Au tour du Lou Rugby de lancer son festival avec Vivendi

Stadium de Gerland | Après l'OL de Jean-Michel Aulas qui a annoncé s'associer à Live Nation pour produire les événements de son Arena à Décines, c'est au tour du Lou Rugby d'Olivier Ginon de se lancer dans la production de concerts dans son stade en compagnie d'Olympia Production, filiale de Vivendi : la bataille du divertissement est déclarée à Lyon.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 novembre 2021

Photo : © Picasa


La programmation sera dévoilée le mardi 12 novembre, les dates aussi. Ce jour-là, Yann Roubert, le président du Lou Rugby, sera accompagné de Christophe Sabot, président d'Olympia Production. Tous deux annonceront la création d'un festival en 2022 devant se dérouler au Stadium de Gerland, mais pas seulement, puisque l'association entre les deux entités concerne également de « futurs grands événements musicaux » en plus de ce festival. Quelques semaines après l'annonce de la collaboration entre la multinationale du divertissement Live Nation et l'Olympique Lyonnais pour la future Arena de Décines devant sortir de terre en 2023, c'est donc un nouveau coup de tonnerre qui s'annonce dans le paysage des concerts et festivals à Lyon. Déjà, car une deuxième multinationale du divertissement s'installe en ville — Olympia Production est une filiale de Vivendi et a un appétit d'ogre en ce qui concerne les festivals. Ensuite, car le combat à venir n'opposera pas seulement Vivendi à Live Nation, mais aussi les hommes forts du sport et du divertissement à Lyon : Jean-Michel Aulas et Tony Parker d'un côté, Olivier Ginon, principal actionnaire du Lou Rugby et patron de GL Events de l'autre.

Vivendi, un appétit d'ogre envers les festivals

L'arrivée de Olympia Production à Gerland est d'autant plus marquante que cette société était jusqu'ici associée à... l'OL, dans le cadre du Felyn Festival qui devait se dérouler à Décines au Parc OL, mais qui avait subi deux annulations successives pour cause de crise sanitaire — Red Hot Chili Peppers, DJ Snake & co étaient alors programmés.

Côté Felyn Festival, une édition est toujours annoncée pour l'instant pour juin 2022. Mais si l'OL a signé avec Live Nation (sans exclusivité) et que Olympia Production rejoint le Lou Rugby pour un nouveau festival, il paraît difficile de croire que la filiale de Vivendi soit toujours associée au futur festival de l'OL. Le Felyn pourrait-il alors tomber dans l'escarcelle de Live Nation ? La venue de Stromae à Lyon ce même 17 juin, dans le cadre d'une tournée des festivals comme l'a déclaré Angelo Gopee son tourneur et patron de... Live Nation, pourrait aller dans le sens d'un jeu de cartes rebattues : sera-t-il programmé au Felyn, comme l'a déjà subodoré Lyon Capitale ? Ou bien à Gerland ? Retrouvera-t-on certains de ces noms prévus initialement à Décines au Felyn en 2021, comme les Red Hot ou Black Eyed Peas, à l'affiche du nouveau festival à Gerland en 2022 dont la programmation est promise comme étant « exceptionnelle » selon le communiqué ? On pourrait alors parler de bataille des festivals, si les deux ont lieu. Dans le cadre du bail permettant au Lou d'exploiter le Stadium de Gerland, il est stipulé que cinq concerts par an peuvent y être organisés — la jauge étant fixée aux alentours de 25 000 places pour les concerts.

Ce qui est sûr, c'est que Vivendi ne débarque pas à Lyon pour faire de la figuration ni de l'émergence, mais arrive pour imposer un nouveau rendez-vous sur sa carte des festivals : en France, la multinationale gère déjà Les Déferlantes à Argelès-sur-Mer (qui programme en 2022 Black Eyed Peas et DJ Snake, prévus en 2021 au Felyn finalement annulé...), Live au Campo à Perpignan, le Brive festival, le célèbre Garorock racheté à ses fondateurs ou encore le Blue Note à Paris. D'autres festivals lui appartiennent en Angleterre, ainsi que le 13 Canal Olympia en Afrique, en plus de la mythique salle de l'Olympia à Paris, selon Les Échos. Cette société fondée en 2016 compte en outre à son catalogue des artistes comme Patrick Timsit, Paul Mirabel, Amel Bent, Vitaa & Slimane, Dadju, Tori Amos...

