Jazz à Vienne se dévoile

MUSIQUES | Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays, celui d'un département situé à l'autre bout de la France et même d'une route qui, depuis Lyon, ne mène plus vraiment... à Vienne. N'est pas Rome qui veut. Encore que. Car chaque saison, la cité des Allobroges nous rejoue en son Théâtre antique des jeux du cirque jazzy dont le premier temps consiste à présenter les gladiateurs à la foule. Jazz à Vienne, ceux qui vont jouer te saluent. Et ils sont nombreux. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 mars 2013

Les agapes débuteront le 28 juin par les 11e Victoires du Jazz (pour donner une idée, c'est comme les Victoires de la musique, sauf que c'est vraiment de la musique). Ensuite, on peut vous présenter tout le monde, à ceci près qu'il n'y a plus grand monde qui nécessite d'être présenté. On retrouve en effet à Vienne les noms qui ont l'habitude de truster l'affiche des festivals de jazz en général et de celui-ci en particulier : le guitar hero mexicain (un concept en soi) Santana (11 juillet), George Benson – on y revient –, l'éternel Sonny "Colossus" Rollins, sans doute le dernier géant du be-bop et du post-be-bop qui avance fièrement sur ses 83 ans (10 juillet), le contrebassiste israélien Avishai Cohen (12 juillet) et le même soir la terrible vocaliste You Sun Nah (vue à A Vaulx Jazz en duo avec Ulf Wakenius mais présente ici en version quartet). Ou encore Marcus Miller, oui, mais en plein «Renaissance Tour» (29 juin), alors bon.

Chick, Champagne et petits pépés

C'est que Jazz à Vienne parvient toujours à injecter un petit goût de nouveauté, à dénicher le petit truc qui donne un goût de "reviens-y" : ainsi avec Chick Corea (30 juin) et son tout nouveau groupe, The Vigil, une petite armada de jeunesse talentueuse que le pianiste a bâti pour régénérer sa manière de faire de la musique. Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf (30 juin aussi) jouera lui l'intégralité de son dernier disque, le très cool jazz Wind. Goran Bregovic, plus connu dans le monde de la pop culture pour ses BO des films d'Emir Kusturica se pointera avec son Orchestre des Mariages et des Enterrements pour être sûr de ne pas mal tomber et offrira du Champagne pour les Gypsies (ça les changera des coups de gourdins), du nom du spectacle né de son disque Alkohol, Sljivovica & Champagne. Quand on connaît l'animal et si on aime les ambiances chargées, dans tous les sens du terme, inutile de dire que ce 2 juillet risque de dépoter.

De même avec l'Orquesta Buena Vista Social Club le lendemain : en compagnie de deux illustres invités, le guitariste Eliades Ochoa et la chanteuse Omara Portuondo, tous deux présents dans le film consacré au mythique groupe cubain par Wim Wenders, continuera, comme il le fait régulièrement, d'entretenir la flamme allumée par Compay Segundo et consorts. A noter que le même soir, l'on pourra voir Roberto Fonseca, pianiste également cubain (c'est la soirée cubaine, allô ?), pour la retranscription scénique de son dernier album Yo, mélange assez ahurissant de sonorités cubaines, de jazz, d'électro, de musique gnaouie et de grioteries maliennes.

"Moule blanche" & "Sugar Man"

Bien sûr, les subtils jeux d'alliance sont aussi à saluer : comme la soirée du 9 juillet à passer en compagnie de Dee Dee Bridgewater et du pianiste Ramsey Lewis annoncée comme «a great evening of Soul and Jazz» (c'est tellement bien que tout le monde devient automatiquement bilingue dès les premières notes, c'est dire) ou la rencontre entre les photos de Guy Le Querrec et le quartet Sclavis, Portal, Texier, Marguet pour L'Oeil de l'Eléphant (4 juillet). Ben Harper, dont on ne faisait plus grand cas, est lui allé chercher un vieil homme nommé "Moule Blanche", enfin Musselwhite, Charlie de son prénom, diabolique harmoniciste de blues né à Kosciusko (aucun lien), Mississippi. Cela a donné un album plutôt bien nommé, Get Up !,  et donnera lieu une prestation scénique sans doute bien salée, le 5 juillet.

D'autant que le même soir, le public de Vienne, et pas mal de gens venus exprès ameutés par l'odeur du buzz, pourront assister à la résurrection de Sixto "Jesus" Rodriguez. Difficile de ne pas y voir l'un des événements du festival tant l'oeuvre du bonhomme, pourtant réduite à deux albums à l'orée des 70's, est aussi immense qu'elle fut ignorée, comme le raconte si bien le documentaire oscarisé Searching for Sugar Man, succès cinématographique surprise qui a remis en scène un Rodriguez qui n'en demandait pas tant. C'est un tout autre genre de nostalgie, en collants à paillettes celle-là, qui animera les spectateurs d'une soirée disco-funk au double effet kiss Kool & the Gang, d'autant plus Chic, que le fondateur d'icelui, Chic donc, Nile Rodgers, sera de la partie (8 juillet).

Dernière nuit

Ajoutez à cela du gospel car Dieu est Amour (Los Angeles Gospel Choir), de la musique antillaise car Dieu est créole (Malavoi, Kassav'), du blues plus blanc que blanc car le Diable est dans les détails (l'albino alligator Johnny Winter) et un bon millier de «découvertes» (Céline Bonacina, Guillaume Perret, Cécile McLorin Salvant et 997 autres...) réparties sur toutes les scènes du festival (Cybèle, Jazz Parade, Jazz Mix, Caravan'Jazz), du brunch musical, de l'atelier, de l'artiste local et vous avez là suffisamment de viennoiseries pour tenir tout l'été.

Surtout au vu de la fin, copieuse, offerte par un Jazz à Vienne qui s'achèvera le 13 juillet lors d'une soirée triple épaisseur et cinq étoiles : le lauréat Rézzo Focal Jazz à Vienne 2012, Imperial Quartet, ouvrira les hostilités avant que ne se succède entre autres Erik Truffaz et le Vuyani Dance Theatre pour un spectacle à quatre musiciens et neufs danseurs venus d'Afrique du Sud, Joe Jackson et son (très gros) orchestre, The Bigger Band, assorti, comme si ça ne suffisait pas, de la violoniste Regina Carter et enfin George «Donne-moi la nuit» Benson à qui il revient forcément de droit, le coquin, d'emporter dans la nuit et dans ses bras cette édition 2013.

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Covid-19 | Le festival de jazz a annoncé l'annulation de sa 40e édition ce mardi matin, faisant suite au discours du président de la République.

