Toutes les couleurs des vanités au Musée des Beaux-Arts

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 novembre 2021

Photo : © Jeanne Claudel


Troisième exposition entremêlant les collections du Musée des Beaux-Arts à celles du Musée d'Art Contemporain (et une collection privée), À la mort, à la vie ! Vanités d'hier et d'aujourd'hui vient d'ouvrir ses portes au MBA. Elle réunit quelque 160 œuvres (estampes, sculptures, peintures, photographies, vidéos…), du XVIe siècle au XXIe siècle, sous le thème intemporel de la vanité.

Le parcours n'hésite pas à faire voisiner les époques et les styles les plus différents, dans un accrochage fort réussi. Et décortique tous les aspects de la vanité : danse macabre, les âges de la vie, la vanité des arts et du savoir, les méditations…

Parmi nos découvertes ou redécouvertes fortes de cette exposition, citons : l'installation vidéo Tiny Deaths de Bill Viola, la série photographique bouleversante de Philippe Bazin Faces, deux polyptiques de Jean-Luc Mylayne, deux grandes toiles signées Jim Dine et Paul Rebeyrolle….

À la mort, à la vie ! Vanités d'hier et d'aujourd'hui
Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 7 mai 2022


A la mort, à la vie !

Vanités d’hier et d’aujourd’hui
Musée des Beaux-Arts 20 place des Terreaux Lyon 1er
Jusqu'au 7 mai 2021 2022, mer au lun de 10h à 18h, sf ven de 10h30 à 18h


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Les visages de Philippe Bazin au Musée des Beaux-Arts

Un artiste dans l'expo | Parmi les œuvres de l’exposition À la mort, à la vie !, on peut découvrir des photographies (issues de différentes séries intitulées Faces) de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 décembre 2021

Les visages de Philippe Bazin au Musée des Beaux-Arts

Parmi les œuvres de l’exposition À la mort, à la vie !, on peut découvrir des photographies (issues de différentes séries intitulées Faces) de Philippe Bazin (né en 1954 à Nantes) qui avaient été présentées à Lyon, lors de la Biennale d’Art Contemporain en 1991. Ce sont des visages, cadrés serrés et en noir et blanc, de vieillards, de nouveaux nés, de jeunes adultes, alignés côte à côte sur les cimaises… On reçoit visuellement ces images comme un choc, et non sans une certaine violence au début. Peut-être parce qu’il ne s’agit pas à proprement parler de portraits (avec une approche du portrait plus psychologique et contextualisée), mais de vies-visages nus et jaillissants. Éruptions de traits et de regards, de plis et de textures, de pleins et de creux carnés. Les visages ont un aspect quasi sculptural, tridimensionnel. La "violence" provient sans doute aussi du geste du photographe qui arrache ces visages fragiles à l’uniformisation écrasante des lieux où ils se trouvent à la prise de vue : Ehpad, hôpitaux... « Au fond, j’utilise

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Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

Arts | Rapprochant art ancien, art moderne et art contemporain, l’exposition À la mort, à la vie ! s’empare du thème de la vanité dans toutes ses dimensions. Et s’avère bien davantage une ode au vivant qu’un constat morose ou morbide sur la vanité de nos existences.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 décembre 2021

Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

L’ouverture de l’exposition À la mort, à la vie claque ! On y est accueilli par une famille sculptée du Nigéria, toute d’os de bois composée. Une famille mi-rigolarde mi-inquiétante, où les parents squelettes portent leurs petits squelettes sur les épaules, où l’on danse et grimace, où l’on se fige et regarde vers le néant… Autour de ces sculptures, le peintre Erro compose ses farandoles de squelettes goguenards (années 1950), et des gravures du XVIe au XVIIe siècle représentent le Triomphe de la Mort, l’Allégorie de la Mort, la Mort victorieuse, les danses macabres ! Vertiges de la mort donc, où ça danse parmi les époques, du XVIe siècle à nos jours, des débuts des vanités au Moyen Âge à leurs relectures et à leurs réappropriations tout au long de l’histoire de l’art. De la peste au Covid-19, les savoirs et les regards évoluent, mais pas la finitude humaine ni les questions existentielles. Et c’est dans notre contexte de pandémie qu’a été conçue cette exposition thématique, entremêlant "crânement" les collecti

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Au Musée des Beaux-Arts, une exposition sur la brièveté de la vie

Vanités | Ludmila Virassamynaïken, conservatrice en charge des peintures et sculptures anciennes au Musée des Beaux-Arts, est commissaire de l’exposition À la vie, à la mort ! : rencontre.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 décembre 2021

Au Musée des Beaux-Arts, une exposition sur la brièveté de la vie

Quelle est l’origine de cette exposition sur la vanité ? Ludmila Virassamynaïken : la stimulation principale a été donnée par une collection particulière privée — les propriétaires ont souhaité garder l’anonymat —, dont la vanité constitue l’un des axes très forts avec des œuvres signées Jim Dine, Paul Rebeyrolle… Sur les quelque 160 œuvres présentées, une trentaine provient de cette collection. D’autre part, le contexte de la pandémie a bousculé notre programmation d’expositions, et nous a rappelé dans le même temps notre condition de mortels. Vous insistez sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une exposition sur la mort… La mort y apparaît seulement sous forme d’allégorie et jamais de façon frontale. Les œuvres exposées font toujours un pas de côté dans leur réalisation en soulignant les dimensions esthétiques, humoristiques… Il est davantage question dans cette exposition de l’existence bornée par la mort. On y voit surtout la vie et des vivants, au sens large puisque cela va des êtres humains aux animaux et jusqu’aux végétaux et aux fleurs. Vous avez écrit un article pour le catalogue s

