Warhol est vivant !

ARTS | On croyait tout connaître de Warhol, l'un des artistes les plus célèbres du XXe Siècle. L'exposition d'envergure au MAC nous dévoile la part méconnue, voire maudite, de son œuvre, le "deuxième Warhol" et son retour à la peinture. Des œuvres tardives rien moins qu'époustouflantes... Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 9 février 2005

Grand chamboulement dans le monde de l'art. Culture sens dessus dessous. Le Pop et son pape, Andy Warhol (son catholicisme n'a rien d'anecdotique), élèvent la culture populaire et l'iconographie mass-médiatique au rang de l'art. Lissage du haut et du bas, du grand et du petit art, sur une même surface plane éclatant de couleurs vives. C'est le Warhol archi connu des années 1960, le Warhol des soupes Campbell et des boîtes Brillo, des sérigraphies d'Elvis, Marylin, Liz, Jackie... Le Warhol aussi des accidents de voiture, des chaises électriques, des crash aériens, des bombes atomiques et des Fugitifs activement recherchés (avec déjà sur ses toiles : la mort au travail, l'angoisse et la noirceur du monde sur la même trame que le beau sourire de Liz Taylor). Mais c'est le Warhol que vous ne verrez pas dans l'ambitieuse exposition du Musée d'art contemporain. Andy Warhol, l'œuvre ultime présente en effet la seconde partie, méconnue, de la carrière de l'artiste. En 1972, Warhol "revient" à la peinture qu'il avait prétendument abandonnée en 1965 pour se consacrer au cinéma. À partir de 1972 et jusqu'à sa mort en 1987, Warhol reprend polaroïd, sérigraphie et acrylique, pour réaliser deux types de tableaux : d'une part, des portraits de commande qui lui assurent l'essentiel de ses revenus ; des toiles beaucoup plus "personnelles" d'autre part, marquées par l'angoisse de la mort et par l'abstraction. Ces peintures, très décriées par la critique et le milieu artistique de l'époque, constituent l'ossature de l'exposition du MAC.

Entre Mao et le Christ

Première salle : premier choc ! La série des Mao fait face à celle, éblouissante, des Sunset (couchers de soleil). Le MAC ne garde pas le meilleur pour la fin, mais pour le début : ces couchers de soleil réduits à l'essentiel, vibrant d'infinies variations de couleurs vives, constituent l'une des œuvres les plus bouleversantes de l'exposition... Cri de beauté lumineuse et appel à la méditation mêlés, disparition de la figuration à l'horizon et "lever" de l'abstraction. Une abstraction que l'on retrouve tout de suite après avec les Oxidation : Warhol et ses amis ont joyeusement pissé sur de la poudre de cuivre pour donner forme à d'étonnants méandres et tâches verdâtres parmi la surface couleur rouille des toiles. La suite du parcours, thématique et non chronologique, réserve encore bien des temps forts... Une série de Mona Lisa voisinant avec plusieurs Torsos (des peintures de fesses en gros plan), clin d'œil humoristique des commissaires d'expo à la Mona Lisa moustachue de Duchamp titrée LHOOQ ; une salle consacrée aux autoportraits dédoublés de l'artiste ainsi qu'aux portraits de travestis anonymes ou de Josef Beuys ; la petite série des Shadows (quel dommage que le musée n'ait pu en rassembler davantage - d'ailleurs, seul bémol, certaines séries auraient gagné à être plus étoffées), ombres émanant étrangement d'aucun objet que l'on découvre avec émotion dans la pénombre ; les trois Skulls (crânes) entourant un Gun tremblé sur fond orange ; la grande salle consacrée aux dernières toiles de l'artiste, quelque peu prémonitoires : deux Last Supper (d'après La Cène de Léonard de Vinci), The Last Supper-The Big C (toile de dix mètres de long où le Christ se mêle à l'univers de la Harley Davidson), deux grandes toiles en vis-à-vis reproduisant les fameuses tâches du test de Rorschach. Sur 2500 m de surface d'exposition, on en prend plein la vue avec frissons de couleur à l'appui, mises en abîme, exploration de domaines inattendus chez l'artiste, sans compter la confrontation physique avec des œuvres monumentales. De plus, l'accrochage est assez jubilatoire, imitant des accrochages historiques avec des cimaises recouvertes des différents papiers peints conçus par l'artiste, n'hésitant pas à badigeonner les murs de couleurs vives, ménageant ici et là quelques salles obscures où sont projetés des films de Warhol (L'Amour, Heat...), mêlant aux peintures des écrans plats diffusant les émissions TV de Warhol, présentant enfin un grand nombre de photographies et de planches contact inédites d'un artiste qui n'eut de cesse d'enregistrer sur bande sonore, film ou papier photo, tout ce qui vibrait autour de lui.

