DJ Duke, l'immortel

Hip-Hop | À La Marquise, qui était son fief, se déroulera le mercredi 10 novembre une soirée en hommage à DJ Duke, décédé le 6 novembre 2020. Une figure incontournable du rap lyonnais et français, qui officiait avec Assassin, a produit pour Akhenaton, scratché pour Le Peuple de l'Herbe, et a croisé le chemin de tout ceux qui pèsent dans le hip-hop. Laissons la parole à ceux qui l'ont côtoyé durant ces trente années d'activisme intensif.

Alpha Saliou Diallo | Mercredi 3 novembre 2021

Photo : ©️ Cédric Darbord | Lyon Hip Hop


Les protagonistes de la table ronde

Jun Matsuoka l'a rencontré en 1998 à la Marquise, quand il venait tout juste d'arriver en France, bien avant de devenir le patron de la célèbre péniche.

DJ Maltfunk l'a découvert dans les années 90 dans des événements rassemblant troupes de danseurs et activistes de la branche européenne de la Zulu Nation. Une rencontre aux prémisses de l'Original Festival.

Gwenael Missire du Notorious Festival et co-organisateur de la soirée hommage, est tombé sur lui en 1997 dans le cadre de l'événement Hip-Hop Non Stop au Pezner (Villeurbanne). Une rencontre qui a insufflé en lui la vocation d'organiser des événements hip-hop à Lyon.

DJ Negatif l'a croisé il y a plus de vingt ans lors d'un contest de skate, puis à Lyon où DJ Duke distribuait des mixtapes en guise de flyers, dans le cadre d'événements comme The Other Side of the Story.

Stéphane Santinelli, éminent pourvoyeur de disques hip-hop, l'a quant à lui rencontré dans les années 90 via DJ Stani (Peuple de l'Herbe) au Cri du Moustique (Lyon 5e).

Yanbra est son acolyte de toujours et légataire, qui l'a accompagné du tout début à la toute fin.


La date du 6 novembre 2020 a été un choc pour la communauté hip-hop. DJ Duke s'en est allé ce jour-là, en plein confinement, sans jamais avoir rien laissé transparaitre de son état de santé. Figure majeure de la scène lyonnaise, il était un grand frère pour celles et ceux qui ont un jour croisé son chemin. Au fil de son parcours s'étalant sur plus de trente ans, il a produit nombre de classiques (Akhenaton, etc.), officié pour le groupe Assassin et fortement contribué à l'histoire du hip-hop à Lyon. L'ambiance est solennelle, lorsque nous réunissons les protagonistes de cette table ronde et amis de DJ Duke pour retracer son parcours avec eux. Tous partagent anecdotes et souvenirs. L'heure est à la commémoration : le DJ était connu pour son entièreté, son sens aigu de la vanne, sa rigueur exemplaire dans le travail et son implication totale dans tout ce qu'il entreprenait. De ses débuts à Dijon à son empreinte dans la culture rap, Duke a laissé derrière lui trois décennies d'activisme et de projets qu'il a en majeure partie orchestrés seul.

Jun Matsuoka prend la parole : « j'étais tout juste arrivé en France depuis Tokyo et il m'a d'emblée chaleureusement accueilli. Je ne parlais pas encore bien français à cette époque, mais on arrivait à converser longuement dans un mélange de français-anglais. Il connaissait très bien la scène japonaise. » Maltfunk poursuit : « on le connait pour son côté chambreur marrant. J'étais avec lui sur Paris pour une date qui fut annulée. Au lieu de nous laisser à l'hôtel et juste rejoindre ses contacts, il m'a branché sur une session avec DJ Low Cut et nous a embarqué avec lui pour nous présenter La Caution et le gratin du hip-hop parisien spontanément. »

Arrivé dans le hip-hop après avoir vu Dee Nasty mixer à la fin des années 80, Duke (et Yanbra) a assisté au début des années 90 à une réunion des acteurs nationaux du rap dans un hôtel à Bordeaux : c'est là qu'il rencontre Jean-Marc Mougeot (fondateur de l'Original Festival), Mr Zou (DNC) et DJ Stani. Ses premiers contacts lyonnais...

