Rillieux-la-Pape : le CCN de nouveau frappé par un incendie

Publié Vendredi 27 mars 2026

Incendie / Le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape a été touché par un incendie dans la nuit du 24 au 25 mars. Dans un communiqué diffusé hier, celui-ci est qualifié de criminel. Joint par téléphone, son directeur Moncef Zebiri évoque une structure fragilisée, mais déterminée à maintenir son activité.

Photo : Le CCNR a été en partie endommagé par un incendie survenu dans la nuit du mercredi 25 mars © Photo fournie

Le sort semble s'acharner sur le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape. Déjà marqué par un incendie en 2017, le lieu doit aujourd'hui composer avec un nouveau sinistre qui, une fois encore, vient entraver son fonctionnement au moment même où une nouvelle dynamique était engagée.

Le feu s'est déclaré aux alentours de 4h30. Moncef Zebiri, directeur de la structure depuis septembre 2025, en a été informé au petit matin par une salariée vivant à proximité immédiate du site. « Elle m'a appelé en voyant les pompiers et les flammes », explique-t-il.

Selon les premiers éléments, l'incendie serait parti de l'extérieur, du côté des espaces dédiés aux costumes et aux décors, avant de se propager à une salle du rez-de-chaussée récemment rénovée et ouverte en février 2025. L'intervention rapide des secours a permis de contenir le feu, mais les dégâts sont conséquents. « Dans ce bâtiment, le problème, c'est plus l'eau que le feu. L'eau des pompiers a fait beaucoup de dégâts », précise le directeur.

Dans un communiqué transmis hier, la direction évoque la piste d'un incendie d'origine criminelle, sans que l'enquête n'ait, à ce stade, permis d'en établir les circonstances.

Une équipe dispersée, une organisation provisoire

Le CCNR doit désormais fonctionner sans une partie de ses espaces. « Pour l'instant, on est dans les loges », explique Moncef Zebiri, décrivant un repli temporaire loin des conditions habituelles de travail. Les quinze salariés permanents ont, pour l'essentiel, été placés en télétravail, en attendant de trouver des bureaux adaptés. « L'équipe est dévastée, parce qu'elle est empêchée de travailler normalement », confie-t-il.

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 La structure s'appuie par ailleurs sur son second studio mis à disposition par la collectivité, qui permet de maintenir une activité minimale sur place. Dans l'attente du passage d'un expert et des premières évaluations, l'équipe engage en parallèle des démarches auprès des assurances et recherche des solutions d'accueil plus pérennes.

Les pertes concernent principalement les outils de production - costumes, décors, accessoires -, autrement dit tout ce qui permet concrètement de fabriquer les pièces.

Maintenir le projet, malgré tout

Depuis la nomination de Moncef Zebiri, une dynamique s'était progressivement installée, avec une volonté de retisser des liens avec les habitants et les acteurs locaux. L'incendie vient en perturber le rythme sans en remettre en cause l'orientation.

Dans l'immédiat, l'enjeu est de préserver cette continuité. La Block school, dédiée à la pratique amateure pour les enfants, sera maintenue dès la semaine prochaine dans le studio de la Velette, tandis que d'autres activités pourraient être accueillies à l'école adjacente. Pour les compagnies invitées, des solutions sont en cours de discussion avec des partenaires du territoire, notamment à Rillieux.

« L'idée, c'est vraiment de maintenir les activités et de s'appuyer sur les structures qui peuvent nous accueillir », insiste le directeur. Plusieurs propositions d'accueil ont déjà été formulées par des structures culturelles de la métropole et de la région, permettant d'envisager des solutions temporaires pour les résidences et les créations.

Ses propres pièces, majoritairement diffusées en tournée, ne sont pas directement affectées. Mais pour le travail de création sur place, la situation reste plus incertaine, le CCNR ne disposant désormais que d'un seul studio.

À plus long terme, tout dépendra des conclusions de l'expertise et de l'ampleur des travaux à engager. En attendant, l'équipe avance par étapes avec le soutien des tutelles et des collectivités. Plusieurs rendez-vous sont maintenus, dont une fête prévue en juin, pensée avec les habitants et appelée à s'adapter aux contraintes du moment.