Jaja, du vin nature dans le Vieux-Lyon

Caviste | Qui l’eût cru ? La cave la plus engageante de la rentrée se situe dans le Vieux Lyon, ou plutôt à Saint-Georges. Inauguration officielle fin octobre.

Adrien Simon | Mercredi 6 octobre 2021

Photo : © Jeanne Claudel


Antoine Kochen a hissé le pavillon du vin nature il y a quelques années déjà, rue Leynaud : face au passage des Créateurs d'abord au Café Cousu, qu'il transforma ensuite, avec son frère, en Odessa. En parallèle il organisait des événements signés Jaja Power, dont un festival de début d'été. De confinement en confinement, le voilà maintenant caviste à un jet de pierre de la cathédrale Saint-Jean. Que s'est-il passé ?

« D'abord, j'ai fait du vin. Avec Édouard Adam, un vigneron de l'Hérault. Quand je suis revenu, tout était fermé, on a commencé à organiser de la livraison de vin, on nous contactait sur les réseaux sociaux, on livrait le soir dans notre voiture, parfois jusque loin, en banlieue. » Le "on" ce sont les complices : Chloé Courbière, Laura Jalbert...« Au bout d'un moment, on a eu envie d'avoir pignon sur rue, on a visité ce local et c'était parti. » Dans le Vieux-Lyon ? « On a quitté les pentes, il y a tout ce qu'il faut là-bas, alors qu'ici… »

Ensemble, ils ont donc au printemps investi ce local traversant, aux deux portes d'entrée, scindé en deux : une étagère de pifs (on va y revenir), en face un comptoir (pour en déboucher de temps en temps), et dans une autre pièce une expo photo en cours de démontage. Chloé s'excuse, l'expo est finie, beaucoup de tirages ont été vendus, il fallait démonter et puis le mur va être repeint, en vert. Ce qui n'explique pas tout… En fait, elle et d'autres ont monté un collectif de photographes — Collectif Horizon. Elle travaille dans cette salle du fond, ou de devant — car je rappelle qu'il y a deux entrées — et va s'en servir aussi comme une galerie. Prochainement, Chloé Weinfeld exposera de la gouache, le vernissage est bientôt, le 14 octobre, il y aura sûrement du vin nature.

Pas de cases attitrées sur l'étagère

En fait, c'est un grand mélange : des expos et du vin. Mais pas que. Il y a eu du tatouage. Ça recommencera en novembre, avec Marine Philomen, qui viendra de Paris pour faire des flashs, et elle aura amené sur le siège passager un vigneron de champagne. Du champagne et des tatouages ! « On aime mélanger les gens. On veut désacraliser le vin. Lors d'une autre dégustation, on a fait en sorte que ce ne soit pas le vin qui soit au centre, il y avait aussi un apiculteur, un coutelier, un maroquinier. Les gens étaient contents de se rencontrer, de ne pas se cantonner à un milieu. » Idem pour la sélection de vins. Il n'y a pas de cases attitrées sur l'étagère, les régions se mélangent, les styles, les âges. Ça fait qu'on peut trouver d'un côté un monument, un Poully-Fuissé Vieilles Vignes de la Maison Valette, une quille à 100 balles, magnifique paraît-il. Et quelques bouteilles plus loin, un gamay d'Auvergne ou du beaujolais, par exemple du Domaine des Grottes, qui titre à 11, 5%, « glouglou » dit-on.

« On veut des vins qui se picolent ! » Et beaucoup de jeunes vignerons, comme Corentin Houillon en Savoie, c'est son première millésime et c'est déjà incroyable. Idem pour Lambert Spielmann, qui a commencé le vin en 2018, en trouvant trois hectares en Alsace, qui fait notamment quelques vins blancs macérés comme des rouges. Sinon, Chloé recommande d'aller goûter Étienne Seignovert, qui a 26 ans, basé au-dessus de Tournon (vallée du Rhône Nord) et qui fait des trucs pas lourds pour un sou. Pour son blanc, il ramène de la Jacquère des montagnes et mixe ça avec sa Marsanne. C'est ce qu'on a choisi, on vous tient au courant.

Jaja
5 quai Fulchiron, Lyon 5e
Ouvert du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 16h à 20h30 ; le dimanche de 10h à 13h

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Odessa Comptoir ou le mélange des cultures

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Julie Hainaut | Mardi 30 mai 2017

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Clin d’œil au quartier melting-poté le plus cool de Brooklyn – Little Odessa –, le nouveau repaire d’Antoine et Mathieu se veut un lieu d’échanges et de mélange des cultures, aussi bien dans les oreilles (on a entendu du Ben Harper et du Nina Simone), les gosiers (réveil des papilles assurés) ou sous le coude (du vin, toujours du vin, vous commencez à saisir nos choix éditoriaux, non ?). Depuis toujours, ces deux frères globe-trotters – ils ont vécu, entre autres, à Helsinki, Buenos Aires, New York, Berlin et Barcelone – avaient l’envie de monter leur propre bar. L’opportunité est arrivée un peu par hasard. Le Café Cousu s’arrête – l’équipe a filé du côté des quais du Rhône pour co-créer le fameux nouveau spot estival À la piscine –, les deux frères, tous deux salariés du lieu, décident alors de le reprendre et de le transformer à leur sauce. « Nous avons baigné dans la culture juive de l’Europe de l’Est. Odessa est une référence au quartier new-yorkais mais également à la Russie, la Crimée, ville de notre grand-mère et de nos origines. L’idée de ce bar à vin et à manger est de mettre en avant les mets du monde, de mêler la tradition de l’Eu

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