Micro Sillon, ça tourne rond

Cave à Manger | ​Précédemment, on évoquait l'alliance entre vinyles et vins natures : ça se passait chez Satriale, dans les Pentes. Cette semaine, une cave (nature encore, dans le 1er toujours, mais où l'on mange, cette fois) a ouvert à l’enseigne Micro Sillon. Point cette fois d’histoire musicale. Mais une référence à un sacré épisode de la jeune bouffe lyonnaise. Remember 2014…

Adrien Simon | Mercredi 30 juin 2021

Photo : © Micro Sillon


Cet énième déconfinement a vu les terrasses ressortir, et ressurgir des souvenirs. Jusqu'en -2 avant Covid, il y eut un resto qui replaça Lyon sur la carte du manger et du cool : le Café Sillon, né en 2014 — prix du Fooding dans la foulée. L'apothéose ? Une folle nuit, en clôture du festival Attable. Dans les cuisines de ce néobistrot du 7e se réunirent, jusqu'à tard, un bataillon de chefs stars (Troisgros père et fils, Carrette, Grébaut, Aizspitarte). Quelques mois plus tard, bim, le Sillon fermait. Et son chef, Mathieu Rostaing-Tayard, disparaissait des radars. La rumeur dit qu'il reprend du service. Mais du côté de Biarritz…

Le Pays Basque n'est pas lyonnais, alors comment le fantôme du Sillon fait-il pour venir hanter Lyon en ce début d'été ? Mory Sacko disait dans notre dernier numéro qu'un resto ne saurait se réduire à sa nourriture. Qu'un resto ne tient pas que par un chef. Au Sillon, au côté de Mathieu, on trouvait Joanna Figuet, responsable des bouteilles et du service. Celle-ci, après avoir bourlingué (Au Port de By, chez Cécile de l'ancienne Cave de Cécile ; chez Julien Guillot, génial vigneron du mâconnais), revient en ville. Et rouvre. Un Sillon, donc, mais version micro.

Non moins dingues, les anchois

Ça se passe cette fois dans le premier, place Fernand Rey — ses terrasses, ses arbres — en lieu et place du Vin des Vivants. Ce n'est pas un resto, plutôt une cave à manger (du soir) / caviste / épicerie fine. « On veut faire les choses bien. Montrer notre intérêt pour le savoir-faire, apporter notre connaissance des produits, apprendre des choses. Aux gens qui viennent mais à nous aussi... C'est comme ça qu'on reprend l'histoire du Sillon. »

Avec une partie de l'équipe aussi, puisque Mathieu écrira la carte. Qui sera réalisée par Alice, une ancienne du 7e. Une carte de quoi, d'ailleurs ? De petites assiettes de produits top moumoute : à commencer par les charcuteries de Tête Bech (boucherie d'en haut, sur la colline), et les fromages du bout de la rue (le BOF). Des assiettes qui ne parlent pas que lyonnais. Mais qui voyagent — c'est heureux en ce moment. Avec notamment les épices du Comptoir du Cachemire. C'est le piment doux fumé qu'on retrouve sur une poignée de gros haricots blancs, salés au nunc nam séché — un truc qui percute, dès l'apéro. C'est le tandoori masala qui transcende le caviar d'aubergine servi sous beaucoup de basilic, huile de figuier, pain sarde à tremper. Ce sont les graines d'anis qui parsèment un filet de maquereau, cru, assaisonné de câpres délirantes, venues de Pantelleria (un volcan, au large de la Sicile).

Non moins dingues, les anchois, pêchés dans le golfe de Gascogne (conserverie Nardin). Toutes sortes de folies pour accompagner de belles quilles : les Vignes du Maynes, ou bien Souhaut en Côte du Rhône, ou COS pour la Sicile. Et des bouteilles accessibles qui font plaisir, comme une pépite du Beaujolais signée Ducroux, ou un blanc bien tendu du Clos du Tue-Boeuf. L'ensemble s'enfourne et se sirote en terrasse, bien sûr, et quand il fera trop chaud dans un intérieur complètement éclairci par les archi de LFA (du baubuche au sol, chaux sur les murs, bar en carrelage blanc), avec aux murs, quelques félicités à emporter. Comme les bouteilles, câpres et épices suscités, ou encore les tablettes d'un chocolat genevois, « fabuleux », dixit la taulière.

