Jane Campion, 13e Prix Lumière

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Photo : © Bac Films


Le timing est bien choisi : tous les yeux sont braqués sur la Croisette où débute demain le 74e Festival de Cannes, et c'est vers octobre qu'on nous invite à nous projeter… Le 15, très précisément, date à laquelle la 13e récipiendaire du Prix Lumière recevra sa récompense à Lyon.

Son nom vient d'être dévoilé : Jane Campion. La cinéaste néo-zélandaise continue d'ouvrir la voie en étant la première réalisatrice à figurer au palmarès, après avoir été la seule couronnée d'une Palme d'Or à Cannes (La Leçon de Piano, 1993, ex aequo avec Adieu ma concubine).

Révélée dans la section Un certain regard en 1986 avec Two Friends en 1986, c'est avec Sweetie et surtout Un Ange à ma table (1990), biopic fleuve de Janet Frame qui révéla Kerry Flox qu'elle se fit connaître. Prolifique durant dix ans, où elle offre aux actrices du moment des portraits d'exception (Nicole Kidman dans Portrait of a Lady, Kate Winslet dans Holy Smoke, Meg Ryan dans In The Cut), Jane Campion ralentit la cadence pour n'offrir sur grand écran plus qu'un seul film en 2009, Bright Star.

C'est en effet vers le petit qu'elle dirige son attention pour tourner une série en deux volets, Top of the Lake (2013-2017), à nouveau portée par des figures féminines familières (Elizabeth Moss et Holy Hunter, puis Nicole Kidman). Signe des temps, le nouveau long-métrage de Jane Campion doit sortir cette année mais… sur Netflix.

Gageons que le public du festival Lumière aura le rare privilège de découvrir sur grand écran Le Pouvoir du chien à l'automne prochain, pourquoi pas en présence de ses interprètes Benedict Cumberbatch, Jesse Plemons et Kirsten Dunst.

Festival Lumière
À Lyon du 9 au 17 octobre 2021

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Lyon : le Festival Lumière dévoile sa programmation

Cinéma | À moins d’un mois du début de la 13e édition du Festival Lumière, le programme se dévoile enfin. Conforme aux attentes et à ses habitudes, il convoque des films nouveaux ou en renouveau ainsi qu’un aréopage d’invités de prestige, sans négliger les hommages aux absents.

Vincent Raymond | Jeudi 16 septembre 2021

Lyon : le Festival Lumière dévoile sa programmation

Évidemment, Bertrand Tavernier pour débuter. Rien n’aurait été possible sans l’ancien président de l’Institut Lumière. Sa disparition au printemps dernier se devait d’être marquée d’une célébration, ce sera une soirée hommage le dimanche 10 octobre. Mais aussi des projections de quelques-uns de ses films piochés dans sa considérable filmographie : L’Horloger de Saint-Paul (1973), Autour de minuit (1986), L.627 (1992), L’Appât (1995), Capitaine Conan (1996), La Princesse de Montpensier (2010) et Quai d’Orsay (2013) ont été choisis. Autour de sa figure tutélaire, un vaste menu éclectico-cinéphilique comme il les aimait : de Jane Campion (Prix Lumière 2021) à Gilles

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L'Institut Lumière lance un cycle de films muets accompagnés au piano

Ciné-concert | Depuis le début du mois de septembre, l’Institut Lumière a enrichi sa programmation d’un nouveau rendez-vous patrimonial : des ciné-concerts au piano tous (...)

Vincent Raymond | Jeudi 23 septembre 2021

L'Institut Lumière lance un cycle de films muets accompagnés au piano

Depuis le début du mois de septembre, l’Institut Lumière a enrichi sa programmation d’un nouveau rendez-vous patrimonial : des ciné-concerts au piano tous les dimanches à 14h30. Une excellente initiative pérennisant (et transposant à domicile) les “sublimes moments du muet“ — ces grandes séances données dans le cadre du Festival Lumière permettant de (re)découvrir, dans un contexte proche de celui de l’époque, des chefs-d’œuvres classiques. Au menu dimanche 26 septembre, porté par le piano de Denis Fargeat, L'Homme qui rit de Paul Leni (1928) avec dans le rôle-titre Conrad Veidt — hélas un peu oublié aujourd'hui. Bien avant celle de Jean-Pierre Améris, cette adaptation de Victor Hugo eut une étonnante postérité, le rictus grimaçant du héros ayant inspiré la physionomie du Joker. Une semaine plus tard, Fred Escoffier au clavier accompagnera Renée Falconetti, alias la Pucelle d’Orléans sur son chemin de croix dans La Passion de Jeanne d’Arc (19

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Colum McCann à Montluc

Prix Résistance et Liberté | Cette année, l'écrivain dublino-new-yorkais Colum McCann a remporté le Prix Montluc Résistance et Liberté pour son dernier roman Apeirogon. Un prix qui récompense (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 août 2021

Colum McCann à Montluc

Cette année, l'écrivain dublino-new-yorkais Colum McCann a remporté le Prix Montluc Résistance et Liberté pour son dernier roman Apeirogon. Un prix qui récompense chaque année un auteur interrogeant les pratiques de résistance à l'oppression sous toutes ses formes, ou dont l'œuvre constitue en elle-même un acte de résistance. L'auteur est convié à venir présenter ce livre sur le destin commun de deux pères, l'un israëlien, l'autre palestinien, tous deux déchirés par la perte de leurs filles respectives, de morts violentes causées par le conflit israélo-palestinien. Et qui décident de témoigner de leur expérience au monde. Un rencontre animée par Christian Schiaretti qui aura lieu au Musée National de la prison de Montluc le 3 septembre à 15 h et sera suivie d'une séance de dédicaces.

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Festival Lumière : hello, Sydney Pollack !

Festival Lumière | Officiellement, le programme s’en tient toujours à ses premières annonces : Prix Lumière dévolu à Jane Campion, ciné-concert autour du Casanova (1927) restauré (...)

Vincent Raymond | Jeudi 26 août 2021

Festival Lumière : hello, Sydney Pollack !

Officiellement, le programme s’en tient toujours à ses premières annonces : Prix Lumière dévolu à Jane Campion, ciné-concert autour du Casanova (1927) restauré d’Alexandre Volkoff, ajout de Kinuyo Tanaka à la section Histoire permanente des femmes cinéastes. Si la rumeur bruisse de la projection du Van Gogh de Pialat restauré, le directeur artistique du Festival Lumière Thierry Frémaux a surtout glissé au détour d’une interview accordée à Variety de possibles compléments. D’abord, une rétrospective Sydney Pollack (1934-2008). Comédien, puis cinéaste et producteur de premier plan, l’éclectique réalisateur de Out of Africa (1985) ou de Tootsie (1982) a touché à tous les genres, y compris au documentaire sur la fin de sa carrière. Ensuite, un hommage à Léa Seydoux qui aurait dû en juillet d

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Raymond Depardon : une histoire de l'œil

Institut Lumière | Même si l’image fixe et l’image animée sont sœurs ou cousines, elles s’expriment dans des langages foncièrement différents, chacune obéissant à ses règles et codes (...)

Vincent Raymond | Jeudi 26 août 2021

Raymond Depardon : une histoire de l'œil

Même si l’image fixe et l’image animée sont sœurs ou cousines, elles s’expriment dans des langages foncièrement différents, chacune obéissant à ses règles et codes propres. Maîtriser l’une relève du talent ; les deux de l’exception : combien rares sont les artistes à avoir accompli une œuvre suivie signifiante en photographie comme au cinéma ! Raymond Depardon appartient à cette catégorie, où chacune de ses “vies” aura contribué — et contribue toujours — à nourrir et renforcer l’autre. Autodidacte, le Caladois débute par le reportage, la prise de vue sur le vif et sur le front. C’est dans l’urgence, la frénésie, les guerres mais aussi le décor aride et extrême des déserts qu’il forge son métier de reporter, à la fois témoin et passeur de “l’événement” — terme qui, dans son englobante singularité, renvoie à la vertigineuse pluralité de l’information. Dès 1969, le cinéma (principalement documentaire) vient compléter son regard, lui permettant d’explorer les faits sur la longueur, et de mettre au jour des dispositifs, ce que l

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Le Festival Lumière dévoile ses dates

Cinéma | L’annonce que les triskaïdékaphobes redoutaient, mais que les cinéphiles — qui sont quand même plus nombreux — attendaient avec impatience vient d’être (...)

