L'École-Musée Chappe, l'enfance de l'art

Art urbain / Lieu | Une fois n'est pas coutume c'est d'un lieu, non pas d'une personne, dont nous dressons ce mois-ci le portrait. Septembre oblige, c'est la rentrée, à la fois celle des classes et celle de la culture. Nous sommes donc allés visiter une école stéphanoise plutôt atypique, l'École-Musée Chappe. Nous y avons rencontré le jeune directeur de "la maternelle", Jérémy Rousset, pilote d'un projet aussi original qu'audacieux.

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

Nous sommes bien ici dans une école publique. Les frères Chappe qui donnent leur nom à l'école n'étaient pas des religieux, mais une fratrie de cinq frangins à l'origine du télégraphe. Dont acte. C'est dans la salle des profs commune, entre le photocopieur et la cafetière, que Jérémy Rousset nous reçoit, tout sourire, à quelques jours de la rentrée. Enseignant depuis 2007, Jérémy a presque toujours travaillé en réseau d'éducation prioritaire (REP), avec une petite parenthèse australienne. Il est arrivé dans cette école en 2013 où il assure la direction de l'école maternelle tout en ayant lui-même la charge d'une classe à mi-temps. « L'école maternelle compte sept classes et l'école élémentaire 17 classes, pour un total d'environ 500 élèves. Nous avons une vraie mixité sociale, à l'image du centre-ville de Saint-Étienne et plus précisément du Crêt de Roch, avec à la fois des familles parfois en grande précarité et d'autres plus middle class, voire favorisées. » Une mixité dont on fait ici une richesse, grâce à un projet novateur qui permet de rassembler tout le monde autour d'une culture commune. L'élément déclencheur fut sans doute la venue à l'école du couple de street artistes stéphanois, Ella et Pitr, en 2015. Toutes les classes se sont alors mises en mouvement autour du travail des célèbres papiers-peintres : les plus petits travaillaient sur des motifs à l'encre de Chine, tandis que du CP au CM2, on planchait sur les cadres d'un trombinoscope. Cette année-là, toutes les photos de classe ont été prises dans un cadre géant, au cœur d'une anamorphose réalisée par le duo. Jérémy explique. « Nous avons compris que les exploitations pédagogiques seraient nombreuses si l'on poursuivait dans ce sens, en continuant à inviter les artistes à nous rendre visite. »

Changement de braquet

L'équipe éducative décide alors de passer à la vitesse supérieure, laissant l'art urbain entrer par toutes les fenêtres, au gré des opportunités, des contacts et des envies de chacun, sans pour autant se laisser enfermer dans cette voie. « On ne fait ici pas plus d'heures d'arts visuels qu'ailleurs car, comme dans toutes les écoles, il se vit aussi des choses importantes dans les autres matières. Notre projet se veut d'ailleurs le plus transversal possible. » En quatre ans, 25 artistes urbains sont ainsi venus à la rencontre des classes, laissant derrière eux près de 80 œuvres disséminées dans toute l'école, à l'intérieur des bâtiments comme dans les espaces extérieurs. Jérémy Rousset précise : « Nous nous débrouillons globalement avec les moyens du bord, comptant sur la générosité des artistes. Au-delà d'une subvention du Conseil Départemental et du soutien logistique de la mairie, notre projet est autofinancé à hauteur de 85% par la vente de gâteaux ou de badges. On est vraiment là dans le DO IT YOURSELF ! » Le concept d'école-musée constitue aujourd'hui une bien belle vitrine pour l'établissement qui a gagné près de 200 élèves en 10 ans et qui voit ses effectifs grandir encore. Odile, professeure des écoles, découpe des bandes de papier sur une table voisine. Elle confirme : « Il y a une dizaine d'années l'école avait encore mauvaise réputation, mais les choses ont vraiment évolué. »

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Quand l'art fait débat

Chaque fois qu'un nouveau plasticien débarque à l'école, les élèves font d'abord l'expérience sensible d'une performance artistique avant d'apprendre à décrypter le propos ou le message de l'oeuvre. Loin des grands poncifs, les débats qui naissent alors permettent d'incorporer des questions sociétales que les enfants vivent eux-mêmes dans leur chair au quotidien, comme l'égalité filles-garçons, l'identité et l'immigration... Intervient enfin la phase de création artistique au cours de laquelle les élèves se nourrissent de ce qu'ils ont découvert, sans forcément singer les artistes. « La venue d'artistes comme le Chinois Liu Bolin laisse à tous des souvenirs très forts, mais nous proposons aussi à nos élèves une expérience de la musique. Certains enfants ont pu rencontrer au Fil le chanteur Oldelaf ou Les Ogres de Barback, mais surtout deux concerts ont eu lieu dans l'école, avec notamment celui de la Dub Incorporation. » Répondant à l'invitation de l'école Chappe mais ne pouvant se déplacer jusqu'à Saint-Étienne, l'artiste américain Shepard Fairey, rendu célèbre par son portrait Hope de Barack Obama, s'est tout de même fendu de deux sérigraphies dédicacées offertes à l'établissement. Jérémy aimerait beaucoup inviter Invader, le célèbre artiste anonyme qui envahit les espaces publics du monde entier avec ses personnages de jeu vidéo en mosaïques. « Généralement je m'occupe de la prise de contact avec les plasticiens. Mais cette fois-ci, comme nous ne savions pas vraiment comment contacter l'artiste, ce sont les élèves eux-mêmes qui ont lancé un appel sur les réseaux sociaux. » La truculente vidéo, bourrée d'humour et sous-titrée en anglais, est rapidement devenue virale sur Facebook. Aux dernières nouvelles, Invader aurait bien pris connaissance de l'invitation : affaire à suivre !

La pédagogie de projet comme l'art urbain permettent de questionner le monde de façon concrète et vivante

Après le succès l'an passé des Journées Européennes du Patrimoine avec près de 500 visiteurs, l'école a reçu tout au long de l'année la visite de nombreuses classes d'écoles primaires, de collèges ou de lycées, venues du département comme de l'étranger. En jouant pleinement leur rôle de guide, les enfants sont au final de plus en plus acteurs du dispositif. « Si le projet a si bien pris, c'est sans doute parce qu'il crée du collectif, du vivre ensemble. Il donne aussi du sens aux autres apprentissages en ouvrant l'école sur l'extérieur. La pédagogie de projet comme l'art urbain permettent de questionner le monde de façon concrète et vivante. C'est donc beaucoup de plaisir partagé entre les élèves, les intervenants, les enseignants et les familles. » Pendant les vacances d'été, les productions des élèves ont été retirées des murs, laissant place nette pour la nouvelle rentrée. Car Jérémy Rousset et son équipe ne comptent pas s'endormir sur leurs lauriers. Les futures interventions artistiques sont d'ores et déjà calées pour l'année scolaire qui s'ouvre. Mais avant, rendez-vous est pris pour les toutes prochaines Journées du Patrimoine : samedi 21 septembre de 10 à 18h, les jeunes élèves guideront à nouveau les visiteurs dans cette singulière école-musée dont ils peuvent être fiers.

École-Musée Chappe, 3 impasse Noël Mazet à Saint-Étienne

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Repères / ils sont venus :

Biancoshock
Big Ben
Bocse
Bulbe
Cap Phi
Damien Cottin
Don Mateo
Ella et Pitr
Ememem
Ërell
Federica Di Ruvo
Jef Aérosol
Jérôme Mesnager
Liu Bolin
Madame (Moustache)
Mademoiselle Maurice
MP5
Nick Walker
Oak Oak
Rero
Sandra Sanseverino
Tania Mouraud
The Sheepest
Totipote
Zabou...

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Benoît Lambert, Artisan de la scène

SCENES | Fraîchement nommé à la tête de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert y portera un projet collectif, mené en synergie avec plusieurs artistes. Portrait d’un penseur, devenu un homme de théâtre d’expérience.

