Week-end : se presser vers la Bresse

Ain | À à peine plus d’une heure au nord de Lyon, la Bresse est assez méconnue des gones à moins d’y être né. Pourtant avec son territoire vallonné, son poulet nec plus ultra AOC et ses fromages, cette région régale et n’est pas encore débordée par le tourisme de masse. Go !

Nadja Pobel | Lundi 5 juillet 2021

Photo : © NP


Attention à ne pas confondre avec la Bresse des Hautes-Vosges ; celle dont il est question ici se trouve essentiellement sur le département de l'Ain (qui regroupe aussi le Pays de Gex riche de sa frontière avec la Suisse, la Dombes et le Bugey) et mord sur la Saône-et-Loire et le Jura. Zone naturelle et non administrative, elle occupe le quart nord-ouest de l'Ain, englobant le massif du Revermont qui culmine à 768m au Signal de Nivigne, paradis des parapentistes. Rien n'est plat sur cette terre agricole couverte de maïs et bien casse-patte pour les cyclistes — loin cependant des 1500m du Grand Colombier (Bugey).

Alors que faire en Bresse ? Des balades et des resto à gogo puisque c'est ici que grandissent les seules volailles de France à qui est décernée l'appellation d'origine contrôlée, qu'elles soient dindes, chapons, poulets ou poulardes avec leurs fameuses pattes bleues. Un minimum de 10m² par animal où il puise un tiers de sa nourriture est exigé. Leur chair ferme est parfaite.

Une ville : Bourg-en Bresse

Préfecture paisible, Bourg-en-Bresse conserve quelques rues aux habitations à colombages du bas Moyen Âge et surtout le Monastère royal de Brou. Cette vaste cathédrale gothique et ses trois cloîtres en enfilade (unique en France) sont tout simplement à tomber à la renverse. Elle renferme les tombeaux en marbre blanc de Carrare de Philibert Le Beau, duc de Savoie, que sa veuve, à 24 ans (!), la Habsbourg Marguerite d'Autriche, fit construire pour lui entre 1506 et 1532. Elle y sera aussi enterrée, deux ans avant la fin des travaux ainsi que la mère de son époux défunt.

Cette splendeur en tuiles vernissées et dentelles de pierres accueille chaque année des expositions d'art contemporain remarquables. En ce moment elle est consacrée à la contribution des artistes femmes des années 1880-1940 : Valadon et ses contemporaines est à voir jusqu'au 5 septembre. Les nuits d'été, les murs se parent des couleurs de Gilbert Coudène, bien connu à Lyon pour participer à la Fête des Lumières et avoir réalisé de très nombreux murs peints de la ville avec CitéCréation.

Les Monuments Nationaux ne s'y sont pas trompés puisque Brou fait partie de ce cénacle, c'est même le seul édifice à y appartenir en Rhône-Alpes avec le château de Voltaire à Ferney, moins spectaculaire et… aussi dans l'Ain ! Voilà (entre autres) de bonnes raisons aussi pour qu'existe enfin un Guide du Routard du département oublié jusque-là par la bande de Philippe Gloaguen. Anomalie réparée ce mercredi 9 juin : 15 000 exemplaires arrivent sur les étals des libraires.

Une balade : Sentier des chapelles

6, 5 km, 2h30 de marche, fléchage n°6

Balade facile et très contrastée avec une surprise nichée à mi-parcours. Il faut se garer vers l'église et ensuite grimper au-dessus d'une chèvrerie (dont les propriétaires sont ceux qui tiennent une fameuse fromagerie, voir plus bas). La balade est alors assez boisée et c'est dans ces massifs denses de feuillus que se cache l'oratoire de Notre-Dame de la Roche. Ce n'est pas un bâtiment mais deux lucarnes vitrées accrochées à la roche creusée, presque caverneuse, inaugurées en 1854 et dédiées à Marie. Ensuite redescendre un peu abruptement (il est conseillé de faire le chemin dans ce sens et non à l'inverse). Sorti des bois, ce sentier permet d'arriver à la très modeste chapelle de Dingier, érigée à proximité d'un calvaire en 1882, puis c'est la bien plus ancienne chapelle de Saint-Rémi-du-Mont, lieu de pèlerinage jusqu'à la Révolution. Retour au point de départ en passant devant un lavoir.

