Cuivres en Dombes

Lancelot, « je me sers des petites choses de la vie »

Publié Jeudi 18 juin 2026

Chanson française / Auteur-compositeur-interprète originaire de l'Alpe d'Huez, Lancelot sera sur la scène de Musilac jeudi 9 juillet. Une occasion de découvrir son univers pop.

Photo : Lancelot ® Elisa Baudoin

On dit de vous que vous incarnez une nouvelle masculinité, à la fois sensible et pudique. 

Lancelot : Je suis juste moi ! Un artiste qui essaie de servir un peu de Doliprane aux gens. Au travers de ma musique, j'ai envie qu'ils puissent s'évader, penser à autre chose que leur quotidien, mais aussi se reconnaître, se raccrocher à quelque chose qui leur est propre. Ce qui est un peu paradoxal ! Pour cela, j'accorde beaucoup d'importance aux textes. J'y mets ce que je vis, ce que j'observe, ce que j'entends.

Vos chansons explorent des sujets universels : nos failles, nos attentes, nos doutes, nos désirs inassouvis... Comment abordez-vous l'écriture ?

Lancelot : Je suis assez exigeant envers moi-même ! Des thèmes, il n'y en a pas des millions, une vingtaine peut-être. J'essaie surtout de trouver un angle différent. Pour exemple, le single Madame, sorti il y a un an, raconte l'histoire d'un garçon malmené par sa copine. Il râle au sujet de son comportement mais, en même temps, accepte tout par amour et "fait le canard" [expression souvent utilisée pour décrire un homme qui en fait trop pour impressionner une femme ndlr]. Il y a souvent une pointe d'humour dans ce que j'écris. Je recherche des images assez graphiques, car j'ai l'impression que, pour toucher les gens, il ne faut pas être dans les grandes envolées lyriques, mais plutôt dans les petites choses de la vie. Un peu comme un plaid qu'on met sur une personne qui s'endort sur le canapé.

Si vos textes sont parfois difficiles, les mélodies sont paradoxalement plutôt entraînantes, voire dansantes. Est-ce un contre-pied volontaire ?

Lancelot : Quand j'ai commencé à faire de la musique, je me suis dit : « Si les gens n'écoutent pas les paroles, autant qu'ils dansent ! » D'autant plus que j'adore moi-même danser et que je suis assez énergique sur scène. Par ailleurs, j'aime bien l'idée d'aborder des thèmes sociétaux, qui ne sont pas forcément ultra-joyeux, sur de la musique qui, elle, a vocation à l'être. Dans mon premier EP, j'ai écrit une chanson qui s'appelle Albert, dans laquelle je mets en scène ce patriarche qui, lors des repas de famille, prend la parole pour dire des folies. Je mets l'accent sur ce personnage en le faisant danser.

Quelles sont vos inspirations musicales ?

Lancelot : J'ai grandi avec la musique des années 1960-1970 : Brel, Brassens, Barbara, Aznavour, Christophe... Ces artistes mettaient les textes en avant, ce à quoi je suis extrêmement sensible. Par la suite, quand j'ai commencé la musique, j'ai beaucoup regardé les vidéos de Stromae, dans lesquelles il décomposait une chanson jusqu'à lui faire prendre vie. Derrière mon ordi, je fais comme lui. C'est un peu comme s'il avait été mon prof. Donc, il y a forcément un peu de Stromae dans mes compositions.

Vous avez récemment sorti un nouveau single : Un homme seul. Quelle est l'histoire de ce titre là ?

Lancelot : C'est un titre dans lequel je parle de solitude. Mais je ne voulais pas le faire de façon "pleurnicharde". Je voulais le faire avec le torse bombé, avec panache et fierté. C'est une chanson que j'ai écrite en observant les gens seuls en club de vacances, qui sont entourés, mais qui se sentent quand même extrêmement seuls.

Musilac
Du 9 au 12 juillet 2026 à Aix-les-Bains (Savoie) ; 79€ la soirée

Propos recueillis par Prune Vellot

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