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Benoît Lambert, 
Artisan de la scène

Un jeudi matin de la fin du mois d’août, dans les méandres des bureaux de la Comédie de Saint-Etienne. A peine rentré de vacances et déjà au charbon, Benoît Lambert nous accueille, avenant, au sortir d’une réunion avec ses équipes. Tandis qu’en préambule de l’entretien qu’il nous accorde, se pose la question de la photo qui illustrera son portrait, l’homme tranche, un sourire un brin résigné aux lèvres : « De toute manière, les appareils photos ne m’aiment pas ». Auto-flagellation ? Non, du tout. Juste que son « narcissisme n’est pas là ». Nouveau directeur de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert est de ceux qui préfèrent regarder qu’être vus… Spectateur, pas comédien. Rien d’étonnant, donc, à ce que son goût pour le théâtre se soit d’abord concrétisé par la mise en scène. Lui qui, gamin puis ado, éprouvait une certaine fascination pour les acteurs, est devenu « un spectateur qui fabrique lui-même les spectacles qu’il a envie de voir ». Jamais rassasié par Molière, l’ancien directeur du Théâtre Dijon Bourgogne présentera ainsi en janvier prochain son Avare, après avoir déjà monté Les Fourberies de Scapin en 1995, Le Misanthrope en 2006

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No Game Over

Théâtre | Le jour, on oublie, on enfouit ses souvenirs et ses pensées, simplement pour continuer à vivre. Mais la nuit… Les mémoires ont des choses à dire. Quatre (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

No Game Over

Le jour, on oublie, on enfouit ses souvenirs et ses pensées, simplement pour continuer à vivre. Mais la nuit… Les mémoires ont des choses à dire. Quatre femmes, encore adolescentes à l’époque de la dictature de Pinochet, tentent de discerner le cauchemar de la réalité, en reconstituant l’histoire d’Estrella, leur ancienne camarade de classe, fille d’un gradé responsable du meurtre de trois militants communistes, elle-même victime d’un féminicide. Parce que l’Histoire n’est jamais linéaire, et que l’on bâtit l’avenir en rendant justice au passé. Space Invaders, le 12 octobre à la Passerelle de Saint-Just-Saint-Rambert

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Chienne d’époque

théâtre | Elle s’appelle Lola, elle a 8 ans et demi. Il s’appelle Thélonius, il est un chien sans collier, sans domicile, il chante et parle plusieurs langues. (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Chienne d’époque

Elle s’appelle Lola, elle a 8 ans et demi. Il s’appelle Thélonius, il est un chien sans collier, sans domicile, il chante et parle plusieurs langues. Bientôt, Thélonius va courir un grand danger : une nouvelle loi vient d’être votée, et tous les chiens sans collier vont être expulsés… Peut-être la jeune Lola, gourmande de discussions et éprise de liberté, pourra-t-elle l’aider ? Avec sa mise en scène du texte de Serge Kribus, Zabou Breitman signe une pièce drôle, touchante, et pleine d’espoir quant à ce qui peut se passer lorsqu’on cherche à être ensemble plutôt que divisés. Thélonius et Lola, du 24 au 26 novembre à la Comédie de Saint-Etienne

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Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Rencontre | Benoît Lambert vient d'être nommé directeur de La Comédie de Saint-Étienne et de son école attenante. Nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir davantage sur la vision qu'il porte sur Saint-Étienne mais également sur ses projets à venir pour le Centre dramatique stéphanois. Échanges.

Nicolas Bros | Mardi 2 février 2021

Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Pourquoi avoir fait le choix de candidater pour la direction de La Comédie de Saint-Étienne ? J’ai candidaté à Saint-Étienne, c’est important de le dire. Ce n’est pas un hasard. Je dirige actuellement le théâtre de Dijon pour lequel j’avais candidaté il y a 8 ans pour des raisons très précises. C’est la même situation avec Saint-Étienne. D’abord, La Comédie de Saint-Étienne est une maison que je connais pour l’avoir fréquentée. Arnaud Meunier m’avait demandé d’être le parrain de la promo 25, la première qu’il avait recrutée à son arrivée. Cela m’a permis de travailler à La Comédie, avec les élèves… Mes spectacles y ont également été accueillis. J’ai passé du temps dans la ville, une ville que j’apprécie beaucoup. Donc la question de cette candidature n’était pas simplement de venir travailler mais de venir vivre à Saint-Étienne, ce qui correspond à un enjeu important pour moi. Ce théâtre a également un tel essor sous l’impulsion d’Arnaud Meunier, qu’il est devenu un des plus beaux théâtres de France. Ce n’est pas de la flagornerie. Ce nouveau bâtiment, le développement de l’école, … c’est un rêve. Et je dois dire aussi que je suis un héritier idéologiq

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Dans ta rue

Art urbain | La vie normale reprend prudemment son cours. Les hôpitaux reprennent leur souffle, l’économie balbutie un timide redémarrage et le monde de la culture se réveille d’un sommeil profond. Puisque les lieux d’expression artistique ne rouvriront leurs portes que très progressivement, voilà peut-être l’occasion de regarder avec une plus grande attention l’art qui s’offre à nos yeux, à ciel ouvert dans la ville… Le temps de prendre des nouvelles de la planète street art auprès de quelques créateurs locaux, nous avons concocté pour vous une balade stéphanoise en mode art urbain. Alors sortez dans la rue et ouvrez grand les yeux.

Niko Rodamel | Mardi 9 juin 2020

Dans ta rue

Drôle d’époque. Né aux confins de la Chine sous les écailles d’un malheureux pangolin qu’on ne reprendra plus à fricoter avec les chauve-souris, un virus-grippette devenu pandémie vient secouer la planète. Crise sanitaire puis économique en cascade. L’effet Eyjafjallajökull (toujours imprononçable depuis son éruption en 2010), mais cette fois-ci poussé à son paroxysme. Et patatras, un strict confinement nous prive soudain de tout, de nos familles, de nos amis et de culture partagée. Les visites virtuelles proposées par les plus grands musées, les rediffusions de spectacles ou encore les surréalistes visio-apéros n’y feront rien ou pas grand-chose. Huit semaines de blackout. Marasme total. Nulle part où se retrouver, pas un bar ouvert, aucun restaurant, pas même un stade. Au moment où l’assourdissante nouvelle du confinement tombait, deux campagnes d’affichage semblaient se répondre dans les rues de Saint-Étienne. D’une part, la mise en scène très réglementée des affiches électorales, alignant côte à côte huit candidats et candidates, bien identifiés puisque soumis au suffrage universel. D’autre part, la série (en)Regards de la plasticienne stéphanoise MS Nourdi

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Vise un peu ça

Art urbain | L'artiste stéphanois ViZa, qui expose à la Galerie Pasqui, rue des Creuses, vient de réaliser sur les murs de cette galerie l'œuvre Aux armes, que vous (...)

Nicolas Bros | Mardi 12 mai 2020

Vise un peu ça

L'artiste stéphanois ViZa, qui expose à la Galerie Pasqui, rue des Creuses, vient de réaliser sur les murs de cette galerie l'œuvre Aux armes, que vous pouvez découvrir en illustration de cet article. L'artiste précise que « cette fresque n'est pas forcément un hommage aux soignants comme j'ai pu le voir sur différents post mais plutôt un marqueur de la période que nous sommes en train de traverser et qui a bouleversé nos vies. Après chacun est libre de se l'approprier comme il le souhaite...

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La Rotonde, 20 ans de curiosités

Culture scientifique | Saint-Étienne possède une force en matière de sciences, tant dans la recherche que dans la transmission. Université, grandes écoles mais aussi lieux de diffusion ouverts à tous comme son Planétarium. De l’autre côté, du Cours Fauriel, la Rotonde de l’École des Mines travaille depuis 20 ans dans ce sens avec expos, ateliers, rencontres… Une aventure qui va également se poursuivre avec l’ouverture d’Explora en septembre prochain. Décryptage.

Nicolas Bros | Mercredi 4 mars 2020

La Rotonde, 20 ans de curiosités

Si la « soucoupe » (surnom du bâtiment qui abrite La Rotonde) est un édifice circulaire, emblématique du Cours Fauriel, c'est aussi un lieu qui empêche les Stéphanois de tourner en rond depuis maintenant 20 ans. « Laboratoire d'idées et d'expérimentations », le CCSTI (cf. bas de page) La Rotonde de l'École des Mines de Saint-Étienne a accueilli depuis 1999 de nombreux curieux en culottes courtes ou possédant des cheveux un peu plus salés... Une belle aventure que cet établissement et son équipe de 10 personnes poursuivent vaillamment, avec une mission simple : permettre à toutes et tous de venir découvrir, expérimenter, s'émerveiller, donner du sens à tout ce qui nous entoure. Tout en s'appuyant sur des savoirs et travaux scientifiques reconnus et vérifiés. Ici, on éloigne les fake news et on combat les a priori. Une mission d'utilité et de salubrité publiques en quelque sorte. Un grand bol de curiosité Si La Rotonde accueille chaque année de plus en plus de monde (43 000 visiteurs en 2019), c'est surtout grâce à la qualité de sa programmation. Climat, archéologie, rire, supraconductivité, intelligence artificielle...

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On se Serre en 2020

Jeune création contemporaine | La Serre, lieu d'expression artistique dédié à la jeune création contemporaine de la Ville de Saint-Étienne, lance sa nouvelle saison 2020 dès le 24 (...)