Comment y aller ?

Bien sûr la voiture est la plus pratique dans ces contrées ou opter pour le TER + vélo.

Pour rejoindre Salavre, aller à Bourg-en-Bresse ou Saint-Amour en TER et attraper la ligne mobigo 303 (ligne Lons-le Saunier / Bourg-en-Bresse), trajet de 30 min depuis Bourg, 12 min depuis Saint-Amour. Tarif unitaire du bus : 1, 50€. Attention ! Passages très peu fréquents mais journaliers.

Où se loger ?

Il fait chaud enfin, plein feu sur le camping de la Grande du Pin (Cuisiat / 06 46 20 45 55) à 9 km de Salavre. Il n'y a plus qu'à planter votre tente (18€ la nuit pour deux) ou louer un bugalow au bord du plan d'eau (560€ la semaine pour 4 à 6 personnes en haute saison). 3 étoiles et une tranquillité assurée !

Où manger ?

Voyages des sens (Cuisiat / 04 74 51 39 94). Resto tenu dans une vieille demeure en pierres par une Bressane et un baroudeur, Julie et Nicolas Morelle. Il a travaillé sous la direction de grands chefs (Jean-Pierre Caules, Georges Paineau et Michel Guérard), elle a participé à la finale du concours du meilleur apprenti de France en pâtisserie et voilà qu'ils travaillent des produits locaux pour des sommes qui font pâlir les Lyonnais : menu à 21€ pour commencer (jusqu'à 59€) très changeant en fonction du marché et des saisons qui comprend des prémices et mignardises, entrée/plat/fromage ou dessert entre les deux. Pendant le confinement, ils mijotaient à emporter filet de truite, sabayon à l'oseille du jardin et légumes bio ou un suprême de pintade, beurre d'orange risotto d'épeautre et légumes bio du marché voisin.

Si votre temps et/ou votre bourse sont très serrés, cap sur l'Auberge du Mont-Myon (Pressiat / 04 74 51 56 90). Voilà de quoi se sustenter sur place ou à emporter. Ce petit resto au pied du Mont-Myon change souvent de carte et propose par exemple une cuisse de poulet fermière de l'Ain farcie avec sauce au vin jaune et risotto forestier à 12€ ou, au même prix, un filet de canette au cidre, pommes de terre, patates douces et choux rouge farci. S'abonner à leur page Facebook pour tout savoir.

Que ramener ?

Du fromage ! Aller à la Crémerie colignoise, la fromagerie de Coligny (04 74 30 19 29) pour trouver du comté fruité qui fond dans la bouche et fabriqué juste à côté, à Ballanod, pour 16€/kg ou encore du morbier à 13, 40€/kg. Le bleu, Domaine de Bresse se dévore et c'est aussi l'endroit où faire un stock de fromages à raclette nature, ail des ours ou fenugrec (une très étrange épice…). Et également de beurre et de crème !

Infos pratiques

Monastère royal de Brou, boulevard de Brou, Bourg-en-Bresse
T. 04 74 22 83 83
Tarifs : 7, 5€ / 9, 5€, gratuit pour les moins de 25 ans

Office de tourisme du département
34 rue du Général Delestraint, Bourg-en-Bresse
T. 04 74 32 31 30
www.ain-tourisme.com

Guide du Routard de l'Ain (éd. Hachette Tourisme, 144 pages, 9€)

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Magali Chabroud : « ouvrir l’imaginaire sur la ville »

Art de la Rue | Dans la ville, sous vos fenêtres, gratuitement, les compagnies d’art de la rue frayent et regardent la ville autrement. BlÖffique pose un regard poétique et politique sur nos lieux de vie. Sa fondatrice Magali Chabroud évoque pour nous ces aventures.

