Pour la bonne cause

Niko Rodamel | Mardi 4 décembre 2018

Photo : "Sauve qui peut" © Albert-Louis Chanut


La galerie Art Pluriel propose de clore l'année 2018 avec une remarquable exposition collective regroupant une vingtaine d'artistes, apportant par la même occasion son soutien à l'action d'éthique que mène le Rotary Club stéphanois en direction du personnel accompagnant les personnes en fin de vie. Au programme, pas moins de cent cinquante œuvres (peintures, collages, sculptures et mobiliers) mises en vente pour la bonne cause de cent euros à vingt mille euros. Nous retrouverons aux côtés des artistes permanents de la galerie cinq plasticiens invités par le Rotary Club : Françoise Arnaud, Marie-Claude Chambert Hecquet, Claire Faucouit, Pascal Buclon et Christian Faucouit. Une généreuse exposition pour les goûts et toutes les bourses !

Galerie Art Pluriel Rive Droite, du 11 au 22 décembre, 27 rue de la République à Saint-Etienne


Expo au profit du Rotary Club

Peintures, sculptures, mobiliers...
Galerie Rive Droite 27 rue de la république Saint-Étienne
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Songes

Galerie | A chaque nouvel accrochage, la galerie TAG propose la découverte d’un univers singulier. Avec la série Au pays des Chimères, la photographe Sophie (...)

Niko Rodamel | Jeudi 14 octobre 2021

Songes

A chaque nouvel accrochage, la galerie TAG propose la découverte d’un univers singulier. Avec la série Au pays des Chimères, la photographe Sophie Patry présente son travail autour du mouvement et de la vibration, flirtant avec les portes de la perception qui ouvrent des couloirs entre photographie, dessin et peinture. L’artiste s’explique : « Je me laisse guider par mon ressenti et mes émotions. Mon travail est à l’image de ma perception du monde. Des paysages, des silhouettes et des autoportraits qui oscillent entre rêve et réalité, laissant libre cours à l’imagination de chacun. » Sophie Patry propose ainsi de découvrir son monde intérieur à travers une grosse vingtaine d’images de différents formats, des tirages soignés, encadrés ou enchâssés dans des caisses américaines de bonne facture. Il est presque dommage que les reflets développés par le verre de l’encadrement nous refusent l’accès direct aux œuvres. Mais peut-être y apercevrez-vous, en surimpression, les détours furtifs de votre propre silhouette ou de votre âme… Sophie Patry, Au pays des Chimères, jusqu'au samedi 29 octobre, galerie TAG à Saint-Étienne

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Tandem

Expo | Le temps d’une expo éphémère sous les marches de l’Hôtel de Ville, les artistes ROYX et Bulbe opèrent une collab inédite. Dans la boutique qu’Ella & (...)

Niko Rodamel | Mardi 12 octobre 2021

Tandem

Le temps d’une expo éphémère sous les marches de l’Hôtel de Ville, les artistes ROYX et Bulbe opèrent une collab inédite. Dans la boutique qu’Ella & Pitr occupent depuis décembre 2019, se répondent œuvres personnelles du photographe et du street artiste, mais aussi quelques travaux à 4 mains plutôt réussis : montages, grattages et autres assemblages sont à consommer sur place (aux murs) ou à emporter (pensez à acheter des sous avant d’arriver because no CB inside). Proposés dans différents formats, les photos de ROYX comme les dessins de Bulbe (toujours peuplés de triangles, oiseaux et troncs d’arbres blancs) se vendent à prix progressifs, nus ou encadrés. Pour 60 euros, on est reparti avec un joli tirage monochrome de ROYX, format 30 x 40 cm, sur lequel on aperçoit Pitr peignant un toit d’Amsterdam sur fond de sunset brumeux. Comme l’indique le panneau devant le local, l’entrée est « libre et sans stress », venez donc comme vous êtes : ça se passe comme ça à Sainté, t’sais ! Ouvert du mercredi au samedi de 13h à 19h, jusqu'au samedi 23 octobre au 1 Arcades de l’Hôtel de Ville à Saint-Étienne

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James Bond : Mourir et laisser vivre

JAMES BOND | Sorti de sa retraite pour contrer une pandémie terroriste (et se venger de Blofeld), Bond se découvre de nouveaux ennemis… et des allié·es inattendu·es. Retardé depuis 18 mois, l’ultime épisode interprété par Daniel Craig clôt par un feu d’artifice inédit son cycle d’aventures dans la peau de l’agent britannique. Défense de spoiler !

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

James Bond : Mourir et laisser vivre

Après avoir porté un sérieux coup à l’organisation criminelle Spectre et capturé son chef Ernst Stavro Blofeld, James Bond s’octroie une escapade italienne en compagnie de Madeleine Swann. Leur tête-à-tête romantique va être contrarié par plusieurs fantômes de leurs passés respectifs, les contraignant à une rupture brutale. Cinq ans plus tard, Bond est tiré de sa retraite par son ami Felix Leiter de la CIA, après qu’un savant russe retourné par le MI6 a été enlevé avec une redoutable arme biologique de sa confection… Tourné et finalisé avant la pandémie, retardé à cause d’icelle, Mourir peut attendre traite donc d’une… pandémie. Ou du moins du combat de James Bond contre une puissance terroriste cherchant à déclencher une attaque bactériologique (pour faire simple) à l’échelle planétaire. Un argument réactualisant celui de Au Service Secret de Sa Majesté (1969) de Peter Hunt, lui-même produit au moment de l’épidémie de grippe de Hong Kong. La fatalité a de ces ironies… Seul épisode interprété par George Lazenby et Diana Rigg, Au Service Secret de Sa Majesté est sans doute

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Du nouveau sur la fête du Livre

Evénement | Après 35 ans passés à arpenter ses allées de long en large, sans doute devrait-on la connaitre par cœur… Eh bien non. Car, d’édition en édition, la fête du Livre de (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Du nouveau sur la fête du Livre

Après 35 ans passés à arpenter ses allées de long en large, sans doute devrait-on la connaitre par cœur… Eh bien non. Car, d’édition en édition, la fête du Livre de Saint-Etienne se renouvelle en même temps qu’elle s’enrichit, proposant toujours plus d’animations autour du livre, pour les mordus de lecture, mais aussi pour ceux qui ne le sont pas (encore). Au rayon des nouveautés, donc, cap cette année sur le quartier Chavanelle, qui accueillera plusieurs espaces dédiés à la jeunesse. Sur la grande place seront installés les stands dédiés à la littérature à destination des enfants et des ados. Le Collectif X lira des extraits de textes en continu, et des ateliers seront organisés durant 3 jours. Un peu plus loin à l’Espace Boris-Vian, les jeunes gens pourront venir tester un escape game, ou participer à des ateliers autour de la bédé. Des spectacles de rue avec jonglage et mimes, orchestrés par la compagnie Maintes et une Fois, auront également lieu samedi 16 et dimanche 17 au square Cocteau. Et, pour cette 35e, la Fête se prolongera également du côté de la bourse du Travail. Le lieu, dédié aux auteurs locaux et régionaux, révèlera la vitalité de n

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Cinémas : des cartes à rebattre

Dossier : ciné | Une réouverture qui s’est faite attendre, de beaux films à l’affiche, une météo peu clémente qui pouvait leur permettre de remplir leurs salles… Et pourtant.

