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Janvier à vif : des concerts essentiels en métropole lyonnaise

Publié Mardi 30 décembre 2025

Sélection / Janvier s'ouvre comme un champ de forces où les formes musicales résonnent et se répondent. Du baroque traversé d'ombres orientales aux minimalismes organiques, des chansons humanistes aux transes électroniques, des colères hardcore aux utopies du souffle, la métropole lyonnaise prépare un paysage vibrant : un mois pour éprouver la musique comme rituel, refuge, ou lieu cathartique.

Photo : Michèle Bernard et Frédéric Bobin ©Fabrice Buffart

Quatuor Debussy et Ariana Vafadari

Baroque / Les esthétiques baroques circulent dans ce programme, composant une constellation lyrique et élégiaque où l'on croise l'élégance intemporelle de Purcell et Haendel, mais également les pulsations de Chemirani et les élans créateurs d'Ariana Vafadari. Un voyage où les baroques se démultiplient : tantôt irradiés de lumière, tantôt fêlés d'ombre, se laissant traverser par un Orient rêvé, des mémoires qui vibrent et hésitent et des voix qui déplacent l'ordre des récits. Le Quatuor Debussy, en connivence avec le Chœur Alter Echo et la chanteuse Ariana Vafadari, ne cherchent pas à restaurer un âge d'or mais à faire advenir l'éternel déplacement poétique de la musique.
FM

Quatuor Debussy et Ariana Vafadari. Un chant qui nous éveille
Samedi 10 janvier 2026 à 20h30 au Radiant-Bellevue (Caluire-et-Cuire) ; de 17 à 34€


James McVinnie

Minimalisme organique / Événement précieux serti dans la programmation de la Biennale de l'orgue, le programme du concert de James McVinnie s'articule autour de Dreamcatcher, parution Pentatone et véritable pierre de lumière dans le paysage contemporain. En explorant les rivages d'un répertoire visionnaire - de Nico Muhly à Meredith Monk, de Philip Glass à Bryce Dessner - McVinnie défait la verticalité de l'orgue, afin de l'amener jusqu'à ce point fragile où la matière sonore devient présence. Le concert nous offre alors l'espace d'une clairière intérieure, un lieu ouvert où l'on consent doucement à se perdre.
FM

James McVinnie. Attrape-rêves
Dimanche 11 janvier 2026 à 16h à l'Auditorium (Lyon 3e) ; de 17, 50 à 35 € - Dans le cadre de la Biennale de l'orgue


Frédéric Bobin et Michèle Bernard

Chanson / Né en 2018 à l'occasion de l'anniversaire de la revue Hexagone sur la scène d'A thou bout d'chant, le spectacle Balades Croisées a choisi la patience du temps long. Après avoir parcouru l'Hexagone, Michèle Bernard, figure tutélaire de la chanson française, et Frédéric Bobin, conteur à la sensibilité folk ciselée, ravivent ce cheminement commun, où l'accordéon et la guitare se répondent sans hiérarchie et les voix se mêlent dans un duo singulier. Deux soirées d'une précieuse intensité, caressées par l'ombre bienveillante d'Anne Sylvestre et portées par une certaine idée de la chanson comme lieu d'hospitalité, profondément humaniste et attentive aux êtres et aux territoires.
FM

Frédéric Bobin et Michèle Bernard. Balades croisées
Vendredi 16 et samedi 17 janvier 2026 à 20h30 à A thou bout d'chant (Lyon 1er) ; de 0 à 20€


Slam

Techno / Depuis plus de trente ans, le duo glaswégien, cofondateur de Soma Records, inscrit la techno dans un devenir presque vorticiste. Dans ce tourbillon d'impulsions, et sans s'abandonner à la dispersion, Orde Meikle et Stuart McMillan travaillent constamment la tenue. Qu'elle se fasse dense et martiale (Dark channel) ou dilatée et contemplative (Reverse proceed), leur musique organise le chaos sans l'abolir, proposant un espace collectif où la danse devient concentration, rituel, manière de rester debout quand tout s'assombrit.
FM

Slam
Samedi 17 janvier 2026 à 23h au Sucre (Lyon 2e) ; de 13 à 17€


La 7e symphonie de Mahler

Romantisme tardif / Les symphonies de Mahler sont toujours des œuvres-mondes échevelées, proposant des facettes musicales des plus hétérogènes (contrastes, changements de tonalités.)... La septième est un véritable tourbillon spiralé de contradictions, passant d'une atmosphère sombre aux rondes festives, du jour à la nuit, de la danse à l'immobilité, de l'amour à la féerie... Composée entre 1904 et 1905, nommée aussi « Le chant de la nuit », cette œuvre constitue pour beaucoup l'un des points d'orgue de la modernité musicale.
JED

La 7e symphonie de Mahler
Les 20 et 24 janvier 2026 à l'Auditorium (Lyon 3e) ; de 10 à 54€