Nicolas Bros | Mercredi 22 janvier 2020

On se Serre en 2020

La Serre, lieu d'expression artistique dédié à la jeune création contemporaine de la Ville de Saint-Étienne, lance sa nouvelle saison 2020 dès le 24 janvier avec une exposition programmée de Camila Ragonese, intitulée Un endroit super heureux. Visible jusqu'au 29 février, cette première exposition personnelle de l'artiste diplômée de l'ESADSE (École supérieure d'art et de design de Saint-Étienne) et née en 1994, sera suivie de cinq autres expositions inédites installées tout au long de l'année. Avec des modes d'expression très variés tels que peinture, dessin, sculpture, installation, design, photographie ou arts numériques. L'occasion de découvrir le travail de jeunes artistes qui font et feront la fierté de notre territoire, démontrant également le dynamisme de cette nouvelle génération de créateurs. Un endroit super heureux de Camila Ragonese, expo du 24 janvier au 29 février à La Serre Entrée libre du jeudi au samedi de 15h à 19h / Vernissage le jeudi 23 janvier à 18h La Se

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"Les Hirondelles de Kaboul" : Cachée

ECRANS | De Zabou Breitman & Eléa Gobbé-Mévellec (Fr., 1h33) avec les voix de Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swan Arlaud…

Vincent Raymond | Mercredi 4 septembre 2019

Dans l’Afghanistan asservi par les talibans, le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de résister à la terreur quotidienne. Mais lors d’une dispute, la belle Zunaira tue par accident son amant. Elle est aussitôt incarcérée sous la garde du vieux Atiq, en attendant d’être exécutée… À l’instar de Parvana, autre film d’animation renvoyant à l’Afghanistan des années de fer et de sang — hélas pas si lointaines — cette transposition du roman de Yasmina Khadra raconte plusieurs mises à mort, symboliques et réelles, consécutives à la prise du pouvoir par les talibans et à leur doctrine fondamentaliste. Certes, les autrices Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec prennent quelques libertés avec le texte initial pour “sauver“ un personnage, en lui octroyant ici des scrupules qu’il n’a pas à l’origine, mais elles ne dévoient pas globalement le sens de ce conte moral au finale aussi marquant symboliquement que visuellement. Le choix de l’animation trouve ici toute sa légitimité : le trait discontinu enrobe les questions politico-religieuses dans une forme élégante et réaliste — sans l’être trop toutefois — ; qua

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Flashy

ARTS | Panorama expos

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

Flashy

Depuis une douzaine d'années, l'artiste-peintre stéphanois LUMA (aka Lucas Mathevon) produit des toiles hyper colorées avec la spontanéité du street art, la trace du pinceau s'effaçant derrière les coulures des bombes de graffeur. Le plasticien se réapproprie aussi certains codes du pop art, peuplant ses œuvres de références contemporaines liées à la musique, au sport, au cinéma ou à l'univers des comics. Les couleurs jaillissantes et le trait vif insufflent à chaque tableau une vibrance esthétique très punchy. LUMA, du 30 janvier au 20 février 2020, le Nec à Saint-Priest-en-Jarez

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Une cour, comme le dos d'un géant blanc

Tout peinturluré | L'odeur de peinture flotte encore dans la cour du collège-lycée Saint-Louis. Elle émane d'un drôle de géant endormi. Depuis quelques années déjà, ces titans apathiques sont devenus indissociables du couple de peintres stéphanois Ella & Pitr. Partout où ils passent, un nouveau colosse se prélasse.

Antoine Desvoivre | Mercredi 19 juin 2019

Une cour, comme le dos d'un géant blanc

Après avoir signé la plus grande fresque d’Europe sur un toit de Paris (cf. vidéo ci-dessous), Ella & Pitr perpétuent leur folie des grandeurs en donnant forme à un nouveau personnage au cœur d'un lycée de Saint-Étienne.« C'est un ou une jeune personne, on ne peut pas définir son sexe, il est coincé dans une cour d'école, il rêve » , raconte les Papier-Peintres. Si les étudiants partent bientôt en vacances, le géant, lui, n'est pas près de quitter l'établissement. Mais avant de l'abandonner pour l'été, parents et enfants sont venus l'admirer. Et déjà, sur ses épaules de pigment, on s'installe, on discute ou l'on se promène. Des ribambelles d'ados entrent et sortent de la cour d'école, telle une colonie de fourmis qui courent le long de son dos. Un travail main dans la main avec les élèves Pour réaliser cet ouvrage, de plus de 2 000 mètres carrés, les artistes ont reçu de l'aide d'une main-d'oeuvre composée des élèves de Saint-Louis. Pour le duo, cet engagement est primordial. « Il est important de fair

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Street heart

ARTS | Qu’on se le dise : le Street Art Festival In Roche-la-Molière en remet une couche (déjà la cinquième édition) un peu partout sur les murs de la (...)

Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Street heart

Qu’on se le dise : le Street Art Festival In Roche-la-Molière en remet une couche (déjà la cinquième édition) un peu partout sur les murs de la cité rouchonne, invitant le public à découvrir de nouvelles réalisations à ciel ouvert qui viennent chaque année compléter les précédentes. S.A.F.I.R., jusqu’au 26 mai, Roche-la-Molière

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In dub we trust

20 ans de Dub stéphanois | Le musicien stéphanois Martin Nathan marque d’une pierre blanche les vingt ans du projet Brain Damage : une alléchante soirée live avec une belle brochettes d’invités accompagnera la sortie d’un album revisitant tout le parcours du serial dubber.

Niko Rodamel | Mardi 5 mars 2019

In dub we trust

Putain, vingt ans ! Peu d’artistes ligériens peuvent s’enorgueillir d’une telle longévité, combinant régularité et renouvellement, tout en conservant son ancrage territorial. Exit le gringo mytho à l’oreille percée qui chantait Saint-Étienne avant de se perdre dans mille vies fantasmées, on the road again mais loin des terrils de son enfance… Presque effacé le souvenir des concerts de ouf donnés par les Babylon Fighters… Mutique notre cher Mickaël Furnon, leader-ermite du regretté combo Mickey 3D… Non, vraiment, seuls la Dub Inc et Brain Damage semblent tenir le cap, rayonnant aussi bien dans l’Hexagone qu’à l’international, sans renier leurs origines stéphanoises. Rapprochant de façon visionnaire les univers du sound system et du live en créant l’un des premiers live-machine du genre à la veille de l’an 2000, Brian Damage est considéré depuis comme l’un des fondateurs de la scène dub en France. Follow the bass Avec quatorze albums au compteur et plus de sept cent concerts, Martin Nathan fête donc aujourd’h

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#BalanceTonVieuxPorc

Théâtre | Avec son "École des Femmes", Stéphane Braunschweig envoie valser les codes du théâtre classique, rappelant à quel point Molière est sans nul doute un génie intemporel.

Cerise Rochet | Mardi 5 février 2019

#BalanceTonVieuxPorc

« Le petit chat est mort ». Il est mort, mais est-ce bien là le plus grave pour la jeune Agnès ? Certainement non. Enfermée au couvent à l’âge de quatre ans par le vieil Arnolphe qui projette de l’épouser, elle est depuis lors élevée à l’écart du monde, éduquée selon les préceptes du vieux bougre « pour la rendre idiote autant qu’il se pourrait ». Devenue jeune femme, ignorant qu’elle est sur le point d’être unie à celui qu’elle considère comme un père, Agnès s’entiche d’Horace, volage, frivole et un brin idiot. Incestueux ? Grotesque ? Inquiétant, terrible, soutiendrait-on s’il ne s’agissait pas d’une fable imaginée par Molière il y a plus de trois siècles. Mise en scène résolument moderne Mais que dire de cette pièce, à l’aune de la lutte nouvelle pour les droits des femmes ? Que dire également de la mise en scène résolument moderne, imaginée par Stéphane Braunschweig, à qui l’on doit déjà d’excellents Tartuffe et Misanthrope ? Que l’une et l’autre rivalisent de justesse, voire d’intelligence. Qu’elles plongent le spectateur dans une fiction qui pourrait ne pas en être une. Qu’elles cachent sous des traits comiques des tragédies

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Alexandre Saffre dans l'Oeil du Petit Bulletin

Culture scientifique | Deuxième épisode de "Dans l'Oeil du Petit Bulletin" avec l'interview d'Alexandre Saffre, chargé de médiation scientifique à La Rotonde. Ne vous inquiétez pas, il nous explique ce que c'est La Rotonde...

Nicolas Bros | Jeudi 17 janvier 2019

Alexandre Saffre dans l'Oeil du Petit Bulletin

Alexandre Saffre, chargé de médiation scientifique au CCSTI La Rotonde - École des Mines de Saint-Étienne est venu se prêter au jeu de l'interview pour parler entre autres de l'expo Rires qui se déroule jusqu'à fin janvier 2019.

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Maréchal, la-voilà

Théâtre | Zabou Breitman est à l’affiche de La Compagnie des Spectres, pièce qu’elle a elle-même adaptée du roman de Lydie Salvayre, dont elle signe la mise en scène et tous les rôles. Une prouesse.

