'Olivier Hirschbiegel (Fr-Ang-Belg, 1h48) avec Naomi Watts, Naveen Andrews

D'Olivier Hirschbiegel (Fr-Ang-Belg, 1h48) avec Naomi Watts, Naveen Andrews

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La grande histoire d'amour méconnue entre la princesse Diana et un chirurgien d'origine pakistanaise, 2 ans avant sa mort.


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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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Une Biennale à quatre dimensions

Art Contemporain | Commissaire invitée de la Biennale 2017, Emma Lavigne a dessiné, pensé, écrit une poignante exposition collective internationale qui donne à l'évanescence et à l’absence toutes leurs capacités d'éveil des puissances poétiques du désir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 septembre 2017

Une Biennale à quatre dimensions

Emma Lavigne nous invite à commencer la Biennale par le Musée d'Art Contemporain (avant la Sucrière), c'est-à-dire à débuter par des œuvres de Marcel Duchamp, artiste clef de la bascule de l'art moderne à l'art contemporain. Toute sa biennale tisse ainsi de nombreux liens entre le moderne et le contemporain, le 20e siècle et le 21e siècle... Mais, pour nous, la Biennale a commencé un petit peu plus loin, au premier étage du Musée d'Art Contemporain, avec une œuvre de Jochen Gerz (Vivre, 1974), artiste allemand né en 1940 à Berlin. Au fond d'une salle, on lit : « À cet endroit, le même désarroi l'envahit de nouveau. Rien ne se passa. On aurait pu le prendre pour un spectateur, n'était le reste d'un frémissement intérieur : l'écho anticipé. » Pour atteindre cette inscription sur une cimaise, nous avons dû marcher sur (contribuer à effacer donc) le mot "vivre" tracé plusieurs fois à la craie sur le sol... La Biennale commence pour nous dans un frémissement et

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Elser, Un Héros ordinaire

ECRANS | De Oliver Hirschbiegel (All, 1h50) avec Christian Friedel, Katharina Schüttler, Burghart Klaußner…

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Elser, Un Héros ordinaire

Elser conçoit et commet en franc-tireur un attentat contre Hitler qui, hélas, échoue. Arrêté, torturé pour qu’il avoue ses complicités inexistantes, il revoie son passé de type lambda… De facture über classique, la nouvelle réalisation de l’auteur de La Chute fait partie de ces films "piqûres de rappel" (à l’instar du Labyrinthe du silence) montrant au peuple allemand des combats singuliers, pour l’honneur, face à l’immondice brune et sa puissance de contamination. Elser n’était pas un extrémiste radical ; il a juste su préserver son esprit de l’uniformisation et de la démagogie galopantes. À notre époque où s’observe un inquiétant ressac des idées xénophobes, son histoire prend davantage de relief.

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La rentrée musique côté jazz et world

MUSIQUES | Du côté de l'AOC "world, soul, jazz, etc.", le fourre-tout est de rigueur, les talents pluriels et les esthétiques en quinconce. Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête. Eh bien c'est juste ici, un peu partout.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté jazz et world

C'est comme souvent le Rhino jazz qui va donner le tempo de la rentrée jazz. Mais tel le rhinocéros, l'événement, une fois lancé, court dans tous les sens et c'est dans trois départements que le spectateur doit se mettre en mode safari. Tout le monde n'étant pas équipé d'une jeep, contentons-nous ici des haltes lyonnaises : outre Tigran (voir page 4), se présenteront l'étrangeté électro-jazz-blues Yom (à l'Opéra le 12 octobre), Vincent Perrier qui va «bopper avec Django» à la Clé de Voûte le 23 ou encore le duo Donkey Monkey, croisement de jazz et de rock japonais, oui madame, le 24 au Périscope. Un Périscope qui garde son cap de chaudron expérimental. Citons pêle-mêle : Emmanuel Scarpa et François Raulin (aucun lien) pour leur Tea Time le 1er octobre, le violoniste Régis Huby et son projet Equal Crossing dont on a lu, sans rire, qu'il promettait une «ambiance frottis» ; ou encore le 13 novembre le chelou Finlandais Mikko Innanen. Et pour la bonne bouche, Cannibales et vahinés, où l'on ret

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While We’re Young

ECRANS | Après Frances Ha, Noah Baumbach continue d’explorer le New York branché et sa bohème artistique, transformant "Solness le constructeur" d’Ibsen en fable grinçante et néanmoins morale où des bobos quadras se prennent de passion pour un couple de jeunes hipsters. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 juillet 2015

