À Gerland, le site Debourg s'oriente vers un usage résidentiel
Aménagement urbain / La Métropole de Lyon a entériné la cession foncière de l'ancienne halle industrielle pour y édifier un ensemble de 81 logements sociaux et abordables.
Photo : Halle Debourg à Gerland Lyon 7 © Sarah Fouassier
L'angle de l'avenue Debourg et de l'allée Fontenay s'apprête à délaisser ses structures industrielles pour un usage résidentiel pérenne. Ce tènement de 3 600 m², qui a longtemps servi de refuge aux fresques éphémères de Peinture fraîche festival jusqu'en 2023, sera détruit à l'été 2026 pour accueillir un ensemble immobilier de 6 900 m² porté par Lyon Métropole Habitat. Le vote de la cession foncière par les élus métropolitains scelle la fin de l'urbanisme transitoire sur ce site pour laisser place à un bâtiment d'envergure incluant 81 logements dont 36 % de logements sociaux et 23 % de locatif intermédiaire, une crèche de 48 berceaux et un local commercial.
Ce choix de la collectivité répond à une asphyxie de l'offre locative avec près de 90 000 demandes de logements sociaux en attente dans la métropole en 2024 et où la pression foncière évince désormais mécaniquement les revenus intermédiaires.
Une architecture de terre et de bois
Face à la minéralité galopante de Gerland, l'agence AFAA Architecture a privilégié une conception dite frugale pour limiter l'effet d'îlot de chaleur urbain avec notamment l'utilisation du bois pour les exostructures des balcons et du béton de terre pour les socles des bâtiments. Chaque appartement sera traversant et 40 % de la surface du site restera en pleine terre, avec la création d'un petit bois en cœur d'îlot.
Le bail réel solidaire
Pour contrer l'inflation immobilière qui porte le mètre carré aux alentours de 4 800 € dans le secteur, le programme mise largement sur le bail réel solidaire (BRS) qui concerne 41 % des logements. Ce mécanisme de dissociation entre le bâti et le foncier permet de proposer des tarifs d'acquisition inférieurs de moitié aux prix du marché libre, rendant la propriété accessible à des ménages autrefois condamnés au parc locatif. Le BRS dispose d'un dispositif anti-spéculatif et fige la valeur du patrimoine de l'acquéreur car la plus-value à la revente étant strictement encadrée et indexée sur l'inflation.