Cerise Rochet | Mercredi 31 octobre 2018

Maréchal, la-voilà

« Un appel du texte à le jouer ». La Compagnie des Spectres, c’est l’histoire d’une mère et de sa fille qui vivent recluses dans un petit appartement. La première, Rose, habite simultanément le présent et le passé. Les peurs et la révolte de la guerre, la mort de son frère adoré tué en 1943 par deux miliciens analphabètes, en même temps que son petit deux pièces de Créteil et son existence miséreuse. La seconde, Louisiane, est elle-même vampirisée par les souvenirs de sa mère, craint les hommes et s’empiffre de feuilletons télévisés à l’eau de rose. Lorsqu’un huissier de justice chargé de procéder à l’inventaire de leurs biens avant saisie débarque dans leurs vies, il ravive sans le vouloir les affreux souvenirs du passé, devenant bien malgré lui l’interlocuteur de deux femmes hantées par les spectres de l’Histoire. Lorsqu’elle tombe sur le bouquin de Lydie Salvayre au début des années 2000, Zabou Breitman « le dévore » littéralement : « Tout de suite, j’ai eu envie d’en faire une adaptation théâtrale, parce qu’il s’agit d’un roman qui se situe pile poil à l’endroit de la scène, il y a toujours un "je" quelque part », raconte la prin

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Un, deux, trois, Gallois

Danse | Jann Gallois, l’étoile montante du hip-hop et de la danse contemporaine française, présente Compact, véritable performance technique et poétique. Un duo, qui (...)

Cerise Rochet | Mardi 2 octobre 2018

Un, deux, trois, Gallois

Jann Gallois, l’étoile montante du hip-hop et de la danse contemporaine française, présente Compact, véritable performance technique et poétique. Un duo, qui repose sur une seule et unique contrainte : le contact extrême et permanent. Le temps de cette danse, les deux artistes ne font plus qu’un, et l’apparent duo devient solo. Compact sera suivi de Carte Blanche, un trio féminin interactif. Ici, Gallois propose un spectacle inventif, s’amusant à laisser les rênes au public en lui confiant la direction du spectacle. Compact/Carte Blanche, samedi 6 octobre à 20 heures à l’Echappé de Sorbiers

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Entrelacements

ARTS | Dans le cadre de sa résidence artistique Lugares (2018-2019) à la Ricamarie, la plasticienne Sandra Sanseverino présente une nouvelle série de (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 septembre 2018

Entrelacements

Dans le cadre de sa résidence artistique Lugares (2018-2019) à la Ricamarie, la plasticienne Sandra Sanseverino présente une nouvelle série de toiles, Lignes aériennes. Fidèle à son univers en nuances de gris, Sandra s'inscrit pour autant dans une recherche picturale permanente. Le trait épuré, fait d'entrelacements de lignes doucement brisées, laisse entrevoir derrière le geste graphique une quête assurément spirituelle. Les œuvres sur papier entrent en dialogue avec l'architecture de la Médiathèque, des murs au sol, jusqu'à l'esplanade extérieure avec les back-paintings. La ligne d'encre de Chine en mouvement révèle le sens de la transmission et l'échange entre art et culture. Le jeudi 11 octobre à partir de 19h, l'artiste invite le public à participer à la création d'un grand papier peint. Sandra explique : « le projet est de créer un dialogue pictural entre mes compositions, des productions issues des ateliers-laboratoires vécus avec les habitants et enfin les interventions du public le jour du vernissage. Il s'agit donc de développer les trois dimensions de la résidence : artistique d'une part, culturel

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Ça pulse pour la promo 28

Théâtre | Le spectacle de sortie des élèves de la Comédie, écrit par Pauline Sales et mis en scène par Arnaud Meunier, raconte l’histoire d’une bande d’ados à dix ans d’intervalle. Dans une atmosphère de légèreté estivale, le destin de ces jeunes adultes bascule dans une gravité dictée par un événement imprévu.

Houda El Boudrari | Mardi 5 juin 2018

Ça pulse pour la promo 28

Une bonne fée s’est penchée sur le berceau de la promo 28 de l’école de la Comédie de Saint-Étienne en leur offrant comme marraine Pauline Sales, co-directrice depuis 2009 du Préau (centre dramatique national de Normandie-Vire). Pour leur spectacle de fin d’études, les dix jeunes comédiens (dont six filles) ont eu droit à un texte sur-mesure de la plume incisive de cette talentueuse dramaturge qui dissèque avec minutie, mais non sans humour, les états d’âmes de ses contemporains. « Pas une pièce pour ados à l’américaine » Il y a trois ans, le public de la Comédie de Saint-Étienne avait découvert son art du dialogue dans le truculent feuilleton théâtral Docteur Camiski ou l’esprit du sexe, et les fidèles auront eu l’occasion d’apprécier à nouveau sa plume désopilante cette saison lors de l’excellente pièce J’ai bien fait ?. Cette fois-ci, exit les tribulations d’un sexologue tourmenté et la crise existentielle d’une quadra bobo, c’est sur un tout autre registre que l'institution théâtrale stéphanoise e a convoqué le talent de Pauline Sales : une histoire d’ados pour des ados, programmée d’ailleurs au festival d’Ados de Vire qui s’est tenu

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Courants d’art

Festival street art | Depuis le New-York des années 70 jusqu'à Amsterdam, Paris, Londres, Berlin et Munich, hauts lieux d'infection du virus, le phénomène du (...)

Niko Rodamel | Mercredi 2 mai 2018

Courants d’art

Depuis le New-York des années 70 jusqu'à Amsterdam, Paris, Londres, Berlin et Munich, hauts lieux d'infection du virus, le phénomène du "graffiti" ne cesse d'évoluer depuis qu'il a troqué ses oripeaux de subculture contre la reconnaissance unanime d'un vrai statut d'art urbain. On compte aujourd'hui dans le monde des milliers de graffeurs, tous aussi créatifs (ou presque), faisant vivre un courant artistique qui ne se cantonne plus aux murs des cités, puisqu'il trouve aussi peu à peu sa place dans les galeries chic ou chez les collectionneurs. La subversion s'étiole au profit d'une création tous azimuts. Les techniques se diversifient, du pochoir à la mosaïque en passant par le sticker ou encore le yarn bombing qui habille les arbres de tricots ultra colorés. Le Posca et la bombe aérosol font bon ménage mais tous les street artistes ne vivent pas de leurs dessins et nombreux sont ceux qui demeurent, par choix ou par la force des choses, dans l'anonymat. Certes, c'est là aussi l'un des traits de l'art de rue, presque un sport, que de cultiver le mystère (à l'instar du britannique Banksy) en dissimulant son identité (le plus souvent sous une large capuche) pour éviter par la même

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Seul·e, bien ou mal accompagné·e ?

Panorama ciné janvier 2018 | Femmes seules ou le devenant, colocataires aigris, ménages à trois ou quatre, zoo à domicile… Il y a en a pour tous les goûts, y compris les becs sucrés en ce début d’année…

Vincent Raymond | Mercredi 3 janvier 2018

Seul·e, bien ou mal accompagné·e ?

Comme un contrecoup des fêtes de fin d’année, propices aux réunions familiales : une ribambelle de films présentent des trajectoires de femmes seules ou sur le point de l’être. Le décevant L’Échappée belle (3 janvier) de Paolo Virzi associe une Helen Mirren en sursis à un Donald Sutherland façon Alzheimer pour une virée en camping car entre vieux soixante-huitard dans l’Amérique trumpisante. Un ennui poli saluera ce road movie faisant fausse route, voire du sur-place. Charlotte Rampling de son côté, poursuit sa fructueuse quête de rôles abrupts d’épouses esseulées. Après l’Ours d’argent pour 45 ans, elle a conquis la Coupe Volpi avec Hannah (24 janvier) d’Andrea Pallaoro, où elle campe une femme dont l’existence bascule lorsque son époux est incarcéré pour une histoire dont on comprendra peu à peu la sombre nature. Une œuvre “statique” et d’ambiance, de photographe pourrait-on dire, où la comédienne offre sans fard la dignité de son délitement.

