Saint-Fons Jazz : continuer, déplacer

Publié Jeudi 15 janvier 2026

Festival / Éclairant depuis plus d'un quart de siècle les nuits saint-foniardes, le festival revient du 27 janvier au 1er février dans un format resserré et symbolique, dédié à son directeur historique.

Photo : Naïssam Jalal ©Alexandre Lacombe

Quand on parle du Saint-Fons Jazz, un nom s'impose immédiatement : celui de Norbert Gelsumini, à l'origine de ce rendez-vous devenu incontournable, il en demeure aujourd'hui l'axe invisible, la force motrice qui continue d'irriguer son esprit. Disparu en octobre dernier, l'emblématique directeur est au cœur de cette nouvelle édition, qui lui est logiquement dédiée, avec notamment une soirée d'ouverture le mardi 27 janvier placée sous le signe de l'hommage.

Adoptant cette année un format plus concentré, le festival est pensé comme une circulation resserrée entre trois lieux : le théâtre Jean Marais, le Palace et le Hall des fêtes. Une semaine dense, sans dispersion, qui affirme une identité faite de passages, de frottements et de continuités.

Écritures en mouvement

Deux soirées structurent particulièrement la nouvelle édition. Le jeudi 29 janvier, le quatuor villeurbannais SuperMegaSuperCool Révolution propose un concert à l'allure faussement désinvolte, quelques jours en amont de la sortie de son nouvel EP, au titre aussi singulier que révélateur : Les aventures de l'Inspecteur Inspekther contre le gang des chats.

Samedi, le bal s'ouvre avec le Naïssam Jalal trio, l'un des coups de cœur de notre sélection de janvier. Autour de la flûtiste et vocaliste française, Claude Tchamitchian et Leonardo Montana dessinent une musique tournée vers l'invisible, attentive aux respirations et aux silences. Ce travail conjugue recherche sonore et souci de l'autre, configurant une œuvre qui soigne sans jamais se départir de son exigence.

La soirée se prolonge avec un projet hybride réunissant la chanteuse Cindy Pooch, le pianiste Ariel Tintar et la poétesse afroféministe Kiyémis. À la croisée entre performance, spiritualité et engagement, ce moment final affirme une joie collective, vibrante, résolument contemporaine.

La programmation n'élude pas la célébration du lien local, grâce à la soirée Electro Deluxe, portée par L'Industrielle Harmonie, active à Saint-Fons depuis 1873. Un geste qui prolonge l'élan insufflé par Norbert Gelsumini, inscrivant le festival parmi les événements en mesure d'abolir tout type de frontière.

Saint-Fons Jazz 26
Du 27 janvier au 1er février 2026 au théâtre Jean Marais, au Palace et au Hall des Fêtes (Saint-Fons) ; 5 à 15€