Sébastien Broquet | Mardi 14 avril 2020

Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Après d'autres grands festivals nationaux, comme les Eurockénnnes de Belfort ou le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de tirer les conséquences du discours d'Emmanuel Macron tenu le lundi 13 avril : il n'y aura pas d'édition 2020, qui devait accueillir Jill Scott (photo), Nas ou Jamie Cullum. Jouant sur les mots, utilisant l'euphémisme "report" plutôt que l'évident "annulation", la direction a communiqué ce mardi matin : « c’est avec beaucoup d’émotion mais avec conscience et responsabilité que nous vous informons du report à l’été 2021 de notre 40e édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain. Cette décision fait suite à l’annonce du président de la République Emmanuel Macron lundi 13 avril interdisant la tenue de grands événements tels que les festivals avant mi-juillet. » Le coup est rude pour un festival qui avait su se réinventer et dynamiser sa programmation depuis trois ans, par la grâce d'un rajeunissement de l'équipe et d'un soutien financier accru de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les conséquences seron

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Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 février 2020

Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas n'importe lesquels. Après Wynton Marsalis, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, voici que le festival allobroge annonce les venues de trois pointures : le légendaire rapper Nas (The Message, If I ruled the world, souvenez-vous), la soulissime Jill Scott qui vient fêter les 20 ans de son Who's Jill Scott et la star mondiale Michael Kiwanuka. Peut-être davantage un bombardement qu'un saupoudrage, cette annonce.

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Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Festival | Comme chaque année, les festivités estivales de Jazz à Vienne commencent à être dévoilées à l'approche de l'hiver. En plus des premiers noms, le festival innove cette fois un drôle de projet anniversaire : un album Panini.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 décembre 2019

Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Non content d'accueillir, pour donner forme à l'identité visuelle de sa quarantième édition, les talents graphiques de Juanjo Guarnido (connu et multiprimé pour le culte Blacksad, également décorateur et animateur), Jazz à Vienne innove cette année en confiant au dessinateur habité par la grande vitalité du festival les rênes visuelles du concert dessiné monté en partenariat avec le festival d'Angoulême et qui réunira donc l'Espagnol et le plus Français des bluesmen anglais, Hugh Coltman. Autre britannique habitué de JAV, Jamie Cullum, passé au fil des ans et des disques de petit fiancé rebelle du jazz à celui de mètre-étalon. Cette année, Jazz à Vienne mettra surtout le cap sur l'Afrique avec le projet pluridisciplinaire Africa2020 étalé sur l'ensemble de l'année et du territoire français à la remorqu

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Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Portrait | Après Brüno en 2018, c’est lui qui donne des visages et des images au Festival Jazz à Vienne. Rencontre avec un illustrateur prolifique associant depuis plus de trente ans musiques et couleurs : Jacques de Loustal.

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Droit comme un i, vêtu avec une élégance non ostentatoire, il saute prestement de sa bicyclette, semblant surgir d’un album de ses confrères Dupuy & Berbérian. Quelques volées d’escalier plus haut, on pénètre dans son atelier d’artiste ; les murs confirment sans l’ombre d’une hésitation son identité. Outre quelques peintures accrochées ici ou là, et quelques travaux en cours, une bibliothèque chargée jusqu’à la gueule d’albums et d’ouvrages mêlant jazz, cinéma, littérature et illustration, voisine avec des piles de CD. L’atmosphère studieuse de cet antre du XIXe arrondissement parisien ne la rend pas moins accueillante : le canapé, guère éloigné de la table à dessin, ne semble pas avoir pour seule vocation de décorer les lieux. Jacques de Loustal s’y octroie une poignée de minutes de sieste chaque jour, dit-on. On raconte aussi qu’il aurait un autre studio dans les Monts d’Or quand il se déplace en région lyonnaise. Car l’homme aime les voyages, autant qu’il est passionné de musique. La faute à ses grands frères, qui l’ont initié au jazz, au blues et ensuite au rock :

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John Zorn, marathon man

Jazz à Vienne | Pour sa venue à Jazz à Vienne, le protée musical John Zorn ne fait pas les choses à moitié : cinquante œuvres tirées de ses Bagatelles, quatorze groupes sur scène et quatre heures de concert. Un marathon immobile à courir absolument.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

John Zorn, marathon man

Inclassable, voilà sans doute le seul terme qui permette de définir (et donc de ne pas définir) le travail du musicien d'avant-garde John Zorn. Saxophoniste alto, clarinettiste, pianiste influencé par la musique de compositeurs comme Charles Ives et John Cage, on pourrait dire que le New-Yorkais de 65 ans a touché à tout. Mais en réalité, il a fait plus que cela, ce qu'il a touché, il l'a creusé en profondeur, déconstruit et remodelé, comme lorsqu'il s'est attaqué à une relecture d'Ennio Morricone, encensée par le compositeur lui-même, a appliqué les trouvailles cinématographiques de Godard à la musique, réinterprété Ornette Coleman sous un angle punk hardcore, testé les limites « du format habituel du groupe de rock » au sein d'un combo comprenant notamment le guitariste Bill Frisell et le chanteur Mike Patton, puis avec Bill Laswell. Zorn a ainsi ratissé tous les genres possibles, de la country au grindcore, en passant plus tard par la musique klezmer, avec son groupe Masada, et les musiques classiques et mystiques. S'inspirant en grande partie des techniques de John Cage et du free jazz qui, chacun à leur manière, laisse

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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Robert Rodriguez & Rosa Salazar : « Alita montre un monde dystopique et potentiel »

Alita : Battle Angel | Appelé par l’équipe d’"Avatar" pour réaliser "Alita", Robert Rodriguez signe un divertissement d’anticipation visuellement éblouissant transcendé par la comédienne Rosa Salazar. Tous deux évoquent la conception d’un film au fond politique assumé…

Vincent Raymond | Mardi 19 février 2019

Robert Rodriguez & Rosa Salazar : « Alita montre un monde dystopique et potentiel »

Jon Landau, coproducteur du film avec James Cameron, dit qu’Alita a constitué le plus grand défi de votre carrière. Partagez-vous son opinion ? Robert Rodriguez : Il s’agit certainement du plus grand défi de ma carrière. Et c’est génial ! Quand on commence à avoir une carrière assez longue comme la mienne, on a envie de faire des choses nouvelles. Ça fait longtemps que je suis ami avec James Cameron — dont je suis aussi fan. Je m’étais toujours demandé, à la façon d’un éternel étudiant, comment il pouvait continuer à fabriquer des films comme un artisan. On n’imagine pas que Jim a fait ses débuts avec des films à petit budget — après tout, il a travaillé pour Roger Corman, il a fait Terminator pour presque rien comme j’ai fait El Mariachi. Comment a-t-il pu faire ce saut vers le “gros cinéma“ avec de gros budgets et des échelles bien plus importantes ? J’ai toujours choisi des films à budget modeste, et comme Jim je veux éviter les studios, parce que j’adore la liberté que donne le cinéma indépendant. J’ai un petit budget, mais je fais en sor

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Le Pinocchio 2.0 de Robert Rodriguez : "Alita : Battle Angel"