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Cinémas : des cartes à rebattre

Dans les cinémas du territoire – comme de partout – les gérants des salles sont encore loin de l’euphorie. A Saint-Etienne, le directeur des cinémas Le Méliès, Paul-Marie Claret, suit ses chiffres au jour le jour, et se montre assez inquiet : « On a fait plutôt un très beau redémarrage... Et puis, l’instauration du pass sanitaire nous a très fortement impactés. La semaine où il a été mis en place, on a enregistré une baisse de 50% de notre fréquentation. Et cela se poursuit, puisque depuis 3 semaines, on est à -40%. » Au Cin’étoiles de Sainte-Sigolène, le constat est à peu près le même. Associatif, géré uniquement par des bénévoles et mono-écran, l’établissement semble avoir également souffert de la mise en place du pass : « On sait, que parmi notre public habituel, certains ne viennent plus à cause de ça, explique Marie-Françoise Coste, la présidente de l’association. Au début, quelques-uns ont même essayé de nous convaincre de les laisser rentrer sans… Aujourd’hui, on n’est pas « inquiet » à proprement parlé mais on s’interroge néanmoins, sur la manière dont on pourrait attirer plus de spectateurs, et notamment les jeunes ». Les

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Programmations : le casse-tête pour éviter le casse-pipe

dossier : embouteillage | Ce n'est un secret pour personne : le monde de la culture a subi de plein fouet la crise du Covid 19 dans une confusion générale des plus frustrantes. Pour un coup d’œil dans le rétroviseur sans quitter la route des yeux, revenons avec quelques professionnels du milieu sur l’imbroglio des programmations qui complique la donne.

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Programmations : le casse-tête pour éviter le casse-pipe

Programmateurs, producteurs, gérants de salles, collectivités locales, techniciens, artistes, tous ont vécu avec les mêmes sueurs froides les déprogrammations en cascades, les annulations et les reports, les vrais et les faux espoirs. Responsable du développement des publics à la Comédie de Saint-Étienne, Julien Devillers dresse le bilan. « Nous avons dû annuler 14 spectacles sur la saison passée, soit 57 représentations non jouées. Seulement 4 d’entre eux ont pu être reportés sur la saison 21/22. Lors de notre réouverture en juin dernier, 10 spectacles ont pu être joués, soit 32 représentations sauvées. 60% de notre public a fait don à La Comédie des places perdues, déclinant notre proposition de remboursement. C’est un geste très fort. » Au Centre Culturel de la Ricamarie, 10 spectacles ont été annulés sur les deux dernières saisons, dont 6 seront reprogrammés cette année. Cécile Moulin précise : « L'idée est de ne pas abandonner les créations de la saison dernière, tout en évitant d’impacter celles à venir. Pour cette nouvelle saison, nous avons augmenté le nombre de spectacles et le nombre de représentations, grâce notamment a

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Julien Haro et Thibault Llopis, Barock

MUSIQUES | Mélomanes chevronnés, copains, associés, les patrons du Disorder Julien Haro et Thibault Llopis ont retrouvé depuis un peu moins de trois mois la vie, le bon son, la sueur et l’atmosphère si particulière de leur club stéphanois. Récit d’une histoire commune faite de belles idées et de coups du destin.

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Julien Haro et Thibault Llopis, 
Barock

En descendant les escaliers après avoir laissé son blouson au vestiaire, mieux vaut avoir les yeux en face des trous pour éviter la bûche et ne pas se gâcher les heures qui vont suivre. Une fois en bas, bien en équilibre sur ses deux pieds, c’est au choix. Sur la droite, on se fraye un chemin en direction du mur de briques rouges qui rappelle les vieilles usines, en partie recouvert d’affiches de concerts et devancé d’un large bar qui donne envie de s’asseoir pour s’en jeter un. Sur la gauche, on tente un pas chaloupé en direction de la piste, dans une pénombre à peine rompue par quelques spots de couleurs qui incite au déhanchement sans complexe. Au fond, trois nuits par semaine, Julien et Thibault se relaient derrière les platines, pour envoyer du son made in une autre époque, à base de couinement de guitare, de doum doum de basse, et de poum tchack de batterie. Ce vendredi soir, c’est Julien qui s’y est collé. Nous sommes début septembre, il est minuit passé, et, tandis que de l’autre côté du club, Thibault donne du rythme en servant des rhums coca à tour de bras, lui a d’ores et déjà pris un peu chaud et tombé le haut. En marcel blanc, les yeux sur la foss

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Le Dernier Duel : Boucherie à l’arène

Médiéval | Une querelle entre nobliaux moyenâgeux se transforme en duel judiciaire à mort quand l’un des deux viole l’épouse de l’autre. Retour aux sources pour Ridley Scott avec ce récit où la vérité comme les femmes sont soumises au désir, à l’obstination et à la vanité des hommes.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Le Dernier Duel : Boucherie à l’arène

France, fin du XIVe siècle. Tous deux écuyers au service du comte d’Alençon, Jean de Carrouges et Jacques Le Gris présentent des tempéraments opposés : quand le premier — un va-t-en-guerre impulsif — agace, le second obtient par son esprit en cour les bonnes grâces de son seigneur. Une rivalité va sourdre entre les deux hommes, s’amplifiant avec les années pour atteindre son sommet lorsque Marguerite, l’épouse de Jean, accuse Jacques de l’avoir violée pendant que son mari était à la guerre. Devant le roi et devant Dieu, Jean demande réparation lors d’un duel… Selon un adage bien connu, un auteur aura beau faire (ou contrefaire), il écrira toujours le même livre. D’une simple pelote de laine, l’on peut également tricoter toutes les formes que l’on désire, en variant les points… Puis défaire et refaire son ouvrage à l’envi tant que le fil ne rompt pas. On ignore si Ridley Scott taquine l’aiguille ; ce dont on est sûr, c’est qu’il ferraille depuis toujours avec certaines obsessions. Dont la figure “matricielle“ du duel — et par duel, on comprend opposition frontale, rugueuse et continue — modelant l’essentie

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Sur la scène classique, continuer, autant que possible…

Dossier : classique | Tout au long de ces presque 18 mois, l'absence de public a impacté fortement la psychologie des chanteurs et instrumentistes du monde classique et (...)

Alain Koenig | Mardi 5 octobre 2021

Sur la scène classique, continuer, autant que possible…

Tout au long de ces presque 18 mois, l'absence de public a impacté fortement la psychologie des chanteurs et instrumentistes du monde classique et lyrique : ainsi ont-ils eu 1 an et demi pour se lancer dans l'introspection méditative, au point qu’une petite minorité d'entre eux a opéré de spectaculaires revirements vers les métiers de bouche, la mécanique, les transports ferroviaires... A Saint-Étienne néanmoins, les structures professionnelles comme l'Opéra ont continué, chaque fois que cela a été possible, à dérouler leur saison, malgré ce trop long silence... national. En cette rentrée scolaire, les saisons symphoniques et lyriques reprennent donc presque normalement, malgré l'inévitable sacrifice sur l'autel du Covid de quelques productions... Le SyLF, ensemble professionnel, effectue sa rentrée lui aussi, et entame une saison quasi normale. Du côté des grosses structures professionnelles, les dispositifs « antichoc » mis en place par Pôle emploi ont non seulement permis aux intermittents de ne pas avoir à recalculer les heures reconduisant leurs droits au plus fort de la crise, mais également à de nouveaux professionnels d'entrer dans l'intermittence. L'éligibilit

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Philippe Le Guay - François Cluzet - Jérémie Renier : « On a tous en nous des choses que l’on refoule »

L’Homme de la cave | Décrivant la mécanique du complotisme et du harcèlement, le nouveau Philippe Le Guay éclaire le présent par le passé et met en lumière les penchants sinistres de l’âme humaine. Conversation avec le cinéaste et ses interprètes.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Philippe Le Guay - François Cluzet - Jérémie Renier : « On a tous en nous des choses que l’on refoule »

D’où vient cet “homme de la cave” ? Est-il une métaphore ? Philippe Le Guay : Absolument. C’est la conjonction de plusieurs choses. D’abord une histoire, et puis un thème autour d’une sorte de fléau contemporain que sont les complotistes — ces gens capables de dire inlassablement : « Est-ce que la vérité est vraiment la vérité ? Il faut se méfier des vérités officielles, on va poser des questions… », non pas pour arriver à une vérité plus haute comme ça doit être le cas pour les savants et les historiens, mais pour brouiller la vérité. Enfin, avec le fait que le personnage de Françoise Cluzet est dans une cave, il y a quelque chose de beaucoup plus émotionnel, d’angoissant, qui se rattache à la grande tradition du thriller, pour aller vite. Cette conjonction a été en tout cas un détonateur pour moi. Un tel film, qui explore des zones sombres de la nature humaine comme les souterrains d’un immeuble, oblige-t-il à sortir des choses que l’on refoule ? PLG : On a tous en

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A la (re)conquête des publics

Dossier : analyse | Au centre des réflexions durant la crise sanitaire, la question de l’accessibilité de la culture pour les publics éloignés se fond aujourd’hui dans un enjeu encore plus large.

