Sommet "One Health" à Lyon : la santé globale au défi du pragmatisme budgétaire
Sommet / Clôturé hier mardi 7 avril à la Cité Internationale à Lyon par Emmanuel Macron, le premier sommet international One Health a tenté de sceller une alliance entre santé humaine, animale et environnementale. Malgré des avancées techniques sur l'antibiorésistance, l'événement a été marqué par une présence diplomatique restreinte et un désengagement financier français qui fait grincer des dents les humanitaires.
Pendant trois jours, Lyon - berceau historique de la vaccinologie et hôte de l'Académie de l'OMS à Gerland - a tenté de réconcilier le sort de l'humain, de l'animal et de l'environnement. Le grand chantier annoncé de ce sommet est la création du One Health data convergence. Cet outil doit permettre de mutualiser les données sanitaires mondiales afin de mieux éclairer les politiques publiques.
Le sommet a également mis l'accent sur l'urgence de l'antibiorésistance. Ce phénomène, qui voit les bactéries devenir insensibles aux traitements actuels à cause d'un usage excessif d'antibiotiques chez l'homme et l'animal, est considéré comme une menace mondiale majeure. Pour y répondre, un pacte international a été scellé afin de restreindre l'usage de ces médicaments et de motiver la recherche de nouveaux traitements.
Une diplomatie en comité restreint face au tarissement des fonds
Malgré l'étiquette « internationale », le tapis rouge lyonnais a semblé bien vaste pour le peu de chefs d'État ayant répondu à l'appel. En dehors du Botswana, du Cambodge, du Ghana et de la Mongolie, les rangs des dirigeants mondiaux étaient clairsemés. Une absence de poids politique qui résonne avec une tendance plus inquiétante : le désengagement financier. Si l'Alliance du vaccin (Gavi) - qui unit l'OMS, l'UNICEF, la Banque mondiale et la Fondation Gates - promet d'engager 600 millions de dollars, et que la Banque mondiale annonce mobiliser 750 millions d'euros sur quatre ans, ces chiffres sont en réalité en deçà des besoins identifiés par les ONG.
Surtout, Emmanuel Macron est reparti de Lyon sans avancer de calendrier précis ni de budget alloué pour concrétiser les promesses du sommet. Et si la France s'affiche en meneuse, le timing interroge les observateurs. Paris a en effet annoncé une coupe dans ses contributions consacrées à la santé mondiale notamment au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, passant de 1, 6 milliard d'euros à 660 millions pour la période 2026-2028. Un désengagement qui a fait bondir des associations comme Médecins sans frontières, malgré les dénégations de l'Élysée qui assure vouloir maintenir son influence politique et financière en matière de santé mondiale.