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Le Festival Lumière dévoile ses dates

L’annonce que les triskaïdékaphobes redoutaient, mais que les cinéphiles — qui sont quand même plus nombreux — attendaient avec impatience vient d’être officialisée : le 13e Festival Lumière aura bien lieu « à Lyon et dans sa Métropole du samedi 9 au dimanche 17 octobre 2021. » Autrement dit, les multiples effets dominos post-Covid ayant frappé le calendrier des rendez-vous cinématographiques internationaux n’affecteront pas celui de la manifestation consacrée au cinéma classique et de patrimoine, qui demeure vissée à la première quinzaine d’octobre. S’il est trop tôt pour annoncer le ou la future récipiendaire du Prix Lumière (cela n’empêchera pas le ban et l’arrière-ban de recycler leurs pronostics), on peut sans trop s’avancer imaginer qu’un moment d’importance sera consacré à celui qui fut l’une des pierres angulaires de l’Institut et du Festival,

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L'Institut Lumière, de Kiarostami à Spike Lee

Lyon | Se remettre d’un deuil n’est jamais chose aisée ; alors, imaginez quand il s’agit de celui de l’un de ses fondateurs et de son président… Pour chasser son (...)

Vincent Raymond | Vendredi 14 mai 2021

L'Institut Lumière, de Kiarostami à Spike Lee

Se remettre d’un deuil n’est jamais chose aisée ; alors, imaginez quand il s’agit de celui de l’un de ses fondateurs et de son président… Pour chasser son spleen, l’Institut Lumière se replonge dans sa raison d’être (partagée par beaucoup de visiteurs de la rue du Premier-Film) : le cinéma sur grand écran. Et après une journée réservée au abonnés le 19 mai, un 20 mai ouvert à tous intégrant un hommage à Bertrand Tavernier et un film surprise, les spectateurs peuvent compter sur un retour aux fondamentaux : une programmation de reprises, avec du lourd. Citons la rétrospective Abbas Kiarostami, cinéaste aussi poétique que politique et précurseur de la si riche école iranienne contemporaine. Mais aussi les ressorties de classiques, avec un fort tropisme italien (Le Jardin des Finzi-Contini, I Vitello

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Bertrand Tavernier (1941-2021)

Disparition | Un mois avant son quatre-vingtième anniversaire, le jour du centenaire de Simone Signoret, Bertrand Tavernier est décédé dans sa propriété de Sainte-Maxime. C’est davantage qu’un cinéaste ou que le président de l’Institut Lumière qui disparaît avec lui : un amoureux total et sincère des films et de ceux qui les font, un promoteur de leur restauration et de leur projection. Sa trace n’est pas près de s’effacer.

Vincent Raymond | Vendredi 26 mars 2021

Bertrand Tavernier (1941-2021)

En ouverture de ce qui demeurera son ultime long-métrage sorti sur grand écran, Voyage dans le cinéma français (2016), Bertrand Tavernier avait placé une citation de Jean-Luc Godard : « il y a quelque chose qui nous lie, Bertrand et moi, c’est que nous sommes tous les deux les enfants de la Libération et de la Cinémathèque ». Certes, on ne peut que relever les concordances objectives dans la formation puis le parcours des deux hommes qui les a fait converger plus d’une fois — et ce en dépit de leur onze années d’écart. Tavernier fut l’attaché de presse de Pierrot le fou de JLG (1965), l’année où celui-ci rafla l’Ours d’Or à Berlin pour Alphaville, récompense que Tavernier emporterait en 1995 pour L’Appât… Tous deux sont des enfants d’une bourgeoisie intellectuelle provinciale, qui vont trouver dans le cinéma une sorte épiphanie, passeront par l’adoration compulsive de l’ère des cinés-clubs, une phase (de) critique avant de s’emparer d’une caméra pour tourner… Mais si avec le temps Godard n’a eu de cesse d’étrécir son audienc

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s’emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L’Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente — Bertrand Tavernier n’hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l’anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l’extraordinaire Laisser Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix — il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence

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"La Voix Humaine - The Human Voice" de Pedro Almodóvar : quitte mains libres

Cinéma | Présenté hors compétition à la dernière Mostra de Venise et en première française en clôture du Festival Lumière 2020, le nouveau Almodóvar tient à la fois du renouvellement et de la synthèse en un court-métrage. Exclusivement en DVD ou VOD à partir du 19 mars.

Vincent Raymond | Vendredi 12 mars 2021

C’est un classique bientôt centenaire, pensé pour la scène par Cocteau, et depuis à de nombreuses reprises déjà transposé au cinéma, plus ou moins directement — par Pedro Almodóvar notamment, deux fois (dans La Loi du Désir et Femmes au bord de la crise de nerf). Racontant la consommation d’une rupture amoureuse via le monologue téléphonique de l’abandonnée, La Voix Humaine se révèle tout autant un texte dramatique que conceptuel du début de l’âge du virtuel — invisible et inaudible, le correspondant masculin dématérialisé étant supposé synchrone. Un ovni de luxe dans le ciel du court-métrage, et une parenthèse pour Pedro Almodóvar qui s’essaie pour la première fois à la langue anglaise en confiant à Tilda Swinton ce rôle-trophée de victime superbe, jadis échu à Anna Magnani à l’écran ou Simone Signoret (sur disque)

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La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

Cinéma | « La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se (...)

Vincent Raymond | Mercredi 3 mars 2021

La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

« La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se dévouer à la présidence d’Unifrance — l’organisme en charge du “rayonnement” du cinéma français à l’international. Auréolé d’un joli succès dans les salles françaises avec 421 578 spectateurs — cela, du fait d’une exploitation prématurément réduite puisqu’il était sorti avant la seconde fermeture des salles fin octobre 2020 —, très bien accueilli à l’étranger, son huitième long-métrage La Daronne, adapté du polar homonyme d’Hannelore Cayre vient d’être désigné Prix Jacques-Deray par l’Institut Lumière, succédant à Roubaix une lumière d’Arnaud Desplechin, également distribué par

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Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Plan Canapé | Après Truffaut, Demy, Sautet, Resnais, la plateforme de streaming continue d’élargir son offre en inscrivant dès ce 1er mars quelques-unes des premières œuvres de Bertrand Tavernier. Une mise en bouche avant l’intégrale ?

Vincent Raymond | Lundi 1 mars 2021

Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Rien n’arrête l’appétit de Netflix. Au moment où son concurrent direct Disney lance une plateforme, Star, ayant vocation à le titiller sur le segment “adulte” en proposant notamment des films ou des séries du patrimoine, la firme de streaming opère un nouveau coup d’éclat médiatique en intégrant à son volumineux catalogue cinq titres d’un emblématique auteur français : Bertrand Tavernier. Outre le fait qu’il s’agit pour la plupart d’œuvres parmi les plus primées et célèbres de la première partie de carrière du cinéaste lyonnais (L’Horloger de Saint-Paul (photo), Que la fête commence, Le Juge et l’Assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d’autre), elles sont paradoxalement signées par un éminent cinéphile dont on sait l’attachement pour la projection en salle et son soutien au travail d’édition sur support physique des films, qu’il relaie sur son blog. Mais aussi par celui qui assume les f

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Thierry Frémaux : projection particulière

Récit | Avant les tapis rouges, Thierry Frémaux a longtemps foulé avec une respectueuse gravité les tatamis de judo. Dans "Judoka", un récit où rien ne fait écran à cette part d’intime, le directeur général de l’Institut Lumière/délégué général du Festival de Cannes revient sur son rapport au sport et à l’intériorité.