While We’re Young

Quarante ans, toujours pas parents ; Josh et Cornelia — couple inattendu mais crédible formé par Ben Stiller et Naomi Watts — sont en pleine crise. Tandis que leurs amis BoBos new-yorkais s’assurent une descendance, eux semblent frappés de stérilité. Celle-ci n’est pas seulement sexuelle, elle est aussi créative, en particulier pour Josh, en galère pour terminer un documentaire fleuve qui, manifestement, n’intéresse que lui. Jusqu’au jour où ils rencontrent Jamie et Darby — Adam Driver et Amanda Seyfried, prototypes de hipsters ayant fait de la bohème une règle de vie. À leur contact, Josh et Cornelia trouvent une seconde jeunesse, revigorés par ce couple qui semble vivre dans un présent perpétuel. Noah Baumbach se livre alors à une comédie de mœurs contemporaine, même s’il s’inspire très librement d’une pièce vieille d’un siècle — Solness le constructeur d’Ibsen. Le ton y est mordant et le monde actuel en prend pour son grade : tandis que Josh se débat avec son portable, ses CD et son appartement design, Jamie ne jure que par les vinyles, les VHS et le mobilier vintage. La jeunesse s’empare des objets ringards de ses aînés et les rends

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The Impossible

ECRANS | Fiction autour de l’histoire vraie d’une famille disloquée par le tsunami thaïlandais, le deuxième film de Juan Antonia Bayona joue brillamment la carte du "survival" dans sa première partie, moins celle du mélodrame dans la deuxième. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 novembre 2012

The Impossible

Un carton nous annonce d’entrée ce que la plupart des spectateurs savent déjà : The Impossible se déroule durant le tsunami qui ravagea les côtes thaïlandaises à noël 2004, faisant des milliers de morts et de blessés, laissant la région dans le chaos et les survivants en état de choc. Histoire de redoubler cette introduction didactique par un petit jeu de mise en scène, Juan Antonio Bayona (le réalisateur de L’Orphelinat) nous fait entendre ensuite un crescendo strident évoquant la vague et les cris de ceux qu’elle emporta. Efficace, même si les 50 000 spectateurs de Vynian savent que Fabrice Du Welz avait fait la même chose dans son film maudit. Passons. Nous voilà dans l’avion qui amène la famille Bennett à Kaoh Lahk pour les fêtes : un couple de beaux anglo-saxons (dans la vraie histoire, c’étaient des Espagnols, mais The Impossible a de manifestes volontés exportatrices) et leurs trois enfants, qui s’install

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Soirées cinéphiles chez Pathé !

ECRANS | Les Rendez-vous 100% cinéphiles de Pathé proposent deux événements à ne pas rater ce mois-ci. D'abord, la soirée Back from the 80's au Pathé Cordeliers avec le (...)

Christophe Chabert | Jeudi 15 mars 2012

Soirées cinéphiles chez Pathé !

Les Rendez-vous 100% cinéphiles de Pathé proposent deux événements à ne pas rater ce mois-ci. D'abord, la soirée Back from the 80's au Pathé Cordeliers avec le jeudi 29 mars à 19h Indiana Jones et le temple maudit en VO (et, dans la foulée à 21h30, Tango et Cash, mais en VF) ; puis surtout, le génial Philippe Rouyer, éminent rédacteur de la revue Positif présentera au Pathé Bellecour Barry Lyndon, le chef-d'œuvre de Stanley Kubrick, le lundi 2 avril à 19h30. Ceux qui suivent les interventions délirantes et passionnées de Rouyer au Cercle sur Canal + ne rateront pas un tel rendez-vous.

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Mother and Child

ECRANS | De Rodrigo Garcia (ÉU, 2h05) avec Annette Bening, Naomi Watts, Samuel Jackson…

Dorotée Aznar | Vendredi 12 novembre 2010

Mother and Child

Depuis "Short Cuts", Los Angeles est devenu la terre promise du film choral. Dernier avatar en date, "Mother and Child" s’attaque au sujet casse gueule de l’adoption du point de vue des femmes. Un choix que le film de Rodrigo Garcia assume, mais au prix d’un scénario poussif et assujetti aux éternelles ficelles d’un genre qu’Inarritu, producteur (tiens donc), a mené très bas. Panel de personnages pluriethniques, destins croisés, déterminisme, héroïne sacrifiée arbitrairement, la formule, rabâchée, n’aide pas ce mélo soucieux de traiter son problème sous tous les angles. Pire, il finit même un peu par s’embrouiller en assénant un discours borderline sur la nécessité du rapport biologique. Moralité, l’adoption c’est compliqué. Sans blague. JD

