Daisy d'avenir

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 janvier 2012

Doucement mais sûrement, la chose est en train de faire le tour de la toile. La chose, c'est le clip, réalisé par le talentueux Olivier Héraud, de My Pearl, single de Daisy Lambert, jeune chanteur pop lyonnais qui fait déjà débat. La preuve, au sein de cette rédaction les comparaisons pas toujours raccords ont fusé : «Helmut Fritz lyonnais» (notre rédac' chef), «qu'est-ce que c'est que ce truc ?» (notre spécialiste théâtre), «Daisy qui ?» (notre critique art et danse) ou «moi j'aime bien» (votre serviteur, jamais avare d'un avis tranché). Déjà un type qui se fait appeler Daisy, c'est louche. Surtout quand le clip nous présente cet irrésistible séducteur de jeunes filles n'ayant d'yeux que pour une vieille femme à Yorkshire (à moins que ça ne soit l'inverse). Le malentendu semble bien être la sève qui nourrit ce lyonnais dont le label, le toujours très pop et bien inspiré Echo Orange, nous signale qu'il est à ranger du côté «Air Bashung Tellier Gainsbourg Katerine». Allez donc vous débrouiller avec ça. Et c'est pourtant vrai, à l'écoute de morceaux (Santorin, La Femme Fontaine, Le Nuage des Génies) à paraître sur un album prévu pour juin, on navigue bien dans ces eaux-là : Bashung chantant sur du Air des paroles écrites par Sébastien Katerine ou Philippe Tellier : «Qui est-elle / La femme fontaine ?», vraie question au demeurant. Derrière une potacherie qu'on serait plus inspiré de prendre pour du dandysme, Daisy Lambert cultive un sens de l'électro-pop rétro-futuriste qui pourrait bien faire du dégât. Daisy a lâché une Pearl, mais il serait dommage de ne pas attendre la suite car le bonhomme en a dans le ventre.
Stéphane Duchêne

 

«My Pearl» (Echo Orange) disponible en téléchargement

 

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Daisy Lambert, plus haut, plus pop

MUSIQUES | Daisy's back. Le dandy christophien et charismatique, qu'on avait laissé homme à femmes au prénom de fille avec son album Chic Type, reviendra à la rentrée avec (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Daisy Lambert, plus haut, plus pop

Daisy's back. Le dandy christophien et charismatique, qu'on avait laissé homme à femmes au prénom de fille avec son album Chic Type, reviendra à la rentrée avec un disque tout neuf qui commençait à se faire désirer et dont il vient présenter "aux amis" quelques morceaux au Toï Toï. Ce sera le disque d'un homme et donc d'un artiste changé : volontairement moins séducteur – «no need» nous dit-il laconiquement, pour cause de situation amoureuse plus que comblée. Un disque qui «regarde vers le haut», plus haut, higher donc comme le prouve un morceau à propos duquel il faut maintenir l'effet de surprise. Mais aussi De l'autre côté – single en puissance, à notre avis – d'«un ego dissout dans l'amour». Et de fait, pour ce disque, Daisy Lambert a pris le parti de s'entourer davantage. De sa femme qui participe amoureusement aux c(h)oeurs, de son ami Charles Baptiste, autre phénomène arpentant le même univers chanson-pop barré mais délicat où la distinction bon goût/kitscherie n'est qu'une vue de

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Mumblefolk

MUSIQUES | Lieu de choix pour les concerts au plus près de l'âme – se souvenir de Peter Von Poehl – Le Temple Lanterne accueille sous le bon patronage du label Echo Orange une réjouissante soirée antifolk où officieront deux de ses figures trop méconnues : Ish Marquez et surtout Turner Cody. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 avril 2014

Mumblefolk

L'un porte éternel chapeau et moustache et/ou barbe-rousse, French gentleman à la Dutronc/Gainsbourg croisé Huckleberry Finn antifolk. L'autre aurait plutôt des airs de Joe l'Indien, parce qu'il donne pareillement envie de se taire. Le patron de l'antifolk, dixit Adam Green, qui s'y connaît, c'est ce dernier, et ses "disques" autant de trésors cachés. Antifolk. Ce truc aura donc survécu aux années 2000 quand bien même par chez nous les Coming Soon ont viré de bord ; ce qu'il reste d'Herman Düne est retourné à un relatif anonymat après un tout aussi relatif succès, sans que l'on sache lequel, de l'anonymat ou du succès, est dû à l'abandon du dogme antifolk ; tandis qu'Adam Green lui-même s'est avec l'âge mis à crooner. En tout cas, avec des dizaines d'autres, Turner Cody et Ish Marquez travaillent à sa survie. Marquez – figure d'autant plus fascinante qu'elle est médiatiquement quasi-inexistante, comme un équivalent new-yorkais de l'incorruptible André Herman Düne – y travaillant sans doute un peu plus que Cody, davantage brouilleur de pistes.