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

A la (re)conquête des publics

C’était dans le courant de l’hiver, il y a bientôt un an. Lucides quant à la situation, sentant que l’été 2021 ne serait pas un été « comme avant », les organisateurs du Foreztival décidaient d’annuler leur événement plutôt que d’en proposer un au rabais… Et de le remplacer par une manifestation culturelle sans précédent, susceptible de fédérer tous types de publics, y compris ceux que l’on appelle parfois les « éloignés ». Cet été, la bande d’acharnés a donc élaboré 64 propositions culturelles, en 49 jours d’affilée, dans plus de 60 communes du territoire de l’agglomération Loire-Forez*… Le tout, en formule gratuite. « La base du projet, c’était de proposer des choses à des gens qui n’ont pas forcément accès facilement et régulièrement à la culture live, souligne Marion Berthet, l’une des organisatrices. A l’arrivée, on a touché plus de 10 000 spectateurs. Ça prouve que quand tu vas à la porte des gens, ils ne demandent qu’à participer. » La culture hors de ses murs Alors que, durant la longue pause qui les a coupés de leur public, de nombreux acteurs culturels ont pu prendre le temps de penser en profondeur la question de la culture pour

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​Le sacre du tympan

Boucan | Barouf : nom masculin, familier, issu de l'italien baruffa, désigne le bruit, le vacarme, le tapage. Synonymes : boucan, raffut, tintamarre. "Cette année, le Rhino Jazz(s) va faire un barouf du tonnerre à Saint-Étienne." Vous voilà prévenus !

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

​Le sacre du tympan

Le jazz reste l’un des courants musicaux les plus inventifs à l’image d’un fleuve impétueux qui a traversé les époques et les paysages, s’enrichissant et se métissant de mille influences, sublimant ses interprètes et accouchant de multiples rejetons répondant aux doux prénoms de Rock, Soul, Funk et autre Rap. Le jazz, c’est la liberté incarnée, une libération, un ensemble de codes que tous les jazzmen ne cessent de réinventer, cherchant, détournant et improvisant pour mieux retomber sur leurs pattes. Une liberté revendiquée, viscérale, intrinsèque, mais toujours exigeante. C’est sans doute de cet esprit de liberté dont souhaite se nourrir la 43ème édition du Rhino Jazz(s) Festival en proposant son Grand Barouf : une liberté créative retrouvée à partager de nouveau. Car c’est bien en live, en concert, en chair et en notes, que le jazz prend tout son sens, celui du partage. Jazz à tous les étages En complément au modèle historique du festival (60 concerts dans 26 villes partenaires), le Rhino propose cette année un parcours musical et iconographique sur le site de la Grande Usine Créative à Saint-Étienne. Comme ce fut le cas lors des deux dernière

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Rhino Jazz(s) : nos 3 coups de cœur

Corne |

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Rhino Jazz(s) : nos 3 coups de cœur

Ses mains sur ses anches Rien de moins que le Théâtre Massenet pour accueillir le clarinettiste et saxophoniste Michel Portal dans l’écrin qu’il mérite. Infatigable défricheur de sonorités, à 85 printemps le musicien ne cesse de défier le temps et les étiquettes, du classique au contemporain en passant par la grande chanson française et bien sûr le jazz, dont il demeure l’un des monstres sacrés depuis un demi-siècle. Avec Bojan Z au piano, Bruno Chevillon à la contrebasse, Lander Gyselinck à la batterie et Nils Wogram au trombone, les astres sont alignés. Michel Portal Quintet, samedi 9 octobre à 20h au Théâtre Massenet de l'Opéra de Saint-Étienne Bleu nuit Immuable et immanquable rendez-vous du Rhino pour les amateurs du genre, la nuit du blues promet d’être longue et belle avec au programme trois formations complémentaires. Le guitariste-chanteur Louis Mezzasoma ouvrira les festivités avec son dirty-old-blues authentique et sensible, précédant l’harmoniciste britannique Giles Robson dans un style Chicago blues très personnel. Phénomène venu d’Hawaï à découvrir, le guitariste Ron Artis II prolongera la soirée entre blues, fun

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Ridley Scott : « Tous les personnages sont importants pour moi »

Le Dernier Duel | Boulimique de films, féru d’histoires et d’Histoire, jamais à court d’expérimentations, Ridley Scott reprend les armes et les routes de France pour dépeindre un crime moyenâgeux. Propos rapportés lors de sa conférence de presse parisienne.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Ridley Scott : « Tous les personnages sont importants pour moi »

Votre premier long métrage s’appelait Les Duellistes, et celui-ci, Le Dernier Duel. Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les duels ? Ridley Scott : Mais… chaque jour de ma vie est un duel ! Je suis en duel avec les studios, ou avec les uns ou avec les autres… Si vous ne pouvez pas supporter le stress, ne faites pas le même métier que moi ! (sourire) Quand j’ai tourné Les Duellistes, j’avais 40 ans et déjà pas mal réussi dans le domaine de la publicité. Du côté de Sarlat, sur le lieu où l’on souhaitait tourner, j’ai dû aller à la mairie avec le script du film pour validation. La mairie m’avait demandé « Hum… vous voulez faire un film ici ? — Oui. — Portant sur des affaires sexuelles ? — Non. — Avec Brigitte Bardot ? — Dans le genre Michael Winner ? — Non. — OK, c’est bon. » Comment avez-vous procédé pour la reconstitution, extrêmement précise à la fois dans les vêtements et les décors ? J’ai juste ouvert des bouquins et j’ai dessiné, comme un petit enfant, e

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Lamarche à suivre

Au Mur | Le plasticien Maxime Lamarche marque son passage sur le MUR stéphanois avec une photographie inédite, visible durant tout le mois d’octobre.

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Lamarche à suivre

Natif du Doubs et Stéphanois d’adoption, Maxime Lamarche prend enfin son tour sur le MUR, à l’invitation du binôme stéphanois Ella & Pitr. Après une formation en génie mécanique à Montbéliard puis un cursus à L’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon dont il sortira diplômé en 2012, l’artiste dévoilait ses premières créations lors de la Biennale design de Saint-Étienne en 2014. L’œuvre de Maxime est notamment traversée par la récupération et la transformation de véhicules. « Ce sont la plupart du temps des objets symboliques de la société des loisirs, tombés en désuétude : motos, bateaux et automobiles sont pour moi une matière qui ouvre un vaste champ des possibles. » Échafaudant les formes de demain à partir de celles du monde d'hier, l’artiste donne ainsi naissance à des sculptures hybrides en recherche d’équilibre, questionnant au passage notre finitude. Le Texas de Burgos Le collage du MUR d’octobre est une photographie réalisée par l’artiste en 2018. « J’ai pris cette photo à Sargente de la Lora, près de Burgos en Espagne. On y découvre un puit de pétrole à l’arrêt, car l’exploitation pétrolière s’est terminée en 2017 aprè

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L’œuf se met à table

Cuisine et indépendance | Pour son nouveau projet un peu dingue, le Big band de l’œuf réunit sur scène 18 musiciens de jazz autour d’un chef cuisinier, invitant les (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

L’œuf se met à table

Pour son nouveau projet un peu dingue, le Big band de l’œuf réunit sur scène 18 musiciens de jazz autour d’un chef cuisinier, invitant les spectateurs à explorer en musique les plaisirs de la table. Après une première partie où le public est appelé à déguster des bouchées apéritives au son d’une mini fanfare, chaque spectateur s’installe dans la salle avec en mains le menu lui permettant de choisir les morceaux qui seront joués, et les plats qui seront préparés en direct sur scène par le chef. Pour faire mijoter ses compositions, le tromboniste Pierre Baldy Moulinier a réuni une dream team d’excellents musiciens rhonalpins. Aux cuivres : Hervé Salamone, Jean-François Baud, Christophe Metra, Vincent Stephan, Olivier Destephany, Jean Crozat et Vincent Ollier. Aux saxophones : Boris Pokora, Hervé Francony, Eric Prost, Antoine Bost et Sylvain Félix. La section rythmique sera assurée par Hervé Humbert (batterie), Basile Mouton (basse) et Fabien Rodriguez (percussions). David Bressat sera aux claviers et Bruno Simon à la guitare. Benjamin Gagnaire, cuisinier du Solar, sera quant à lui aux fourneaux. Le Big band de l’œuf, Petits plats po