Gwenael Missire raconte : « en 1997, je faisais partie de l'asso Panthers dans le cadre de l'évènement Hip-Hop Non Stop au Pezner de Villeurbanne. J'étais jeune, la première fois que je l'ai vu, il y avait tout un tas de groupes comme IPM, Colors et un créneau pour les DJs avec Krisfader et Duke. La première image que j'ai eu de lui était celle d'un grand gars qui imposait un style purement hip-hop au moment où le R'n'B arrivait. J'ai été marqué par son mix en mode New York, j'ai ensuite découvert son taf et acheté ses mixtapes à Dark Fish, une boutique tenue par Mathias le grand frère de Flore, puis ses soirées à La Marquise, Other Side Of the Story. Il était déjà super installé et j'étais spectateur. On s'est parlé un jour au Transbo et je lui ai suggéré d'organiser un festival, il s'est foutu de ma gueule car on était en plein dans la première édition de l'Original Festival. Ce qui m'a marqué, c'est que c'était le seul artiste d'envergure qui venait aux événements que j'organisais, non pas pour se montrer mais juste pour kiffer. » Une connexion entre les deux qui aboutit rapidement à un foisonnement d'événements, à La Marquise et dans des salles qui ne sont plus, ou pendant des sessions conviviales au studio 3e Sous-Sol que DJ Duke partageait alors avec DJ Stani du Peuple de l'Herbe. Ces événements étaient à l'époque de totales prises de risques, les premiers à ramener à Lyon des noms de la scène hip-hop underground américaine. Ces initiatives ont pavé la route à la pléthore actuelle de soirées et concerts rap. Le studio fut lui l'un des premiers à ouvrir ses portes à des groupes précurseurs de la scène lyonnaise.

Récupérer des samples

Jun Matsuoka reprend : « je garde surtout en tête sa gentillesse et sa considération. Quand je suis passé de simple DJ/programmateur à patron, nos rapports sont restés les mêmes. Les soirées que l'on organisait n'étaient pas toutes bénéficiaires. Il était conscient que s'il ne le faisait pas lui-même, personne ne le ferait. On n'avait pas conscience de construire quelque chose, on faisait juste ce qu'on aimait et on s'arrangeait du mieux qu'on pouvait. Il n'y avait pas encore l'Original Festival, il y avait principalement des noms comme IPM sur les affiches. Pendant longtemps, les choses sont restées confidentielles à Lyon en matière de hip-hop. »

Ses vies de DJ et de producteur étaient intimement liées. La chasse aux pépites en binôme avec Yanbra, ou les vinyles que Jun lui prêtait afin de récupérer des samples : DJ Duke vivait et respirait la musique. Ce n'était pas un hobby, mais un mode de vie. Yanbra, son légataire, à son tour s'exprime : « quand je parcours sa collection, je me rappelle de l'histoire qu'il y a derrière chaque disque. La manière dont on l'a chopé, ce qu'il a produit, où est-ce qu'il a mixé avec. C'est très éprouvant. »

« Même quand on l'invitait à l'Ambassade pour un truc dancefloor, il était capable de jouer un Sean Price de manière bien amenée, tout en prenant la température » ajoute Maltfunk. Gwen précise : « c'était un charbonneur avec une éthique. Capable de répondre au pied levé comme pour la soirée avec Madchild, où il est venu en remplacement tout en prenant le temps de se renseigner sur la couleur, et de mettre le feu comme si c'était prévu depuis longtemps. Il avait l'audace et la vision, il était capable de venir sur le tas et de redynamiser un show ! Je lui ai donné carte blanche pour l'after du Notorious Festival et il a ramené JR Ewing, un monument de la culture hip-hop française. »

Yanbra et Maltfunk poursuivent ensemble : « On pouvait sonner chez lui à 2h du mat' et le trouver en train de bosser sur une production, un tournage et un remix d'un même titre dans la même soirée. Il ramenait systématiquement les artistes qui passaient à Lyon dans son studio et sortait uniquement ce dont il était satisfait, peu importe le nom. Il arrivait à certains DJs de légende d'imposer aux locaux une blacklist de titres à ne pas jouer avant eux, DJ Duke n'en avait rien à faire et n'hésitait pas à les remettre à leur place. Il n'y avait vraiment aucune concession dans son mix et ses choix de titres. »