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L’évangile selon saint Luis

ECRANS | Avec "Viridiana", à l’affiche de la ciné-collection en novembre sur les écrans de l’agglomération, Luis Buñuel signait une œuvre provocatrice, où la religion, la pauvreté et la bourgeoisie étaient également et magistralement piétinées. CC

Christophe Chabert | Mercredi 27 octobre 2010

L’évangile selon saint Luis

Au moment du triomphe de l’œcuménisme scolaire de Xavier Beauvois, de ses hommes et surtout de ses dieux, le GRAC joue les trublions en reprenant sur ses écrans "Viridiana" de Luis Buñuel. À l’époque — 1961 — l’œuvre fut jugée blasphématoire et le cinéaste, qui avait déjà eu toutes les peines du monde à revenir dans son pays natal (l’Espagne) assommé par la censure franquiste, n’y fit qu’un petit tour avant de retourner voir ailleurs s’il y faisait meilleur. Aujourd’hui, c’est peu dire que le film n’a rien perdu de sa puissance provocatrice. Viridiana, jeune femme pure et pleine de bonté chrétienne, s’apprête à rentrer dans les ordres. La mère supérieure lui conseille toutefois d’aller rendre une dernière visite à son oncle, récemment veuf, avant de se retirer du monde. L’oncle en question, riche bourgeois vivant dans une immense demeure entouré d’employés et de domestiques, est troublé par la présence de sa nièce, au point d’enfiler secrètement son corset et ses chaussures à talons. Puis, il lui demander de parader dans la robe de mariée de son épouse défunte. Dans cette première partie, Buñuel charge tous les plans d’un maximum de trouble érotique et libidinal : il faut voir a

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Fair Game

ECRANS | De Doug Liman (ÉU, 1h46) avec Sean Penn, Naomi Watts…

Christophe Chabert | Mardi 26 octobre 2010

Fair Game

Espionne pour la CIA, Valerie Plame a eu le malheur d’être mariée à un diplomate américain, Joe Wilson, qui révéla dans la presse le bidonnage des preuves sur les armes de destruction massive en Irak. Pour allumer un contre-feu, l’Agence lève l’alias de Valerie, ce qui provoque son licenciement et son discrédit. Beau sujet au demeurant : comment au nom d’une raison d’État défaillante, une vie peut être ruinée jusque dans son intimité (c’était aussi celui de "L’Échange" de Clint Eastwood). "Fair game", pourtant, ne tire de cet argument qu’une pénible fiction de gauche hollywoodienne, avec tous les tics du genre : un excès de dramatisation, des grands sentiments en lieu et place d’une véritable réflexion, une mise en scène qui confond efficacité et précipitation. L’ordinaire du cinéma anti-Bush, un peu à la bourre pour le coup, et qu’un film comme "Green zone" avait largement ringardisé. Reste le couple Watts-Penn. OK, ils en font des tonnes ; mais ils donnent de la consistance humaine à ce film schématique, simpliste et dans le fond, anodin.CC

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Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

ECRANS | Le quatrième volet des aventures de l’archéologue au chapeau est une bonne surprise : Spielberg et Lucas retournent à leur avantage les invraisemblances du récit et la vieillesse de leur héros pour en faire un blockbuster fier de son charme rétro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 mai 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Lucas en plein déprime post-Star Wars ; Spielberg essoufflé après un marathon de films conclu par son magnifique Munich ; Harrison Ford peinant à trouver des rôles à sa mesure. Il n’y avait, dans le fond, que des mauvaises raisons à rempiler pour un quatrième Indiana Jones, reprise tardive d’une franchise qui, on a tendance à l’oublier, a marqué une révolution dans un genre, le film d’aventures, totalement déserté par Hollywood à l’époque. D’autant plus que des succédanés peu glorieux comme l’immonde Benjamin Gates ont méchamment pillé l’héritage de la série, tout en générant de copieux dividendes au box-office. La bonne surprise de ce Royaume du crâne de cristal, c’est que Spielberg, Ford et Lucas n’ont pas cherché la surenchère ; au contraire, avec une malice de vieux grigous, ils transforment systématiquement leurs handicaps en points forts, se moquant ouvertement de l’air du temps. Vas-y dans le rétro ! Si Indiana Jones n’a plus vingt ans, son fils, joué par le très fade et du coup très bien Shia LaBeouf, les a jusqu’au ridicule. Permanenté façon Fonzie, roulant en cuir et Harley à la f

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