Vincent Raymond | Vendredi 26 février 2021

Thierry Frémaux : projection particulière

On était ressorti avec un sentiment mitigé de la lecture Sélection officielle (Grasset, 2017), le précédent ouvrage signé Thierry Frémaux, journal d’une année calendaire type de l’homme occupant l’un des centres de gravité du cinéma mondial — le Festival de Cannes — et gravitant dans tous les autres. Précieux mémoire décrivant de l’intérieur la structuration d’une saison “normale” dans la vie du 7e Art (sa foultitude de coulisses organisationnelles, ses mondanités nécessaires, ses voyages à décalages horaires partout mais aussi ailleurs…), gagnant à se détacher de l’actualité immédiate pour offrir de la matière aux historiens des temps futurs, l’ouvrage était aussi constellé de séquences moins gracieuses. À commencer par les catalogues épuisants de célébrités de tous poils et l’avalanche de fleurs jetées sur chacune et chacun qui, entre deux petites forfanteries cyclistes, donnaient de l’homme une impression floue : comme s’il ne s’était pas résolu à aller au-delà de l’écorce, reflétant

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L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

Cinéma | Coutumier d’une certaine discrétion, parfois autarcique, l’Institut Lumière a été contraint à plusieurs séances de rayons X économiques prescrites par la Chambre Régionale des Comptes. Le bilan vient d’être rendu public : si la santé est plutôt correcte, le médecin formules quelques recommandations. Et pour commencer, de bien suivre les protocoles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2021

L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

La CRC (Chambre Régionale des Comptes) vient de publier trois Rapports d’observations définitives portant sur trois structures ayant leur siège rue du Premier-Film : Association Institut Lumière, Société Cinémas Lumière, Société Sortie d’Usine Productions. Trois études connexes puisque la même entité, l’Institut Lumière, les unit et la même personne, Thierry Frémaux, les chapeaute. Trois mémoires mettant au jour non ces

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Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Falling | Le comédien aux mille talents vient de signer son premier long-métrage en tant que cinéaste, qu’il a présenté en première française durant le Festival Lumière à Lyon. Une histoire de famille où l’attachement et l’oubli se livrent un duel sans ménagement. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 4 novembre 2020

Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Comment se fait-il que ce soit cette histoire en particulier que vous ayez racontée pour votre premier film — car vous avez écrit plusieurs scénarios avant de réaliser Falling ? Viggo Mortensen : Je suppose que je voulais me souvenir de mes parents — de ma mère, pour commencer —, pour le meilleur et pour le pire comme tout le monde. Même si c’est devenu une histoire père/fils, l’inconscient de leur combat repose sur une différence d’opinion autour de leurs souvenir de leur femme et mère. Elle reste, à mon avis, le centre moral de l’histoire. Et c’est très important pour moi le casting de la mère, Gwen. Hannah Gross était parfaite, géniale : même si elle n’est pas là tout le temps, elle est là. Mais la raison pour laquelle j’ai fait mes débuts comme réalisateur et scénariste avec cette histoire, c’est parce que j’ai trouvé l’argent (sourire). J’avais essayé plusieurs fois, il y a 23-24 ans, avec un autre scénario, au Danemark, j’avais 20-30% du budget, mais pas davantage. Au bout du compte, je pense que c’était mieux que j’attende,

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La Fête des Lumières, Jean-François Zurawik l’a porté haut

Disparition | Jean-François Zurawik, maître d'œuvre de la Fête des Lumières depuis 2005, est décédé hier à 67 ans. L'Alsacien, à qui Gérard Collomb avait confié cet événement, a été retrouvé mort à son domicile. Il était l'un des précurseurs du mapping vidéo. Des artistes comme Damien Fontaine aux politiques de la cité comme Loïc Graber lui rendent hommage depuis ce vendredi matin. Nadja Pobel, qui couvre chaque année la Fête pour le PB, raconte ce qu'il a apporté artistiquement à la Ville de Lyon.

Nadja Pobel | Vendredi 9 octobre 2020

La Fête des Lumières, Jean-François Zurawik l’a porté haut

Sasn le connaître vraiment, on a beaucoup cotoyé Jean-François Zurawik, en de très nombreuses Fêtes des Lumières dont il avait fait ce qu'elle est depuis 2005, sous le premier mandat de Gérard Collomb. Une certaine Najat Vallaud-Belkacem animait les conf’ de presse et nous donnait le programme via sa délégation des grands événements, vie associative et jeunesse … Elle était une gamine. On nous souffle qu'elle n'a pas fini de grandir par ici. Avec ce maire, il a fait de Lyon une vitrine parfaite pour le tourisme : des gens débarquent de partout en cars, remplissent les hôtels, se gavent de vin chaud et nous oblige à déambuler fléchés dans notre ville (bien avant le Covid). Cette Fête, qui réunit presque deux millions de spectateurs, a aussi permis l'envolée des prix de Airbnb qui n'avaient plus de limites pendant quatre jours. On n'a pas aimé ça, on l'a beaucoup écrit au PB. Mais on a aussi su décrire ce que Zurawik a fabriqué d'original par ici avant de l'envoyer dans des pays lointains qui avaient des sous (Les Émirats, la Chine...). Car la Fête des Lumière et donc Zurawik (ou vice-vers

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La Fête des Lumières menacée

Covid-19 | Maintenue, ou annulée ? Le nouvel édile n'avait pas marqué un franc enthousiasme pour la Fête des Lumières lors de la campagne électorale. Mais c'est à un (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

La Fête des Lumières menacée

Maintenue, ou annulée ? Le nouvel édile n'avait pas marqué un franc enthousiasme pour la Fête des Lumières lors de la campagne électorale. Mais c'est à un casse-tête beaucoup plus complexe que prévu qu'il doit se confronter : les appels à projets ont été lancés, les équipes travaillent, et pourtant rien ne peut être sûr ni confirmé pour cause de Covid. Grégory Doucet, conscient désormais de l'importance du rendez-vous, l'a répété : il veut la maintenir, cette Fête, début décembre. Il faudra pour cela que l'épidémie se calme, que les lieux choisis soient adaptés à des jauges à 5000 personnes que l'on pourra compter, les parcs seront sans doute privilégiés. Le maire a décidé de se laisser jusqu'à mi-novembre pour prendre une décision.

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Festival Lumière : à la revoyure !

Cinéma de Patrimoine | « Défiez-vous des premiers mouvements, écrivait Casimir de Montrond. Ils sont presque toujours bons. » Si les artistes revendiquent volontiers une part de spontanéité dans l’acte créatif, quid du premier regard porté sur une œuvre — en particulier de cinéma ? Est-il toujours définitif, ou bien supporte-t-il d’être… revu ?

Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

Festival Lumière : à la revoyure !

On ne saura jamais par quelle subtile alchimie un film accède au statut de classique. Grand maître et vicieux comparse, le temps ne fait pas tout à l’affaire : d’antiques bobines, jadis prisées par des cohortes de spectateurs, peuvent aujourd’hui se dissoudre dans les abîmes de l’oubli quand d’autres, superbement ignorées à leur époque, jouissent enfin d'une considération éternelle… enfin, dans les limites toutes relatives et sans cesse révisées de l’éternité. Si le "goût de la beauté" ou le "plaisir des yeux" pousse les cinéphiles dans une quête infinie d’œuvres nouvelles, ces Sisyphe modernes hésitent rarement, lorsque l’occasion leur est donnée, à revoir un film — à condition qu’il ne leur ait pas laissé de souvenir d’une émotion tiède. Pour retrouver l’enthousiasme de la première vision. Pour laisser une seconde chance. Pour voir, simplement. Sections parallèles Festival de re-vision générale, Lumière fait se télescoper dans un maelström d’images et de visages, toutes les strates de l’Histoire du cinéma, sans exclusive ni distinction. S’il permet à travers ses grandes secti

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Métropole de Lyon : 200 000 euros pour le Festival Lumière

Covid-19 | La commission permanente de la Métropole de Lyon a voté ce lundi 14 septembre une subvention exceptionnelle de 200 000€ pour garantir la tenue d'un Festival Lumière fragilisé par la crise sanitaire.

