Au CHRD, des jeux de l'oie témoignent de l'histoire

Publié Mardi 3 février 2026

Histoire / Jusqu'au 7 juillet 2026, se tient au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon, l'exposition "La guerre en jeux". Une exposition qui aborde la Seconde Guerre mondiale sous l'angle de l'enfance et du jeu. Certains objets, comme les jeux de plateau, permettent de comprendre les changements profonds en cours.

Photo : CHRD Lyon - Le jeu du maquis @ Pierre Verrier

À la visite de l'exposition La guerre en jeux, il nous a été donné de voir de nombreux jouets, jeux et objets ayant appartenu à des enfants durant la Seconde Guerre mondiale. Deux jeux de l'oie, édités et créés à des périodes à la fois proches, et radicalement différentes illustrent les changements de régime, chacun placé dans l'espace expositoire dédié à la période à laquelle ils font référence.

Place aux jeunes !
Cet article a été rédigé par notre stagiaire de troisième, désireuse d'en apprendre le plus possible sur Le Petit Bulletin, du travail de la rédaction à celui des équipes commerciales, événementielles et annonces légales. Sur ses derniers jours de stage, elle s'est donc essayée au travail de journaliste.
- Découvrir l'article de la rédaction sur le sujet : Jouer malgré tout
Le premier, produit sous le régime de Vichy, s'appelle classiquement "le jeu de l'oie". Pour arriver à la ligne d'arrivée il faut, par exemple, être une "bonne mère" et s'occuper de son enfant. Les cases distillent des conseils sur ce que les jeunes filles doivent faire une fois devenues mères. Les cases "malus" évoquent des maladies ou encore la prison. Sur le plateau, il n'y a aucun symbole qui se rapporte directement au régime de Vichy, contrairement au deuxième plateau, produit après la Libération, sur lequel on peut voir la croix de Lorraine, les drapeaux des pays Alliés, et différents personnages (des soldat·es et des maquisard·es). Le maquis est l'un des symboles de la résistance française face à l'occupation nazie : c'est là que se retrouvaient des résistant·es, mais aussi, des jeunes qui ne voulaient pas se rendre au STO (service de travail obligatoire). Pour gagner la partie, il faut libérer la France : ce jeu dit "du maquis" reprend les codes du jeu de l'oie, mais en l'adaptant au contexte d'après-guerre.

Une autre différence apparaît entre les designs des deux plateaux : le jeu du maquis est plus simple, les dessins sont moins élaborés et il n'y a qu'une couleur par case, ce qui montre que l'économie n'est pas la même. Cette dernière est déjà affaiblie sous le régime de Vichy, à cause de la perturbation des échanges entre la zone libre et la zone occupée, les pénuries et les indemnités d'occupation payées à l'Allemagne. Cela met en lumière à quel point le contexte politique a une influence sur la vie quotidienne des Français·es, jusqu'à modifier leurs jouets et la façon dont ils et elles jouent. 

Article rédigé par Sophia Joassard-Manaudou

La guerre en jeux
Jusqu'au 7 juin 2026 au CHRD (Lyon 7e) ; de 0 à 6€

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