Libération de vitesses, de surfaces, de simulacres

Warhol est à l'origine d'une imagerie qui constitue une véritable rupture dans l'histoire de l'art, ou plutôt des images. Lorsque Warhol déclare : "Je veux être une machine", c'est sans doute d'une machine à laver, essorer, teindre, repasser, amincir et recycler les images dont il s'agit. Car même lorsqu'il s'attaque à des thématiques plus profondes ou métaphysiques, Warhol les traite avec la même vitesse de surface, la même libération de simulacres que dans ses toiles de la période Pop. À force de copies de copies, à force de séries, à force de rires et d'ironie légère, la grande machine-usine Warhol à la fois réduit et élève l'image à ses purs effets de surface. Good bye auteur, pathos, psychologie, composition, sens caché... Hello simulacres à l'air libre, poudres graciles, minceurs, reflets et ombres détachés de tout référent, de tout réel. "Je suis profondément superficiel" dit encore Warhol, et c'est l'une de ses plus belles phrases. Car, les choses les plus profondes et les plus graves (la mort, l'angoisse, la croyance...) sont abordées à partir de ceci, qui est aussi notre mode actuel de rapport au monde : la peau, la surface, le simulacre. Derrière un simulacre, il n'y a jamais rien d'autre qu'un autre simulacre, et ce à l'infini. Ce vertige dont a su se saisir Warhol est aussi celui qui nous traverse en regardant ses œuvres.

Andy Warhol, L'œuvre ultime
Au Musée d'art contemporain jusqu'au 8 mai.

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Quatre expos ouvertes en août

Regarder | Tout n'est pas fermé en août : voici quatre expos à voir avant la rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 août 2018

Quatre expos ouvertes en août

L'inclassable Impossible de définir ou de classer Erik Dietman (1937-2002), artiste aussi nomade géographiquement qu'esthétiquement. Dietman a eu des amitiés avec des artistes de Fluxus et du nouveau réalisme, des admirations pour Marcel Duchamp ou Kurt Schwitters, mais il est resté libre et farouche, de ses premières peintures réalisées les yeux bandées à ses dernières sculptures ou installations. Le musée revient sur cet électron libre à travers une cinquantaine d'œuvres. Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 17 septembre La contemporaine Le Bleu du Ciel réunit rien moins que dix-sept artistes dont les images (photographies et vidéos principalement) interrogent les normes, les conflits et les points de fuite du monde contemporain. Parmi eux : Bertrand Stofleth, Julien Guinand, Guillaume Robert, Aurélie Pétrel, Karim Kal.... Au Bleu du Ciel jusqu'au 1er septembre

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Warhol en grand format pour les petits

Ateliers Sérigraphie | En écho à son exposition Andy Warhol Ephemera, le Musée de l'Imprimerie organise des ateliers DIY pour les pré-ado afin qu'ils crânent encore plus dans la cour de récré. Explications.

Antoine Allègre | Mardi 3 avril 2018

Warhol en grand format pour les petits

Si votre journal préféré s'est déjà amplement fait écho de la nécessité d'aller voir la collection privée du Québecois Paul Maréchal au très beau Musée de l'Imprimerie, il est plus que temps de se pencher sur la question du jeune public. L'exposition Andy Warhol Ephemera laisse-t-elle bébé dans un coin ? Non. Trois fois non. Les raisons de traîner les têtes blondes du côté de l'édifice dédié aux beaux imprimés semblent évidentes : l'art d'Andy Warhol est immédiat, fun et coloré. Donc, les mômes, aucune raison de pousser de longs soupirs d'ennui. Le service médiation des lieux a même prévu un programme dédié aux familles et leur descendance. Histoire d'avoir toutes les clefs pour mieux comprendre la collection présentée, sont organisées des visites guidées pour l'intégralité de la smala le jeudi 12 avril. Une heure et demie d'explication de textes, de pub et d'image à partir de 15h. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais s