Sci-fi | De Robert Rodriguez (É-U, 2h02) avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Le Pinocchio 2.0 de Robert Rodriguez :

Le XXVIe siècle, après une féroce guerre. Dans la décharge de la ville basse d’Iron City, un docteur/mécanicien trouve une cyborg démantibulée ultra-sophistiquée qu'il répare et nomme Alita comme sa fille défunte. Il découvre qu’elle présente d’étonnantes dispositions au combat… La récente poussée des membres de la trinité mexicaine Iñarritu/Cuarón/del Toro ne doit pas oblitérer leurs camarades, actifs depuis au moins autant longtemps qu’eux dans le milieu. Tel le polyvalent Robert Rodriguez, Texan d'origine mexicaine, qui signe ici après Sin City (2005) une nouvelle adaptation de BD – en l’occurrence un manga futuriste de Yukito Kishiro. On reconnaît dans cette version augmentée de Pinocchio (où la marionnette serait une cyborg et son Gepetto un savant doublé d’un traqueur de criminels) l’empreinte du producteur James Cameron : perfection formelle absolue des images, rigueur du récit, spectaculaire immersif (les courses en motorball ne déchirent pas : elles dévissent), distribution soignée… Peut-être tient-on un pendant à Blade Runner, en moi

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Gitanes sans filtre : "Carmen et Lola"

¡Hola Amor! | de Arantxa Echevarría (Esp, 1h43) avec Rosy Rodriguez, Zaira Romero, Moreno Borja…

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Gitanes sans filtre :

Carmen s’apprête à convoler avec un jeune Gitan de sa communauté madrilène, quand elle rencontre Lola, travaillant sur les marchés comme elle. Rebelle, grapheuse et lesbienne, Lola lui révèle la possibilité d’une autre romance. Avec, comme conséquences, le secret ou l’exil… De la difficulté de sortir du rang et des traditions séculaires… Drame sentimental urbain et bariolé, Carmen et Lola est aussi un film ethnographique où Arantxa Echevarría montre à quel point l’homosexualité féminine, considérée comme une malédiction dans une culture soumise à des codes ultra patriarcaux, peut encore créer de rejet et de violence, avec de surcroît — hélas — la complicité des femmes de la précédente génération. En filigrane, la réalisatrice montre l’ostracisme et la méfiance dont les Gitans sont l’objet en Espagne, qui les contraint à demeurer en vase-clos, dans un analphabétisme humiliant. Ce contexte permet de mieux mesurer la menace pesant sur les deux protagonistes hors du groupe : une marginalisation définitive sans espoir de futur, ni retour en

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Jazz (en) fusion

Jazz à Vienne | Avec Magma, Christian Vander a opéré dès la fin des années 60 une petite révolution musicale dont beaucoup ne se sont jamais remis et dont lui-même n'est jamais sorti. Toujours au front, le légendaire batteur aux étranges glossolalies sera à Vienne pour opérer la fusion du Théâtre Antique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Jazz (en) fusion

À ce jour, en quasiment 50 ans de carrière, Magma a enregistré plus de live que d'albums studio et de fait, il est peu de personnes qui, pour s'être trouvées un jour à un concert de Magma, toutes époques confondues, n'en ont pas gardé de sérieuses séquelles, plaçant là le groupe parmi les expériences musicales les plus intenses qui puissent exister. Les plus sérieusement vrillées aussi car comme "venues d'ailleurs" : un concert de Magma ne ressemble, encore aujourd'hui, à aucun autre. Sans doute parce que Magma ne ressemble à personne. C'est que son fondateur Christian Vander a été à bonne école, grandissant, grâce à un père musicien, dans le giron direct de grands batteurs tels qu'Elvin Jones (frappeur de Coltrane) et Kenny Clarke, des amis de la famille à l'esprit libre comme l'air. Et quand on se fait offrir sa première batterie par le maverick de la trompette Chet Baker, c'est que l'on est promis à un destin particulier. Plus grand que la vie et au-delà du raisonnable, c'est ainsi

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Jazz à Vienne : toute la programmation

Avishai Cohen, Jeff Beck, Melody Gardot, Marcus Miller... | Le festival Jazz à Vienne a dévoilé ce soir l'intégralité de sa programmation, avec de nombreuses soirées thématiques (Afrique, Brésil, hip-hop, funk, blues...) et quelques valeurs sûres. Voici tout le programme.

Sébastien Broquet | Mardi 20 mars 2018

Jazz à Vienne : toute la programmation

Jeudi 28 juin Al McKay’s Earth Wind & Fire Experience ouvre les festivités. Du bon gros funk à l'ancienne, à la façon 80's, pour lancer une soirée ? C'est facile, mais ça marche à chaque fois. On prend. D'autant que d'autres grands anciens, la Malka Family, émules d'un Funkadelic à la française ayant marqué le début des 90's s'invite aussi sur ce plateau. Pour faire le plein de bonne humeur. Côté club ? On ira voir Forq. Vendredi 29 juin Melody Gardot à l'affiche : le côté le plus pop du jazz, forcément vocal, pour continuer l'aventure. Consensuel, voire familial, puisque l'on découvrira aussi l'expérience Jazz love Disney, avec Hugh Coltman, China Moses, Sarah McKenzie et Myles Sanko... Curiosité. Au Club, le trio jazz punk venu de São Paulo Metá Metá invite quelques amis. Assurément l'un des grands moments du festival, on vous l'annonce de suite ! Sam

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Jazz à Vienne... à Val Thorens

Festival | En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 février 2018

Jazz à Vienne... à Val Thorens

En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus longtemps qu'ailleurs : à Val Thorens à 2300 m d'altitude. Le forfait, très éclectique, comprendra non seulement apéro-jazz, JazzMix, conférence, projection, spectacle jeune public, exposition 10 ans de photos de Jazz à Vienne mais aussi concerts jusqu'en bas des pistes, sis entre 13h et 2h du matin. Avec au programme ; des étoiles telles que le Kyle Eastwood Quintet, China Moses, Foehn trio, le trio funk lyonnais Da Break, Dowdelin et DJ Harry Cover... Et très logiquement, ça s'appelle Jazz à Val Thorens.

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Gregory Porter à Jazz à Vienne

Festival | Trois premiers artistes excitants, un changement radical de charte visuelle : Jazz à Vienne s'offre une cure de jouvence.