Sébastien Broquet | Mardi 15 septembre 2020

Métropole de Lyon : 200 000 euros pour le Festival Lumière

Cédric Van Styvendael, tout nouveau vice-président à la Culture de la Métropole de Lyon — et maire de Villeurbanne — l'annonçait dans nos colonnes en juillet : c'est une année compliquée pour le Festival Lumière et Thierry Frémaux, son directeur, n'avait alors pas réuni la totalité des fonds nécessaires à l'organisation du festival dans sa forme habituelle, suite au désistement de mécènes durant la crise sanitaire. Ce petit coup de pression d'une nouvelle équipe tout juste élue n'était pas passé inaperçu, d'autant que celui qui est présenté comme le "monsieur cinéma" de Lyon n'avait alors rencontré ni Cédric Van Styvend

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Les Frères Dardenne Prix Lumière 2020

Prix Lumière 2020 | Deux fois deux Palmes d’Or succèdent donc au double palmé Francis Ford Coppola, et recevront donc le Prix Lumière le vendredi 16 octobre à Lyon. Croisons-les doigts pour que rien n’entrave cette prophétie…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

Les Frères Dardenne Prix Lumière 2020

De premières annonces fin mai avaient révélé quelques lignes fortes de la programmation de cette 12e édition du Festival Lumière : un hommage à Michel Audiard à l’occasion du centenaire de sa naissance, une rétrospective Clarence Brown. Si l’on se doutait que le ou la futur récipiendaire ne serait pas américain·e, rien ne laissait supposer qu’il ou elle serait double ! Mais après tout, quoi de plus normal pour célébrer le 125e anniversaire du Cinématographe par les Frères Lumière que célébrer deux frères de cinéma, les Dardenne. Indissociables comme le furent les Taviani ou le sont les Coen ou les Washowski, les “frères“ comme les surnomment avec affection leurs comédiens sont à l’instar de Ken Loach ou Stéphane Brizé les principaux représentants d’un cinéma ancré dans une réalité sociale et brute. Dépourvus d’effets, de musique, au plus près des corps et des situations, leurs films confrontent volontiers des gens ordinaires à des cas de conscience ou des enjeux moraux.

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"Grand Prix" : Benjamin Biolay, roi du circuit

Rock | Pour son 9e album, Benjamin Biolay livre son disque le plus rock en célébrant les princes de la piste automobile. Un Grand Prix joué à toute allure qui dans le sillage de tubes trompe-la-mort dévoile pourtant les traces d'une œuvre parmi les plus personnelles d'un Biolay rentré au stand pour un premier bilan.

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 juillet 2020

En 19 ans d'une carrière pour le moins pléthorique, Benjamin Biolay a, quoi qu'on en pense, fait plus que la preuve de son habileté musicale. Paradoxe, on ne lui a jamais connu de véritable tube. Le Caladois, que n'effraie aucun mélange des genres pas plus que les flirts les plus poussés avec la variété, s'en est certes parfois approché d'assez près : Les Cerfs volants, Une Chaise à Tokyo, L'Histoire d'un garçon, Qu'est-ce que ça peut faire ?, La Superbe (tube qui sans doute s'ignorait mais peut-être à ce jour sa plus grande chanson). Mais, toujours, quelque chose venait empêcher la transformation totale de l'essai — sans doute à trouver dans une tendance à complexifier les contours d'une évidente facilité mélodique et d'un don certain pour l'écriture (exemple symptomatique : Brandt Rhapsodie, talk-over en duo avec Jeanne Cherhal). Parfois, ses tentatives de trop embrasser la chanson qui tue pouvait menacer de basculer — tel Murat quand il laisse son Surmoi à la porte d

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Thierry Frémaux : « pourquoi Lyon, sa ville natale, n’en fait-elle pas plus pour le cinéma et les Lumière ? »

Institut Lumière | Alors qu’il vient de délivrer la liste des 57 films dotés du label Cannes 2020, Thierry Frémaux évoque la situation actuelle du cinéma post-Covid, et notamment ses impacts possibles sur l’Institut et le Festival Lumière qu’il dirige. Cela, l’année des 125 ans du Cinématographe Lumière. Une année particulière…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Thierry Frémaux : « pourquoi Lyon, sa ville natale, n’en fait-elle pas plus pour le cinéma et les Lumière ? »

Après l’annonce de la sélection officielle du 73e festival de Cannes mercredi dernier, quel a été votre sentiment : du soulagement, des regrets ou de l’impatience ? Thierry Frémaux : Chaque année, je me demande ce qui va empêcher que Cannes se tienne, et chaque année — miracle — rien ne pose problème ; là on a bien vu que l’affaire était sérieuse. Le report au mois de juillet nous a permis d’espérer tout en n’y croyant guère et quand le président de la République a dit « il ne se passera rien cet été », on a compris. Mais on a eu la conviction qu’il fallait rester présent. On recevait des films — plus de 2000 –, ça nous a obligé. Cannes ne pouvait pas avoir lieu sous forme d’événement mais Cannes n’est pas que ça : c’est une distinction, c’est un goût, une façon de mettre le cinéma au cœur du monde ; on a décidé de lui faire prendre une forme différente et d’abord d’annoncer une Sélection officielle et de réunir les professionnels en ligne. Mercredi dernier, grâce à

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Lumière se rallume avec son Festival (et Audiard)

Festival Lumière | Le Festival Lumière, qui se déroulera (presque) comme prévu en octobre prochain, dévoile les premiers noms de sa programmation.

Vincent Raymond | Jeudi 28 mai 2020

Lumière se rallume avec son Festival (et Audiard)

Après deux mois d’extinction des feux et de quasi silence médiatique, l’Institut Lumière sort de sa veille. Dans la soirée du mercredi 27 mai, son directeur général Thierry Frémaux signait un communiqué adressé aux publics, adhérents et abonnés pour les informer que l’équipe, partiellement de retour depuis le 11 mai, réfléchissait « à une réouverture pertinente et cohérente de [ses] différents secteurs » — soulignant au passage que le mode de fonctionnement de l’Institut consistait « depuis plusieurs années (…) à ne pas faire abusivement et systématiquement appel aux subventions publiques, plus utiles à [ses] yeux pour d’autres causes et dont l’usage systématique a parfois dégradé dans l’opinion l’image des institutions culturelles. » Indiquant qu’il annoncerait ultérieurement les modalités diverses de remboursement ou de compensation pour les personnes n’ayant pu assister aux séances déjà payées, il glissait aussi que le Festival Lumière était dans la liste des tâches en cours. Comme u

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James Sacré, poète approximatif

Poésie | James Sacré viendra à Lyon pour recevoir le Prix Kowalski de la ville. Une belle occasion de découvrir l'une des plumes des plus touchantes et des plus sobres de la poésie contemporaine.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mars 2020

James Sacré, poète approximatif

Coup sur coup, les Figures de silences (éditions Tarabuste) de James Sacré ont reçu, en 2019, le Prix Théophile Gautier de l'Académie Française et le Prix Kowalski. Ce recueil tente de dire le(s) masque(s) des paysages traversés (aux États-Unis, au Maghreb, en France...), l'insoutenable légèreté des mots écrits... Ou encore la fête et le carnaval : « Carnaval de quelle vérité montrée / Dans le faux d'un masque et des gestes crus ? / On veut croire à de la fête, on caresse / La mort et son cul. » Chez James Sacré, le tragique gît dans le prosaïque, l'émotion dans le presque rien des choses et des êtres. Et rarement poète ne nous aura donné à ressentir ce vent du temps qui passe sur les mots et les choses jusqu'à, aussi intolérablement qu'en toute légèreté, les effacer : « À la fin des mots se perdent dans le silence / À la fin tout le dictionnaire se perd / Dans le silence du monde. » « Poème comme un cul qu'ose pas se montrer nu »

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"Roubaix" : prix Jacques Deray

ECRANS | (À lire à haute voix, façon Stéphane de Groodt) « —Prenons les paris, ce sera Roubaix. —Quoi donc ? —Le César, à Paris le 28 février. —Sauf si Ly l'a, (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

(À lire à haute voix, façon Stéphane de Groodt) « —Prenons les paris, ce sera Roubaix. —Quoi donc ? —Le César, à Paris le 28 février. —Sauf si Ly l'a, évidemment. —Quel lilas ? —Non, le Ly, Ladj. —Le Ly qui l'Oscar n'a pas eu ? —Celui-là même. —Admettons. —Mais à Lyon, sans pari, Roubaix aura le 22 son Prix. -De consolation ? —Non, Deray. —Comme Odile ? —On s'égare… —D’ailleurs pourquoi la Gare de Lyon est à Paris et pas à Roubaix ? —Parce que Paris est tout petit pour ceux qui Zem comme nous d'un si grand amour… » etc. Roubaix À l’Institut Lumière ​le samedi 22 février

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Une Fête des Lumières 2019 un brin poussive

Visite Guidée | La dernière édition de la Fête des Lumières sous l'ère Collomb (sauf magie des élections) s'avère décevante dans ce que nous avons pu en voir en pré-ouverture dans les grands lieux. Et c'est Jérôme Donna sur la place des Célestins qui tire le mieux son épingle du jeu, avec le plus politique Romain Tardy.