De par son statut et la densité de son carnet d'adresses, DJ Duke aurait pu rester dans les hautes sphères du show-biz et quitter la province, mais il a mis un point d'honneur à placer Lyon sur la carte et à rester proche de ses potes. Maltfunk : « quand il venait à Break Ya Neck, même dans un cadre entre potes, il avait le sens du détail, prenait le temps de masteriser ses mixes avant de les publier. C'était pas un passe-temps, c'était son vrai job. » Parmi ses autres engagements on peut citer son action dans les favelas brésiliennes. Le festival Planeta Ginga, co-fondé avec Rockin' Squat' et Vito, puis l'association John Duke qui a poursuivi l'impulsion, visant à développer la culture dans les quartiers défavorisés. Il a laissé une empreinte au Brésil, étant tres impliqué avec les enfants. Duke était capable de faire un Olympia à Paris puis de chiller dans un petit bar lyonnais le lendemain, de monter un projet dédié aux migrants de la jungle de Calais et de développer des actions culturelles en évitant des fusillades de groupes armés à Rio. Un artiste qui a eu mille vies et endossé mille casquettes, tout en restant humble et discret. Un homme qui a gardé le silence jusqu'au bout sur son état de santé et qui s'en est allé ce 6 novembre 2020, dans une période où l'on espérait pour bientôt les retrouvailles d'une communauté hip-hop dont il était l'un des piliers. Ces retrouvailles auront finalement lieu sous la forme d'une soirée hommage à La Marquise, club emblématique et fief de son œuvre dans la capitale des Gaules. Une soirée hommage qui marque le début des projets dédiés à son œuvre, tant il a marqué. De nombreuses fresques en sa mémoire ornent des murs en Suisse, à Vienne, à Toulouse. Celle de Lyon (à Monsieur Spray, à l'angle des rue Félix Faure et Léon Jouhaux) a été réalisée par Le Môme sur une idée de Mars Yahl. Elles incarnent le respect que le hip-hop dans sa globalité et ses cinq disciplines lui portait et lui porte encore.

DJ Duke Heritage
Avec Crazy B, La Caution (Hi-Tekk & Nikkfurie), Yanbra, K1, Stelio, Midnight, Low Cut, Maltfunk, Slider, Jun Matsuoka
À la Marquise le mercredi 10 novembre à 20h30

DJ Pone, Birdy Nam Nam : « on adorait mixer en binôme »

« J'ai rencontré DJ Duke en 1997 à Rouen lors du Championnat de France DMC. J'avais 19 ans. On s'est revus en 1998 à la Coupe de France. S'en suivit une tournée avec Cut Killer pour Opération Freestyle, avec Scred Connexion, 113, Bauza... Il mixait à cette époque avec Al. C'est à ce moment que s'est établie une réelle connexion entre nous. Quand je l'ai connu, il vivait encore à Dijon puis s'est installé à Lyon où il a organisé plein de soirées à La Marquise. On avait une réelle complicité sur scène et dans la vie. On mixait souvent à la montagne, des fois on s'attendait sans même savoir si l'un de nous était programmé, on adorait mixer en binôme. C'est certainement avec lui que j'ai fait le plus de soirées en duo. On avait énormément de contacts en commun et on se rendait visite autant de fois que possible. DJ Duke est d'ailleurs le premier qui nous (Birdy Nam Nam) a fait venir à Lyon. C'était un véritable ami et c'est surtout en tant que DJ que j'ai connu son travail. À l'époque, Internet n'existait pas et il fallait se déplacer pour voir le taf de quelqu'un. Raison pour laquelle j'ai découvert ses productions dans un second temps. Étant basé sur Paris à cette époque, je ne me rendais pas compte de ce qu'il a construit sur Lyon, notre rapport était surtout centré autour des soirées et nos visites mutuelles. Ces soirées étaient quelque part, un prétexte pour se voir. Aujourd'hui, je regrette de ne pas avoir eu un projet musique avec lui, mais si ça ne s'est pas fait, c'est que ca ne devait pas se faire. DJ Duke connaissait des trucs de ouf et avait un temps d'avance sur le rap indépendant. Partout où il passait, c'était quelqu'un d'apprécié : il était drôle, cultivé, intelligent, motivé. Je vois encore tous les flyers de soirées placardés dans ses toilettes... Je garderais à tout jamais en tête son expression fétiche : “j'en prendrais pour un dollar” tirée du film Robocop qu'il sortait à tout va, son goût pour la vodka-ananas, ses échanges avec Yanbra. Parmi les souvenirs inestimables de lui, je retiens le moment où il a pris ma fille alors toute petite dans ses bras, ou la mythique première soirée lyonnaise au Bistroy avec lui. »


Ogreoner, graffeur : « plus occupé à mettre l'ambiance qu'à la casser »

« Je ne sais même plus quand j'ai rencontré Duke... Sans doute à la fin des années 90. Il m'a tout de suite ouvert la porte, de la discussion mais aussi de son studio. Un jour, je vais le voir et on boit un verre.