Sébastien Broquet | Mardi 21 novembre 2017

Gregory Porter à Jazz à Vienne

Jazz à Vienne poursuit sa mue et ce de manière radicale en ce qui concerne le visuel : exit l'illustrateur historique Bruno Théry qui avait réalisé les 35 précédentes, bonjour Brüno, dessinateur nantais de BD ligne claire remarqué pour son travail avec le scénariste Appollo (Biotope), importé dans le cadre d'un partenariat noué avec le festival de bande dessinée d'Angoulême et amené à se renouveler : chaque année, un dessinateur différent choisi par Angoulême réalisera ainsi l'affiche de Vienne. C'est peu dire que le visuel de cette année, au personnage inspiré de Miles Davis, insuffle un sacré coup de jeune bienvenu... Outre l'affiche, pour chaque édition, un concert dessiné sera partagé entre les deux événements : débuts de grande classe avec une collaboration entre la chanteuse malienne Rokia Traoré côté musique et Rubén Pellejero côté dessin, à qui l'on doit le retour de Corto Maltese. Une date à cocher sans plus attendre (le 26 janvier à Angoulême et le 5 juillet au Théâtre Antiq

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Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Jazz à Vienne | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable Archie Shepp pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait "Trane" ?

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960, au Five Spot à New-York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui déjà un poids lourd, comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor. Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman de ces pionniers, inspirés par quelques travaux remontant aux années 40 déjà, qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop décident d'en briser les conventions, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser. Ascension C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il

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A Night with Nicolas Jaar annulé

Clubbing | La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 9 juin 2017

A Night with Nicolas Jaar annulé

La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par Jazz à Vienne et Nuits Sonores devait rassembler Pan Daijing, Bill Kouligas, Show me the body, Amnesia Scanner, Hvad et Helado Negro autour du génial Nicolas Jaar. Les possesseurs d'un billet peuvent se faire rembourser auprès de leur point de vente.

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"L'Homme aux mille visages" : espion, venge-toi !

Thriller - Le Film de la Semaine | Transformant une escroquerie d’État des années 1980 en thriller rythmé et sarcastique, le réalisateur de "La Isla minima" poursuit à sa manière son exploration critique de la société espagnole post-franquiste, quelque part entre "Les Monstres", "L’Arnaque" et "Les Affranchis".

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Remercié par les services secrets espagnols et ruiné, le rusé Paco Paesa a dû se reconvertir du trafic d’armes vers l’évasion fiscale. Quand Luis Roldán, patron de la Garde Civile soupçonné de détournement de fonds, réclame son aide, il flaire le bon coup pour se refaire. Du billard à mille bandes… Contrairement à Fantômas, Paco Paesa n’a nul besoin de revêtir de masque ni d’user de violence pour effectuer ses coups tordus. C’est par la parole et l’apparence, en douceur, qu’il arrive à ses fins, laissant croire à son interlocuteur ce qu’il a envie de croire. En cela, L'Homme aux mille visages rappelle la grande époque de la comédie italienne, dans sa manière notamment de ridiculiser, voire d’infantiliser les puissants, ravalés au rang de marionnettes dans les mains d’un manipulateur habile. Et de prendre les ambitieux, surtout les corrompus, au piège de leur avidité — c’est "l’arrosé” arrosé, en somme. Faux et usage de vrai Alberto Rodríguez est de ces cinéastes qui, à l’instar de Sorrentino pour Il Divo (2008), s’emparent de faits avérés et de personnalités authentiques pour le

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Peter Harper, frère de

Folk | Le Bal des Fringants reçoit Peter Harper, le benjamin de Ben, lui aussi porté sur le folk.

Sébastien Broquet | Mardi 17 janvier 2017

Peter Harper, frère de

L'on connaissait le grand frère, bien sûr : Ben Harper, folkeux mondialement renommé depuis son hit Like a King. Voici Peter, le petit frère, jusqu'ici surtout repéré dans le milieu de l'art, comme sculpteur de bronze. Ce dernier s'est (re)mis, plus récemment même s'il ne s'en était jamais vraiment éloigné, à la guitare (mais ténor, dans son cas, avec deux cordes en moins) comme au ukulélé. Le benjamin aussi, avait baigné dans l'environnement musical, passant de longues heures au Folk Music Center, ce magasin d'instruments mais aussi d'art lancé par ses grands-parents en Californie, à la fin des 50's, où Ben a fait ses gammes et l'autre frère Joël nourri l'inspiration de ses ouvrages (lui est devenu écrivain). Peter Harper navigue dans les mêmes eaux mouvantes du folk nourri de soul, chante les peines de cœur et l'amour d'une voix qui si elle est chaleureuse, se montre parfois moins profonde qu'on ne l'espérait. Totalement acoustique, sa formule a séduit lors d'une première tournée française l'an dernier et le revoici sur les routes, en solo, défendant un unique album désormais disponible également dans nos c

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L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

MUSIQUES | Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 25 novembre 2016

L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle représente un personnage hybride, mêlant peinture, photographie et matière, qui traduit la richesse culturelle du festival. Rendez-vous du 29 juin au 13 juillet 2017 !

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Jazz : ils re-Vienne

Jazz à Vienne | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Jazz : ils re-Vienne

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms — c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouge sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu ? Qui revient ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, depuis tant d'années, qui laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche (on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter). Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, l'immense guitariste John McLaughlin, l'incontournable Erik Truffaz, la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf, invité dans les plus grands raouts planétaires (cf. Cannes),

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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Cinq bonnes raisons d’aller à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Les festivals s'effeuillent en cette fin d'hiver : au tour de Jazz à Vienne de présenter son programme, relevé et concentré sur les valeurs sûres. Voici notre top 5 (et la programmation complète en bas d'article).

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Cinq bonnes raisons d’aller à Jazz à Vienne

Chic feat. Nile Rodgers Le retour en force du génial Nile Rodgers initié par sa collaboration avec Daft Punk et Pharrell Williams sur Get Lucky entraîne évidemment le come-back de Chic (ou ce qu'il en reste, c'est à dire Nile) sur les grandes scènes de festivals. Revue de tubes en approche : des pépites disco composées avec son acolyte Bernard Edwards (disparu en 1996) à celles concoctées pour d’autres (Sister Sledge, Diana Ross remise en selle par Upside Down, le Let’s Dance de Bowie…), le théâtre va onduler du bodjo, sévèrement. Plaisir pur. Au Théâtre Antique le samedi 2 juillet Ibrahim Maalouf Le génial trompettiste d’origine libanaise s’est imposé durablement sur la scène jazz et au delà, depuis son premier album Diasporas en 2007. Réussissant à se frayer un chemin original et à défricher des pistes inexplorées, si ce n’est parfois par Jon Hassell, Ibrahim Maalouf mêle sonorités orientales et jazz, parfois saupoudrées d’une fine influence hip hop ou électronique.