Nadja Pobel | Jeudi 5 décembre 2019

Une Fête des Lumières 2019 un brin poussive

Basique et tout feu tout flamme à la fois, la place des Terreaux, rendue aux Lyonnais après de longs travaux, est à nouveau le réceptacle d'un récit, celui de la naissance de la lumière qui remet le monde en branle par Benoît Quéro et les Allumeurs d'Images. Ultra-rythmée, cette boucle épuise et paraît déjà vue quoiqu'elle soit fort maîtrisée et produise de belles images. On attendait tant des Théoriz devenus grands qui accèdent au Graal de la primatiale Saint-Jean. Hélas, ce Genesis foisonnant (et particulièrement réussi sur la séquence des saisons), demeure trop illustratif pour séduire vraiment et faire de ce bâtiment le cœur battant de la Fête. Toutefois, l’embrasement en lumière de la primatiale ne manque pas de panache dans une France qui a tant et plus (que les humains) pleuré Notre-Dame. En revanche, sur la colline de Fourvière, CozTen a su éteindre le déluge de couleurs qui s'abattaient sur son flanc l'an dernier avec Damien Fonta

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Fête des lumières : les "Expés" dans le 5e

Retour aux sources | Il fut un temps où la Fête des Lumières appartenait surtout aux Lyonnais, bien avant qu’ils ne fuient la ville pour louer à prix d’or leur appartement à des (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 décembre 2019

Fête des lumières : les

Il fut un temps où la Fête des Lumières appartenait surtout aux Lyonnais, bien avant qu’ils ne fuient la ville pour louer à prix d’or leur appartement à des touristes gloutons. Tout n’était pas spectaculaire, aller à la Tête d’Or ne supposait pas de faire la queue contre des grilles à pas feutrés. Les projets d’arrondissement (voir ci-dessus) étaient un des atouts majeurs des festivités. Les attentats ont eu bon jeu de circonscrire envers et contre tout la Fête sur la Presqu’île et, in fine, de la rabougrir. Ce qu’il subsiste de cet esprit d’avant 2015 se trouve du côté des installations étudiantes installées dans le 5e arrondissement, au jardin Malraux et sur l’esplanade Saint-Pothin où 19 projets sur les 89 dossiers déposés vont être réalisés par des jeunes émanant d’écoles supérieures d’art, de design et d'architecture de France et d'Europe. Parmi eux, la Lumière consciente de Hyang Choi, Tulay Keskin et Sofia Hidouche qui posent sur un arbre une volée de gilets de sauvetages comme autant de corps en péril dans la Méditerr

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On vous décrypte le programme de la Fête des Lumières

Fête des Lumières 2019 | La Fête des Lumières se tiendra du jeudi 5 au dimanche 8 décembre. Détail des points forts de ce parcours, identique à celui des dernières années hormis le retour de la place des Terreaux au menu des festivités : Presqu’île, Fourvière, Vieux Lyon et Tête d’Or.

Nadja Pobel | Jeudi 7 novembre 2019

On vous décrypte le programme de la Fête des Lumières

De plus en plus d’étrangers (parmi les presque deux millions de visiteurs) sont présents à la Fête, s’est félicité Gérard Collomb — qui pourrait en profiter pour légiférer un jour sur Airbnb afin que Lyon ne devienne pas cette ville musée, fut-elle parée de lumière durant quatre soirs chaque mois de décembre. Un jour, peut-être… Ceci est une autre histoire. Pour l’heure, le maire a présenté avec joie cette dernière édition de sa mandature. C’est aussi l’ultime pilotée par Jean-François Zurawik, directeur artistique de talent qui a fait de cette Fête un événement qui s’exporte dans le monde entier. De nombreux artistes habitués sont de retour parmi les plus précieux comme le vannier Erik Barray qui, sur un kilomètre de berges du Rhône, va installer des cocons géants d’où s’échappent des papillons puis des lucioles étincelantes à hauteur du Parc de la Tête d’or qui accueille le Groupe F, spécialiste de pyrotechnie avec Regarde. Christophe Martine est auss

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"Rosées bleues" de Charlotte Denamur

L'œuvre de la semaine | « Notre geste s’adresse également aux jeunes artistes : si nous sommes solidaires entre nous, nous pourrons avancer et peut-être attirer l’attention (...)

Sarah Fouassier | Mardi 5 novembre 2019

« Notre geste s’adresse également aux jeunes artistes : si nous sommes solidaires entre nous, nous pourrons avancer et peut-être attirer l’attention sur les manques de moyens » confie l’artiste Charlotte Denamur au mensuel Hétéroclite. En annonçant qu’elle souhaitait partager les 5000 € du Prix Jeune création Auvergne-Rhône-Alpes avec les quatre artistes en lice, elle attire l’attention sur le statut précaire des artistes, notamment lorsqu’ils sont invités à exposer et qu’ils doivent avancer de nombreux frais. Son œuvre récompensée, Rosées bleues, enveloppe un plafond de l’IAC d’un textile peint de 45 mètres. Peuplée de corps flottants, de textures et de pigments qui se superposent, Rosées bleues baigne les visiteurs dans un halo de lumière bleu qui rappelle les fonds marins. Pour réaliser cet immense paysage, Denamur plonge des textiles dans des bains de peinture diluée puis les étend sur le sol de son atelier pour peindre de multiples formes et figures qui sont autant de continents et de mers à explorer.

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Coppola : le Parrain, dernière époque

Festival Lumière | Le Padre padrone de la famille Coppola arrive cette semaine pour recevoir son dû lyonnais. Plus que la jolie plaque en bois gravée à son nom, c’est l’ovation associée qui devrait lui arracher l’un de ses trop rares sourires. En l’attendant, refaisons connaissance avec lui…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Coppola : le Parrain, dernière époque

Dans la carrière de Coppola, ce ne sont pas les arbres qui cachent la forêt, mais des séquoias. Bien singulier est en effet le tracas d’un cinéaste dont la filmographie est semée d’une collection d’œuvres si puissantes qu’une seule aurait suffi à l’inscrire au Panthéon du 7e art. Signer la trilogie du Parrain, voire les deux premiers, voire la première époque uniquement, l’aurait déjà consacré entre Lean et Leone ; Conversation Secrète en aurait fait un frère de Jerry Schatzberg, John Schlesinger, Arthur Penn, Alan J. Pakula ou Mike Nichols. Quant à Apocalypse Now, il l’autorisait à parler d’égal à égal avec Kubrick. Mais en-dehors de ces films-monstres, si splendidement dissemblables les uns des autres, Francis Ford Coppola a tourné de nombreux autres longs métrages d’importance, privés parfois de notoriété, de succès et/ou de postérité. Si certains furent imposés par des nécessités financières impérieuses, cela ne les empêchaient pas d’être impérieusement composés : comme si la contrainte de commande aiguisait la créativité du cinéaste et l’incitait à mettre dava

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Le classique se rebiffe

Marché International du Film Classique | Au cœur du Festival Lumière se tient pour la septième année un rendez-vous dédié aux professionnels : le Marché International du Film Classique. L’occasion de se pencher sur la “grandeur (et la décadence ?) des petits commerces de cinéma“ pour reprendre le mot de Godard à l’ère de la dématérialisation forcenée…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Le classique se rebiffe

À bientôt 125 ans, le cinéma entre dans un âge où l’innovation technologique bénéficie concomitamment à la création contemporaine — à travers l’amélioration continu des supports d’enregistrement de son et d’image, comme des procédés de diffusion de l’objet filmique dans les salles, toujours réinventés en 3D, 4DX etc. — et à son patrimoine. Étrange paradoxe que l’abandon de la pellicule analogique originelle pour le numérique : le transfert des images sur bobines en encodages digitaux plaçant à égalité de traitement œuvres contemporaines et œuvres classiques, il permet à ces dernières de faciliter leur renaissance, donc d’accroître leur visibilité. Or les procédés de restauration demeurent coûteux. Et même si certaines émanations des institutions culturelles nationales (le CNC, l’INA, les Cinémathèques…) ou quelques-unes des fondations privées adossées à des distributeurs nantis d’un puissant catalogue (Pathé, Gaumont…) assument ce qui relève d’une mission de service public, la nécessité de trouver des débouchés économiques reste cruciale. L’état des choses Première source de revenus évidente, la salle de cinéma souffre d’un manque de disponibilité : avec 5

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Grandes projections : des films élémentaires

Festival Lumière | En un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, les superproductions en 70mm et les grands classiques passaient à 20h30 sur les six chaînes hertziennes… mais plus dans les salles. Le point commun de ces films ? L’immensité au service du détail.