- T'as fait quoi ce week-end ?
- J'étais sur Grenoble.
- Mais t'aurais dû me dire, j'ai mixé pour une soirée privée dans un château, y avait tout le monde, les X-Men, Oxmo Puccino... C'était blindé de monde, il y avait plein de meufs...
- Ah merde !
- De toute façon, tu aurais pas pécho : les graffeurs ça a toujours les mains sales...

Je l'ai vu pour la dernière fois en 2019 et on était content de se croiser sur un projet commun sur Paris, on commentait nos parcours, mais dans sa réserve il est resté discret sur sa forme physique, plus occupé à mettre l'ambiance qu'à la casser. »


Nick UDG$, disquaire chez Underground Store : « ce regretté duc de Dijon »

« Rencontré à la Marquise quand j'étais encore au lycée, recommandé par Dafré de KNR, le "dino" comme certains le surnommaient a toujours su étonner, il était imprévisible et authentique comme trop peu. Grâce à ses soirées Overside of The Story, on a pu voir de grands artistes américains comme Large Professor, Defari ou encore R.A. The Rugged Man pour la première première fois à Lyon. Quand je débarquais chez lui accompagné d'artistes ricains avec qui j'étais en tournée européenne, c'était mes vacances car je savais que tout se passerait bien. Son caractère autodidacte et son humour resteront mes meilleurs souvenirs de ce regretté duc de Dijon. »


Kris Fader, IPM : « chambreur de haut vol »

« J'ai rencontré en 1993 Duke dans une salle éphémère qui s'appelait l'Hypnotik, il était grand avec sa casquette et m'avait interpellé par sa grande connaissance du son. Des années durant, on s'est souvent croisé en ville et en soirées à Lyon. J'étais en banlieue et lui dans le centre, mais on se retrouvait souvent là où ça bougeait. Durant la période fin 1990 / début 2000, j'étais résident dans une boîte qui s'appelait le Box Office, à deux pas de chez lui. Lorsque Duke finissait ses sessions d'enregistrement, il lui arrivait souvent de débarquer au milieu de la nuit pour me voir mixer puis on finissait nos soirées dans la rigolade à se chambrer. Lorsqu'il a rejoint Assassin, il montait souvent sur Paris et on s'y croisait avec IPM. C'était toujours un plaisir de le voir. Puis j'ai déménagé de Lyon en 2003, on se voyait moins mais on s'échangeait toujours des messages. Quelqu'un qui n'a jamais fait la moindre concession et fait ce qu'il aimait jusqu'au bout sans jamais rien lâcher. Autonome, autodidacte, chambreur de haut vol et figure importante du hip-hop français, c'est ainsi que l'on se souviendra de lui. »


Henri, mémoire lyonnaise du hip-hop : « du travail de l'ombre que jaillit la lumière »