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Danser jusqu'aux limites extrêmes

Danse | Émue par le film de Sydney Pollack On achève bien les chevaux, tiré du roman d'Horace Mc Coy, la comédienne et danseuse Pauline Laidet a créé un (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 3 janvier 2018

Danser jusqu'aux limites extrêmes

Émue par le film de Sydney Pollack On achève bien les chevaux, tiré du roman d'Horace Mc Coy, la comédienne et danseuse Pauline Laidet a créé un spectacle sur les marathons de danse qui mêle textes, danse et musique. Elle associe des professionnels et une vingtaine de danseurs amateurs formés par ses soins et qui représentent la foule des concurrents au début du spectacle. Fleisch (la viande animale en allemand et la chair humaine) est un reflet sensible et physique des "dance marathons" américains, défis de plus en plus fous où des couples, corps tendus, bave aux lèvres, dansaient jusqu'à l'épuisement pour espérer être le dernier couple à rester debout pour remporter la prime. Outre le gain qui les sortirait de la misère, qu'est-ce qui pouvait bien pousser ces couples à se lancer dans une épreuve aussi impitoyable ? Désir de se dépasser ? Soif de célébrité ? Espoir d'être repéré par des producteurs ? On n'est pas loin de nos télé-réalités. Mais que seraient ces marathons sans un public "voyeur" regardant des corps danser, diminuer, résister et finir par s'écrouler ? "That is the question". Fleisch, le 12 janvier à 20h et le 13 janv

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"L'Echappée belle" : Vieux routards que jamais

ECRANS | de Paolo Virzì (It.-Fr., 1h52) avec Helen Mirren, Donald Sutherland, Christian McKay… (3 janvier)

Vincent Raymond | Mercredi 20 décembre 2017

Ella et John ont décidé de rouler vers le Sud à bord de leur vieux camping-car, comme autrefois, mais à l’insu de leurs enfants — ce qui n’est pas pour les rassurer, car John est atteint d’Alzheimer et Ella d’une autre saloperie. Il s’agit sans doute de leur dernière balade en amoureux… L’affiche et la thématique visent les spectateur·trice·s susceptibles de s’identifier à des comédiens avec qui ils partagent, outre les tracas de l’âge, le privilège d’appartenir à une génération “à part” : celle, notamment de la libération sexuelle ou des luttes contre la Guerre au Vietnam. Voir ces témoins du Flower Power sillonner, éberlués, leur Amérique en train de se recroqueviller sur Trump ou se pencher sur les cause de la rupture générationnelle existant entre ces géniteurs décomplexés et leurs enfants bien plus coincés, aurait pu s’avérer captivant. Malheureusement, les considérations socio-politiques passent au second plan, s’effaçant au profit de séquences plus “faciles” en émotions. Et si l’empathie que l’on éprouve pour le duo Mirren-Sutherland atténue l’agacement, elle ne

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L'art pour améliorer la santé publique

GUIDE URBAIN | Initiative inédite, le projet d'art participatif "Santé Publique", lancé par l'association Le M.U.R. et l'artiste américain Jordan Seiler, va prendre la forme d'une semaine d'affichage de 75 créations de Stéphanoises et Stéphanois sur des panneaux publicitaires municipaux. Ces détournements et appropriations des "sucettes" publicitaires seront visibles du 22 au 28 novembre.

Nicolas Bros | Jeudi 16 novembre 2017

L'art pour améliorer la santé publique

« On peut appeler cela de l'art participatif, mais nous préférons caractériser ce projet comme une véritable action sociale avec le vecteur de l'art permettant l'expression de la population. » Voilà comment Marlène Mendes de l'association Le M.U.R. réagit lorsque l'on évoque avec elle le projet Santé Publique, mené avec l'artiste américain Jordan Seiler. Après un appel à participations lancé en juin 2017, la structure artistique stéphanoise, connue pour ses collages de très nombreux artistes sur un panneau de pub géant aux Ursules (ainsi qu'un espace sur les murs du FIL), et l'artiste new-yorkais ont retenu 75 oeuvres créées par des habitantes et des habitants de Saint-Étienne aux profils très différents. « Nous avons obtenu une longue liste d'inscrits pour cette opération provenant de tous les quartiers avec des âges différents, explique Marlène Mendes. Au cours de deux sessions de travail dans l'amicale de Tardy avec Jordan Seiler, les habitants ont pu travailler leur création avec 3 consignes, à savoir que l'oeuvre doit comporter une photo noir & blanc, une forme colorée et un mot. Il n'y avait cependant pas de thème imposé. » Pannea

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L'École de la vie : Entre deux

ECRANS | de Maite Alberdi (Fr.-Chi-.P.-B., 1h32) documentaire…

Vincent Raymond | Mercredi 15 novembre 2017

L'École de la vie : Entre deux

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros — Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette, Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale…—, et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étrangement infantil

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Black is back

ARTS | La plasticienne Sandra Sanseverino installe une toute nouvelle création, NOIRE LUMINEUSE, imaginée spécialement pour l'ambiance jour/nuit du Fil, (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Black is back

La plasticienne Sandra Sanseverino installe une toute nouvelle création, NOIRE LUMINEUSE, imaginée spécialement pour l'ambiance jour/nuit du Fil, jouant comme à son habitude sur les courbes et les variations de noirs dans une apparente monochromie qui recèle pourtant bien des surprises. À découvrir à partir 19 septembre au Fil.

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Un nouveau géant en région stéphanoise signé Ella & Pitr

Art urbain | Le barrage du Piney sur la commune de La Valla-en-Gier, au coeur du Parc du Pilat, est recouvert depuis début août d'une fresque inédite réalisée par le (...)

Nicolas Bros | Mardi 22 août 2017

Un nouveau géant en région stéphanoise signé Ella & Pitr

Le barrage du Piney sur la commune de La Valla-en-Gier, au coeur du Parc du Pilat, est recouvert depuis début août d'une fresque inédite réalisée par le duo de "Papiers-Peintres" stéphanois Ella & Pitr. Titrée Le naufrage de Bienvenu, cette oeuvre rejoint la collection déjà pléthorique des acolytes utilisant régulièrement sur les murs et installations stéphanois pour leurs travaux. Pour plus d'informations à leur sujet, vous pouvez consulté le portrait que nous leur avions consacré il y a quelques mois. Saint-Étienne Métropole, commanditaire de cette oeuvre, précise que « la réalisation s’est effectuée, durant 10 jours, au moyen d'équipements spéciaux, tels qu'une plateforme suspendue et au moyen de travail sur corde. Une peinture spéciale et un dispositif de protection, respectueux de l’environnement ont été utilisés. » Visible depuis un chemin de randonnée, l'inauguration de ce nouveau géant est prévue lors des Journées Européennes du Patrimoine, les 15, 16 et 17 septembre 2017.

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45 occasions de sourire

Théâtre | Avec la pièce écrite par Tanguy Viel pour la promotion 27 de la Comédie, on est transportés dans l’ambiance de tournage d’un film d’action. Des scènes truculentes mêlant auto-dérision et sensibilité poétique.

Houda El Boudrari | Mardi 6 juin 2017

45 occasions de sourire

Vous n’étiez pas à Cannes ? La Comédie vous offre une séance de rattrapage avec une montée des marches à l’Usine. L’occasion de faire des adieux grandioses à la salle avenue Emile Loubet avant l’inauguration de la nouvelle Comédie à la rentrée. Écrite pour la promotion 27 par Tanguy Viel et mise en scène par Pierre Maillet, 45 possibilités de rencontres raconte l’histoire d’un tournage. Et de l’envers du décor... Une équipe de cinéma séjourne dans un hôtel en Bretagne pour un projet ambitieux mené par un jeune réalisateur en vogue : un film d’action en forme de comédie musicale, adaptée d’un roman policier (L’absolue perfection du crime d’un certain Tanguy Viel). L’argument du film : une famille mafieuse, un braquage, une trahison, une poursuite. Cascadeuse philosophe La pièce raconte la vie commune de l’équipe entre le plateau et l’hôtel. Dans une mise en perspective inversée, le tournage en arrière-plan sert l’action qui se passe dans les coulisses. Une manière de mettre en lumière ces personnages de l’ombre : les petites mains du monde du spectacle. Où l’on découvre la voix intime de la maquilleuse (Elsa Verdon), dont la prof

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L'opéra se danse aussi

Danse | Si l'art éveille l'émotion, certaines de ses branches tel l'opéra jugées élitistes, nous laissent insensibles. Mais il arrive qu'un art qui nous touche (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 5 avril 2017

L'opéra se danse aussi

Si l'art éveille l'émotion, certaines de ses branches tel l'opéra jugées élitistes, nous laissent insensibles. Mais il arrive qu'un art qui nous touche profondément nous donne accès à ce qui nous rebutait. Avec sa création Puccini, Julien Lestel, danseur et chorégraphe a fait le pari audacieux, mais superbement réussi, de créer un ballet sur les plus beaux arias de l'illustre compositeur Puccini. Il a su trouver par la danse la juste transposition de sa musique et dégager le superflu pour ne garder que l'essentiel : l'émotion, suscitée par la gestuelle sans retenue, conjuguant force, douceur, puissance, sensualité et poésie. Julien Lestel magnifie les destins tragiques des grandes héroïnes de Puccini : Manon Lescaut, Tosca, Madame Butterfly, bouleversantes, laissant paraître une sincérité et une intimité qu'elles puisent au plus profond de leur âme mise à nue. Un ballet hors normes, irrésistible et poignant qui comblera aussi bien les amateurs de danse néo-classique que d'opéra. Puccini, vendredi 7 avril à 20h30, à l'Échappé à Sorbiers

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Dedienne, trois fois plutôt qu'une

Humour | Vincent Dedienne, qui a (presque) débuté avec Le Petit Bulletin à Grenoble et passé par l'École de la Comédie de Saint-Étienne, revient en terres stéphanoises cette (...)