Militarie gun

Post-hardcore / Avec God save the gun, Ian Shelton nous livre un document empli de pathos, une confession émotionnelle où l'autodestruction, omniprésente, ne triomphe pourtant pas, laissant affleurer un espoir irréductible. Hésitant entre rage et vulnérabilité, les textes s'incarnent dans un large panorama sonore qui transforme les fondations hardcore en formes plus ouvertes, mélodiques et immédiatement accrocheuses. Ici, la catharsis ne passe plus par la seule violence frontale, mais par un élargissement assumé du spectre musical, flirtant avec une sensibilité pop sans jamais renier l'urgence ni l'intensité.
FM

Militarie gun et Spite house
Dimanche 25 janvier 2026 à 20h à La Marquise (Lyon 2e) ; 22€


Louise

Opéra / Créé en 1900, ce roman musical emblématique du naturalisme français conjugue prose chantée, leitmotiv et vastes scènes collectives pour suivre l'itinéraire brisé d'une jeune ouvrière en quête d'émancipation. La mise en scène de Christof Loy, dévoilée lors du dernier Festival d'Aix-en-Provence, en révèle la face sombre : l'élan vers Paris devient dérive intérieure, marquée par l'emprise familiale et le fantasme. La scénographie épurée de Étienne Pluss dissout le pittoresque au profit d'un espace mental unique, tandis que la direction de Giulio Cilona, familier des équilibres entre théâtre et fosse, promet d'en épouser la complexité.
FM

Louise de Gustave Charpentier
Du 29 janvier au 8 février 2026 à l'Opéra (Lyon 1er) ; de 10 à 116€


Combust

Hardcore / Interprète prométhéen de la nouvelle scène hardcore de New York, Combust se situe quelque part entre Killing game et Madball, où le son se mue en cris lancinant et l'alternance tempo rapide/breakdown incarne la dynamique vitale entre intensification et relâchement. Avec le récent Belly of the Beast, le groupe nous confie la bande-son d'une survie citadine, traversée par l'ire ruminée en silence et que l'on hurle finalement dans le creux de chaque vers.
FM

Combust, Speedway et Big mouth
Jeudi 29 janvier 2026 à 20h à Warmaudio (Décines-Charpieu) ; 15€


Kompromat

EBM / Après une première œuvre en 2019, avec le massif Traum und Existenz, l'idylle sonore entre Rebeka Warrior et Vitalic a signé son retour en 2025 avec Playing/Praying, travail opérant une itération esthétique qui vise la pure euphorie. Proposant une nouvelle articulation de son imaginaire cyberpunk, à la fois ténébreux et spectral, Kompromat en intensifie les lignes de force, activant une zone de friction où le corps, la machine et le sacré entrent en résonance.
FM

Kompromat
Vendredi 30 janvier 2026 à 19h30 à Fiducial Astéria (Décines-Charpieu) ; 39, 90€


Naïssam Jalal Trio

Jazz / Dans un monde saturé et anxieux, la quête de l'invisible dessinée par la flûtiste et vocaliste française, en connivence avec Claude Tchamitchian à la contrebasse et Leonardo Montana au piano désactive toute instance prescriptive. Ce qu'elle poursuit, c'est une ascèse de l'oreille, une attention fine à la résonance, au souffle, à une spiritualité conçue non comme exclusive, mais comme profonde expérience intérieure partageable, vibration esquissant une utopique et salutaire communauté du souffle.
FM

Naïssam Jalal Trio
Samedi 31 janvier 2026 à 18h au Théâtre Jean Marais (Saint-Fons) - Dans le cadre su Saint Fons Jazz ; prix variables


Club x Astropolis

Rave / Astropolis est le nom d'un festival monté en 1995 à Brest, pionnier des festivals de musique électronique. Né des rave parties de la fin des années 80, il incarne à la fois un rescapé, un drôle d'aïeul et surtout une figure tutélaire, qui n'a jamais transigé à son esprit avant-gardiste. Pour célébrer cet héritage, le Néerlandais Legowelt, porteur de l'esprit rave et DIY des années 90 mariera son ésotérisme avec l'univers cinématographique du producteur français Cuften pour un live qu'on espère fourbi des nombreuses machines qui les accompagnent souvent : un synthétiseur Roland Juno-106, ou alors des boîtes à rythmes Elektron Analog Rytm ou Octatrack, qui sait. La soirée prendra un tournant futuriste avec le set d'un des protégés de Laurent Garnier, Madben, qui mêle textures modernes, acid et techno de Détroit. Swooh apportera une touche bretonne, avec ses rythmiques industrielles épurées.
LS

Club x Astropolis
Samedi 31 janvier 2026 au Sucre (Lyon 2e) ; de 13 à 17€


Bass drum of death

Garage / Originaire d'Oxford, Mississippi, le projet de John Barrett propose depuis une décennie et demie un son énervé et réjouissant, en perpétuel équilibre entre garage, punk et rude contribution corporelle. Après deux albums flirtant avec les territoires pop, leur sixième opus, sobrement intitulé Six, marque une évidente reconfiguration axée sur leurs archétypes sonores : la réactivation lo-fi d'un passé rugueux qui ne cesse de hanter le présent.
FM

Bass drum of death
Samedi 31 janvier 2026 à 21h au Périscope (Lyon 2e) ; de 8 à 16€