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Du lourd

Blues | Depuis son premier enregistrement en 2004, la chanteuse canadienne Samantha Martin a fait un sacré bout de chemin, avec notamment ce virage brillamment (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Du lourd

Depuis son premier enregistrement en 2004, la chanteuse canadienne Samantha Martin a fait un sacré bout de chemin, avec notamment ce virage brillamment négocié en 2012 et la formation de Delta Sugar. Portée par une voix puissante et une présence scénique bluffante, la musique de Samantha incarne les racines, le blues teinté de rock, la soul infusée de gospel et le R&B aux accents funk. Servi par des musiciens et des choristes survitaminés, le set prend parfois des allures de show TV époque Motown. Jouissif. Samantha Martin & Delta Sugar, le samedi 16 octobre à 20h30 au Château du Rozier à Feurs et le dimanche 17 octobre au Pax à Saint-Etienne

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Mets de l’huile

Expo | Connu pour les illustrations qui marquent de sa patte chaque album des Tit’Nassels depuis les débuts du groupe roannais, Aurélien Durier n’en est (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Mets de l’huile

Connu pour les illustrations qui marquent de sa patte chaque album des Tit’Nassels depuis les débuts du groupe roannais, Aurélien Durier n’en est pas moins un peintre sensible et talentueux à découvrir. Au gré des toiles se répondent portraits et autoportraits, dévoilant avec pudeur des visages et des corps habités d’une poésie intime et mystérieuse à la fois. L’artiste maîtrise toute la vibrance et la profondeur de la peinture à l’huile, insufflant à ses tableaux une mélancolie intranquille qui sert parfaitement cette galerie de personnages troublants. Aurélien Durier, du 16 au 24 octobre au Château de Beaulieu à Riorges

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Le street c’est chic

Galerie | LADAMENROUGE débarque en force à la galerie PASQUI. Loin des détournements habituels à même la chaussée, le plasticien dévoile une série de 4 oeuvres inédites : (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Le street c’est chic

LADAMENROUGE débarque en force à la galerie PASQUI. Loin des détournements habituels à même la chaussée, le plasticien dévoile une série de 4 oeuvres inédites : assemblages de bois, tôle, toile de jute et osier chinés çà et là, rehaussés de dessins au pochoir et Posca. Mais puisque un changement de braquet n’a jamais fait d’un coureur un homme différent, LADAMENROUGE pourrait bien encore nous surprendre. La galerie présente également des œuvres de Oak Oak, M.Chat, Pegaz, Jef Aerosol, Jonone, Luma, KGM Shepa, Mr Brainwash, Futé ou encore Viza. Street art, jusqu’au 23 octobre à la galerie PASQUI à Saint-Étienne

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Zénitude

Expo | Longtemps tiraillée entre son Viêt Nam natal et la France où elle a suivi une grande partie de sa formation artistique, la plasticienne Kim n Kosiahn (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Zénitude

Longtemps tiraillée entre son Viêt Nam natal et la France où elle a suivi une grande partie de sa formation artistique, la plasticienne Kim n Kosiahn puise son inspiration dans son histoire personnelle. Apaisée par le calme de la nature, l’artiste se nourrit également des œuvres de Joseph Beuys, Marguerite Duras, Peter Brook, Pina Bausch, Mark Rothko, Yves Klein, Eva Hesse, Louise Bourgeois, Lee Ufan ou encore de la Coréenne Kimsooja. Son œuvre singulière se décline de peintures en installations, mettant en œuvre acrylique, encre, argile, céramique, marbre, métal, bois, bambou, plastique, plexiglass, carton ondulé, tissu, coton et laine. Kim n Kosiahn, Ici et ailleurs, jusqu’au 31 décembre à l' Ecomusée des Monts du Forez à Usson-en-Forez

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100 mètres brass

Jazz | Qui n’est pas tombé sur cette étonnante vidéo (réalisée par Julien Heurtier), tournée sur le toit de l’Unité d’Habitation Le Corbusier à Firminy ? Dans les pas (...)

Niko Rodamel | Mercredi 29 septembre 2021

100 mètres brass

Qui n’est pas tombé sur cette étonnante vidéo (réalisée par Julien Heurtier), tournée sur le toit de l’Unité d’Habitation Le Corbusier à Firminy ? Dans les pas du groupe allemand MEUTE, Melotronic est un croustillant marching brass band composé de huit instrumentistes lyonnais et stéphanois. Entre jazz et techno-house, ici ce sont les musiciens qui se substituent aux machines ! Sous la houlette de Matthieu Notargiacomo (sax) et de Xavier Savin (grosse caisse), les cinq cuivres et trois percussionnistes dynamitent l’esprit même de la fanfare de rue. Jouissif. Melotronic, samedi 2 octobre à 20h30, Château du Rozier à Feurs, dans le cadre du Rhino Jazz(s) festival

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Portraits de femmes

Théma | Marquée par la féminisation des palmarès internationaux (qu’on espère plus structurelle que conjoncturelle), cette année cinéma 2021 donne à voir une vaste galaxie de personnages féminins dans des œuvres d’autrices comme d’auteurs. C’est cela aussi, la parité…

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Portraits de femmes

Entamons ce tour d’horizon avec Petite Sœur (06/10) signé par les Suissesses Véronique Reymond & Stéphanie Chuat, qui suit la relation entre un comédien gravement malade et sa jumelle, dramaturge persuadée qu’un retour sur scène aura des bienfaits thérapeutiques. La gravité de ce drame intime, viscéral, riche en non-dits et où le deuil se fabrique en direct, est tempérée par une distribution de luxe : les polyglottes et fusionnels Nina Hors/Lars Eidinger, enfants d’une Marthe Keller azimutée, croisent Thomas Ostermeier… On tient là un film précieux, d’une douloureuse beauté. Deux sœurs et une mère sont au centre de Freda de Gessica Geneus (13/10). Terriblement d’actualité, cette chronique de Port-au-Prince montre l’héroïne-titre cherchant à s’affranchir de la misère par l’instruction, malgré le saccage de l’institution universitaire, tandis que sa cadette, poussée par sa mère semi-maquerelle, s’engage dans un mariage trop beau pour être vrai. Sans afféterie ni complaisance, ce film brut — où la place de la langue (créole ou française) a une redoutable importanc

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Les asso pointent le bout de leur nez

Dossier : soirées | Après un an et demi d’inactivité, les associations sortent de leur sommeil ou, selon les cas, suivent les caps lancés pendant la crise. À commencer par le (...)

Léa Dusson | Mardi 5 octobre 2021

Les asso pointent le bout de leur nez

Après un an et demi d’inactivité, les associations sortent de leur sommeil ou, selon les cas, suivent les caps lancés pendant la crise. À commencer par le F2, rue de la Ville à Saint-Etienne. Après avoir grimpé deux étages, Romain Lepers nous accueille dans un appartement au plancher qui craque… c’est ici qu’il a exploité à fond sa passion pendant le confinement en créant F2 radio, au-dessus du club. Une webradio qui retransmet interviews et DJ set, dont les live reprendront en octobre. Un «rêve gosse» avec «une ambiance maison» qui se poursuivra donc dans le temps : «Je ne voulais pas un projet de confinement» souligne le gérant, qui compte aussi sur un studio de production dans ses locaux. Reprise enjouée aussi du côté de Poto Feu Events : l’association a profité de ces derniers mois pour se mettre à jour et être reconnue d’intérêt général. Un statut qui ouvre la porte «à plus de partenaires » comme l'explique Florian Noir, le responsable artistique et du label : « grâce à ça, on sera plus à l’aise sur les soirées ». Une grosse date est d'ores et déjà prévue au Ninkasi Kao (Lyon

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Bonne bouffe et bon son chez Bénetière et Ceysson

Guide Urbain | Allez viens, jt’emmène manger à la Galerie Ceysson et Bénétière ! Le Bistrot situé au cœur de la galerie d’art implantée entre la Comédie de Saint-Etienne et le Fil a ouvert ses portes, avec un rendez-vous atypique tous les jeudis soir. Le Petit Bulletin s’est invité à table.

