Festival Lumière : hello, Sydney Pollack !

Vincent Raymond | Jeudi 26 août 2021

Photo : © Pathé distribution


Officiellement, le programme s'en tient toujours à ses premières annonces : Prix Lumière dévolu à Jane Campion, ciné-concert autour du Casanova (1927) restauré d'Alexandre Volkoff, ajout de Kinuyo Tanaka à la section Histoire permanente des femmes cinéastes.

Si la rumeur bruisse de la projection du Van Gogh de Pialat restauré, le directeur artistique du Festival Lumière Thierry Frémaux a surtout glissé au détour d'une interview accordée à Variety de possibles compléments. D'abord, une rétrospective Sydney Pollack (1934-2008). Comédien, puis cinéaste et producteur de premier plan, l'éclectique réalisateur de Out of Africa (1985) ou de Tootsie (1982) a touché à tous les genres, y compris au documentaire sur la fin de sa carrière.

Ensuite, un hommage à Léa Seydoux qui aurait dû en juillet dernier gravir quatre fois les marches sur la Croisette, mais s'était vue privée de festival pour cause de test Covid positif. Lumière pourrait constituer un rattrapage de luxe en pleine promo du James Bond Mourir peut attendre (sortant le 6/10) et permettre des avant-premières du Wes Anderson, du Desplechin, du Ildikó Enyedi. À suivre…

Festival Lumière
Dans tous les cinémas de la Métropole ​du samedi 9 au dimanche 17 octobre

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Jane Campion, 13e Prix Lumière

Festival Lumière | Le timing est bien choisi : tous les yeux sont braqués sur la Croisette où débute demain le 74e Festival de Cannes, et c’est vers octobre qu’on nous (...)

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Jane Campion, 13e Prix Lumière

Le timing est bien choisi : tous les yeux sont braqués sur la Croisette où débute demain le 74e Festival de Cannes, et c’est vers octobre qu’on nous invite à nous projeter… Le 15, très précisément, date à laquelle la 13e récipiendaire du Prix Lumière recevra sa récompense à Lyon. Son nom vient d’être dévoilé : Jane Campion. La cinéaste néo-zélandaise continue d’ouvrir la voie en étant la première réalisatrice à figurer au palmarès, après avoir été la seule couronnée d’une Palme d’Or à Cannes (La Leçon de Piano, 1993, ex aequo avec Adieu ma concubine). Révélée dans la section Un certain regard en 1986 avec Two Friends en 1986, c’est avec Sweetie et surtout Un Ange à ma table (1990), biopic fleuve de Janet Frame qui révéla Kerry Flox qu’elle se fit connaître. Prolifique durant dix ans, où elle offre aux actrices du moment des p

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Campion / Ciment : elle Jane, lui Michel

ECRANS | En mai dernier, alors que Jane Campion était présidente du jury au festival de Cannes — où elle reste la seule réalisatrice à avoir reçu une Palme d’or — Michel (...)

Christophe Chabert | Mardi 16 septembre 2014

Campion / Ciment : elle Jane, lui Michel

En mai dernier, alors que Jane Campion était présidente du jury au festival de Cannes — où elle reste la seule réalisatrice à avoir reçu une Palme d’or — Michel Ciment, rédacteur en chef de Positif, faisait paraître un recueil d’entretiens avec la cinéaste, Jane Campion par Jane Campion, aux éditions Cahier du cinéma — ce qui ne manque pas de piquant quand on connaît les coups de griffe de Ciment envers la revue ! Pour illustrer ces conversations fouillées, passionnées et passionnantes, Michel Ciment présentera ce week-end à l’Institut Lumière cinq films de Campion, en plus de signer son ouvrage et de donner une conférence sur son œuvre. Ne partageant pas totalement son engouement inconditionnel, on ne peut que conseiller de se concentrer sur les trois premiers films de Campion. À l’époque, celle-ci invente un cinéma au féminin où les névroses, sentiments et sensations de ses héroïnes composent le point névralgique de ses mises en scène, créant une confrontation envers un monde encore en proie à la domination masculine et à une grille de rationalité normative. Sweetie montre deux sœurs, l’une angoissée et malheureuse en amour, l’autre excentriq

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Les rails du désir

ECRANS | Il est étrange qu’avec le pedigree affiché par Propriété interdite, le film ait été un peu oublié dans la filmographie de Sydney Pollack. Qu’on en juge plutôt : (...)