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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Les Quatre Poptastiques

MUSIQUES | Pour un soir et pour Just Rock ?, le Transbo dégaine le plus improbable et le plus beau plateau de super-héros pop qui soit : la Grimes du Vercors, un chic type nommé Daisy, un pilote de chasse et un géant au nom de 4x4. Le résultat : sublime. Oui, grâce à nos pouvoirs magiques on y était et on vous raconte. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 octobre 2013

Les Quatre Poptastiques

Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement dans le salon Louis-Philippe qui sert de loge au Transbordeur : une fille à la Peau synthétique, un garçon nommé Daisy, un type en nage sous sa combi spatiale et son casque de pilote de Mig-28, et une armoire à glace aux traits féminins et en manteau noir capable de tout envoyer valser dans la pièce d'un simple accès de charisme («Hé ho doucement avec mes fauteuils Voltaire» s'écrie le maître de maison). Un film de David Lynch ou, ce qui revient au même, un rêve sous antihistaminique ? Non : le programme de la soirée du 23 octobre au Transbordeur. Sans doute la soirée phare de cette édition de Just Rock? : Peau, Daisy Lambert (aucun lien), Cascadeur et Rover, réunis tout exprès pour vous envoyer au 7e Ciel et qui vient d'y parvenir.   Last Aqualast

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Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

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Color of night

MUSIQUES | Comme ça de but en blanc – encore que le blanc soit totalement absent de leur univers – les Neils Children ont deux particularités. La première : sous leurs (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 12 septembre 2013

Color of night

Comme ça de but en blanc – encore que le blanc soit totalement absent de leur univers – les Neils Children ont deux particularités. La première : sous leurs airs juvéniles d’Hibernatus pop, les Anglais ont déjà quasi quinze ans de carrière derrière eux, interrompue par une série de démissions et même une courte séparation alors qu’ils commençaient à toucher du doigt quelque chose dans l’ombre de groupes comme Bloc Party ou Razorback. La seconde : l’intégralité des membres du groupe semble droit sorti du clonage simultané et raté (façon La Mouche de Cronenberg) de Brian Jones et Bill Wyman. Ce qui leur donne quelque air de dégénéré psychédélique circa 1969. Ca tombe bien, leur musique, tombée dans l’oreille vintage des Lyonnais d’Echo Orange, devenus leurs tourneurs, a elle aussi la gueule de l’emploi. Mais passée au rimmel curiste d’un Robert Smith qui ne verrait pas la vie qu’en noir et noir. Car les couleurs criardes et mouvantes de leur kaléidoscope s’ébattent dans une pénombre, omniprésente mais changeante. C’est ce que veut signifier le titre d’un album, Dimly Lit («fai

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Chercher le garçon

MUSIQUES | Dandy minute, romantique rieur, crooner "tongue-in-chic" à l'ambivalence assumée, Daisy Lambert dévoile l'univers rétro-futuriste d'un étonnant "Chic type" sur un premier album émouvant et jouissif parce qu'émotif et jouisseur. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 avril 2013

Chercher le garçon

Ton album Chic Type est plutôt déroutant mais il l'est encore plus pour qui t'a découvert avec la chanson et le clip qui l'ont précédé. N'as-tu pas eu peur que ce single, My Pearl, un tube plutôt pas sérieux, ait donné une fausse image de toi et de ta musique ?Daisy Lambert : Disons que c'était une sorte d'apéritif... Et puis le tube, faut pas se mentir, c'est un désir commun à pas mal d'artistes. On est aussi là pour être aimé. Avec My Pearl, j'ai eu envie de faire plaisir à la caissière comme au lecteur de Télérama, mais c'est bien sûr complètement illusoire. Pourquoi avoir attend

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Docteur Daisy et Mister Love

MUSIQUES | Comme d'autres grattent pour dénicher le cochon sous l'homme et les draps, il faut parfois écailler l'artiste pour y dénicher le "chic type". C'est le cas (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 avril 2013