La Halle Tony Garnier prise en tenaille

Du côté du Lou Rugby, on botte en touche sur le mode « venez mardi à la conférence de presse. Le Lou est en support sur ce projet, tout est chapeauté par Olympia Production. Mais oui, ça se passera au Stadium de Gerland. » Du côté d'Olympia Production, pas de réponse. Côté collectivités, Cédric Van Styvendael, vice-président à la Culture de la Métropole nous a confié ce jour ne pas être au courant du tout de ce projet. Nous n'avons pas pu joindre pour l'instant l'adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, également présidente d'une Halle Tony Garnier qui est la voisine immédiate du Stadium de Gerland, pour qui la situation concurrentielle se complique encore un peu plus plus, à l'instar du festival Nuits de Fourvière — tous deux risquent d'être sérieusement secoués par ces deux arrivées de mastodontes du divertissement musical dans une ville jusqu'ici épargnée par ce type de mondialisation.

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Thierry Pilat : « on n'est pas obligé de faire tout le temps de grands artistes »

Halle Tony Garnier | Fraîchement nommé directeur de la Halle Tony Garnier, après plusieurs années au Fil à Saint-Étienne, Thierry Pilat fait le point sur la situation financière, le comportement du public, les évolutions qu'il veut mener, l'arrivée à Lyon de Live Nation et de l'Arena ou encore la fin de Fagor-Brandt. Magnéto.

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Comment se passe le retour des concerts à la Halle ? Thierry Pilat : Ça fait un mois et demi que les spectacles reprennent, les salons également. C'est progressif : il y a un nombre limité d'événements. Le jeu des reports, des annulations, tout ça fait que beaucoup de choses auront lieu en 2022 et il n'y a pas grand chose en cette fin 2021. On s'est concentré surtout sur les spectacles en jauges assises, autour de 5000 spectateurs. À cause du Covid, bien sûr. Des concerts un peu espacés, des salons — et un public qui est un peu timide à revenir. Il y a quand même des bonnes surprises, mais on voit bien que le public n'a pas repris l'habitude d'acheter du billet, de sortir, d'aller voir des spectacles. Donc oui, comme tous les confrères, on se pose pas mal de questions. Et les réponses ne sont pas évidentes. C'est vrai qu'il y a beaucoup de concurrence aussi. L'onde de choc du Covid dure longtemps. On sait que la vraie reprise sera plutôt sur 2023. Ça interroge beaucoup sur le fait qu'on doive aller chercher davantage le public et trouver des explications, rassurer, trouver aussi de nouvelles idées — les gens ont peut-être envie d'autres choses. Il faut du

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Aucune surprise : c'était annoncé dès la campagne électorale, et Nathalie Perrin-Gilbert l'avait répété dans nos colonnes en juin dernier : pas question de céder la Halle Tony Garnier au privé. Ce lieu emblématique de la ville, considéré par son toujours président Jean-Yves Sécheresse comme le « navire amiral des musiques actuelles à Lyon », restera donc bien dans le giron municipal comme l'a annoncé Grégory Doucet lors du conseil municipal du lundi 28 septembre. C'était l'un des dossiers très chauds pointés par son adjointe à la Culture et le maire savait qu'il ne fallait pas tergiverser plus longtemps : ce dossier traîne depuis de longs mois et Thierry Téodori, son directeur historique, avait déjà repoussé son départ à la retraite pour assurer la transition. Le calendrier est fixé : l'annonce pour le recrutement d'une nouvelle directrice ou directeur sera publiée dans quelques jours dans la presse nationale. Le choix sera fait au plus tard début décembre pour une

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À Lyon, point de Zénith, mais une Halle Tony Garnier devenue passage obligé des grosses tournées internationales dans l'agglomération. 115 représentations en 2017, pour 584 188 spectateurs payants et 5M€ de chiffre d'affaire : l'établissement public rapporte entre 200 000 et 400 000 euros chaque année à la Ville de Lyon, à laquelle les bénéfices sont reversés. Voilà un équipement culturel qui rapporte, ce qui n'est pas si courant... Et dont le directeur, Thierry Téodori, veille à respecter l'écosystème local en fermant ses portes en juillet et août, de manière à ne pas concurrencer les festivals (en premier lieu Nuits de Fourvière et Jazz à Vienne) ou en ouvrant ses portes au Festival Lumière. Du côté de la Ville, on parle même d'un « vaisseau amiral » chapeautant l'ensemble des salles du cru, du Kraspek Myzik au Transbordeur. Alors, tout va bien ? Oui, mais pas tout à fait, serait-on tenté de répondre. Téodori sur le départ Déjà, Thierry Téodori se prépare pour la retraite, dans deux ans. Se pose d'ores et déjà la question de sa succession, et remplacer celui qui est une figure incontestable et sans cesse consulté

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