Nicolas Bros | Vendredi 24 février 2017

Dedienne, trois fois plutôt qu'une

Vincent Dedienne, qui a (presque) débuté avec Le Petit Bulletin à Grenoble et passé par l'École de la Comédie de Saint-Étienne, revient en terres stéphanoises cette année avec son seul-en-scène S'il se passe quelque chose. Déjà complets le 14 avril à La Ricamarie et le 18 octobre à la salle Jeanne d'Arc, une nouvelle date vient d'être programmée le lundi 18 septembre dans cette même salle. Vincent Dedienne dans S'il se passe quelque chose, vendredi 14 avril au Centre culturel de La Ricamarie (complet), mercredi 18 octobre à 20h30 (complet) et lundi 14 septembre à 20h, à la salle Jeanne d'Arc à Saint-Étienne

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L'horloge tourne

Culture scientifique | Le koala qui dort 20 heures par jour, est-il paresseux ? Un bébé a-t-il la même respiration qu'un adulte ? Comment font les chauve-souris pour rester (...)

Nicolas Bros | Mercredi 1 mars 2017

L'horloge tourne

Le koala qui dort 20 heures par jour, est-il paresseux ? Un bébé a-t-il la même respiration qu'un adulte ? Comment font les chauve-souris pour rester perchées par leurs pattes ? Voilà quelques-unes des questions qui trouveront leurs réponses dans l'exposition Clock - Les horloges du vivant qu'abrite La Rotonde - CCSTI (ou Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de l'École des Mines) avec le collectif Art'M, Science by Art. Jacques Roux, commissaire de l'exposition et président de ce dernier, a conçu un balade passionnante au coeur des horloges biologiques humaines, animales et végétales. Après deux ans de travail de conception, Clock propose aux petits comme aux grands en 60 activités interactives (jeux, tablettes numériques, sons, quizz...) réparties sur 5 espaces (le végétal, l'animal, le corps humain, les horloges et le sommeil) de s'éveiller à des problématiques scientifiques du quotidien. Tout en vulgarisant de manière ludique, l'équipe d'Art'M a réussi le tour de force de conserver le fonds scientifique de l'exposition intacte, grâce notamment à la caution apportée par André Klasfeld et Claude Gonfrier, chercheurs au CNRS, à l'INSERM et membres de

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Collé au MUR

Street art | Basé à Milan, l’artiste Fra Biancoshock s’est petit à petit taillé une place de choix dans le foisonnant monde du street art, multipliant (...)

Niko Rodamel | Mercredi 1 mars 2017

Collé au MUR

Basé à Milan, l’artiste Fra Biancoshock s’est petit à petit taillé une place de choix dans le foisonnant monde du street art, multipliant détournements urbains et performances. Poétiquement subversif, Fra manie un humour très imaginatif avec toutefois de nombreuses références aux icônes pop qu’il réinterprète dans un esprit malicieusement satirique. L’artiste italien fait partie de ces créateurs de l’éphémère, avec la production dans l’espace d’œuvres public dont l’existence demeure très brève, qui ne doivent leur immortalité qu’à la photographie et à une diffusion plus ou moins maîtrisée sur les réseaux sociaux. Une façon d’interroger notre société qui regarde sans doute davantage les écrans et plus rarement la rue. Sur l’invitation d’Ella et Pitr qui gèrent depuis 2013 la programmation du MUR stéphanois, Fra Biancoshok viendra coller une oeuvre-surprise sur les vingt-quatre mètres carrés de cet ancien espace publicitaire. Le vernissage-collage aura lieu le vendredi 3 mars aux alentours de 18h, rue du Frère Maras à Saint-Étienne.

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VILX au pied du MUR

ARTS | Après le superbe rhino de Philippe Baudelocque, Le MUR (« un collage par mois pour la santé publique » rue du Frère Maras à Saint-Etienne) offre en (...)

Niko Rodamel | Mercredi 5 octobre 2016

VILX au pied du MUR

Après le superbe rhino de Philippe Baudelocque, Le MUR (« un collage par mois pour la santé publique » rue du Frère Maras à Saint-Etienne) offre en octobre son panneau de 8 mètres x 3 mètres au graffeur et illustrateur VILX. L'artiste a pour habitude de déformer ses personnages anthropomorphes jusqu’à créer des êtres délirants. VILX, du 7 octobre au 4 novembre, Le MUR à Saint-Étienne, rue du Frère Maras

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Le MUR de tous les possibles

GUIDE URBAIN | Il vous est sûrement arrivé de passer vers les Ursules et de voir un panneau publicitaire pas vraiment comme les autres, où trône une oeuvre d'art. C'est à l'association Le MUR que vous devez cet étonnement salvateur. Depuis l'été 2013, chaque mois un artiste vient "coller" une oeuvre sur un panneau de pub rue des Frères Maras. Nouveauté de la saison 16/17, vous pourrez aussi retrouver des collages du côté du Fil.

Nicolas Bros | Vendredi 2 septembre 2016

Le MUR de tous les possibles

Le street art a pris un tournant depuis plusieurs années, entrant dans les galeries (avec les montants de transactions exhorbitants qui vont avec...), se faisant ainsi moins "irrévérencieux". Mais cela n'empêche aucunement la véracité, la qualité et la diversité de l'offre. De nombreux street artistes émergent et s'imposent surtout commes des artistes à part entière. Si des institutions ouvrent leurs portes pour certaines pièces de street art, il faut souvent le courage et l'opiniâtreté d'organisations d'autres nature afin de mettre en avant cette forme d'art. C'est le cas avec le M.U.R.. Mouvement né en 2007 du côté de Paris, le M.U.R., pour Modulable Urbain Réactif, a fait depuis des petits un peu de partout et notamment une "antenne" à Saint-Etienne depuis l'été 2013. À l'initiative des Stéphanois Ella & Pitr, cette association dispose d'un panneau de trois mètres par huit, adossé au parking des Ursules, dans la rue du Frère Maras, où chaque mois vient "coller" un artiste. Depuis trois ans, l'association a vu défilé de nombreux artistes venant apposer une oeuvre sur cet espace plan. Au Fil du MUR Pour le lancement de la saison 16/17, c'est d'abord le

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Valérie Busseuil, la force tranquille

ARTS | La Bourguignonne a une solide expérience des institutions culturelles et du monde économique. Après Strasbourg et ses théâtres municipaux, son nouveau challenge est de diriger la communication de la Cité du Design. Se révélera-t-elle être une main de fer dans un gant de velours ? Florence Barnola

La rédaction | Mardi 3 mai 2016

Valérie Busseuil, la force tranquille

Il est un exercice périlleux en journalisme : faire un portrait au téléphone. Mais il est aussi des défis que l’on aime relever… Valérie Busseuil a été recrutée pour être la nouvelle directrice de la communication à la Cité du Design. C’est officiel depuis peu. La rumeur soufflait son nom depuis le début du printemps. Nous nous en sommes donc emparés. A peine sortie de sa place de responsable de la communication et des relations publiques des théâtres à Strasbourg, la gente dame entre en fonction à la Cité en mai. Nous avons quinze jours pour la rencontrer. Problème : Valérie Busseuil travaille encore en Alsace jusqu’à la fin avril. C’est un peu loin. Dans ces cas-là, l’échange se déroule au téléphone ou par Skype. Ce sera le téléphone. Réactive, Valérie donne promptement un rendez-vous. Notons au passage qu’elle répond à ses appels sans les filtrer. Ne pas rencontrer physiquement la personne, ne pas voir comment elle marche, s’habille, sourit, incline la tête, pose les mains ou le regard… est assez handicapant ne le cachons pas lorsque l’on veut portraitiser quelqu’un. Prise de contact Pour autant, la contrain

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Paysages contemporains

ARTS | Huit artistes (peintres, sculpteurs, photographes...) se retrouvent dans un ancien atelier industriel de Saint-Étienne pour une exposition autour du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 avril 2016

Paysages contemporains

Huit artistes (peintres, sculpteurs, photographes...) se retrouvent dans un ancien atelier industriel de Saint-Étienne pour une exposition autour du thème du paysage. Un thème ici revisité et très éloigné de ses interprétations classiques. Parmi eux, on pourra découvrir l'artiste lyonnaise Lise Roussel (née en 1983 à Clermont-Ferrand, diplômée de l'École des Beaux-Arts de Saint-Étienne) dont nous vous conseillons tout particulièrement le travail. Sur papier, ou plus récemment avec des sérigraphies sur bois, Lise Roussel se laisse d'abord aller à ses intuitions, à quelques gestes et traits hasardeux et instinctifs. Peu à peu, par la suite, un espace pictural abstrait apparaît à travers des coulures de peinture, des hachures, des squelettes de volumes réduits à leurs arêtes... Le regard du spectateur peut littéralement s'y enfouir, se perdre dans un réseau souvent très dense de formes et de couleurs, regard basculant sans cesse entre un paysage suggéré et une surface purement picturale et abstraite. Lise Roussel maintient une forte tension entre un imaginaire figuratif et une pure expérience sensorielle, ouvrant ainsi de nouveaux champs de perceptions et de sensat

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Je compte sur vous

ECRANS | Pourquoi les artistes, et tout particulièrement les comédiens, éprouvent-ils une telle attirance pour les escrocs ? Sans doute parce qu’ils reconnaissent en (...)