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Grandes projections : des films élémentaires

La vie d’un film est cruellement courte. Sa VRAIE vie, s’entend : alors qu’il est conçu pour la salle, c’est sur une télévision qu’il déroule l’essentiel de son existence, passée sa première exclusivité. Un pis-aller qui a permis de voir durant des décennies, dans des conditions précaires, des films méritant de se déployer, de respirer : le grand écran leur offrant l’air nécessaire pour déployer leur souffle épique ou leur dimension spectaculaire. Élément de base impalpable, invisible et intangible, l’air se filme difficilement. Ce n’est pas le cas de l’eau, de la terre et du feu dont la cinégénie explose cette semaine. L’Eau À tout seigneur, tout honneur : Jacques Deray fut le vice-président de l’Institut Lumière et son film le plus emblématique demeure le solaire et tropézien La Piscine (1969). Les raisons de le voir ne manquent pas ! Pour le symbole des retrouvailles entre les anciens amants Delon et Schneider, pour son évidente charge érotique — les deux interprètes étaient alors au sommet de leur beauté et, de fait, ne cachaient pas grand chose de leur anatomie en tournant aux abords d’une piscine —,

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Le Cas Noé : La boucle est bouclée

Festival Lumière | En guise d’amuse-rétines nocturne, Gaspar Noé a composé un appétissant sandwich cinématographique qui devrait teinter d’une belle couleur rubis les rêves de ses spectatrices et spectateurs. Estomacs délicats et autres ténias, passez votre chemin.

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Le Cas Noé : La boucle est bouclée

Film après film, on ne cesse de le seriner, voire de le suriner : Gaspar Noé compte parmi le cercle (vicieux) très fermé des auteurs possédés par une ambition d’écriture de la forme cinématographique, et pour qui l’expérience de visionnement doit permettre au public de dépasser sa passivité habituelle en instaurant une interaction quasi-organique entre l’objet projeté et le spectateur. Si d’aucuns qualifient Noé de “provocateur“ parce qu’il traite de sujets mordant la marge (inceste, sexe, viol, drogue, mort, etc.), le cinéaste vise surtout à provoquer une émotion qui ne soit pas pré-mâchée. Infusée, perfusée par le registre expérimental, mais aussi imprégnée des formes kubrickiennes et godardiennes, son œuvre dispose toutefois d’une voix originale et bien timbrée, reconnaissable dès ses premiers grenats. Concept singulier — sans doute taillé pour les couche-tôt lyonnais —, la Mini-nuit du Festival Lumière permettra aux dubitatifs de réviser leur jugement, et aux aficionados de se faire un triple bang(halter). Abracadabra ! Des trois films présentés, le deuxième constitue la principale sur

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Festival Lumière : par où commencer ?

ECRANS | Des films par dizaines, des projections par centaines, des invités… par milliers ? Peut-être pas, mais suffisamment pour que chaque spectatrice ou (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Festival Lumière : par où commencer ?

Des films par dizaines, des projections par centaines, des invités… par milliers ? Peut-être pas, mais suffisamment pour que chaque spectatrice ou spectateur trouve son bonheur. Si cette édition du 10e anniversaire est ardemment attendue pour le prestige du récipiendaire du Prix 2019, Francis Ford Coppola n’étant présent qu’en fin de seconde semaine, vous aurez de quoi voir auparavant. Rappelons que le Village du Festival, rue du Premier-Film, organise sa fête de lancement vendredi 11 octobre à 19h et propose dès 20h tous les soirs dans le parc — nouveauté de l’année — des concerts gratuits : Éric le Rouge ouvrira le bal (il le fermera également le dimanche 20). Suivra samedi 12 dès 17h30 la traditionnelle soirée d’ouverture à la Halle Tony-Garnier devant un parterre de vedettes et un film surprise. Et dimanche, quand le Marché International du Film Classique ouvrira ses portes, accueillant également la première édition du Salon du DVD, le Festival recevra ses premiers hôtes d’honneur : Frances McDormand, Donald Sutherland, Vincent Delerm et Daniel Auteuil, mais aussi Barb

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Prix Summer 2020 : la sélection

Littérature | Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 8 septembre 2019

Prix Summer 2020 : la sélection

Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son nom, est décerné par un collège de lecteurs issus de 42 médiathèques de la métropole. Il avait l'an dernier récompensé Tiffany Tavernier pour Roissy (Sabine Wespieser). Comme de saison, la Fête du livre vient de dévoiler la liste des cinq romanciers en lice pour l'édition 2020 : Julia Deck pour Propriété privée (Minuit), Hélène Gaudy pour Un Monde sans rivages (Actes Sud), Vincent Message pour Cora dans la spirale (Seuil), Anne Pauly pour Avant que j'oublie (Verdier) et Sylvain Prudhomme pour Par les Routes (L'arbalète/Gallimard).

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Encore plus d’étoiles devant les yeux

Festival Lumière | Francis Ford Coppola, Bong John Ho, Ken Loach, Daniel Auteuil et Marina Vlady ne seront pas seuls à visiter les salles obscures lyonnaises en octobre prochain : Frances McDormand, Donald Sutherland, Marco Bellocchio, Gael Garcia Bernal ou Vincent Delerm seront aussi du voyage…

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Encore plus d’étoiles devant les yeux

Paradoxe n°1 : à Lyon, on le sait, plus les salles sont obscures, plus l’on a de chances d’y trouver des étoiles — surtout à l’automne. Paradoxe n°2 : il fallait se rendre au Cinéma du Panthéon à Paris pour découvrir les nouveautés de la programmation du 11e Grand Lyon Film Festival dévoilées par son directeur, Thierry Frémaux. Valaient-elles le détour ? Sans nul doute pour certaines. D’abord, toutes les annonces de juin ont été confirmées et complétées — la précision n’est pas superflue, si l’on se remémore la triste déconvenue du Projet Godard l’an passé. Auteur d’une « œuvre d’un chaos insensé » selon Thierry Frémaux, Coppola sera bien présent parmi les Ghosn… pardon, les gones. Et son Prix Lumière sera l’occasion de re-projections d’une part non négligeable de sa filmographie : des raretés de ses débuts comme Dementia 13 ou La Vallée du Bonheur, Les Gens

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Une rentrée en C majeurs

Institut Lumière | Cassavetes, Coppola, Carpenter, Clint… Étrange convergence d’initiales, mais surtout de prestigieuses signatures à l’affiche de l’Institut Lumière en ce mois de septembre, où l’on joue avec vertiges du rétroviseur et de la lorgnette.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Une rentrée en C majeurs

Navigant entre passé, futur — l’avant-première des Misérables le 25 — et anticipation d’un retour vers le futur (la reprise de films de Francis Ford pour annoncer sa venue lors du Prix Lumière), la programmation ressemble en effet à un délicieux travelling compensé. À force de sauts temporels, on en finirait presque à se prendre pour l’héroïne de Peggy Sue s’est mariée, l’un des films sélectionnés avec le rétro Outsiders et le palmé Conversation secrète en guise d’apéritif ! Du Festival Lumière, il en sera question aussi avec Mystic River de Clint Eastwood projeté en hommage aux 10 ans de la remise du Prix à son premier récipiendaire (jeudi 5). Tout aussi mélomane (mais dans un autre registre) que Clint et aussi féru de westerns que lui, John Carpenter sera également à l’honneur pour un format adapté à ses atmosphères : une nuit comptant quatre titres. The Thing, Fog, Les Aventures de Jack Burton et, pour finir, son prophétique chef-d’œuvre

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Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

Roubaix, une lumière | Arnaud Desplechin délaisse, en apparence, la veine introspective pour signer un film noir tiré d’un fait divers authentique survenu dans sa ville natale. Rencontre avec le cinéaste autour de la genèse de cette œuvre, sa méthode, ses doutes et ses joies. Mais aussi du théâtre… (attention, spoilers)