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La Isla Minima

ECRANS | Deux flics enquêtent sur des assassinats de femmes dans une région marécageuse et isolée, loin des soubresauts d’un pays en pleine transition démocratique. En mélangeant thriller prenant et réflexion historique, Alberto Rodríguez réalise avec maestria un "True Detective" espagnol. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 juillet 2015

La Isla Minima

Au tout début des années 1980, l’Espagne continue sa transition entre la dictature franquiste et la monarchie républicaine. Les échos de cette mutation ne parviennent que lentement vers une région reculée de l’Andalousie cernée par les marais, où les habitants ont définitivement renoncé à mettre leurs pendules à l’heure. Pourtant, l’assassinat de deux jeunes filles lors des fêtes annuelles va conduire deux flics venus de Madrid à débarquer dans cette communauté fermée et discrète pour faire surgir la vérité et lever les hypocrisies morales. Alberto Rodríguez, cinéaste jusqu’ici plutôt mineur au sein de la nouvelle génération espagnole, parvient très vite à lier ensemble son thriller et le contexte politique dans lequel il l’inscrit. Et ce grâce à la personnalité de ses deux enquêteurs : l’un, Juan, obsédé par la résolution de l’affaire, représente la nouvelle Espagne qui se met en place lentement et tente de remplacer les méthodes expéditives des milices franquistes ; l’autre, Pedro, a plus de mal à oublier ses vieux réflexes et y voit surtout une forme d’efficacité non entravée par les droits des suspects. Mais cette tension se retrouve aussi dans l’intrigue elle-même

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Gil & Veloso : amicalement vôtre

MUSIQUES | «Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : amicalement vôtre

«Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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Il pleut des cordes à Guitare en scène

MUSIQUES | Pour être invité à Guitare en scène, ce n'est pas bien compliqué : il suffit d'avoir une guitare. Bon, et accessoirement de savoir en jouer excellemment. (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Il pleut des cordes à Guitare en scène

Pour être invité à Guitare en scène, ce n'est pas bien compliqué : il suffit d'avoir une guitare. Bon, et accessoirement de savoir en jouer excellemment. Ici, on vénère à ce point la six cordes que même quand elle n'en a que quatre, on l'aime quand même. C'est ainsi que l'on retrouvera cette année à Saint-Julien-en-Genevois des stars de la basse comme Sting – qui s'est diversifié au-delà de ce qui fut son instrument d'origine – ou le grand Marcus Miller. Mais pour les dingos de soli et de tablatures, il y a du virtuose : blues avec Sonny Landreth, le guitariste préféré d'Eric Clapton – après Eric Clapton, sans doute – rock progressif avec Steven Wilson, classic rock avec le bellâtre Aynsley Lister, "Black Keys libanais" avec The Wanton Bishops ou hard rock avec Flayed. Sans oublier bien sûr, Scorpions – inventeurs brevetés du soft hard rock. Et celui qui, pour les lecteurs de Guitare Mag, est sans doute l'un des équivalents de Dieu – après Eric Clapton, sans doute : l'Anglais Mark Knopfler,

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

MUSIQUES | En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. Détruisant son studio et sa maison, il a mis à la porte l'une des légendes locales, pilier de la culture musicale et donc de la Culture avec un grand C d'une Big Easy qui l'était soudain beaucoup moins, easy : Allen Toussaint. Mais s'il est "aisé" d'abattre d'un coup de brise un monumental chêne Quercus Virginia, il est plus compliqué d'en effacer l'ombre tentaculaire et infinie. Car Allen Toussaint, c'est à lui tout seul près de 60 ans de musique néo-orléanaise, l'incarnation des mélanges constitutifs de l'art musical local par sa manière de revisiter le R'n'B originel à sa sauce et sa volonté toujours farouche de mêler son talent à celui des autres, quitte à rester volontairement dans l'ombre. Sa carrière solo, pourtant brillante, n'ayant jamais été sa priorité, Toussaint a toujours pris davantage de plaisir a écrire, composer, produire pour les autres dans à peu près tous les styles imaginables, au point de devenir une référence très demandée, y compris par les géants de la pop (Macca, Costello, Joe Coc

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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A Vaulx, du jazz à foison

MUSIQUES | Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

A Vaulx, du jazz à foison

Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas Pourquery puis le Sun Ra Arkestra, les festivités ne s'arrêteront pas là. Enfin si, mais du moins ne commenceront-elles pas là. Dans la même série d'hommages à des artistes ou à des albums mythiques, devenue un peu par hasard l'une des marques de fabrique du festival vaudais, l'un des moments forts de cette mouture 2015 sera Over The Hills, création de l'iMuzzic Grand(s) Ensemble revisitant l'invisitable, à savoir l'opéra-jazz de Carla Bley et Paul Haines (au livret) Escalator Over the Hill, monument musical du tournant 60-70. Stéphane Kerecki et son quartet s'attaqueront eux à la musique de la Nouvelle Vague – également représentée par la projection de ce film free qu'est Pierrot le Fou qui témoigne de l'empreinte cinématographique du festival. Pour le reste, la thématique déployée par Á Vaulx Jazz tourne autour des «soufflants, des voix et des cordes» – ce qui est toujours, il faut bien le dire, un peu le cas. Où l'on

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Pharrell Williams à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 décembre 2014

Pharrell Williams à Jazz à Vienne

Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube interplanéntaire Happy (et, pour ce qui nous concerne, l'un des trois cerveaux de N.E.R.D.). A la différence de la légende soul, c'est toutefois en amont du festival que se produira Pharrell : mardi 23 juin, soit trois jours avant le début officiel des réjouissances (qui se poursuivront jusqu'au 11 juillet). Les places seront en vente à partir du mardi 6 janvier (pour des prix allant de 65 à 79€). Pensez à doubler le noeud à votre mouchoir : il n'y aura certainement pas pour tout le monde.

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La Belle jeunesse

ECRANS | Jaime Rosales poursuit son chemin très personnel fait d’expérimentations formelles et de constat socio-politique sur l’Espagne actuelle, même si "La Belle jeunesse", hormis quelques éclairs de génie dans la mise en scène, patauge un peu dans un naturalisme éventé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 décembre 2014

La Belle jeunesse

Filmer la crise en Espagne, ses conséquences sur une jeunesse qui tente, malgré les impasses sociales, d’avancer et d’élaborer un projet d’avenir : c’est l’ambition de Jaime Rosales et c’est plutôt étonnant de le voir viser si frontalement une question d’actualité. Jusqu’ici, son cinéma parlait de son pays de biais, à travers des dispositifs formels très forts : les split screens de La Soledad, les plans séquences au téléobjectif d’Un tir dans la tête, le noir et blanc et les ellipses de Rêve et silence. Cinéaste passionnant, Rosales est aussi un metteur en scène aventureux et en quête d’expérimentations. Sa façon de suivre Natalia et Carlos, le couple de La Belle jeunesse, en quête laborieuse de jobs foireux et mal payés, surprend donc par le cliché visuel qui lui sert de forme : caméra à l’épaule et image HD mal éclairée

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L'affiche de Jazz à Vienne 2015

MUSIQUES | A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 27 novembre 2014

L'affiche de Jazz à Vienne 2015

A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour nous. Voici donc celle de la trente-cinquième édition du festival, pour le moins surprenante de psychédélisme. On ne sait pour l'heure si la programmation sera à l'avenant, mais vous pouvez d'ores et déjà vous abonner "à l'aveugle" (ou plutôt "à la sourde") à un tarif préférentiel. Par ici : www.jazzavienne.com

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Jazz à Vienne légèrement touché par la grève

MUSIQUES | Après le Festival du court-métrage de Grenoble et le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de répondre à l'appel à la grève lancé par la CGT ce vendredi (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 juillet 2014

Jazz à Vienne légèrement touché par la grève

Après le Festival du court-métrage de Grenoble et le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de répondre à l'appel à la grève lancé par la CGT ce vendredi 4 juillet : les concerts des scènes de Cybèle, de Caravan'Jazz et du JazzMix sont ainsi annulés, de même que celui de Youn Sun Nah aux Musaïques. Les concerts prévus au Théâtre antique sont eux maintenus. Ils batteront toutefois pavillon contestataire (la fameuse croise blanche sur fond noir) et seront précédés d'une prise de parole.