Micro Sillon
6 place Fernand Rey, Lyon 1er
Du jeudi au dimanche, de 14h à 23h

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Mathieu Rostaing-Tayard et Joanna Figuet de retour à Lyon avec Micro Sillon

Bar à vin | Mathieu Rostaing-Tayard, l'ancien chef du Café Sillon et du 126, ouvre un bar-cave à vin dans le 1er arrondissement, confié à son ancienne sommelière et désormais associée, Joanna Figuet. Baptisé Micro Sillon, ce spot forcément très attendu ouvrira le mardi 15 juin.

Sébastien Broquet | Jeudi 20 mai 2021

Mathieu Rostaing-Tayard et Joanna Figuet de retour à Lyon avec Micro Sillon

C'est l'événément de l'été côté food à Lyon : Mathieu Rostaing-Tayard s'apprête à faire son retour, aux côtés de l'ancienne sommelière du Café Sillon, Joanna Figuet. Tous deux, associés, ont repris le Vin des Vivants, ancienne cave / bar où l'on adorait se poser en terrasse ombragée pour l'apéro, que Mathieu Perrin leur a cédé. Le nom de ce nouveau spot qui va obligatoirement draîner tout ce que la ville compte de fins gourmets et bon vivants : Micro Sillon. Of course. Mathieu Rostaing-Tayard nous détaille le concept : « c'est un projet que nous avons construit ensemble, tous les deux. C'est Joanna qui va le gérer au quotidien, car je vis maintenant au Pays Basque. Micro Sillon est une cave et bar à vin, où l'on présentera des vignerons que l'on aime comme Daniel Sage, Claude Courtois ou encore Philippe Valette. Avec de la petite restauration, uniquement le soir, des plats simples — enfin, simples... pour nous — et peu cuisinés. Avec des produits sélectionnés par mes soins, très bie

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Iñaki Aizpitarte : « J'étais fasciné par les bistrots »

Attable : Le mot du chef | Iñaki Aizpitarte, bientôt 46 ans, est le chef du Chateaubriand, premier bistrot à avoir intégré le classement (certes contesté) des 50 meilleurs restaurants du monde. Il vient ce samedi à Lyon dans le cadre du festival Attable.

Adrien Simon | Mardi 13 mars 2018

Iñaki Aizpitarte : « J'étais fasciné par les bistrots »

On te décrit souvent comme un chef rock and roll, voire même punk. Un punk devenu le chef de file d'une bistronomie qui depuis le milieu des années 2000 secouerait la gastronomie française. Iñaki Aizpitarte : On aime bien mettre les gens dans des cases, c'est classique. Quand les journalistes sont passés par ici, voir ce qu'on faisait... disons que ça les changeait. Ils se sont arrêtés sur une ou deux choses qui leur permettaient de nous décrire comme sortant de l'ordinaire - va pour le rock en cuisine. Quant au rôle de chef de file... On n'a pas été les premiers à faire de la bistronomie. il y avait déjà des chefs comme Thierry Coué, ou (plus connu) Yves Camdeborde. Ils sortaient de grandes maisons très codifiées (Senderens, Constant), un peu pince-cul et ont ouvert des restaurants à leur image, des trucs plus chaleureux. Leur cuisine avait des notes un peu plus tradi, plus régionales que ce que l'on fait maintenant. On a renouvelé cet élan-là. C'est avec cette ambition que tu as ouvert le Chateaubriand... De mon côté, je n'ai jamais réfléchi à un concept avant d'ouvrir. J'étais fasciné par les bistrots.