Léa Dusson | Mardi 5 octobre 2021

Bonne bouffe et bon son chez Bénetière et Ceysson

Poireaux et mousseline moutardée, noisettes torréfiées, ou encore joue de cochon fermier au cidre. Derrière ses fourneaux, Thibaud fait des miracles avec un seul mot d’ordre : des produits de saison. Le cuisinier propose une carte qui fait la part belle aux fruits et légumes du marché, que l’on retrouve dans les assiettes tous les midis, du lundi au vendredi, le tout accompagné d’un large choix de vins. Plus de 300 références sont disponibles sur place ou à emporter, proposées par Matthieu Mondesert, l’ancien gérant de la cave Demain Les Vins. Le petit plus ? Une cuvée d’artiste. Chaque année, l’un d’entre eux signera une étiquette pour trois cuvées, à savoir un vin rouge, un blanc et un champagne. 1000 exemplaires de chaque seront mis en vente. Soirée vins et vinyles Outre les services de midi, le lieu prendra également vie les jeudis soir, comme le 7 octobre, et l’« Apéritivo Perse » que proposera le Bistrot de la Galerie, autour d’une cuisine du Moyen-Orient, rythmé par un DJ Set signé Graham Mushnik, aux sonorités turques. Et, comme les soirs passent et ne se ressemblent pas, les adaptes de vinyles sont attendus le 14 octobre po

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Keep the beat

Animal | Ne pas faire un détour par la Salle du Grand Marais à Riorges le mardi 12 octobre serait une grave erreur. Pourquoi ? Eh bien parce que cela voudrait dire (...)

Léa Dusson | Mardi 5 octobre 2021

Keep the beat

Ne pas faire un détour par la Salle du Grand Marais à Riorges le mardi 12 octobre serait une grave erreur. Pourquoi ? Eh bien parce que cela voudrait dire faire l’impasse sur Ours Samplus, un duo de beatmaker lillois branché électro/hip-hop instrumental. Grâce aux influences de la soul, du swing, du jazz et même du rap US des années 90, Ours Samples propose une musique « chill » qui donne envie à coup sûr de bouger les épaules de gauche à droite, et de hocher la tête en rythme. La première partie sera assurée par VirDJil, un groupe au style éclectique. Ours Samplus, mardi 12 octobre 20h30 à la Salle du Grand Marais à Riorges.

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En fusion

Jazz | Il y a Pierre-Louis Varnier au clavier, Théo Boero à la basse et Japhet Boristhene à la batterie. À eux trois, ils forment Jasual Cazz, un groupe venu de (...)

Léa Dusson | Mardi 5 octobre 2021

En fusion

Il y a Pierre-Louis Varnier au clavier, Théo Boero à la basse et Japhet Boristhene à la batterie. À eux trois, ils forment Jasual Cazz, un groupe venu de Lyon, au sein duquel le jazz et le groove ne s’entrechoquent pas … mais s’enlacent. Le trio invite à plonger dans son univers de jazz fusion, alternant entre mesures asymétriques, rythmes atypiques et improvisation. Jasual Cazz… le jeu de mots, vous l’avez ? Jasual Cazz, samedi 30 octobre 20h sur la scène du Solar à Saint-Etienne

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L'Homme de la cave : Le démon intérieur

Complot | Un négationniste s’installe dans la cave d’une famille juive et lui pourrit la vie tout en faisant croire qu’elle le persécute. Aidé par un François Cluzet effrayant, Philippe Le Guay renoue avec l’acuité mordante à laquelle il avait depuis longtemps renoncé dans cette illustration de la perverse religion du complotisme et de la manière dont ses apôtres fidélisent de nouveaux séides.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

L'Homme de la cave : Le démon intérieur

Paris, de nos jours. Parce qu’il n’en a pas l’usage, Simon Sandberg vend la cave de l’appartement familial. Parce qu’il a confiance, il accepte l’offre de Jacques Fonzic, prof grisonnant et plaintif en quête d’un local pour entreposer les affaires de sa défunte mère. L’affaire conclue, Fonzic va habiter le réduit et révéler son vrai visage : celui d’un négationniste, instillant son venin partout dans l’immeuble et surtout dans la famille Sandberg, rescapée de la Shoah. L’enfer commence… N’était la traditionnelle mention figurant au générique indiquant que l’argument est tiré de faits réels, l’on pourrait croire à un conte philosophique tant il y a d’études de caractères, de portraits sociologiques, d’interprétations métaphoriques et/ou psychanalytiques et de morales à tirer dans cette histoire. À bien des égards, elle est exemplaire : contemporaine et universelle, également — hélas, pourrait-on ajouter. La stratégie du coucou ; du ver dans le fruit… Suborneur cauteleux, d’autant plus pervers et dangereux qu’il se vêt des oripeaux de victimes pour mieux mettre à bas les siennes, F

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Ça tape et ça gratte

Hard folk | Bottle Next, c’est batterie, guitare et une bonne dose d’énergie en prime. Avec leur second opus, Drift (2020), Marty et Pierre enfoncent le clou déjà (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 octobre 2021

Ça tape et ça gratte

Bottle Next, c’est batterie, guitare et une bonne dose d’énergie en prime. Avec leur second opus, Drift (2020), Marty et Pierre enfoncent le clou déjà bien tapé de leur premier Bad Horses, toujours dans un style hard-folk aux accents rock et blues. Entre puissance et intensité, les titres proposés par le duo sont taillés pour le live. Ça tombe bien, ils rejouent ce mois-ci du côté de Feurs. Une belle occasion pour les découvrir. Bottle Next, samedi 23 octobre à 20h30 au Château du Rozier à Feurs

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dé ou ré générescence du vivant

Expo | Pour sa toute dernière exposition, le Musée d’art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole a offert une carte blanche à Lionel Sabatté, qui propose une cinquantaine d’œuvres spécialement conçues pour l’occasion.

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

dé ou ré générescence du vivant

Lorsqu’on lui a proposé de créer de toute pièce une exposition pour le MAMC, Lionel Sabatté s’est précipité pour découvrir Saint-Etienne et ses environs, en prendre le pouls, ressentir, jusqu’à faire naître son inspiration. Touché par l’importance de la forêt pour la ville, et dans la lignée de sa série d’œuvres intitulées Printemps, l’artiste, installé entre Paris et Los Angeles, a jeté son dévolu sur un ancien châtaigner du château de la Perrotière n’ayant pas survécu aux derniers épisodes de sécheresse. Au bout des branches mortes, Lionel Sabatté est alors venu déposer de jolies fleurs, reconstituées à partir de petites peaux de plantes de pieds, récupérées chez des podologues de la Loire : « Elles sont faites de rebus, de petits déchets, alors même que les fleurs sont peut-être ce qu’il y a de plus classieux au monde. Transformer quelque chose en son extrême inverse, ça m’intéresse beaucoup », souffle le plasticien tandis que l’arbre ainsi ressuscité est désormais installé dans le hall du musée, en préambule de l’exposition qui s’étire ensuite sur 5 salles. Le cycle du vivant Plus qu’une visite, Eclosion est un

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Melba son plein

Pop | La jeune Melba donne l’impression d’avoir déjà une belle expérience derrière elle. Après son premier EP au titre la décrivant si bien - Cœur Combattant - en (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 octobre 2021