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La dérive des continents

MUSIQUES | Grand archéologue des racines musicales américaines, étonnant voyageur des musiques du monde, le grand maître du blues traditionnel Taj Mahal s'est régulièrement acoquiné avec la crème des musiciens africains et plus particulièrement maliens. A l'occasion de la Nuit africaine de Jazz à Vienne, il retrouve pour un choc continental haut en couleurs l'un de ses complices favoris : le griot Bassekou Kouyaté, spécialiste du luth n'goni. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

La dérive des continents

Henry Saint Clair Fredericks, plus connu sous le pseudonyme de Taj Mahal, est une sorte d'anomalie dans l'histoire de la musique américaine : l'un des rares musiciens de sa génération, native du début des années 40 et nourrie de musique en abondance, se désintéressant du phénomène rock'n'roll et de ses divers avatars, préférant au charme de la nouveauté celui de la tradition jazz, gospel et même classique.  Sans doute peut-on y voir l'influence de parents qui ont connu, avant d'émigrer vers le Massachusetts, l'effervescence de la "Renaissance d'Harlem", important mouvement artistique de l'entre-deux guerres marquant l'affirmation de la culture afro-américaine sous toutes ses formes.  Maîtrisant à peu près tout ce que la musique compte d'instruments à cordes (guitare, banjo, dobro, dulcimer et une quinzaine d'autres), ethnomusicologue diplômé, Taj Mahal met sa science au service d'une remontée du courant americana aux sources du blues, de la country, du folklore hawaïen et de la musique des Caraïbes – d'où la famille de son père, descendante d'esclaves, est originaire –

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Stevie in Wonderland

MUSIQUES | Sur l’échelle des compositeurs pop à l'influence primordiale et éternelle, Stevie Wonder figure en bonne place aux côtés des Beatles et Bob Dylan. Non content d'avoir révolutionné la musique soul dans les années 70, ce génie précoce a toujours su tirer de ses facilités mélodiques des dizaines de tubes entrés dans l'inconscient collectif. Un monstre sacré que Jazz à Vienne s'offre en "Extra night". Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Stevie in Wonderland

A l'occasion de la mort de Michael Jackson, Stevie Wonder rendit à son ancien collègue de la Motown un hommage vibrant et un peu inattendu au milieu de ce concert mondial de sanglots : «Le plus important est l’héritage musical qu’il nous a laissé. Nous devons le célébrer et pas le pleurer. Il ne faut pas tomber dans la négativité». Il joua ensuite une version personnelle d'I Can't Help It, composée par lui-même pour l'album Bad de Jackson, puis I Never Dream You'd Leave in Summer et They Won't Go When I Go, deux titres fortement connotés. Quelques jours après la disparition d'une autre légende, Bobby Womack, initialement programmé à Fourvière (voir encadré), voilà une phrase à méditer : lorsque les grands artistes meurent, on les pleure un peu bêtement, alors qu'ils nous ont fait cadeau d'oeuvres et d'émotions éternelles.  Comme Jackson, Wonder, né Stevland Judkins, est un rare exemple d'enfant star ayant mieux que vaincu l'adolescence. Car le gamin de Detroit rendu aveugle par un accident d'oxygénation en couveuse n'est pas

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Jeff Beck annule sa venue à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Le virtuose de la six-cordes, qui devait se produire à Jazz à Vienne dimanche 6 juillet aux côtés de Joe Satriani et du one-man-band They Call Me Rico, (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 juin 2014

Jeff Beck annule sa venue à Jazz à Vienne

Le virtuose de la six-cordes, qui devait se produire à Jazz à Vienne dimanche 6 juillet aux côtés de Joe Satriani et du one-man-band They Call Me Rico, annule la quasi totalité de sa tournée européenne pour raisons de santé. Le concert est toutefois maintenu et Jeff Beck sera remplacé par le bluesman Lucky Petterson.

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Quincy et cie

MUSIQUES | Rares sont les hommes de l'ombre de l'industrie musicale dont le nom est aussi évocateur que celui de Quincy Jones. A part Phil Spector et George Martin, et peut-être Berry Gordy de la Motown et Sam Philips de Sun Records. Aucun d'entre eux n'aura toutefois été aussi omniscient et omniprésent que Quincy Jones dans la musique américaine. Preuve qu'il l'est toujours à plus de quatre-vingt ans, il nous présente à Jazz à Vienne ses derniers protégés. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Quincy et cie

Pour le grand public, Quincy Jones sera à jamais l'homme qui se cache derrière les plus grands succès de l'ascension fulgurante de Michael Jackson. Celui qui fit d'un jeune homme au talent inégalé une superstar planétaire, "The King of Pop". Mais Jones, producteur de génie – et par producteur, il faut entendre toutes les acceptions de ce terme – est aussi et surtout un musicien né. Ou presque né, gagné par le virus de la musique dès son enfance. Clark Terry lui apprend la trompette à treize ans et Ray Charles l'art de la composition – tant pis si c'est en braille. Il a quinze ans lorsqu'il joue aux côtés de Billie Holiday et Cab Calloway. A la fin de ses études, il rejoint l'orchestre d'un Lionel Hampton bluffé par ses compositions. On dit partout que Quincy a une oreille phénoménale et les plus grands jazzmen s'arrachent ses arrangements. Après un détour par Paris dans les années 50, où il en profite pour suivre les cours de la papesse de la pédagogie musicale Nadia Boulanger – et accessoirement pour diriger Barclay Musiques – Jones revient aux States pour se rapprocher de la pop et enchaîne les succès avec Peggy Lee (If you Go), Lesley Gore

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Jazz à Vienne : Stevie Wonder, en extra le 14 juillet

MUSIQUES | Qui dit "extra night" dit sans doute forcément un peu "nuit extra". Or la fête que nous promet l’annonce pour le 14 juillet de ce concert supplémentaire de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 avril 2014

Jazz à Vienne : Stevie Wonder, en extra le 14 juillet

Qui dit "extra night" dit sans doute forcément un peu "nuit extra". Or la fête que nous promet l’annonce pour le 14 juillet de ce concert supplémentaire de Jazz à Vienne risque fort de surpasser celle, nationale, à laquelle on est paresseusement habitué. Pensez, c’est rien moins que Stevie Wonder qu’on nous sert sur le plateau du Théâtre Antique de Vienne en guise de postface au festival. «A la merveille», comme dirait l’autre. Les tickets étant en vente à partir du 15 avril, il s’agira de se précipiter les yeux fermés pour quérir un sésame bien précieux.

