Le soleil au bout du pinceau

par JED
Publié Vendredi 16 janvier 2026

Art contemporain / Une dizaine d'artistes présentent à la galerie Besson des œuvres autour du thème, large, du zénith. Une belle occasion de découvrir des travaux récents et divers.

Photo : Vue de l'exposition (crédits : Théo Dorusega)

C'est sous la houlette du peintre Clément Montolio qu'une dizaine d'artistes sont exposé·es à la galerie Françoise Besson autour du thème du zénith. « Envisager ce qui nous dépasse comme le soleil au firmament que seule une fleur comme le crocus zénith peut regarder bien en face, c'est songer autant aux forces naturelles qu'aux forces de l'esprit et par conséquent à l'art... La verticalité est synonyme ici d'énergie et d'échange vital » écrit Clément Montolio. Le zénith est ainsi tout à la fois une idée, un mouvement, une aspiration, des directions suffisamment souples pour réunir des œuvres aux formats et aux esthétiques très diverses : abstractions, paysages, natures mortes... L'ensemble de petites peintures présentées par Clément Montolio lui-même est l'un des moments les plus intéressants de l'exposition. « J'ai réalisé ces toiles à un moment où je travaillais sur le motif floral pour un éditeur de foulards, nous confie l'artiste. Mais ici les fleurs sont figurées sur un mode plus mystérieux, comme cette fleur d'abord travaillée de manière réaliste puis effacée, et dont les pétales vont alors se confondre avec le ciel ». Cadrées de très près, les fleurs de Montolio exhalent tout un parfum d'étrangeté, aux côtés, aussi, de fontaines fantomatiques et d'une tente romaine abandonnée sur fond de feux de bois. Ailleurs, dans l'exposition, le peintre présente aussi une superbe crucifixion où le corps du Christ est un corps de peinture.

Gestes de lumière

Au fil du parcours, on découvre encore de nombreuses "pépites" signées par des artistes que nous connaissons peu ou pas... On a, par exemple, beaucoup apprécié le travail de l'artiste d'origine chinoise et vivant à Lyon, Xiaojun Song (né en 1983 à Wuhan). Ses lignes sinueuses peintes avec minutie et patience, sont comme autant de méditations, s'enveloppant les unes sur les autres, se nouant ou se dénouant.

Frôlant parfois l'esthétisme, les gestes picturaux de Laure Cambie ont peu à peu eu raison de nos doutes. Ce sont comme des signes abstraits ou des mouvements de lumières et de couleurs, libres de leur destin pictural sur un fond monochrome. Le texte de l'exposition nous apprend que « le point de départ de ses compositions peut naître d'un motif, d'une recherche chromatique, d'un paysage détourné ou encore de formes spontanées. Elle travaille simultanément sur plusieurs toiles disposées au sol, légèrement surélevées. Le passage d'une surface à l'autre guide sa composition, dans une quête permanente de vibrations colorées. ». Une artiste à suivre, comme quelques autres dans cette belle exposition.

Zénith
Jusqu'au 8 mars 2026 à la galerie Françoise Besson (Lyon 1er) ; entrée libre