Melba son plein

La jeune Melba donne l’impression d’avoir déjà une belle expérience derrière elle. Après son premier EP au titre la décrivant si bien - Cœur Combattant - en 2019, la chanteuse poursuit son rêve qui devient petit à petit une belle réalité. Après avoir porté sa pop lumineuse jusqu’à l’émission The Voice 9, elle continue d’écumer les salles de France et de Navarre avec l'énergie communicative qui la caractérise et qui ne laisse jamais insensible. Une artiste à la générosité assumée et au talent assuré. Melba + Danilo, vendredi 8 octobre à 20h30 au Château du Rozier à Feurs et jeudi 3 février 2022 au Théâtre des Pénitents à Montbrison

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Perseverance analyse "Rochette"

Culture scientifique | Par le médiateur scientifique du Planétarium

La rédaction | Vendredi 15 octobre 2021

Perseverance analyse

Lors de son 185e jour martien, le 27 août 2021, le rover américain Perseverance a photographié avec une caméra de navigation (Hazard Avoidance camera : caméra d'évitement des dangers) cette roche surnommée "Rochette". Celle-ci présente une marque d'abrasion de 10mm de profondeur et 50mm de large réalisée par le rover. Ce dernier étudie la géologie martienne ainsi que le climat passé de la planète. Durant sa mission, il va collecter des échantillons de roches qui devaient être rapportés sur Terre ultérieurement. Rappelons qu'une des missions clés de Perseverance est la recherche de traces de vie microbienne ancienne. Pour en savoir plus sur le ciel et ses mystères, rendez-vous au Planétarium de Saint-Etienne, 28 rue Pierre et Dominique Ponchardier ou sur planetarium.saint-etienne.fr

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Je t’aime moi non plus

Romance -ou pas- | La séparation, ou la mort. Voici comment se terminent toutes les histoires d’amour. De leur première nuit à leur dernière, Adélaïde et René se sont aimés. 34 ans passés (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Je t’aime moi non plus

La séparation, ou la mort. Voici comment se terminent toutes les histoires d’amour. De leur première nuit à leur dernière, Adélaïde et René se sont aimés. 34 ans passés à s’enticher, se caliner, se projeter, s’engueuler, se recaliner… Du premier emménagement aux tromperies, de la naissance des enfants à ce dernier moment partagé, Alexis Jebeile donne à voir 68 étapes de l’aventure tendre de ce couple du XXIe siècle, d’un équilibre fragile, d’un quotidien mouvementé… Un huis clos dans lequel, sans doute, chacun se retrouvera un peu. Adélaïde et René, par la compagnie Le Boétien, du mar 19 au vend 22 octobre à La Comédie de Saint-Etienne

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Trou noir

Science-Fiction | Un vaisseau spatial, au beau milieu d’un immense rien, dans un univers dont il ne reste plus que des trous noirs qui fusionnent et s’évaporent. A bord, (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Trou noir

Un vaisseau spatial, au beau milieu d’un immense rien, dans un univers dont il ne reste plus que des trous noirs qui fusionnent et s’évaporent. A bord, un adulte, un enfant, et une voix, peut-être celle de l’ordinateur embarqué. Nous sommes dans le futur, à la toute fin des temps, au précipice d’un gigantesque et ultime trou noir. Ici, dans cette dernière ère que l’on nomme Le Royaume, le relationnel demeure… Mais un changement se profile. Depuis quelques temps, l’enfant fait des cauchemars. Bientôt, tout pourrait ne plus jamais être comme avant… Ne plus jamais être tout court. Théâtre cinématographique Avec cette fable d’anticipation, le Collectif X (Cannibale, Une Femme sous influence…), habitué des propositions oniriques, embarque le public dans un voyage spatial et métaphysique, donnant à voir simultanément le passé et le futur, la création et la fin. Hautement cinématographique, Le Royaume fait appel à nos sensations et nos intuitions pour, peut-être, tenter de répondre à la question qui depuis toujours taraude l’humanité toute entière : pourquoi sommes-nous ? Une évocation de l’éternel recommencement… Jusqu’à ce que tout s’a

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Copains comme cochons

Grande soirée théâtre | Ecrivain en proie à quelques doutes sur sa vie, son passé et son avenir, Yves a invité Pierre, son ancien meilleur ami, à dîner chez lui. 10 ans, que ces deux-là (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Copains comme cochons

Ecrivain en proie à quelques doutes sur sa vie, son passé et son avenir, Yves a invité Pierre, son ancien meilleur ami, à dîner chez lui. 10 ans, que ces deux-là ne se sont pas vus. De quoi promettre des retrouvailles quelque peu gênées… D’autant qu’il y a 10 ans, l’épouse de l’un était celle de l’autre… Ecrit par David Foenkinos et mis en scène par Nicolas Briançon, ce spectacle à mi-chemin entre la fable et la farce use des bons vieux rouages du triangle amoureux pour aborder des questions du quotidien, bel et bien existentielles… 10 ans après, avec Bruno Solo, Mélanie Pages et Julien Boisselier, le 11 octobre à l’Opéra de Saint-Etienne

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Je suis malaaaade

théâtre | Mal au ventre ? Prends une pilule. Mal à la tête ? Prends une pilule. Mal au pied ? Prends une pilule. Mal au cœur ? Prends une pilule. Dépression ? Prends (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Je suis malaaaade

Mal au ventre ? Prends une pilule. Mal à la tête ? Prends une pilule. Mal au pied ? Prends une pilule. Mal au cœur ? Prends une pilule. Dépression ? Prends toute la boite (mais pas d'un coup). Médecins, labos, industries, patients… La médication, au XXIe siècle, tout le monde y trouve son compte… Et en tout premier lieu, notre mal de vivre. Un spectacle pour tous ceux qui ne vont nulle part sans trousse à pharmacie, qui traite d'un monde médical déshumanisé, non sans un ton… Caustique. Profit sur ordonnance, par la compagnie Mange et tais-toi, les 14 et 15 octobre au Chok théâtre

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A Star is dead

Théâtre | Une ville parmi d’autres, un soir parmi d’autres, une salle de province, petite, minable, comme toutes les autres. Finis les paillettes, les (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

A Star is dead

Une ville parmi d’autres, un soir parmi d’autres, une salle de province, petite, minable, comme toutes les autres. Finis les paillettes, les strass, le succès. Le numéro, jadis célèbre et applaudi, ne fait plus recette. Un jour, il faudra qu’ils arrêtent. Qu’ils se taisent. Mais pas maintenant. Pas encore. Pas tout de suite. Tout de suite, l’ancienne star de music-hall et ses deux boys jouent, même si la salle est vide. Face au néant, continuer, jusqu’au bout. Signé Lagarce, cet hommage à ceux qui font le spectacle, se double d’une romantique ode à la vie. Music-Hall, par la compagnie Le Travail de Nuit, jeu 7, vend 8 et dim 10 octobre au Théâtre du Verso à Saint-Etienne ; lun 18 octobre à La Buire à l’Horme

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Danse toi-même !

Bal | Parce que sur le papier, la danse contemporaine pourrait faire peur ; parce qu’on s’imagine déjà assis dans une salle obscure, à ne rien comprendre à (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Danse toi-même !

Parce que sur le papier, la danse contemporaine pourrait faire peur ; parce qu’on s’imagine déjà assis dans une salle obscure, à ne rien comprendre à ce que l’on voit, quand bien même on admirerait la performance des danseurs, la compagnie Pernette réinvente la forme même du spectacle, en proposant au spectateur d’y prendre part. Avec Le Bal des sortilèges, il sera ainsi question de magie, de sorcellerie, de ronde, de potion magique, de philtre d’amour, et surtout… De suivre le mouvement, même en décalé ! Alors, prêt à lever la patte ? Le Bal des sortilèges, par la compagnie Pernette, le samedi 9 octobre au théâtre du Parc

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Le Saint-Etienne du rire

Humour | A Saint-Etienne, les vacances de la Toussaint seront placées sous le signe de l'humour, grâce au festival Arcomik...