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Jazz à Vienne 2014 - La programmation

MUSIQUES | Entre stars du rock, chouchous assignés à résidence et métamorphes musicaux, Vienne parvient chaque année à faire du neuf avec une formule qui n'en finit plus de faire ses preuves. A l'image d'une édition 2014 de haute volée qui s'achèvera en apothéose. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 17 mars 2014

Jazz à Vienne 2014 - La programmation

A Jazz à Vienne il y a les soirées "stars" et les soirées thématiques... dans lesquelles il y a tout autant de stars. Dans la première catégorie, il faut bien avouer que le festival isérois a frappé un grand coup en s'attirant les grâces, les foudres (c'est la même chose) et les bouclettes de Robert Plant (oui, celui-là même) et ses Sensational Space Shifters. Le même soir, on parie qu'il y aura du monde pour Ibrahim Maalouf, flashé en prime time lors des Victoires de la Musique, ce qui n'est que justice pour ce jazzman protéiforme. Autres incontournables : Jamie Cullum, Bobby McFerrin – dont Vienne est littéralement le pied-à-terre, en colocation avec Youn Sun Nah, qui sera là également en tant qu'artiste résidente et en quartet. Puis voilà les soirées thématiques, à commencer par une soirée "French Touch" garantie sans casque mais avec chapeau, celui de Manu Katché, ainsi que Richard Bona, Eric Legnini, Stefano Di Battista et le Daniel Humair Quartet. Convenons que la touche, aussi française soit-elle,

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Se battre

ECRANS | Jean-Pierre Duret et Andréa Santana ont braqué leur caméra sur une poignée de travailleurs, retraités, immigrés et familles pauvres du côté de Givors, pour un documentaire qui montre, pour la première fois, la réalité de ces oubliés de la société. Très fort. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

Se battre

Cela se passe à quelques kilomètres de chez nous, à Givors. Cela pourrait aussi être n’importe où en France, mais cette proximité-là renforce la puissance de Se battre. En effet, dans l’anonymat médiatique et politique, des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté, dans des situations sociales extrêmement précaires, souvent seuls, ne comptant plus que sur la bonne volonté d’une poignée d’associations pour manger, s’habiller, se loger ; pour vivre, tout simplement. Le documentaire de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana paraît au départ aride, sans fard, brut dans son image comme dans sa construction ; c’est qu’aucun discours, aucune distance ne doit venir se placer entre ces oubliés de la société et nous-mêmes. Quand ils racontent les histoires qui les ont conduits à cette misère qui ne s’affiche pas au grand jour, les témoins le font sans révolte et sans revendication ; c'est cette acceptation résignée d’une situation pourtant inacceptable qui fait lentement infuser la colère que l’on éprouve face à la réalité sur l’écran. Les Invisibles Il y a cette femme, ancienne chef d’entreprise qui, suite à de mauvais choix, a tout perdu et se retrouve

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Les premiers noms de Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après les Nuits de Fourvière et en attendant que Nuits Sonores dévoile sa programmation diurne la semaine prochaine, un troisième festival entre dans la danse (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 24 janvier 2014

Les premiers noms de Jazz à Vienne

Après les Nuits de Fourvière et en attendant que Nuits Sonores dévoile sa programmation diurne la semaine prochaine, un troisième festival entre dans la danse des annonces : Jazz à Vienne. Pour sa 34e édition, programmée du 27 juin au 12 juillet, il recevra Robert Plant (légendaire chanteur de Led Zeppelin), les révélations Youn Sun Nah (qui a fait sensation l'an passé, y compris du côté d'A Vaulx Jazz) et Gregory Porter (lui aussi remarqué à A Vaulx Jazz), ainsi que Manu Katché, Richard Bona, Stefani Di Battista et Eric Legnini. La suite lundi 17 mars.

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Le temps de l’innocence

MUSIQUES | Croisement rêvé entre Melody Gardot et Björk, la Coréenne francophile Youn Sun Nah signe un nouvel album (d)étonnant, tout entier à la gloire de son énergie vocale, de son raffinement et d'un jazz libéré de toute contrainte, quoique habité et nourri de doutes. Christine Sanchez

Benjamin Mialot | Mercredi 10 juillet 2013

Le temps de l’innocence

Dans sa langue maternelle, son prénom la dit innocente. Et c'est bel et bien sans malice que Youn Sun Nah a conquis, en à peine dix ans, l'ensemble de la planète jazz. À 43 ans, elle est aujourd'hui unanimement considérée par ses pairs, la critique et le public, comme l'une des plus grandes voix européennes. Preuve que l'on peut devenir une star, tout en brillant humainement, sincèrement et en toute simplicité.«Quand je pense à tout ce qui m'est arrivé... J'ai eu beaucoup de chance. Le succès, je l'envisage avant tout comme une possibilité de faire davantage de concerts et de voyager partout dans le monde. J'ai commencé à chanter par hasard. Aujourd'hui, je travaille et je fais de mon mieux pour pouvoir faire ce que j'aime le plus longtemps possible. Comme tout s'est passé très vite, j'ai toujours peur que tout s'arrête de la même façon». Itinéraire d'une enfant gâtée Née en Corée, Youn Sun Nah grandit dans un environnement musical, entre un père chef de chœur et une mère cantatrice et actrice de comédies musicales. Admirative voire complexée par le talen

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Sugar Man

ECRANS | Alors que le film sort en DVD, après un succès au long cours dans les salles françaises — à Lyon, le pèlerinage au Comœdia est devenu une étape aussi marquante (...)