Nadja Pobel | Mardi 24 septembre 2019

Magali Chabroud : « ouvrir l’imaginaire sur la ville »

D’où vient ce drôle de nom de votre compagnie, blÖffique, créée en 2006 ? Magali Chabroud : C’est un mot inventé par Samuel Daiber Ernest, auteur d’art brut qui a fabriqué son propre langage à l’intérieur du français. Quand il n’avait pas suffisamment de mots qui lui convenait pour décrire son univers, il en rajoutait tout en continuant à construire ses phrases sur le mode grammatical que l’on connait. Du coup, ça fait une écoute à trou pour le spectateur : on doit compléter avec son imagination, parfois on n’est pas très sûr de ce qu’il veut dire. C’est assez fondateur de notre travail. Le spectateur est vraiment un partenaire de la construction du sens des spectacles qu’on fait. Dans la langue de Daiber, ce mot blöffique est équivalent à "machin" ou "truc". C’est un mot-valise qui lui sert à beaucoup de choses, qui peut prendre plein d’identités différentes, un mot caméléon. Nous lui avons ajouté une majuscule pour attirer l’attention comme dans notre dernier spectacle

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Avril en vrille, un festival bigarré

SCENES | Un grand week-end pour fêter le printemps avec des spectacles et des activités en famille : c’est le programme acidulé et croustillant d’Avril en vrille.

Lisa Dumoulin | Vendredi 24 mars 2017

Avril en vrille, un festival bigarré

Pour la deuxième édition du festival Avril en vrille du 30 mars au 2 avril, Les Subsistances renouent avec la forme des grands week-ends de quatre jours si chère à leur coeur. Quatre jours donc pour fêter le printemps en ouvrant le site - exceptionnel rappelons-le : à flanc de falaise, les pieds baignant dans la Saône et étoffé des jolis bâtiments abritant l’école nationale supérieure des Beaux-Arts. Une invitation conviviale à profiter de l’extérieur avec au programme : des spectacles gratuits en plein air pour toute la famille, un cours de danse géant, des ateliers coloriage ou collage avec des graphistes pour les enfants et les grands... Et une curiosité à ne pas manquer : la visite insolite des Subsistances par Magali Chabroud et le Blöffique théâtre. Son travail axé sur la création de formes théâtrales dans des lieux non dédiés à la représentation comme des immeubles, des squares, l’espace public en général, l'a amené à proposer Ce qui subsiste, brève histoire d’ici, une visite invitant à créer une brèche de fiction dans le quotidien.

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L'austérité de l'église Saint-Pierre-Chanel

Patrimoine | Années 60 : la population augmente et les lieux de culte ne sont plus assez nombreux pour accueillir les fidèles. C'est dans ce contexte des Trente Glorieuses que de nouvelles églises voient le jour. En béton plutôt qu'en pierre (plus coûteux), elles permettent de libérer les formes. Exemple avec la chapelle Saint-Pierre-Chanel à Bourg-en-Bresse.

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

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Le cumul de l'afflux de main-d’œuvre étrangère, du retour des Pieds-noirs en France et surtout de la hausse de la natalité dans l'après-guerre, ajoutés à la création de nouveaux quartiers périphériques aux centres-villes voire aux villages... Autant de raisons pour que surgissent de nouveaux édifices dédiés à la pratique de la religion, comme encore récemment, en 2012, l'église Saint-Thomas à Vaulx-en-Velin, la dernière en date construite en France. En 1966, commence la construction de l'église Saint-Pierre-Chanel dans une zone récente de Bourg-en-Bresse. Près de là ont surgit, entre 1959 et 1962, les premières habitations à loyer modéré dans le quartier dit de la Reyssouze, du nom de la rivière qui serpente en contrebas. Le curé d'alors prend contact avec le maire pour initier ce projet qui sera confié à Pierre Pinsard et finalement inauguré pour la messe de minuit de Noël 1967. Cet architecte connaît bien le béton puisqu'il a également œuvré pour l'église semi-souterraine Notre-Dame de la miséricorde d'Ars-sur-Formans (dans les Dombes) ou Saint-Hugues à Pontcharra (en Isère). Croyance rectiligne Avec ses angles droits, ses tracés impeccables et

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