Vincent Raymond | Mercredi 23 décembre 2015

Je compte sur vous

Pourquoi les artistes, et tout particulièrement les comédiens, éprouvent-ils une telle attirance pour les escrocs ? Sans doute parce qu’ils reconnaissent en eux des doubles inversés, des alter ego tombés du mauvais côté de la loi ou de la morale, puisqu’ils usent de leurs talents à des fins exclusivement crapuleuses. Pascal Elbé ne fait pas exception, fasciné qu’il a été par la "carrière" de Gilbert Chikli, inventeur d’une méthode d’extorsion douce reposant sur la séduction vocale. En jouant de son autorité et de son charisme au téléphone, mais également en décryptant le profil psychologique de ses victimes (et leurs éventuelles fragilités), le détrousseur les convainc qu’il est habilité à exiger d’elles un transfert de fonds. Après enquête, Elbé a rencontré Chikli ; il s’est inspiré de ce mythomane toxique pour composer son scénario… avant de bien vite s’en éloigner. Osera-t-on dire qu’il signe un polar "honnête", à défaut d’être flamboyant ? "Son" Gilbert a trop de circonstances atténuantes : l’origine de sa malhonnêteté est imputée à sa mère, elle-même indélicate ; il est inconséquent, joueur et quelque part victime de malfrats plus puissants. Et

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Quand les langues se délient...

SCENES | Malentendus, l’enfant inexact, spectacle en langue des signes et en français, s’inscrit dans le cycle Ultrasensibles, composé de créations et de (...)

Florence Barnola | Mardi 5 janvier 2016

Quand les langues se délient...

Malentendus, l’enfant inexact, spectacle en langue des signes et en français, s’inscrit dans le cycle Ultrasensibles, composé de créations et de performances autour du handicap et de la sensorialité, imaginé par la compagnie Les Lumas. La pièce, adaptation du roman de Bertrand Leclair, a été jouée en format court en juin dernier à la Manufacture. Cette première mouture a notamment permis la découverte d’un formidable acteur, Stève Recollon, dont la langue maternelle est celle de l’Abbé de l’Epée, qui joue le protagoniste central de cette fable. Julien est né malentendant dans une famille d’entendants qui refuse de le voir tel qu’il est et lui permettre ainsi de s’épanouir, mais l’oblige, par faiblesse ou excès d’autorité, à masquer son handicap. « La vie de Julien Laporte exige d’être racontée, parce qu’elle est symptomatique, non seulement de l’histoire terrible des sourds au XXe siècle, le pire de tous, mais plus encore de la folie ordinaire des hommes, de leur capacité à désintégrer l’humain, à maudire le vif du vivant, serait-ce avec les meilleures intentions du monde, serait-ce au nom de l’amour des autres ou, en l’occurrence

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Au cœur d'Ella & Pitr

CONNAITRE | Les deux "Papiers Peintres" stéphanois Ella & Pitr sortent un recueil singulier. Comme un voyage au coeur de leur journal artistique intime, ils (...)

Nicolas Bros | Mardi 30 novembre 1999

 Au cœur d'Ella & Pitr

Les deux "Papiers Peintres" stéphanois Ella & Pitr sortent un recueil singulier. Comme un voyage au coeur de leur journal artistique intime, ils nous proposent, avec Baiser d'encre, d'entrer dans leur univers. Depuis leurs expéditions à l'autre bout du monde (Chili, Montréal, Norvège avec le record de la plus grand fresque de street art au monde, etc) jusqu'à leur quotidien stéphanois, le duo propose sa vision du monde et de son travail via des extraits de leurs carnets de croquis, objets symboliques qui les accompagnent de partout. Une belle oeuvre, tout en poésie, composée de neuf chapitres permettant de retracer le parcours d'un des duos les plus mythiques de notre région. NB Baiser d'encre, d'Ella & Pitr, aux éditions Papiers Peintres, 283p.

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Laissez les murs propres

CONNAITRE | Ils ont fait ensemble un spectacle sur le graffiti et le tag, Vernissage, qui connaît un grand succès depuis ces dernières années. Ils remettent le couvert (...)

Florence Barnola | Mercredi 9 décembre 2015

Laissez les murs propres

Ils ont fait ensemble un spectacle sur le graffiti et le tag, Vernissage, qui connaît un grand succès depuis ces dernières années. Ils remettent le couvert sur le thème, en réalisant un livre de photographies. La compagnie La Quincaillerie Moderne, Pitr et Totipoten sortent un recueil de tags et graffitis répertoriés sur le blog qu’ils ont créé il y a quatre ans. « Ce blog participatif recense des tags et graffitis photographiés dans la rue par nous ou d’autres. Ce sont des tags amateurs, faits par des gens qui n’ont pas de velléités artistiques mais simplement une envie d’écrire un message sur un mur », raconte Benjamin Villemagne directeur artistique de la Quincaillerie Moderne. « On donne peu d’importance en règle générale à ce genre d’expression qui est brute. C’est l’expression de la rue. Cela nous semblait intéressant de recenser ça. C’est éphémère on capte un truc d’une époque, d’un moment. » L’ouvrage ne peut pas être exhaustif, un choix a dû s’opérer en conservant les messages ou dessins les plus absurdes, drôles, durs ou originaux : « On publie quasiment tous les jours. Il y a plus de mille cinq cent photos sur le web. La condition pour ê

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Elle préfère l’amour en mer

SCENES | Cap sur l’Espérance, un joli nom pour un paquebot. Grisée par tant de promesses, Suzy, double fictif de la chanteuse des années trente Suzy Solidor, (...)

Florence Barnola | Mardi 29 septembre 2015

Elle préfère l’amour en mer

Cap sur l’Espérance, un joli nom pour un paquebot. Grisée par tant de promesses, Suzy, double fictif de la chanteuse des années trente Suzy Solidor, embarque sur ce navire afin d’animer en chansons un mariage. Accompagnée de son accordéon, shootée par l’air iodé qu’elle croit propice à l’amour, Suzy raconte comme une chanteuse réaliste ses amours. Seulement, à force de les chanter à tue-tête, les souvenirs l’enivrent et le désespoir s’installe… J’ai fait une belle croisière avec Jean-Pierre est un spectacle cabaret-seul-en-scène orchestré par Julien Geskoff, co-écrit et interprété par Cécile Bournay. Le binôme se connaît depuis quelques années pour avoir fait ensemble l’École de la Comédie entre 1999 et 2002. Ils n’avaient encore jamais marié leur univers dans un spectacle. C’est heureux qu’ils l’aient fait, leur travail est teinté de sensibilité et d’humour touchant ainsi un large public, qui ne sait plus s’il rit aux larmes ou pleure de rire. Une question peut demeurer cependant : qui est donc ce Jean-Pierre ? Le marié mais aussi, surtout, un matelot. « Ma belle, veux-tu voir les deux pôles, les Amériques, le Labrador ?

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Ella & Pitr sur le toit du monde

ARTS | Le duo des Papier Peintres stéphanois, Ella & Pitr, fait encore parler de lui. A l'occasion de la tenue du 15ème NuArt Festival à Klepp (commune située à 25 (...)

Nicolas Bros | Mardi 8 septembre 2015

Ella & Pitr sur le toit du monde

Le duo des Papier Peintres stéphanois, Ella & Pitr, fait encore parler de lui. A l'occasion de la tenue du 15ème NuArt Festival à Klepp (commune située à 25 km de Stavanger en Norvège), le couple a réalisé, avec l'aide de bénévoles, une oeuvre titanesque sur le toit d'un hangar de plus de 21.000 m2. Dans la lignée de leurs réalisations précédentes, Ella & Pitr ont déployé le corps d'une endormie aux dimensions de colosse. Une oeuvre que l'on peut admirer par le biais de la vidéo qui suit. Plus d'infos sur Ella & Pitr ici

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Jusqu'au 27 mars pour s'inscrire...

SCENES | ... à la première session des Stages Égalité Théâtre organisés par la Comédie de Saint-Étienne du 20 au 23 avril prochain. Ces stages inédits et intensifs sont réservés à (...)

Nicolas Bros | Jeudi 19 mars 2015

Jusqu'au 27 mars pour s'inscrire...