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Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Andy Warhol Ephemera | Andy Warhol est l'un des artistes les plus prolifiques qui ait existé, notamment par son activité commerciale qu'il n'a jamais cessée et encore moins dénigrée. En découle une importante production d'affiches, éditions, emballages et autres créations éphémères, morceaux du quotidien qui nourrissent notre regard. Entretien avec le collectionneur qui a permis l'exposition actuellement en cours au Musée de l'Imprimerie, Paul Maréchal.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 mars 2018

Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Pourquoi exposer Warhol au Musée de l’Imprimerie ? Paul Maréchal : Ce qui me frappe le plus dans cette exposition, c’est la variété et la destination des supports des œuvres qui sont présentées. Le premier mur en est un exemple tout à fait éloquent : vous avez un projet d’étiquette de vin, une couverture de livre, un article de magazine, une pochette de disque, une affiche de film, une invitation à une fête privée. Ça donne le ton ! Ce travail de graphisme chez Warhol dont tout le génie créateur est basé sur l’imprimé, trouve une place toute naturelle dans le Musée de l’Imprimerie de Lyon, ça devait arriver un jour où l’autre (rires). Les douze premières années de sa carrière sont consacrées à l’illustration de magazine. Il comprend ce qu’est le travail d’équipe et va répliquer ce modèle dans son atelier, la Factory, sauf que ce sera son projet artistique. Et même à la Factory, il va publier un magazine, Interview. Il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit. J’aime beaucoup cet autoportrait qu'il a fait à l’aide d’un photoco

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Andy Warhol : sa philosophie de A à W

Biographie | L'ancien rédacteur en chef d'Interview conte ses souvenirs au sein d'une rythmée biographie d'Andy Warhol tout juste traduite : Holy Terror.

Sébastien Broquet | Mardi 27 mars 2018

Andy Warhol : sa philosophie de A à W

Quelle gageure d'écrire une biographie d'Andy Warhol, lui qui n'aimait rien tant que brouiller les pistes et travestir la réalité selon son bon vouloir, inventant ses propres superstars. C'est le pari réussi par Bob Colacello, dont l'ouvrage Holy Terror est traduit aux éditions Séguier. L'ancien rédacteur en chef d'Interview, la revue glamour et people lancée par le maître du pop art, raconte tout : son admiration pour son patron, au centre de toutes les attentions, comme les turpitudes subies par lui ou les proches fréquentant la Factory. Andrew Warhola de son vrai nom était un rien tyrannique, cachottier - peu savaient que c'était un fils d'immigrés pauvres venus de Carpates, en Transylvanie. C'est une immersion au plus proche de l'underground new-yorkais des années 70 jusqu'à la mort de Drella en 1987, et ce n'est pas le moins intéressant dans ce livre nerveux où l'on se prend parfois à fulminer contre cet artiste par trop agaçant, dépourvu de conversation (il aimait demander si la personne qu'il venait de croiser était riche, ou dessina un papillon pour l'offrir à Greta Garbo à qu

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5 expos à voir en mars

Sélection | Andy Warhol, Marion Bornaz, Nicolas & Jean Jullien, Romain Etienne et Ben : voilà un name-dropping plutôt classe d'artistes à ne pas rater en mars.

