Anatomie d'un spectacle, aux Subs
Expérimentations / Les Subs proposent à la découverte gratuite plusieurs de leurs spectacles en cours de fabrication, une façon pour l'institution de valoriser ses artistes mais également les processus de création.
Photo : Habib Ben Tanfous ©Michiel Devijver
« L'idée est de faire découvrir des spectacles qui ne sont pas finis », décrit Juliette Lassard, secrétaire générale des Subs au sujet du nouveau temps fort du lieu vivant d'expériences artistiques, La création à toutes les étapes. En ce (pénible) début du mois de janvier on s'était presque habitué·es à chercher un peu de chaleur dans Sauve qui peut la vie, un festival hybride lancé en 2024, croisant les jeux vidéo avec des thématiques comme la crise environnementale ou la gastronomie. « Le site est en travaux depuis quelques mois, Stéphane Malfettes était sur le départ et on demeure dans une incertitude budgétaire. On se demandait si c'était une bonne idée de faire une troisième édition », explique Juliette Lassard. La structure a donc souhaité mettre en valeur sa fonction fondamentale, celle d'une "maison pour les artistes" accompagnant ces dernièr·es en résidence, à raison d'« une quarantaine de compagnies par an » précise-t-elle.
À lire dans Le Petit Bulletin :
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Rome ne s'est pas faite en un jour
Valoriser les transformations, les petites et grandes expérimentations ainsi que le travail de répétition : c'est le programme de La création à toutes les étapes, avec un peu moins d'une dizaine de spectacles distillés de janvier à mars, ayant tous pour point commun de n'être pas finis au moment de leur découverte par le public. Parfois rencontrés au début de leur travail de conception, les artistes peuvent tenter des improvisations ou des scénographies inédites qui seront explicitées lors d'un bord de scène à l'issue du spectacle. Le public est prévenu, le spectacle est gratuit, donc presque tout est permis. « Quelque part, cela nous permet de défendre le droit à l'expérimentation, de montrer la fragilité de la condition d'un artiste, les prises de risques, de rappeler qu'un spectacle est profondément vivant », témoigne Juliette Lassard.
Dès le 15 janvier, on retrouvera donc le clown libérateur et interactif de Rui Paixão dans Funny funny bones, ainsi que le travail contemplatif d'Habib Ben Tanfous, danseur et chorégraphe du solo très intime Ici je lègue ce qui ne m'appartient pas (2023). Aux Subs dans Orchestre vide, longing for you, il articulera son travail autour de l'expérience collective du karaoké pour creuser le sillon d'un espace voulu sensible, cathartique. La plupart des spectacles passeront dans l'année ou la suivante dans leur forme achevée, payants cette fois. L'occasion de pratiquer un petit avant/après et de s'immerger plus profondément dans la démarche de fabrication de cette fascinante matière organique qu'est le spectacle vivant.
La création à toutes les étapes
À partir du jeudi 15 janvier 2026 aux Subs (Lyon 1er) ; gratuit