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Le Saint-Etienne du rire

C’est une édition pour laquelle il aura fallu patienter un bon moment. Initialement prévue en février comme à son habitude, la 18e du festival d’humour Arcomik (anciennement Arts Burlesques) avait tout d’abord été reportée en avril, avant d’être finalement décalée au mois d’octobre, en pleines vacances de la Toussaint. Une attente qui a occasionné quelques réaménagements de plateaux, sans néanmoins altérer la qualité du menu proposé : forte d’avoir glané au passage une notoriété nationale, cette édition sera pour le festival du rire stéphanois celle de la maturité… Offrant ses différentes scènes à quelques un(e)s des humoristes les plus en vue du moment. Humour grinçant cache tendresse Au programme de cette semaine de poilade, on retrouvera ainsi l’un des plus grands agitateurs des ondes, bien aimé des auditeurs de Nova, attaché aux personnages de beaufs auxquels il fait débiter un bon gros paquet de cochonneries… Et néanmoins élu humoriste le plus drôle de France en 2020 par le mainstream GQ. Au volant de son spectacle Le Dernier Relais, Benjamin Tranié campera ici tous les personnages d’un restaurant autoroutier

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AaRON, toujours dans la lumière

Pop/electro | D’organique à synthétique, la distinction est parfois très ténue. La preuve avec le duo AaRON, qui sortait il y a tout juste un an son quatrième album, Anatomy (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 octobre 2021

AaRON, toujours dans la lumière

D’organique à synthétique, la distinction est parfois très ténue. La preuve avec le duo AaRON, qui sortait il y a tout juste un an son quatrième album, Anatomy of Light. Si Simon Buret et Olivier Coursier ont vu en 2006 leur titre U Turn (Lili), BO du film Je vais bien, ne t’en fais pas, les propulser sur le devant de la scène, ils n’ont cependant pas perdu de leur superbe avec le temps. Et si la dose d’électro dans leurs chansons a progressivement monté, ils gardent également de l’émotion et une poésie forte. Ce nouvel opus confirme la teneur du projet et de ses créations, lumineuses et toutes en liberté. Si vous ajoutez à cela une scénographie concoctée par Victorien Cayzeele, qui s’occupe entre autres des habillages scéniques de Vitalic ou Etienne Daho, cela donne un ensemble d’ingrédients prometteurs pour le retour du groupe en terres stéphanoises. AaRON + Bleu Tonnerre, vendredi 15 octobre à 20h30 au Fil

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Un 10e pour les Tit’Nassels

Album | Après plus de 20 ans de carrière et des mois passés loin de la scène, le groupe roannais fait coup double : un dixième album, et deux concerts à la maison pour fêter ça comme il se doit.

Cerise Rochet | Jeudi 23 septembre 2021

Un 10e pour les Tit’Nassels

Cinq ans qu’ils n’avaient pas sorti de nouvel album studio. Et puis… ça y est. Après un live édité en 2020 à l’occasion du 20e anniversaire du groupe, les Roannais des Tit’Nassels sont de retour dans les bacs avec un 10e opus. Ecrit avant le début de l’épidémie de Covid, cet album en deux volumes -dont le second sortira en janvier- reprend efficacement la recette qui a fait le succès du duo, devenu quatuor en 2013 : de la poésie, de l’engagement qui ne veut pas dire son nom, de l’humour, aussi. Avec leurs textes, Axl et Sophie, copains de lycée et membres originels du groupe, posent leurs regards empathiques, indignés ou railleurs sur les choses de la vie. Sur « les Invisibles qu’on ne voit même plus », pour lesquels « il n’y a pas de compte-rendu », alors qu’ils « sont là, juste devant toi ». Sur les réseaux sociaux et le culte du soi-même, sur le bonheur, qui « est en toi (et) ne se caresse pas du bout des doigts » … Sur l’amour, sur la peine, sur les gens, le monde, l’absurde. Avec peut-être un peu plus de guitare qu’à l’accoutumée, et aussi grande première, une chanson en anglais, le groupe fêtera sans attendre la sortie de ce disque

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La Loi du Silence...

Piano | « Je me demande parfois si le musicien n'est pas là pour célébrer le mystère qui se trouve derrière la musique, le silence duquel elle émerge, plutôt que la (...)

Alain Koenig | Mardi 5 octobre 2021

La Loi du Silence...

« Je me demande parfois si le musicien n'est pas là pour célébrer le mystère qui se trouve derrière la musique, le silence duquel elle émerge, plutôt que la musique elle-même. Le musicien n'existe que pour révéler ce que l'on sait déjà », nous déclarait Pascal Amoyel au cours d'un récent entretien. Redonner vie à l'inclassable héros - Ludwig van Beethoven- relevait pour le plus subtil de nos pianistes français de la gageure, l'extraire du monde du silence dans lequel il s'enfonça toute sa vie. Bustes et commémorations pérennisent un portrait souvent biaisé du compositeur. Pascal Amoyel, en inlassable quête d'absolu et de vérité, rouvrira, mesure après mesure, les portes d'une mémoire injustement sélective. Personnage complexe, Beethoven reviendra habiter son corps grâce aux « cinquante doigts » du célèbre interprète. Des stigmates de l'enfance, des souffrances du jeune homme éconduit, des pathologies souffreteuses de l'adulte naquirent les chefs-d’œuvre, universels, éblouissants. Transcendant l'hôte de leur gestation, le génie recouvrera ses cinq sens, le temps d'un spectacle musical hors normes. Qui d'autre que le pianiste-lumière pouvait-il « look fo

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André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC demandant à sa fille de l’aider à mourir (et odieux), André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Mercredi 22 septembre 2021

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves de son livre en me demandant si ça m’intéressait, parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais dit que je ne me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK. Mais elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce qui m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité

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Danse la vie

SCENES | Bientôt trentenaire, le théâtre du Parc d’Andrézieux-Bouthéon ouvre sa saison avec un temps fort dédié à la danse. Zoom sur des spectacles fondés sur le jeu, le songe ou encore l’engagement.

Cerise Rochet | Mardi 21 septembre 2021

Danse la vie

A destination des plus jeunes ou des adultes, transportant de chorégraphies en chorégraphie, de compagnie en compagnie, d’univers en univers, la programmation danse du Théâtre du Parc est devenue ces dernières années l’une des références du territoire pour les amateurs d’allegros, de balancés, de battements ou de chassés. A l’aune de son trentième anniversaire, rien de moins surprenant donc, de voir sa saison 2021-2022 s’ouvrir sur un temps fort en danse… Avec pas moins de 6 spectacles à l’affiche en trois semaines. Tour d’horizon. Ensemble Un cérémonial, qui met en scène la fraternité. Chorégraphié par Fouad Boussouf, le fondateur de la compagnie Massala, le spectacle Näss - les gens, en arabe - réunit 7 danseurs issus du hip-hop, de la danse traditionnelle marocaine, et du cirque contemporain. Sur un rythme continu, incessant et obsédant, la danse et les mouvements se font intenses, parfois acrobatiques, exaltant la puissance collective, révélant, à travers cette folle ébullition, l’universalité des dynamiques de groupe. Une fureur de vivre, à la frontière entre le rituel et l’urbain. Naäs, par la compagnie Massala, le

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I love America... 

MUSIQUES | Drame de l’attente amoureuse et du sacrifice, « Madame Butterfly » brille au firmament puccinien. La violence du non-dit déchire le papier japonais, soulignée dans cette nouvelle production, par la sobre mise en scène d’Emmanuelle Bastet.

Alain Koenig | Mardi 5 octobre 2021

I love America... 

