JO 2030 : Lyon récupère les sports de glace

Publié Vendredi 5 juin 2026

Attribution / Le transfert des épreuves de glace vers Lyon a été validé par le bureau exécutif d'Alpes 2030. Derrière cette décision se cachent plusieurs mois de désaccords autour du projet niçois et une volonté affichée de réduire les coûts d'organisation.

Photo : France-Allemagne aux Jeux olympiques en hockey sur glace féminin lors des JO 2026 Milan-Cortina © Éric Salard, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pendant près de deux ans, il était convenu que Nice devait accueillir l'ensemble des sports de glace des Jeux olympiques d'hiver 2030. Hockey sur glace, patinage artistique, curling ou short-track devaient constituer l'un des principaux pôles olympiques en dehors des stations alpines. 

Réuni le 4 juin, le bureau exécutif d'Alpes 2030 a finalement validé le transfert de ces disciplines vers la métropole lyonnaise. La décision doit encore être définitivement entérinée à la fin du mois par le Comité international olympique, mais elle ne fait désormais plus guère de doute.

Cent millions d'euros d'écart

À l'origine, les organisateurs envisageaient notamment l'installation de patinoires temporaires autour du stade niçois, l'Allianz Riviera, afin de concentrer les disciplines de glace dans un même secteur. Une solution coûteuse et complexe sur le plan logistique.

L'élection d'Éric Ciotti (LR) à la mairie de Nice a encore compliqué le dossier. Le maire s'est opposé à une immobilisation prolongée du stade utilisé par l'OGC Nice, poussant les organisateurs à chercher d'autres solutions. Dans le même temps, Lyon mettait en avant des équipements déjà disponibles, notamment la LDLC Arena et plusieurs patinoires existantes. 

Si la métropole lyonnaise a finalement été retenue, c'est aussi parce que les responsables locaux se sont rapidement positionnés en faveur du projet. Dès le printemps, le maire de Lyon écologiste Grégory Doucet avait proposé la candidature de la ville pour accueillir les disciplines de glace, mettant en avant les patinoires municipales ainsi que les capacités d'accueil du territoire. Après plusieurs semaines de prudence, la présidente de la Métropole de Lyon Véronique Sarselli (LR) avait à son tour apporté son soutien à cette perspective, estimant que l'accueil des épreuves constituerait une opportunité pour le rayonnement et l'activité économique de l'agglomération.

Mais l'argument qui a probablement le plus pesé est surtout financier. Selon la ministre des Sports Marina Ferrari, le transfert vers Lyon permettrait de réduire la facture d'environ 100 millions d'euros, or, la candidature française avait été retenue justement sur la promesse de Jeux limitant les nouvelles constructions et s'appuyant au maximum sur des infrastructures déjà existantes.

Un dossier encore sensible

Cette décision intervient dans un contexte agité pour le Cojop. L'ancien athlète Martin Fourcade qui avait été pressenti pour la direction générale s'est retiré des discussions autour de la gouvernance avant la création effective du comité d'organisation. Plus récemment, le directeur général Cyril Linette a quitté ses fonctions le 25 février, invoquant des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.

Le 11 mai 2026, le bureau exécutif a nommé Vincent Roberti pour lui succéder. Alors préfet de Tarn-et-Garonne, il a pris la direction générale du Cojop à quelques semaines de la validation définitive de la carte des sites.