Christophe Chabert | Vendredi 28 juin 2013

Sugar Man

Alors que le film sort en DVD, après un succès au long cours dans les salles françaises — à Lyon, le pèlerinage au Comœdia est devenu une étape aussi marquante que le chemin vers Compostelle — il faut se souvenir de ce qui nous a vraiment marqué dans Sugar Man : l’apparition de Rodriguez, en plein milieu du documentaire de Malik Bendjelloul. On le devine à peine derrière une fenêtre sale, comme ces fantômes dont on dit qu’ils ne peuvent pas quitter leur dernière demeure et sont condamnés à la hanter, immuables dans un environnement qui, lui, se délabre. Avant cela, on avait écouté deux pieds nickelés sud-africains raconter leur enquête et leurs détours, parfois ridicules, pour retrouver sa trace. Comme ils cherchaient la même chose avec les mêmes indices, le film donnait le sentiment d’assister à une adaptation involontaire de La Chasse au Snark de Lewis Carroll. Après, on entendait des témoignages qui canonisent Rodriguez en Abbé Pierre du folk, tellement désintéressé que même quand le succès lui tombe dessus, il refile l’ensemble de ses royalties à sa famille et repart faire l’ouvrier dans une

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Wanted : Rodriguez

MUSIQUES | Quasiment sanctifié par le conte-documentaire "Searching for Sugar Man", Rodriguez, attendu comme le Messie, a déçu lors de ses récentes prestations parisiennes. Et si, à la veille de son concert en première partie de Ben Harper (dans le cadre du festival Jazz à Vienne), on attendait finalement un peu trop de cet extraordinaire songwriter qui a déjà beaucoup donné sans jamais rien demander ? Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 juin 2013

Wanted : Rodriguez

«Sugar Man (…), je suis fatigué de ce cirque (…), je suis las de ces jeux dangereux». A presque soixante-et-onze ans, Rodriguez est un homme fatigué qui a raté son rendez-vous avec la gloire. Dont on pourrait croire qu'il a eu plusieurs occasions de la rencontrer, à ceci près que c'est elle qui, tel un dealer, l'a rattrapé maintes fois par le col pour mieux le repousser, False friend (Sugar Man) d'un homme dont les dépendances occasionnelles n'ont jamais inclus ni l'argent ni la célébrité. Et qui se trouve aujourd'hui trimbalé de scène en scène, à cet âge pré-canonique, le long d'une interminable tournée mondiale. Ses concerts parisiens – pris d'assaut – se sont révélés catastrophiques – ce qui ne fut pas le cas de ses prestations américaines et européennes, ni de ses nombreuses apparitions télévisées en live. Rentré se reposer quelques temps chez lui à Detroit, Rodriguez a promis, dans la foulée de déclarations de sa fille, de se «reprendre». Comme s'il nous devait quoi

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Cuba libre

MUSIQUES | D'après une blague qui faisait le tour des cours de récréation auvergnates au début des années 90, les habitants de Cuba ne seraient pas les Cubains, mais les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 20 juin 2013

Cuba libre

D'après une blague qui faisait le tour des cours de récréation auvergnates au début des années 90, les habitants de Cuba ne seraient pas les Cubains, mais les Chipaho. Parce que s'ils ont le cul bas, ils... Voilà. Nous n'avons jamais eu l'occasion (encore moins l'envie) de vérifier si l'anatomie du pianiste havanais Roberto Fonseca, programmé mercredi 3 juillet au festival Jazz à Vienne, était conforme à celle décrite par ce puéril calembour. Ce que nous avons pu constater à sept reprises en revanche, c'est que sa musique, elle, plane très haut. Sept comme le nombre d'albums enregistrés par ce presque quadra qui fit ses armes au sein du Buena Vista Social Club - regroupement de figures historiques de la salsa et du son qu'immortalisa en 1999 le cinéaste Wim Wenders, et dont les survivants se produiront dans le Théâtre antique juste après Roberto.   Baptisé Yo, le dernier en dat

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Jazz à Vienne : Annulation de Sonny Rollins, Ahmad Jamal et Yusef Lateef appelés en renfort

MUSIQUES | Les rumeurs puis les certitudes quant à l'annulation de la tournée européenne du « Saxophone Colossus », Sonny Rollins ont fini par se confirmer et se (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2013

Jazz à Vienne : Annulation de Sonny Rollins, Ahmad Jamal et Yusef Lateef appelés en renfort

Les rumeurs puis les certitudes quant à l'annulation de la tournée européenne du « Saxophone Colossus », Sonny Rollins ont fini par se confirmer et se solder par l'annulation de sa prestation du 10 juillet à Jazz à Vienne. Le saxophoniste américain, bientôt 82 ans, souffrirait de problèmes respiratoires. Un crève-cœur pour les habitués du festival dont le vénérable Sonny est un fidèle.   En remplacement, du grand Sonny, Jazz à Vienne n'a pas fait dans la demi-mesure en convoquant à la même date le pianiste et grand maître de l'improvisation Ahmad « Le Monstre aux deux mains droites » Jamal, 82 ans lui aussi. Autant dire un jeunot comparé à son compère d'un soir, le saxophoniste-flûtiste Yusef Lateef. 92 ans, grand écumeur de tous les jazz et de nombre de musiques exotiques et l'une des influences de John Coltrane (c'est dire s'il a vu passer du monde).   Dire que le spectateur y perdra au change, malgré les regrets liés à l'absence de Rollins, serait donc quelque peu exagéré. Le même soir « Chucho Valdès &

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Jour de fête

MUSIQUES | Pour ceux qui l'ignoraient, il y a une vie après la journée de la femme et celle du dépistage du cancer des roustons, elle peut même être musicale, cette vie. (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 avril 2013

Jour de fête

Pour ceux qui l'ignoraient, il y a une vie après la journée de la femme et celle du dépistage du cancer des roustons, elle peut même être musicale, cette vie. C'est ainsi que le 30 avril a lieu, sous les bons auspices de l'UNESCO, et de l'Institut Thelonious Monk, l'International Jazz Day (ça veut dire «journée internationale du jazz»), dont la capitale sera cette année Istanbul. Le rapport avec Lyon ? C'est que Jazz à Vienne profite de l'événement pour proposer une très complète journée de festivités jazz en la capitale des Gaules, bien sûr, mais aussi de là (Francheville) à là (Saint-Etienne). Concerts, ouverture d'exposition (Django Reinhardt au Fort de Bruissin dans le cadre du 60e anniversaire de sa mort), masterclasses diverses, projections de films (Les Fils du Vent au Comoedia, suivi d'un concert), rencontres en centre pénitentiaire, focus jazz à la BM avec une sélection de disques et documents, et bien sûr, concerts, concerts, concerts (mais ça on l'a déjà dit). En vedette, il en faut une, le pi

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Insomniaque - Semaine du 20 au 26 mars

MUSIQUES | 22.03. Zuper! #5Lancées au crépuscule de l'année 2012, les soirées Zuper! ont, comme le laisse supposer leur nom, d'une fantaisie phonétique à faire passer Michel (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 mars 2013

Insomniaque - Semaine du 20 au 26 mars

22.03. Zuper! #5Lancées au crépuscule de l'année 2012, les soirées Zuper! ont, comme le laisse supposer leur nom, d'une fantaisie phonétique à faire passer Michel Leeb pour un imitateur, pour ambition de programmer la crème des producteurs d'Outre-Rhin. Jusqu'à présent, elles y parviennent plutôt bien, même si la cinquième, accueillie à la Plateforme, aura pour tête d'affiche un Français au pseudo latino : Rodriguez Jr. Ça va que le bonhomme est signé chez Mobilee (Berlin) et que sa tech house n'a rien à envier en groove et en sophistication à celle de ses labelmates.    

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