Refaire le monde autour d'un film

François Cau | Lundi 31 octobre 2011

Festival / Pour leur quinzième édition, les rencontres Ethnologie et Cinéma prennent en considération les différentes crises secouant actuellement notre monde décidément bien fragile, et grand bien leur en prend. Si les précédentes moutures de l'événement étaient parvenues, à l'aide de productions aventureuses toujours pertinentes, à nous faire découvrir des mœurs et des civilisations peu accessibles, cette cuvée 2011 consacre une large partie de sa programmation aux chocs des cultures, aux migrations et intégrations aux idéaux brisés. Il en va ainsi du troublant et très beau documentaire Nostalgie de la lumière, présentée en ouverture des rencontres : situé au Chili, dans le désert d'Atacama, le film confronte les observateurs en astronomie venu profiter de la clairvoyance de ce spot unique au monde, et les familles en quête des restes humains de leurs proches, victimes de la dictature de Pinochet… La deuxième semaine de projections s'axera quant à elle, de façon plus inattendue, sur les questionnements autour du travail, avec en particulier les deux documentaires que Pierre Carles a consacré au sujet, Attention danger travail et Volem Rien Foutre Al Pais. Des points de vue iconoclastes sur des thématiques brûlantes, annonciateurs de débats enflammés.
FC

15e Rencontres Ethnologie et cinéma
Du 3 au 20 novembre, lieux divers.

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Ethnologie et Cinéma : un siècle à hauteur d’Homme

ECRANS | Zoom sur la vingtième édition du fameux festival grenoblois.

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Ethnologie et Cinéma : un siècle à hauteur d’Homme

Limiter le cinéma à un langage au service du divertissement n’aurait aucun sens : le 7e art sait aussi être un outil d’exploration du monde et le relai d’un regard curieux, sans se montrer scrutateur ni indiscret, sur ceux qui le peuplent grâce à ces scientifiques particuliers que sont les ethnologues. Il n’est d’ailleurs pas indifférent que de grands cinéastes de fiction (ceux pour qui le cinéma tient parfois de la transe ou d’une forme de sorcellerie contemporaine) se soient frottés à l’exercice ethnographique. Volontiers rétrospective, et accompagnée par de très nombreux "passeurs" (critiques, chercheurs…), cette vingtième édition des Rencontres Ethnologie et Cinéma permet de s’en rendre compte en parcourant le siècle écoulé. Si les projections de l’énigmatique Šarūnas Bartas (Tofolaria), du militant René Vautier (Afrique 50) ou du Québécois Pierre Perrault (La Bête lumineuse) ont lieu en ouverture, tout comme l’avant-première du film rhônalpin Gorge, cœur, ventre de Maud Alpi, la suite de la semaine ne manque pas d’at

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Pierre Carles mardi soir au Club

ECRANS | Franc-tireur depuis, déjà, un quart de siècle, vitrioleur de la complaisance entre les médias et les sphères de pouvoir, compagnon logique de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Pierre Carles mardi soir au Club

Franc-tireur depuis, déjà, un quart de siècle, vitrioleur de la complaisance entre les médias et les sphères de pouvoir, compagnon logique de la fin de route de Pierre Bourdieu, Pierre Carles est un documentariste précieux. Et pas du genre à polluer le silence par des interventions inutiles : chacun de ses films contribue au débat, corrigeant les biais d’une information sclérosée ; chaque projection-rencontre dissipe les torpeurs. En compagnie de Nina Faure, il vient d’achever le second volet de On revient de loin, son enquête sur le président équatorien Rafael Correa. Les voici prêts à rendre leur verdict à Grenoble sur ce chef d’État souverainiste de gauche au pouvoir depuis dix ans. Pour cela, rendez-vous mardi 18 octobre à 20h15 au Club.

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Merci Patron !

ECRANS | Jusqu’alors peu connu du grand public, le journal alternatif "Fakir" s’offre un splendide coup de pub en divulguant son opération de flibuste victorieuse contre la deuxième fortune française Bernard Arnault. De l’extorsion de fonds ? Non ; de justes représailles… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 23 février 2016

Merci Patron !

Le patron de Fakir, François Ruffin, doit jubiler du bon tour qu’il joue à Bernard Arnault, inflexible capitaine d’industrie aussi jaloux de ses profits que de sa discrétion. Car avec son documentaire branquignolesque, tenant plus du carnet de notes filmé potache que de l’investigation orthodoxe, il dresse non seulement un bilan de “l’action bienfaisante” du brillant milliardaire au sein des filatures de Nord-Picardie, mais il donne surtout des visages et des noms à ses victimes directes : les Klur, une famille d'ouvriers déclassés promis à une misère noire. Puisque Bernard Arnault a fabriqué sa fortune en pratiquant de-ci de-là des entorses à la vérité (prétendant, par exemple, que sa marque Kenzo fabriquait en France alors que les usines étaient délocalisées en Pologne ou ailleurs), et de grosses fractures à l’éthique (si ce n’est pas amoral d’entasser autant de fric par pure avidité, en laissant crever toute une région…), Ruffin use de ruses pour lui faire restituer une partie de son butin. Ses armes principales étant la menace de bruit médiatique et son air de crétin inoffensif ; parfait pour tourner en ridicule un hyper-patron. Comment se paye

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Le(s) déserteur(s)

ECRANS | Avec Volem rien foutre al pais, Pierre Carles poursuit son projet filmique et politique autour de la question du (non) travail, et revendique son indépendance actuelle. Interview. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 21 mars 2007

Le(s) déserteur(s)

Que représente pour vous la sortie en salles de vos films ? Pierre Carles : Depuis Pas vu, pas pris, mes films n’ont en effet pas été vus ailleurs qu’au cinéma, ils ont un peu circulé en échange gratuit sur internet. Mais leur visibilité est surtout liée aux salles art et essai, pas aux salles de cinéma, ils ne passent pas dans les multiplexes. On a réussi avec des petits films bricolés à toucher en moyenne 100 000 personnes, ce qui n’est pas ridicule. Mais ce n’est pas seulement un acte politique, c’est aussi une nécessité économique, et les salles trouvent leur compte à passer ce genre de films. Est-ce une manière de répondre au discours ambiant et télévisuel par un discours de résistance qui se tient sur d’autres écrans ? La question, c’est d’abord de produire des films indépendants qui ne sont pas sous influence, en tout cas pas sous l’influence de la télévision. Les recettes de Pas vu, pas pris ont permis de continuer à produire sans le financement de la télévision, ni des institutions d’ailleurs. Volem rien foutre al païs est le premier à obtenir des financements institutionnels mais on ne les a pas laissés intervenir dans le contenu. Seules les entrées en salles nous fina

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