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

La tension est-elle un peu retombée depuis Cannes ? Arnaud Desplechin : C’était très intense ! Le soir de la projection a été un moment assez bouleversant pour chacun des acteurs. Il y a eu deuxième ovation pour eux et j’ai vu Roschdy qui était comme un petit garçon. Il y a un amour des acteurs spécifique à Cannes : c’est le seul endroit où vous pouvez leur offrir cet accueil. Avec les photographes, les sourires, les encouragements, il y a tout un rituel qui est mis en place… À Venise, c’est différent, c’est le metteur en scène qui ramasse tout. Comment avez-vous choisi Roschdy Zem ? Je le connais depuis très longtemps, par ma maison de production. Je l’avais déjà repéré dans les films de Téchiné où il avait fait de petites apparitions et je m’étais dit : « celui-là, on va compter avec lui ». Et quand j’ai vu N’oublie pas que tu vas mourir… Même sa partition dans Le Petit Lieutenant est vachement bien. Après toute sa carrière, Indigènes… Il a une performance meurtrie de vie dans un film qui m’avait bouleversé, La Fille de Monaco. Ce n’est pas un film “noble“ — il n’avait pas co

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"En réalité(s)" remporte le Prix Célest'1

Théâtre | Pièce remarquée et remarquable de la saison, "En réalit(é)" de la toute jeune compagnie Courir à la Catastrophe a logiquement été primé lors de la première édition du prix Célest'1.

Nadja Pobel | Mercredi 26 juin 2019

Le Théâtre des Célestins organisait les week-ends du 14-15 et 21-22-23 juin la première édition du Prix Célest'1. Lors du grand format, la pièce En réalité(s) a reçu le prix du jury (*), et Quatorze celui du public à l’issue des représentations de huit pièces présentées sur le grand plateau. En réalité(s) est menée par une équipe tout récemment sortie de l’ENSATT et a déjà été primée par le Théâtre 13 à Paris. Elle était récemment sélectionnée au festival Théâtre en Mai du CDN de Dijon. À Lyon, la metteuse en scène Alice Vannier avait déjà montré cette pièce aux Clochards Célestes en mars et avait complètement séduit par sa rigueur, son sens de l’espace et sa maitrise de la dramaturgie au service de l’ouvrage coordonné par Pierre Bourdieu La Misère du monde. En réalité(s) sera donné cet été dans le Off d'Avignon dans la salle du Train Bleu. Le jury du public (composé de 47 abonnés des Célestins) a très largement plébiscité Quatorze, mise en scène par Sébastien Valignat (compagnie Cassandre), un récit de

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Divers faits d’hiver : "Roubaix, une lumière"

Thriller | Arnaud Desplechin retourne dans son Nord natal pour saisir le quotidien d’un commissariat de police piloté par un chef intuitif et retenu. Un polar humaniste où la vérité tient de l’épiphanie, et la parole du remède. Le premier choc de la rentrée cinématographique.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Divers faits d’hiver :

L’arrivée d’un nouveau lieutenant, des incendies, une disparition de mineure, le crime d’une personne âgée… Quelques jours dans la vie et la brigade de Yacoub Daoud, patron du commissariat de Roubaix, pendant les fêtes de Noël… « On est de son enfance comme on est de son pays », écrivait Saint-Exupéry. Mais quid du pays de son enfance ? En-dehors de tous les territoires, échappant à toute cartographie physique, il délimite un espace mental aux contours flous : une dimension géographique affective personnelle, propre à tout un chacun. Et les années passant, le poids de la nostalgie se faisant ressentir, ce pays se rappelle aux bons (et moins bons) souvenirs : il revient comme pour solder un vieux compte, avec la fascination d’un assassin de retour sur les lieux d’un crime. Aux yeux du public hexagonal, voire international, Arnaud Desplechin incarne la quintessence d’un cinéma parisien — un malentendu né probablement de l’inscription de La Sentinelle et de Comment je me suis disputé dans des élites situées, jacobinisme ob

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Souffle et soupirs : "Ombres et Lumières"

Comédie Dramatique | Trois contes mêlant l’amour et la passion ; trois histoires à la lisière entre le rêve et la folie, où la beauté des corps est cause de bien des égarements…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Souffle et soupirs :

L’alléchante promesse de musiques signées Pontecorvo, Morricone, Prodominès ou Armand Amar peut légitimement susciter le désir du spectateur de découvrir ce film à sketches, dont l’affiche — outre les noms précités — assène de nouveaux arguments. Jouant sur l’esthétique érotique d’une beauté nonchalamment étendue sur sa couche, à peine vêtue d’une chemise, elle incite à la curiosité l’amateur… d’estampes, disons. Il sera déçu, et pas seulement par la composante plastique de la chose, peuplée de nymphes hésitant entre la pose d’atelier et celle pour salle de bains. Quand le son n’est pas défaillant — un souffle carabiné parasite le premier segment, qui a dû se passer de sondier, de mixage ou des deux —, ce sont des effets appuyés et un jeu outrés qui confèrent au film un amateurisme grandiloquent. On peut ne pas le voir. Ombres et Lumières Un film de Olivier Nolin (Fr, 1h21) avec Maïalen Eyherabi, Laurent Muzy, Diane Prost…

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BO d'un Prix Lumière : Coppola en morceaux

ECRANS | Il a pour toujours associé à l’écran l’odeur du napalm au petit matin aux envolées de Wagner, incité au silence par quelques notes de Nino Rota ou donné de furieuses envies de danser la tarentelle dans un mariage. Si Francis Ford Coppola possède ce lien si particulier avec la musique, il le doit sans nul doute à son père Carmine, lui-même compositeur et chef-d’orchestre. Mais également crédité notamment aux génériques des Parrain ou d’ Apocalypse Now.

La rédaction | Mardi 11 juin 2019

BO d'un Prix Lumière : Coppola en morceaux

La playlist est également disponible sur spotify. Par Vincent Raymond & Stéphane Duchêne

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Festival Lumière 2019 : de plus en plus Ford !

Lumière 2019 | Coppola en tête d’affiche, le retour de Ken Loach, des zombies et Bong Joon-ho. La première fournée d’annonce du Festival Lumière 2019 a été faite. Préparez vos coups de cœur !

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

Festival Lumière 2019 : de plus en plus Ford !

« Un démiurge », « un mammouth ». C’est par ces mots que le directeur de l’Institut Lumière a salué le récipiendaire du Prix Lumière 2019. Onzième à recevoir la distinction (mais lauréat de « l’édition des dix ans », pour reprendre les termes du directeur du festival), Francis Ford Coppola et sa légitimité ne sauraient être contestés. Riche d’une carrière s’étendant sur six décennies, jalonnée d’œuvres fondatrices, marquantes ou à (re)découvrir, le jeune octogénaire figure parmi les créateurs du Nouvel Hollywood et demeure un inlassable expérimentateur. Entré au Panthéon cinématographique bardé de lauriers il y a quarante ans — il avait alors déjà décroché deux Palmes d’Or, deux Oscars du Meilleur film —, le cinéaste n’a depuis cessé de remettre le fruit de ses succès dans de nouvelles aventures cinématographiques, composant une œuvre où, régulièrement, la jeunesse américaine voit ses ambitions fracassées par les guerres ou les crises. S’il faut s’attendre (avec impatience) à la traditionnelle rétrospective et à la masterclass du cinéaste, on peut espérer que celui-ci vien

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Francis Ford Coppola, 11e Prix Lumière

Festival Lumière | Le Prix Lumière 2019 sera décerné à Francis Ford Coppola au cours de la 11e édition du Festival Lumière qui se tiendra du 12 au 20 octobre à Lyon.