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Attable : la grande bouffe

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Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand cocotier culinaire ». Qui "décaraffonne" les codes. Or, Dieu sait qu'il y en a, des traditions gastronomiques (qui a dit "lourd héritage" ?) à Lyon. Mais comment ruer dans ces brancards-là ? Attable assume de s'appuyer sur la jeunesse cuisinière : celle qui n'a pas attendu les étoiles Michelin pour mettre les mangeurs des métropoles européennes à ses pieds. Mais que peuvent bien faire ces cuistots, devenus rockstars malgré eux, en déplacement à Lyon ? Fomenter un banquet en hommage au grand Paul ? Les artistes locaux (cols tricolores et étoilés + jeune génération) s'occupent déjà du tribute dominical (ce dimanche, À la Piscine). Montrer qu'il n'y a pas qu'en Rhône, qu'on sait bouffer ? On le savait déjà, et on salive d'avance en pensant à la nourriture autrichienne (!), genre marmotte fermentée et foie gras vegan, que prépareront samedi soir (

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Lisa Dumoulin | Samedi 24 juin 2017

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Le Food Market revient à Lyon samedi 24 juin pour faire goûter la cuisine de rue, préparée par des chefs lyonnais. Sur les étals du marché on retrouvera le Café Sillon avec un sandwich à la seiche, le Café Arsène avec un saumon gravlax, le restaurant Messob et ses spécialités ethiopiennes, La Cagette à Malek et ses mezzés, le Café Cousu avec des brochettes, Huuue Cocotte avec un pad thaï poulet et coriandre... mais aussi des desserts, des cafés glacés Extrait, du cidre Appie, des bière Ninkasi et des vins naturels tout droit venus de chez Vercoquin. A déguster place Saint Louis de 12h à 21h30.

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Lyon Street Food Festival | Au premier Lyon Street Food Festival ce week-end, l'on croisera la route des meilleurs food trucks du coin mais pas seulement : des Apothicaires à la Mère Brazier, les top chefs de la ville se la jouent street credibility. Fameux.

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Les food trucks lyonnais se radinent ce week-end aux Subsistances, pour un festival de trois jours autour de la "gastronomie nomade". Les habitués des marchés lyonnais seront ravis de retrouver le bar à jus l’Estanco, le triporteur de Trop Chou ou encore The Rolling Cantine (photo). Ce dernier transformé pour l’occasion en jonque flottante, afin de coller au thème de cette première édition : Hong Kong. Les camions-cuisines assureront le ravitaillement des visiteurs dans la cour, et l'on retrouvera sous la grande verrière des cuisiniers sédentaires s’essayant eux aussi à la bouffe en barquette : les cuistots très en vue du Café Sillon (le dépotant-déroutant resto du 7e), de La Bijouterie (qui joue déjà avec les dim sums dans le 1er), et des Apothicaires (le nouveau spot à ne pas manquer du 6e) y officieront. Tous promettent de se mettre au diapason hongkongais, avec du côté de Tabata et Ludovic Mey (les Apo

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Il fut un temps où la cuisine, en France, n'était pas "cool". Un temps d'avant Instagram, les blogueuses et les yelpeurs ; avant Top Chef, Jamie et Cyril ; avant la "food" (porn, ing, ista) ; avant les brunchs électro, les soirées fooding, les chefs en jean-baskets et tablier bleu. La cuisine en France, à défaut d'être branchée, pouvait être gastronomique, patrimoniale, référence mondiale. Quoique... Fin 90, une certaine presse étrangère la juge « rigide », « ennuyeuse », trop chère. En 2014, le New York Times s'acharne encore : la cuisine française a définitivement implosé ! Mais ses débris sont précieusement ramassés par une flopée de jeunes chefs, (notamment) adeptes de la bistronomie, qui explosent les codes du restaurant de papa et envoient des assiettes mode. À Lyon, parler de bistronomie revient à évoquer En Mets Fait ce qu'il te Plait, improbable chalet au coin des rues Chevreul-Gryphe (la façade a depuis été refaite). Improbable bazar aussi, que son hall d'entrée. Katsumi s'y installe en 1999, seul en cuisine : il décrète que l'on viendra chez lui pour ce qu'il y a dans l'assiette (et les verres) — un point c'est

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