Christophe Chabert | Vendredi 15 mars 2013

Les rails du désir

Il est étrange qu’avec le pedigree affiché par Propriété interdite, le film ait été un peu oublié dans la filmographie de Sydney Pollack. Qu’on en juge plutôt : tiré d’une pièce en un acte de Tennesse Williams, son scénario a été co-écrit par Francis (Ford) Coppola et autour du couple vedette Natalie Wood/Robert Redford gravite une galaxie de seconds rôles parmi lesquels on trouve Charles Bronson et le mythique Robert Blake, futur homme mystère de Lost highway et précédemment tueur enfantin dans De sang froid. Le film est-il à la hauteur de ce casting ? Oui, largement. Mélodrame social où un fringant homme de la ville (Nouvelle-Orléans) débarque dans un coin paumé du Mississippi pour y fermer la ligne de chemin de fer et mettre une partie des autochtones au chômage, Propriété interdite est surtout magnétisé par l’érotisme fulgurant de Natalie Wood dans le rôle d’Alva Starr. Naïve et rêveuse, elle connaît son emprise sur les hommes et, limites de la censure obligent, Pollack ne peut que suggérer la monstruosité de sa situation : elle est prostituée par sa propre mère pour garder

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Pialat à poing levé

ECRANS | Une rétrospective chasse l’autre à l’Institut Lumière. Après celle consacrée à Michael Cimino, c’est maintenant Maurice Pialat qui est à l’honneur durant tout le (...)

Christophe Chabert | Lundi 4 mars 2013

Pialat à poing levé

Une rétrospective chasse l’autre à l’Institut Lumière. Après celle consacrée à Michael Cimino, c’est maintenant Maurice Pialat qui est à l’honneur durant tout le mois de mars. Autrement dit, de fortes personnalités, des réalisateurs qui ont essoré leurs producteurs par leur perfectionnisme et leur désir de ne faire aucun compromis. Dans le cas de Pialat, les choses sont plus compliquées encore : son cinéma cherche l’accident, le surgissement de la vie et du naturel dans l’espace contrôlé du tournage. On le sait, Pialat était exigeant avec ses comédiens, matière première et décisive de sa méthode. Pour le meilleur : Depardieu, systématiquement génial chez lui, de Loulou au Garçu, de Police à Sous le soleil de Satan ; Sandrine Bonnaire, qu’il découvre dans À nos amours et retrouve dans Police puis, magistrale, en Mouchette dans Sous le soleil de Satan ; ou Dutronc, inoubliable Van Gogh. Pour le pire aussi, tant ses rapports furent parfois houleux avec certains — Jean Yanne dans Nous ne vieillirons pas ensemble, Sophie Marceau pour Police. C’est cependant ce qui fait la grandeur du cinéma de Pialat : q

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Bright star

ECRANS | De Jane Campion (ÉU-Ang, 1h59) avec Abbie Cornish, Ben Whishaw…

Christophe Chabert | Mercredi 23 décembre 2009

Bright star

L’histoire d’amour entre le poète romantique John Keats et sa jeune voisine Fanny Brawne, amour d’abord hésitant, puis passionné et finalement tragique, semblait un sujet en or pour Jane Campion, un peu en déshérence depuis sa Palme d’or avec "La Leçon de piano". Mais "Bright star" repose sur une convention envahissante qui, si on la rejette, met le film par terre. Campion dénie à ses personnages le droit à la quotidienneté, et les fige dans un langage et des situations qui renvoient sans arrêt à leurs aspirations poétiques. Il y a quelque chose comme un cliché absolu à voir Keats et Brawne se réciter toutes les cinq minutes un poème en prenant un air pénétré, ou à les regarder se tourner autour, n’osant pas se rapprocher charnellement malgré leur évidente communion spirituelle. L’humour cynique à la Oscar Wilde apporté par le personnage de Brown, ami et négatif de Keats, sonne tout aussi artificiel… La mise en scène de Campion, corsetée jusqu’au pléonasme, accentue encore la sensation d’être devant la vision fantasmée d’une époque, comme peuvent l’être certains péplums où tous les personnages s’expriment avec des dialogues de tragédie antique. La cinéaste, autrefois chantre d’u

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