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

Francis Ford Coppola, 11e Prix Lumière

Il est le premier cinéaste à avoir remporté l’Oscar pour un film et sa suite (Le Parrain et Le Parrain 2e partie), à avoir décroché deux Palmes d’Or “de l’ère moderne“ (Conversation secrète et Apocalypse Now)… Producteur, scénariste, monteur, viticulteur, à la fois figure tutélaire du Nouvel Hollywood et patriarche d’une impressionnante dynastie de cinéma, Francis Ford Coppola succède donc à son camarade Martin Scorsese (2015, également passé chez Roger Corman) et à Jane Fonda (2018) — deux autres grandes figures du Nouvel Hollywood. Âgé de 80 ans, Coppola qui n’a plus sorti de long-métrage depuis 2012 et son fascinant Twixt, n’a pour autant pas pris sa retraite et développe de nouveaux projets. Il profitera peut-être de sa venue à Lyon entre les 12 et 20 octobre prochains pour en révéler la teneur. Le Prix Lumière, qui constitue une reconnaissance pour la contribution du récipiendaire au cinéma mond

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Mise à prix

Théâtre | C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Mise à prix

C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de la place à ceux qui n’en trouvent pas. Et ainsi permettre l’émergence si souvent réduite à la portion congrue sur ces grands plateaux, quoique les Célestins aient toujours été attentifs - la compagnie La Meute de Thierry Jolivet peut en témoigner. Dotées d’écoles nationales (ENSATT, Comédie de Saint-Étienne), régionales (conservatoires…), la région est un véritable vivier d’artistes que l’on ne voit que trop peu. D’où cette idée qu’ils puissent montrer leur travail au cours de deux week-ends. Celui des 14 et 15 juin sera l’occasion de voir des maquettes : quatorze projets (parmi 136 !) ont été retenus et des extraits sous forme de lecture, vidéo, morceaux de scènes seront visibles. Du 21 au 23 juin, huit créations seront jouées en intégralité. 110 candidats à ces grands formats se sont faits connaitre. À chaque fois, un jury de professionnels (non rhônalpins pour éviter toute collusion) et un autre constitué de trente abonnés volontaires du théâtre remettront des prix amenant

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Lumière sur Nolan !

Rétrospective | L’Institut Lumière célèbre Christopher Nolan qui, en moins de vingt ans, s’est affirmé comme l’un des auteurs qui comptent à Hollywood et ailleurs : dix (...)

Élise Lemelle | Mardi 30 avril 2019

Lumière sur Nolan !

L’Institut Lumière célèbre Christopher Nolan qui, en moins de vingt ans, s’est affirmé comme l’un des auteurs qui comptent à Hollywood et ailleurs : dix longs-métrages ont suffi à imposer sa singularité. Cette rétrospective s’ouvrira sur Memento, incarnant à lui seul l’univers Nolan, et retracera sa filmographie complète : depuis Le Suiveur (1999) jusqu’à Dunkerque (2017). Elle sera agrémentée, notamment, par une conférence de Philippe Rouyer et la projection du film fétiche du cinéaste — 2001 de Kubrick — pour achever sa saison. La trilogie Batman - The Dark Night sera aussi de la fête, mais elle donnera lieu à une programmation autonome lors d’une nuit dont la date n’a pas encore été révélée : l’Institut Lumière ayant fait valoir son… Joker. Rétrospective Christopher Nolan À l’Institut Lumière ​du 24 avril au 16 juin

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Nicolas Mathieu : « la France périphérique est une poudrière »

Littérature | Roman noir de la désindustrialisation, portrait d'une jeunesse piégée dans la France périphérique et chronique des années 90 aux troublantes résonances contemporaines, "Leurs enfants après eux" (Actes Sud) de Nicolas Mathieu a remporté en outsider le Prix Goncourt 2018. Son auteur est l'invité d'ouverture de la Fête du Livre de Bron, pour une lecture musicale en compagnie du musicien Florent Marchet. Entretien avec un auteur de classe. À tous les sens du terme.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mars 2019

Nicolas Mathieu : « la France périphérique est une poudrière »

Leurs enfants après eux semble emblématique d'une génération d'auteurs qui a pris en charge – comme l'avait fait Aurélie Filipetti avec Les Derniers jours de la classe ouvrière en 2003 – le récit de la désindustrialisation et de ses conséquences. Cette génération, la vôtre, se sent-elle une responsabilité parce qu'elle s'est construite dans ce contexte ? Nicolas Mathieu : Je ne sais pas si ce sont les fils des derniers ouvriers qui on produit ces textes, en tout cas, il y a des auteurs qui ont grandi dans ces régions dites périphériques, qui arrivent aujourd'hui à maturité et les racontent. L'un des traits communs à ces régions, à une partie d'entre-elles, c'est d'avoir habité la crise. Ces livres parlent davantage de géographie que de désindustrialisation : la France pavillonnaire, le bord des campagnes. Mais j'ai dû mal à détourer des grandes tendances, je me demande toujours si c'est mon œil qui sélectionne et crée des vagues, des écoles, ou si c'est un phénomène qui se produit vraiment. Dans l'exergue, tirée du Siracide, qui ouvre votre roman et lui donne s

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Les Anookis plébiscités

Fête des Lumières | Perturbés par le vent et la manifestation des Gilets Jaunes, les Anookis n'en ont pas moins été les stars de cette édition de la Fête des Lumières. Ils remportent le Prix Lumière de la Ville de Lyon. Retour en images sur les primés.

Nadja Pobel | Mardi 11 décembre 2018

Les Anookis plébiscités

Prix Lumière : Les Anookis Les billes ont été dégonflées voire brûlées samedi lors des manifestations, ils étaient totalement out dimanche pour cause de vent mais les deux inuits de Moetu Batlle et David Passegand ont parfaitement su prendre possession de l'immense place Bellecour en version géante et statique et en film. Ils obtiennent ce prix décerné aux deux tiers par les téléspectateurs de France 3 et à un tiers par un jury de professionnels. Lumière(s) en soie : Prix Recylum Cette installation place Rambaud de Laurent Louyer (Creatmosphère) a obtenu la récompense Recylum avec ses 300 lanternes à énergie solaire concoctées en collaboration avec Les Petits Frères des Pauvres et des résidences seniors de la Ville de Lyon : une proposition douce et chaleureuse. Pigments de lumière : Prix du Club des partenaires Le travail 100% analogique de Carole Purnelle e

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Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Littérature | Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour l'attribution du prix, les organisateurs proposent toujours aux lecteurs de 37 médiathèques et bibliothèques de l'agglomération de choisir parmi cinq ouvrages et cinq auteurs à découvrir, lors de dix rencontres en bibliothèques, le roman de la rentrée littéraire de l'automne. Le prix étant remis lors de la Fête du Livre le vendredi 8 mars. Parmi les auteurs sélectionnés, l'on trouve notamment le lauréat du Prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avec son roman Leurs enfants après eux (Actes Sud). Lequel répondra, en public, aux questions du groupe de lecteurs de la Médiathèque Jean Prévost de Bron le 12 décembre prochain à 19h. Une rencontre suivie d'une dédicace qui constituera un bel avant-goût de la Fête du Livre dont Nicolas Mathieu sera l'un des invités marquants.

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À premières vues : on a fait le tour de la Fête des Lumières

Fête des Lumières | Sans installations éblouissantes mais avec des contrats bien remplis à chaque endroit ou presque, la Fête des Lumières 2018 livre une édition "normale" dont le point d'orgue sera à n'en pas douter la place Bellecour alliée à Antonin Poncet : des Anooki et des vœux.

Nadja Pobel | Jeudi 6 décembre 2018

À premières vues : on a fait le tour de la Fête des Lumières

Hôtel de Ville Rien place des Terreaux, mais avec une installation parfaitement maîtrisée sur nappe d'électro douce, la cour de l'Hôtel de Ville vaut plus que le détour avec Tricolore de Ralf Lottig, habituellement aux manœuvres lumière de gros concerts (Phil Collins, Pink Floyd...) ou de cérémonies d'ouverture de JO (Athènes, Turin, Vancouver). Si ce n'est ce bleu-blanc-rouge trop cocardier annoncé dans le titre, il a parfaitement su envelopper cet espace sans le saturer, immerger les spectateurs dans les écraser. Cathédrale Saint-Jean Toujours attendue, surtout depuis les indépassables Ez3kiel en 2016, la cathédrale Saint-Jean est en proie à une boucle de six minutes 100% analogique (et pas numérique). Moins impressionnante qu'attendue au su de cette singularité, elle n'en reste pas une œuvre très originale qui végétalise la façade plus que jamais. Le mérite en revient au jeune duo Carole Purnelle et le Portugais Nuno Maya qui se faisait la main l'an dernier sur le collège Jean-Moulin. Le passage

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