... à la première session des Stages Égalité Théâtre organisés par la Comédie de Saint-Étienne du 20 au 23 avril prochain. Ces stages inédits et intensifs sont réservés à une quarantaine de jeunes rhônalpins de 17 à 22 ans, sélectionnés sur critères sociaux et ayant déjà une pratique théâtrale. Ces stages seront encadrés par des professionnels parmi lesquels Arnaud Meunier, metteur en scène et directeur de La Comédie, Myriam Djemour, professeure de chant, Pierre Maillet, comédien et metteur en scène ou encore Nasser Djemaï, metteur en scène, comédien et auteur. La sélection se fait sur dossier puis examens. Plus d'infos sur cette page

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Ella & Pitr vus du ciel

ARTS | Les créateurs et artistes stéphanois Ella & Pitr ont dévoilé "Par Terre", une vidéo permettant de découvrir quelques-unes de leurs créations vues du ciel, grâce à (...)

Nicolas Bros | Vendredi 20 février 2015

Ella & Pitr vus du ciel

Les créateurs et artistes stéphanois Ella & Pitr ont dévoilé "Par Terre", une vidéo permettant de découvrir quelques-unes de leurs créations vues du ciel, grâce à des prises de vues effectuées au moyen d'un drone. Un résultat saisissant permettant de se rendre compte de l'étendue du travail du duo depuis quelques années mais également de son expansion géographique (Chili, Portugal, Canada et France).

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24 jours

ECRANS | D’Alexandre Arcady (Fr, 1h50) avec Zabou Breitman, Jacques Gamblin, Pascal Elbé…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

24 jours

«La vérité sur l’affaire Ilan Halimi» dit le sous-titre façon Faites entrer l’accusé de 24 jours. Arcady choisit d’entrée son point de vue, celui de la famille Halimi et surtout de la mère, qui devine ce que la police se refuse de voir : l’enlèvement n’est pas seulement crapuleux, mais aussi motivé par un antisémitisme aussi stupide que dangereux. OK. À partir de là, et même si Arcady voudrait nous le faire oublier («la vérité» du sous-titre), 24 jours est avant tout du cinéma, et sur ce critère-là, il est simplement calamiteux. D’abord, Arcady trahit son point de vue initial et va filmer le gang des barbares, réduits à des jeunes de banlieue «wesh wesh» et à un Youssouf Fofana représenté comme le plus caricatural des bad guys de série B — sa première apparition de face, au ralenti avec musique menaçante, est à hurler de rire. Clichés regrettables dans un film qui prétend justement dénoncer ceux qui les véhiculent… Les flics ne sont pas mieux lotis : s’exprimant avec des dialogues à la Julie Lescaut, ils sont des ectoplasmes que le cinéaste ridiculise sans vergogne — et ses acteurs avec, le pauvre Jacques Gamb

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Le hip hop sera féminin ou ne sera pas

MUSIQUES | Le festival Musitecture, organisé par les élèves de l'Ecole d'architecture de Saint-Étienne, fête ses dix ans. Parmi le programme de cette semaine riche en concerts gratuits, le rap féminin s'impose avec deux filles devenues incontournables dans le hip hop contemporain : Gavlyn et Yarah Bravo. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Lundi 5 mai 2014

Le hip hop sera féminin ou ne sera pas

Ma première n'est pas une rappeuse à peine tombée du nid. Non, non ! Yarah Bravo est une maîtresse des mots dont le talent a charmé plusieurs artistes de renom depuis plus de dix ans. C'est surtout par ses multiples collaborations avec son Dj Vadim de mari (par exemple sur l'incontournable U.S.S.R. The Art Of Listening ou en formant avec lui et le MC Blu Rum 13 le groupe One Self) ou encore avec le groupe français TTC (Ceci n'est pas un disque) et le duo polonais d'acid-jazz Skalpel qu'elle s'est fait connaître. Il faut dire que la Suédoise d'origine brésilo-chilienne n'a sorti que très peu de productions personnelles hormis l'excellent Good Girls Rarely Make History datant de 2008. Mais cela n’a pas empêcher Yarah Bravo de cultiver depuis toujours une capacité à mélanger les styles sans aller à l’indigestion. Avec elle, le rap et le spoken-word se matinent de touches de groove un tantinet jazzy. Armée d'un flow glissant tout en finesse,   elle apportera une touche de féminité à une soirée marquée nota

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Le Sens de l’humour

ECRANS | De et avec Maryline Canto (Fr, 1h28) avec Antoine Chappey, Simon Dajczman…

Christophe Chabert | Mardi 11 mars 2014

Le Sens de l’humour

On se retrouve devant Le Sens de l’humour comme un voyeur qui épierait par le trou de la serrure la vie intime de son actrice-metteur en scène Maryline Canto. Ce qui faisait le charme de son court Fais de beaux rêves, déjà fortement autobiographique mais qui préférait l’évocation au réalisme pur, s’envole ici : Canto y est à nouveau une femme brisée par la mort de son compagnon, qui se demande si elle doit en faire le deuil et démarrer une nouvelle histoire ou tenter de conserver son souvenir et le partager secrètement avec son fils. Sauf que la mise en scène penche du côté d’un naturalisme à base de scènes quotidiennes et de spontanéité des acteurs qui donnent le sentiment de ne jamais vraiment interpréter leur personnage. Quant aux quelques tentatives dramaturgiques, elles n’aboutissent nulle part — comme l’envie de judéité du fils, totalement oubliée dans le dernier acte. Le film se préoccupe surtout de faire oublier qu’il est une fiction — les nombreux reflets de l’équipe technique dans les vitres y participent, sans doute involontairement — alors qu’au contraire, une distanciation minimale aurait sans doute effacé la gêne que l’on éprouve face à se

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Sur le chemin de l’école

ECRANS | De Pascal Plisson (Fr, 1h17) documentaire

Christophe Chabert | Lundi 23 septembre 2013

Sur le chemin de l’école

Le saviez-vous ? Dans certaines contrées — ici, le Kenya, l’Atlas marocain, l’Inde et la Patagonie argentine —, les enfants font des pieds et des mains pour se rendre à l’école. Enfin, surtout des pieds, puisque ce documentaire qui accompagne quatre gamins vraiment supers est à moitié pédestre. Les autres voyages se font en fauteuil roulant et à cheval, et chacun possède son embûche — une seule, pas deux. Dans l’ordre : charge d’éléphants, heure de la prière, roue crevée et caillou dans le sabot. Voilà, c’est tout, et même si ça ne dure qu’une heure quinze, c’est tout de même assez maigre pour faire un film. Surtout, Pascal Plisson est tellement obsédé par le storytelling qu’il scénarise jusqu'aux moindres détails, laissant la part de vérité inhérente au documentaire au vestiaire. Enfin, Sur le chemin de l’école semble tenir un drôle de discours à destination des enfoirés d’occidentaux égoïstes que nous sommes. Ben oui, quoi, vous qui traînez des pieds pour aller au collège, qui ne respectez plus le corps enseignant et qui foutez le bordel pendant les cours, vous n’êtes que des enfants gâtés-pourris, et on va vous donner une bonne leçon de courage et de

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"Un jeune se tue", un groupe s'envole

SCENES | Les élèves de troisième année de l’Ecole de la Comédie de Saint-Etienne, dite promotion X, interprètent le texte de Christophe Honoré mis en scène par Robert Cantarella. Une avant-première stéphanoise attendue, précédant leur programmation au Festival d’Avignon cet été. Regard sur un groupe lumineux. Grégory Bonnefont

Grégory Bonnefont | Lundi 28 mai 2012

D’abord, d’abord il y a eux. Les X. Le groupe, beau, vivant, une promesse de l’avenir, tant leurs propositions théâtrales révèlent la maîtrise de l’art scénique. Car chez ces gens-là, Monsieur, on ne joue pas, on ne ment pas, on vit. On incarne la parole, dans une choralité la plus totale et une capacité d’écoute, d’être à l’autre. «Cela a été divin !» de les rencontrer pour Robert Cantarella, qui les met en scène dans Un jeune se tue. On salue l’initiative de Arnaud Meunier qui a impulsé ce projet d’envergure en conclusion de leur formation au CDN. L’un d’entre eux, Arthur Fourcade, dit du théâtre qu’il lui prouve l’existence de l’autre. Celui dont on vante l’agilité et la puissance physique, se décrit comme un grand timide mais sa voix en dit long sur l’endroit d’où jaillit la parole. Cette dernière si chère à Clémentine Desgranges, «un petit jedi» m’a-t-on dit au sujet de sa combativité et de sa quête, émue d’expliquer la permanence d’une parole corporelle qui permet de se sentir vivre. Puis il y a Lucile Paysant, dont une seule larme dit l’âme. Autant dans le triptyque anglais, monté récemment par le groupe, que dans Pelléas et Mélisande proposé pa

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