Lisa Dumoulin | Vendredi 2 mars 2018

5 expos à voir en mars

Andy Warhol On vous en a déjà parlé ici et là mais pour les deux du fond, Andy Warhol fait l’objet d’une exposition à Lyon, grâce aux prêts du collectionneur Paul Maréchal. Le musée a commencé à déballer les cartons et l’on aperçoit déjà des portraits de Mick Jagger et des Beatles, la pochette de l’album Silk Electric de Diana Ross (extrait ci-dessus), la Campbell’s soup version sac en papier, des cartes de voeux Tiffany’s… Andy Warhol Ephemera au Musée de l’Imprimerie et de la Communication Graphique Du 23 mars au 16 septembre Marion Bornaz Photographe habituée des salles de concert, mais aussi des portraits de couverture de nos confrères

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Les expos à voir en 2018

Panorama Expositions | En ce premier semestre, plusieurs expositions initieront de nouveaux horizons de pensée. D’Est en Ouest, du Sud au Nord, la traversée mondiale de l’art se voudra engagée dans la découverte. Qu’il s’agisse de personnalités aussi célèbres que Warhol, Luther King ou Hugo Pratt dont on pensait presque tout connaître, ou d’artistes moins éminents, chacune de ces expositions nous incitera à questionner nos certitudes.

Sarah Fouassier | Mercredi 10 janvier 2018

Les expos à voir en 2018

Le génie publicitaire de Warhol Warhol, avant de devenir l’artiste totem du pop art, était un formidable communicant ayant débuté sa carrière dans la presse en tant que dessinateur publicitaire. Le Musée de l’Imprimerie et de la Communication Graphique va accueillir une formidable collection privée, celle du Québécois Paul Maréchal, sur le thème des imprimés éphémères. L’occasion de se souvenir que c’est l’objet publicitaire qui a amené le maître de la Factory vers les Beaux-Arts, et notamment vers la peinture, dans laquelle il infusa bon nombre des codes de la communication graphique. Une collection qui s’agrandit perpétuellement, et qui regroupe un important fond d’affiches, brochures publicitaires, cartes postales, cartons d’invitations, étiquettes de vin, ainsi que des accessoires tels que des sacs de shopping ou des vêtements. On espère aussi y voir des pochettes d’albums, pas forcément celle du Velvet Underground, mais toutes les autres, puisque plus d’une centaine de covers ont été dessinées par l’artiste notamment pour Aretha Franklin, les Rol

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Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Monument | Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée de l’imprimerie et de la communication graphique qui accueille une partie de son œuvre que l’on connaît moins : ses travaux d’illustrateur, de publicitaire et d’éditeur. Au-delà de ses célèbres reproductions, il a réalisé beaucoup de campagnes publicitaires et politiques, de flyers et cartons d’invitations à des gala pour ses amis… en provenance directe de Montréal, les œuvres sont issues de la collection de Paul Maréchal. On le remercie.

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The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

Rock | Invités à venir faire chauffer l'Épicerie Moderne, de leurs tubes, surtout, moins de leur dernier album, on ne peut s'empêcher, depuis la sortie d'un certain docu de 2004 baptisé Dig !, de raccrocher la trajectoire des Dandy Warhols de celle de leurs doubles maléfiques (ou peut-être est-ce l'inverse) du Brian Jonestown Massacre. Précisément parce que c'est à partir de ce film que les Dandy devinrent moins intéressants, à tous points de vue, et se firent voler la vedette par le loser de la fable, Anton Newcombe que la postérité gardera quand des Dandy on ne gardera que les posters.

Stéphane Duchêne | Dimanche 12 février 2017

The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

Dieu que la postérité est une méchante fille ! Ce ne sont pas les Dandy Warhols qui diront le contraire, même si cette dernière n'en a encore pas fini avec leur cas comme avec celui de leurs ennemis intimes du Brian Jonestown Massacre. Rembobinons le temps jusqu'en 2004, année de la sortie de Dig !, documentaire d'Ondi Timoner que tout fan de rock n'ignore plus depuis longtemps. Son sujet, l'ascension parallèle de deux groupes de pop psychédéliques amis : les Dandy Warhols, que le public connaît par cœur, et The Brian Jonestown Massacre, que ce même public, pour la plupart, découvre. Sauf que le parallélisme, comme l'amitié, ne dure pas bien longtemps. Tandis que, devant la caméra gourmande de Timoner, le Brian Jonestown Massacre n'en finit plus d'imposer, d'exploser, de se bastonner sur scène, de corriger son public, de se fracasser contre les murs, – malgré le génie évident de son leader Anton Newcombe pour composer à la chaîne des chansons fabuleuses et grâce à son