« Pour parler de DJ Duke je vais commencer par parler de la rencontre, même si je ne m'en souviens pas précisément. Il faut dire que n'importe quel Lyonnais amateur de rap et surtout de bonnes soirées le connaît forcément comme le loup blanc. C'est Stéphane, un ami passionné de son, accessoirement vendeur du rayon rap d'une célèbre enseigne de magasins (agitateurs depuis 1954) qui m'a présenté Yanbra et Duke assez naturellement à force de les croiser aux concerts. C'est clairement l'amour du son qui nous a rapprochés, deux binômes indépendants mais bel et bien complémentaires pour commenter le show du soir, les dernières brûlures jusqu'à bien après la fermeture de la salle les fois où ça ne finissait pas, à l'Ambassade pour déguster les mix de Manoo, pour lequel Duke avait un profond respect et ne tarissait pas d'éloges. C'est important de le souligner, il n'est pas uniquement le champion toutes catégories de la vanne en série, encore moins le genre de gars enfermé dans un style musical, du coup je garde le souvenir de discussions allant de la nuance entre le jeu d'Ibrahim Maalouf et celui d'Éric Truffaz, au dernier projet de Tha God Fahim en passant par l'influence qu'a pu avoir LMNO sur la carrière d'Evidence. Pour moi Yanbra et DJ Duke sont indissociables et le parallèle avec Manu Key et DJ Mehdi est évident. Dans les deux cas, le premier assurant le digging en règle pour mieux abreuver le second de samples. Les deux DJs partagent d'ailleurs le même sens de la bidouille des machines et la même aisance de prise en main. Pour ceux qui pourraient penser que Yanbra était dans l'ombre de Duke alors qu'il assure ses arrières, je dirais simplement que c'est bien souvent du travail de l'ombre que jaillit la lumière et pour paraphraser un autre proche du DJ : ils sont comme la fin et le début, les deux font la paire. Au-delà du fait d'être un activiste de talent maitrisant tout à la fois ses platines comme un instrument, la sélection de ses sets pour retourner n'importe quelle salle, la photo, la vidéo... c'est sa spontanéité qui m'a frappé en le voyant bosser, j'ai eu l'impression de voir un MC s'imprégnant de tout ce qui l'entoure pendant qu'il tape une impro. Un gars purement hip-hop, abordable, blindé d'humour, apportant la même considération à n'importe quel être humain avec lequel il interagit et soutenant toutes les initiatives visant à promouvoir notre culture, qui est et restera à jamais dans nos cœurs. »


DJ Duke Heritage (Hommage)


La Marquise 20 quai Augagneur Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Rap français : Les 90s au sommet

Hip-Hop | Sortez les mixtapes des tiroirs et les baggys de la penderie : les protagonistes d'une certaine époque dorée du rap français sont de retour, pour une tournée passant par la Halle Tony Garnier.

Anaïs Gningue | Jeudi 9 mars 2017

Rap français : Les 90s au sommet

« On parle beaucoup du rap social, mais à la base le hip-hop c’est de la joie, une communion pour sortir du coma de la routine » introduit Stomy Bugsy, du Ministère A.M.E.R. Il se souvient de Sarcelles, alors l'un des spots du mouvement, où le hall du centre commercial des Flanades grouillait de danseurs... Le hip-hop le percute au début des années 80, par le biais de son grand-frère José et d'une cassette de Sugarhill Gang : « groovy ! ». Nuttea, roi du ragga français qui collabora avec IAM, n’a lui pas le coup de cœur immédiat : c’était « un trip Funkadelic, avec les paillettes, les costumes avec épaulettes, les lunettes en forme d’étoiles... » Le vestiaire est encore inspiré du disco et du funk, mais laissera vite place aux baggys et teddys made in USA. Le style fait partie intégrante de la mouvance, qui est une manière de vivre à part entière comme le dit la chanteuse K-Reen : « À l’époque, être dans le hip-hop, c’était être soi-même. » Stomy confirme : « C’était une façon de s’autoproclamer, de

Continuer à lire

Notorious festival : la griffe hip-hop

Notorious Festival | L'excellent promoteur hip-hop Panthers colle un coup de griffe salvateur en cette rentrée, lançant son premier festival : Notorious, du 21 au 24 (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 septembre 2016

Notorious festival : la griffe hip-hop

L'excellent promoteur hip-hop Panthers colle un coup de griffe salvateur en cette rentrée, lançant son premier festival : Notorious, du 21 au 24 septembre. Couplé à l'arrivée du côté de Vénissieux de Bizarre!, nouvelle salle très axée cultures urbaines comme l'illustre le parrainage d'Oxmo Puccino, voilà deux bonnes nouvelles pour l'expansion d'un genre trop peu visible par ici. Fidèle à sa ligne directrice depuis 2011, Panthers fixe sa programmation sur le hip-hop indépendant, avec une forte prédominance américaine, mais pas seulement : il faudra aller voir la sud-africaine Yugen Blakrock, la scène de ce pays, trop méconnue, étant vivace et inventive (cf. Godessa). Ce sera le vendredi 23 à l'Épicerie Moderne, avec Big Twins (Infamous Mob) et la protégée de DJ Premier, Dynasty. L'after sera assuré à La Marquise par l'inusable Duke. Morceau de choix en ouverture, avec l'immense et magique Rahzel, l'in

Continuer à lire