Docteur Daisy et Mister Love

Comme d'autres grattent pour dénicher le cochon sous l'homme et les draps, il faut parfois écailler l'artiste pour y dénicher le "chic type". C'est le cas pour Daisy Lambert, dont le premier effort ne se laisse apprivoiser ni comme un disque pop à l'efficacité rétro ni, encore moins, comme le premier disque de variété venu. Il faut l'écouter et le réécouter pour qu'il vous emporte, qu'il vous prenne, comme Dominique De Villepin entendait prendre la France. Parce que derrière le micro, derrière le masque du dandy un peu branque, se cache un musicien à la sensibilité à fleur de peau et à la pudeur ad hoc. Qu'importe si sur la ballade désabusée Odéon, un des deux titres de l'album réalisés par Frédéric Lo (Daniel Darc, Stephan Eicher...), qui très rapidement ne vous lâche plus, Daisy chante un peu beaucoup comme Marc Lavoine – après tout ce n'est pas tous les jours qu'on nous donne envie de réévaluer Marc Lavoine. Les références de Daisy Lambert sont à mille lieues de celles qu'ont a l'habitude de croiser dans l'époque pop actuelle, en tout cas pas quand on les mélange toutes ensembles : Jean-Michel

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Année Erotic ?

MUSIQUES | On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 octobre 2012

Année Erotic ?

On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, il suffit d'écouter quelques secondes de ce jeune groupe lyonnais pour que le marché de l'érotisme s'empare de vous comme une jeune fashionista d'un cachemire à moins 70% un jour de soldes. Il n'y avait guère qu'Echo Orange, maison d'énergumènes comme Fireball FC, Daisy Lambert ou The Rebels of Tijuana, pour se faire souteneur d'un projet aussi allumé et addictif (aidé en cela par le Grolektif et Jarring Effects en un curieux mélange de genres). Lequel est manifestement en train d'aguicher au-delà du périphérique lyonnais puisque le buzz – celui du râle de l'amour physique – fait son petit bonhomme de chemin avec un taux de pénétration non négligeable. La faute à un titre qui commence à pas mal tourner : Rumblin', méla

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Vintage pur jus d'Orange

MUSIQUES | Que ce soit dans son esthétique visuelle ou dans ses choix musicaux, il existe à Lyon un label musical qui défend une certaine idée du vintage lorgnant vers un âge d'or perdu de la pop : Echo Orange. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 janvier 2012

Vintage pur jus d'Orange

De la pop très 60's d'A-Song aux accents yéyé des Rebels of Tijuana, de l'univers 100% 70's de Fireball F.C. au girl group à l'ancienne Monkberry Moon Orchestra, on se croirait échappé d'une capsule spatiale qui nous aurait déposé à une autre époque, sur la planète des songs. Ou au bar de feu le Sergent Pop-Penny Lane-Plastic People puisqu'on pouvait y croiser jadis la plupart de ces gens, qui pour certains ont fait partie d'un groupe aujourd'hui disparu et devenu mythique pour une poignée de popeux lyonnais : les Rams, d'ailleurs présents sur la compile du label, Orange Juice. «Si Echo Orange existe et ces groupes existent aujourd'hui c'est aussi un peu grâce aux Rams, confirme Maxime Jacquard, directeur artistique d'Echo Orange. C'est un groupe que j'ai découvert il y a dix ans et qui m'a complètement bluffé à la fois par son talent et sa démarche esthétique." Amplis à lampe et fétichisme Pour Maxime Jacquard, ce parti-pris vintage «est une manière pour les musiciens de retrouver certaines valeurs musicales perdues. Au sein du label, il y a le fantasme de retrouver le son d'une certaine époque : un son chaud qui

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Écho sonorange

MUSIQUES | Festival / On pourrait dire du festival Écho Orange qu'il a un peu des airs de mini Just Rock ?, le festival qui, à l'automne, nous fait généralement (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 8 avril 2011

Écho sonorange

Festival / On pourrait dire du festival Écho Orange qu'il a un peu des airs de mini Just Rock ?, le festival qui, à l'automne, nous fait généralement oublier la chute des feuilles mortes, mais ce serait un peu mentir. Car Écho Orange a son identité propre, probablement plus marquée que le festival organisé par Mediatone. C'est qu' Écho Orange au départ, c'est un label lyonnais qui défend bec et ongles une certaine idée de la pop. Le symbole en est sans doute A*Song, figure de proue de l'esquif Écho Orange. Mais il ne s'agira pas seulement ici de faire la promotion de l'écurie locale. Si A-Song, The Invaders et les semi-Lyonnais de Rebels of Tijuana, des garagistes aux mains pleines de cambouis, seront bien présents, l'essentiel de la programmation s'étend bien au-delà des frontières lyonnaises et des frontières tout court. Par exemple avec John & Jehn, de la new new wave venu de Poitou-Charentes où l'on sait capitaliser sur le désir d'avenir pour composer d'ombrageuses ritournelles propres à affoler les sondages. Ou avec le folk très californien friendly de Da Brasilians qui comme leur nom, ni leur musique, ne l'indiquent pas, sont Normands. Installés à Paris depuis quelques lustre

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