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Warhol, l'artiste-machine

ARTS | En mai 1963, Andy Warhol lance l'une de ses plus fameuses déclarations au Time : « Les peintures sont trop compliquées. Les choses que je veux (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 octobre 2015

Warhol, l'artiste-machine

En mai 1963, Andy Warhol lance l'une de ses plus fameuses déclarations au Time : « Les peintures sont trop compliquées. Les choses que je veux montrer sont mécaniques. Les machines ont moins de problèmes. Je voudrais en être une, pas vous ?» Un an plus tard, dans un loft new-yorkais, l'artiste-machine ouvre la bien nommée Factory ("usine" en français) où sont produits à la chaîne et collectivement aussi bien des sérigraphies que des films, des albums de musique et des "stars". Comme peut-être Marcel Duchamp, comme, plus étonnamment, Alberto Giacometti («J'aimerais arriver à peindre comme une machine» déclara-t-il), Warhol fait partie de ces artistes qui veulent «peindre, dessiner, œuvrer en empruntant le fonctionnement même de la machine» (dixit Maurice Fréchuret, dans le catalogue de l'exposition L'Art et la machine). Soit une volonté de dissoudre l'affectivité et la subjectivité artistiques qui aura une descendance importante avec Piero Manzoni, On Kawara ou le groupe BMPT (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni). Les œuvres de Warhol ne sont malheureusement pas présentes dans l'

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De l'enluminure à Warhol

ARTS | Avec les Presses du Réel, les Presses Universitaires de Lyon ont lancé en 2010 une très belle collection, intitulée "Amphi des arts" et composée de petits (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 5 juillet 2013

De l'enluminure à Warhol

Avec les Presses du Réel, les Presses Universitaires de Lyon ont lancé en 2010 une très belle collection, intitulée "Amphi des arts" et composée de petits livres à la couverture noire et richement illustrés, dont les sujets, originaux, zigzaguent parmi les époques et les genres : de la comparaison de l'approche arabe de la perspective à celle de la Renaissance en Occident (par le célèbre anthropologue des images Hans Belting) à Velázquez vu par les détails en passant par les manuscrits enluminés du Moyen Âge !   Le dernier ouvrage paru, Comprendre Warhol, comprendre l'art contemporain,  est signé de l'historien d'art américain Thomas Crow, qui émet l'hypothèse originale que l’œuvre de Warhol n'est pas tant une position (négative ou positive) sur les vedettes et la société de consommation de son temps, que la création d'un monde autonome. Un monde archétypal peuplé de personnages allégoriques composés dans un style singulier qui rejoue les grands drames humains, les rapports hommes-femmes, la finitude de l'exis

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John Cale, Lyon 2011

MUSIQUES | Altiste classique porté vers l'avant-garde, fondateur du Velvet Underground, producteur avisé et compositeur de musiques de film, John Cale, 69 ans, a tant brouillé les pistes qu'on en a oublié l'essentiel : il est un grand artiste pop. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 octobre 2011

John Cale, Lyon 2011

«Nous tournions le dos au public et s'ils ne nous aimaient pas, ils pouvaient aller se faire foutre.» C'est, selon John Cale, l'invention du Velvet Underground en même temps que la désinvention du rock : lui faire perdre son innocence pour le rouler dans la fange, le sadiser. Toute sa vie, le Gallois que l'on a toujours pris à tort pour le sage savant du Velvet, aura pris le contre-pied de tout, tourné le dos à quelque chose : au Pays de Galles, puis au classique, puis à l'avant-garde, puis au Velvet (malgré lui, certes), et toujours à la facilité musicale quand son génie, mal connu, aurait pu faire de lui une véritable pop star. Pour John Cale, la musique qui, selon Lou Reed, «coule de lui comme l'eau dévalant une montagne», est une révélation quasi mystique : lorsqu'il découvre à 13 ans le miracle de sa capacité à improviser. Et surtout le moyen d'échapper à Garnant, ce bout de Pays de Galles minier et puritain où le quotidien oscille entre touche-pipi du curé local et bagarres entre mecs ; de tourner le dos aussi à un foyer familial sclérosé, grâce aux t

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