Avec Madame Butterfly, Puccini frappe un direct du gauche, laissant l’auditeur au tapis. Inégalé et bouleversant, érudit et populaire, dandy mais indomptable, intellectuel et brutal, génial mélodiste... Que serait l’opéra sans Puccini? La peinture sans Michel-Ange ! Lorsqu’il achève l’ouvrage en 1904, le maestro est porté par ses succès : Manon Lescaut, La Bohème, Tosca... La mode “orientaliste“ alimente l’Europe en fantasmes de sulfureux et exotiques comptoirs. L’argument : Cio-Cio San, geisha de Nagasaki s’éprend du lieutenant américain Benjamin Pinkerton. Le mariage à la japonaise, sans aucune valeur juridique, permet aux marins de l’époque d’apaiser leur conscience extra-conjugale. Pour Cio-Cio San, hélas, l’engagement est total ; elle renie famille et traditions, rêve d’Amérique, de se débrider les yeux... Pinkerton lève l’ancre, promettant de revenir. Elle donne naissance à “leur“ enfant, attend son retour, encore, toujours. Déjouant tous les oracles, il revient, mais accompagné d’une autre Mme Pinkerton, authentiquement américaine. Cio-Cio San renoue avec le code d’honneur nippon : elle se donne la mort par le sabre de son

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Candyman : Double crochet du droit

Ecrans | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre, pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Lundi 20 septembre 2021

Candyman : Double crochet du droit

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini Green autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés… Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation, offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

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Le retour de la bamboche

ACTUS | En 2021, la rentrée culturelle sera festive, ou ne sera pas… Pour mêler théâtre, musique et pampille, rendez-vous ce vendredi soir, à la Comédie de Saint-Etienne.

La rédaction | Jeudi 16 septembre 2021

Le retour de la bamboche

Cela fait partie des traditions qui avaient dû être abandonnées l’an passé, et que tout le monde est bien content de retrouver. Ce vendredi soir, sur le parvis de la Comédie, cap sur une soirée de fête et de retrouvailles, ouverte à tous ceux qui n'ont d'autres prétentions que celle de passer un bon moment. Dès 18 heures en accès libre, il sera possible d’assister à la projection d’un court-métrage, et également à une exposition de costumes. 30 minutes plus tard, cap sur une succession de spectacles, de la lecture musicale proposée par la promotion 31 de l’Ecole, au concert des Semelles Funky, en passant par deux spectacles tout publics mêlant humour et poésie, ainsi que par le désormais célèbre swing made in New Orléans des Po’Boys. Et, pour que la bamboche soit totale… Deux Food trucks, ainsi que le restaurant la Compagnie serviront les ravitaillements. Option bonus : il est aussi possible de venir avec son pique-nique. On dirait bien que le rideau se lève de nouveau… Vendredi 17 septembre dès 18 heures à la Comédie de Saint-Etienne. Entrée libre.

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Marion Cotillard - Flore Vasseur : « On arrive à un point où on engage le processus vital. »

Bigger Than Us | Produit par Marion Cotillard, réalisé par Flore Vasseur, Bigger Than Us empile les témoignages de jeunes adultes porteurs d’initiatives citoyennes et/ou environnementales partout sur le globe. Un documentaire un peu trop lisse qui cependant donne l’occasion de s’emparer d’un sujet hélas brûlant : l’urgence d’agir. Rencontre.

Vincent Raymond | Lundi 20 septembre 2021

Marion Cotillard - Flore Vasseur : « On arrive à un point où on engage le processus vital. »

Le titre de votre documentaire est porteur d’une intéressante ambivalence : Bigger than us évoque à la fois la dimension tétanisante d’une entreprise dont l’immensité peut (ou doit) justement dynamiser, galvaniser le spectateur… Flore Vasseur : C’est relativement assumé. D’habitude, j’ai toujours du mal à trouver les titres, et plutôt à la fin. Là, il nous est tombé dessus avant même le début. Je tournais autour des concepts de bigger than life — ces personnages, souvent américains comme Martin Luther King, qui font des choses plus grandes que la vie. J’avais envie de parler du nous, pas d’être dans une dimension individualiste. C’était important aujourd’hui de montrer qu’on est “un seul”. Le titre est sorti, et je suis arrivé assez timidement devant Marion et Denis Carot [le coproducteur du film] et on a tout de suite cliqué en assumant le fait que ça voulait dire plein de choses différentes. C’est la magie d’un bon, d’un vrai titre, pour moi. Et vous avez raison, le premier entendement, est que l’on est dans un constat d’impu

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A Sainté, le végé fait son trou

Food | Terminée, l’époque où les végétariens et végétaliens passaient pour des petits moineaux mangeurs de graines ? Longtemps perçue comme un peu « à la traine » sur ces questions, il semble que Saint-Etienne ait fini par prendre le train en marche…

Cerise Rochet | Mercredi 15 septembre 2021

A Sainté, le végé fait son trou

Il y a quelques années, les choses n’étaient pas toutes simples, pour les végétariens et végétaliens de Sainté et alentours. Pas simple de trouver un restau où bien manger, de trouver des bons produits avec lesquels cuisiner et se régaler... Et puis, les choses ont changé, un peu. Grâce à la société qui évolue, grâce à la médiatisation nouvelle de ce mode d’alimentation, grâce à la prise de conscience progressive de l’enjeu environnemental auquel il est lié, grâce à davantage de sensibilisation à la souffrance animale… Grâce, aussi et surtout, à l’ouverture progressive de plusieurs structures et concepts de restauration, qui ont su provoquer de belles surprises gustatives. Premier restaurant végétarien à ouvrir en centre-ville de Saint-Etienne, la Cantine numéro 10 a ainsi permis d’aider à implanter dans la tête des Stéphanois que manger sans viande et sans poisson, ce n’est pas « manger une petite carotte et de la salade », comme l'imaginait parfois un paquet d’amateurs de bonnes blagues. Ici, le velouté de potiron sent bon, est doux, épais, et se mêle à des graines de tournesol et de courges pour y ajouter du croquant. Quant aux légumes qui accompagnent le riz : leur

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Fêtes à plumes

Escapade | Ce week-end, on enfile son costume, et on fonce aux fêtes du Roi de L’Oiseau du Puy-en-Velay pour un joli et joyeux voyage dans le temps... Rendez-vous à la Renaissance !

Cerise Rochet | Mardi 14 septembre 2021

Fêtes à plumes

Il y a fort fort longtemps, avait lieu chaque année au Puy-en-Velay un concours d’archerie visant à désigner le meilleur archer de la cité. Les participants y tiraient l’oiseau, perroquet de plumes et de paille, tentant chacun à leur tour d’approcher leur flèche au plus près du cœur du piaf. La tradition, initiée au Puy en 1524, consistait à créer une émulation parmi les jeunes gens, capable de les détourner de la « lubricité et des tavernes »… Un vaste programme éducatif, en somme, d’autant que le vainqueur se voyait attribuer moults responsabilités : proclamé roi pour un an, autorisé à porter l’épée, il devenait en effet commandant d’une « compagnie de fusilhers et d’arquebuziers, avec sergeants et tambours », était exonéré d’impôts et détenait également les clés de la ville. Un week-end en immersion totale Pratiquée jusqu’à la Révolution puis abandonnée, cette tradition annuelle réapparut quelques siècles plus tard lors de la création en 1986 des fêtes du Roi de L’Oiseau, organisées au Puy le troisième week-end de septembre. Après une édition 2020 chamboulée par la crise (et la météo !), les festivités reprendront de plus belle cette année avec

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Tu joues ?

Escape Game | A Montbrison, le bar/cave V&B s’associe avec les Stéphanois du 1909 Escape Game le temps d’une soirée événement pleine de surprises. Prêts à tourner en bourrique ?

Cerise Rochet | Lundi 13 septembre 2021

Tu joues ?

Ce jeudi, le désormais célèbre 1909 Escape Game qui tient habituellement ses quartiers rue de la République, a décidé de se faire une petite virée en dehors de Sainté. Pour cette première session événementielle de la rentrée, direction Montbrison, ou la cave-bar V&B accueillera toute la soirée un scénario complètement barré, à l’image de ce qui fait le succès de la structure stéphanoise depuis maintenant 5 ans. « On fait de l’événementiel depuis 2018, ça marche très bien, détaille Garance Damart, fondatrice et directrice de la structure stéphanoise. Ça permet à des gens qui ne connaissent pas encore l’escape game de venir tester le concept, dans un cadre qui leur est parfois plus familier. Alors qu’en temps normal, notre public vient nous voir, cette fois-ci, c’est nous qui nous déplaçons ! » Braquage raté Pour cette soirée forézienne, Garance et son équipe ont choisi une intrigue née dans leurs têtes créatives durant le confinement. Sans trop en dire pour garder l’effet de surprise, il sera question d’un braqu

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