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Au Bleu du Ciel : dire, voir, agir, hors les normes

ARTS | Le photographe Philippe Bazin et la philosophe Christiane Vollaire présentent au Bleu du Ciel trois projets issus de leur collaboration. Trois projets en mots et en photos visant à renverser l'ordre du discours comme l'ordre des perceptions, en inventant une nouvelle photographie documentaire.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 avril 2016

Au Bleu du Ciel : dire, voir, agir, hors les normes

« Comme le pouvoir serait léger et facile, sans doute, à démanteler, s'il ne faisait que surveiller, épier, surprendre, interdire et punir ; mais il incite, suscite, produit ; il n'est pas simplement œil et oreille ; il fait agir et parler. » Cette phrase tirée de La Vie des hommes infâmes (1977) du philosophe Michel Foucault, est sans doute l'une des clefs pour comprendre la démarche critique du photographe Philippe Bazin et de sa compagne la philosophe Christiane Vollaire. Démarche qui se veut une alternative à ce pouvoir contemporain qui, comme ses "prédécesseurs" plus anciens mais sous des formes nouvelles, prête « des mots, des tournures et des phrases, des rituels de langage à la masse anonyme des gens pour qu'ils puissent parler d'eux-mêmes », et détermine des images, des postures, des points de vue. Contre ces images et ses mots formatés, contre le ronron médiatique dominant qui les transmet et les entérine (voire les produit ?), Philippe Bazin nous dit vouloir essayer d'inventer une nouvelle « photographie documentaire. » Une photographie qui se fonde sur une longue période d'investigation sur le terrain et de nomb

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Dans les musées d'art contemporain

ARTS | Alors qu'en coulisses, la dixième Biennale d'art contemporain (du 16 septembre au 3 janvier) se prépare ardemment, le Musée d'art contemporain accueille (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 juillet 2009

Dans les musées d'art contemporain

Alors qu'en coulisses, la dixième Biennale d'art contemporain (du 16 septembre au 3 janvier) se prépare ardemment, le Musée d'art contemporain accueille encore jusqu'au 2 août l'une des expositions les plus émouvantes de la saison : les grands formats photographiques de Jean-Luc Mylayne où l'oiseau et la pomme sont tout à la fois des motifs esthétiques, philosophiques et poétiques. L'artiste effectue aussi dans ses images un impressionnant travail sur les notions de temporalité et d'espace. À l'Institut d'art contemporain contemporain de Villeurbanne (jusqu'au 16 août), l'idée d'espace est confrontée à celle de cerveau dans le cadre d'un «laboratoire» artistico-scientifique initié par la directrice de l'Institut, Nathalie Ergino, et l'artiste Ann Veronica Janssens. La première étape du projet est l'occasion de découvrir plusieurs vidéos et installations de Janssens, mais aussi des œuvres de Lucio Fontana, James Turell, Tony Conrad, Pierre Henry, Nam June Paik, François Morellet, Robert Morris... Autre exposition collective d'art contemporain à ne pas rater : celle du Musée Paul Dini (jusqu'au 20 septembre), autour du thème des métamorphoses avec des œuvres de Robert Combas, Orlan,

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Mylayne, oiseau rare

ARTS | Expo / Au Musée d'art contemporain, le photographe Jean-Luc Mylayne déploie ses grands formats mettant en scène des oiseaux. Naïf ? Non, superbe et poétique ! Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 28 mai 2009

Mylayne, oiseau rare

Le MAC a l'esprit de contradiction. Alors que son premier étage est consacré à la star du rock Alan Vega (voir encadré), les deux étages supérieurs sont dédiés à l'œuvre photographique de Jean-Luc Mylayne, ascète méconnu méditant sur le temps, la mort, la fragilité des choses et des êtres. L'artiste a la réputation farouche et son curriculum vitae se résume à ces mots : né en 1946, baccalauréat de philosophie, vit et travaille dans le monde... Dans le monde des oiseaux surtout, obstinément même, faudrait-il préciser. Car, avec son épouse, Mylayne erre depuis plus de trente ans, en France ou à l'étranger, à la recherche et à la rencontre photographique de merles, colibris, rouges-gorges ou autres volatiles d'espèces généralement courantes. Il ne s'agit pas de traquer l'exotisme ou l'extraordinaire, mais de capter le doux murmure de la vie et de la mort, la rumeur toujours recommencée, voire insoupçonnée, de l'existence parmi ses coordonnées spatiales et temporelles. Derrière l'apparente banalité ou naïveté des œuvres de Mylaine, se découvre très vite une attitude philosophique proche d'un Pascal, avec un homme (ou un oiseau) pris entre deux infinis, des silences éternels, des espace

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