Légendes à Fourvière

La Samaritaine fermée, Les Nuits de Fourvière, par l'éclectisme étonnant de leur programmation 2005, peuvent récupérer leur slogan : "On trouve de tout aux Nuits de Fourvière". Christophe Chabert

Depuis trois ans, Les Nuits de Fourvière ont pris un virage pertinent, impulsé par une nouvelle équipe décidée à dépoussiérer les habitudes prises par le festival lyonnais (organisé par le département du Rhône). Finies les créations théâtrales de fin d'année académiques au possible, terminé le défilé de stars musicales en bout de tournée (et parfois à bout de souffle). Les Nuits de Fourvière privilégient aujourd'hui l'événement au sens fort du terme : de la création vraiment inédite, des concerts avec des artistes rares, des soirées basées sur des rencontres thématiques riches de sens... Pas de grande théorie artistico-culturelle là derrière cependant : Les Nuits de Fourvière conservent leur caractère généraliste et grand public, proposant une saine diversité et un réel éclectisme. Un festival populaire, au meilleur sens du terme.

Mat et mythes

C'est vrai qu'on pourrait ricaner sur la présence cette année de la prime lauréate de la Star Ac', Jenifer et ses teen jérémiades générationnelles (et de son corollaire rock acnéique, les lourdauds de Kyo), ou encore gloser sur le retour des Choristes pas loin de leurs pénates sacrées, pour ce qui devrait être un de leurs derniers concerts, les petits ayant bientôt l'âge de former un groupe de hardcore... Plus étonnante, la présence de Lenny Kravitz, dont on pensait qu'il avait sombré dans le camp des has been, et dont les places se sont littéralement arrachées en quelques jours ! Autre concert d'ores et déjà sold out, et on comprend pourquoi, celui de Keith Jarrett (avec Jack DeJohnette et Gary Peacock) : Jarrett a jalonné sa carrière de concerts légendaires qui ont assis sa réputation de pianiste virtuose, improvisateur de génie capable de captiver le public par ses relectures jazz piochées à travers l'histoire musicale. Dans les théâtres romains de Fourvière, le mythe va rencontrer les Dieux !

Soul men

Des Dieux antiques aux divinités païennes, il n'y a qu'un pas que les Nuits de Fourvière franchiront plus d'une fois cette année : avec la venue de deux poids lourds (surtout un, littéralement) de la soul music : Isaac "Shaft" Hayes et Solomon Burke. Le second a bâti sa réputation sur ses shows scéniques (grâce à la présence de ses choristes-épouses et à sa manière bien particulière de gérer son embonpoint, passant la plupart du concert sur un trône !). Quant à Isaac Hayes, il a (avec Curtis Mayfield, indisponible ce soir-là pour cause de trépas) véritablement donné à la soul ses tubes de noblesse, avant de devenir une authentique icône, exportant son image (et sa voix) à la télé (Chef dans South Park) et au cinéma (le Duke dans New-York 1997). Paganisme aussi avec la Nuit Bollywood, qui s'intéressera non pas à son versant cinématographique, mais à ses bandes-sons via les relectures qu'en font deux français, Pascal of Bollywood (pour les profanes) et Olli and the Bollywood Orchestra (pour les aficionados). En guise de dessert à cette soirée made in India, le Jaipur Kawa Brass Band mêlera musique et danse, tandis que l'homme à tout faire Richard Bellia fera office de Dj passe-plat pendant les changements de plateau. Il se murmure même qu'une surprise cinématographique lyonno-bollywoodienne sera réservée aux spectateurs cette nuit-là. Mais encore... On listera pêle-mêle les autres événements de ces Nuits à tiroirs : une soirée consacrée à l'afro-beat en hommage à son grand prêtre Fela Kuti (voir ci-dessous), avec notamment le plus jeune de ses fils, Seun Kuti. Une nuit électro-pop avec les revenants montpelliérains de Rinôçérôse, les très lounge Télépopmusik et la sensation LCD soundsystem. La rencontre attendue entre Jeanne Cherhal et Vincent Delerm, deux beaux poulains du désormais incontournable label Tôt ou tard (qui fête ses dix ans cet été). Et un final où l'on pourra apprécier les talents de chanteuse d'Agnès Jaoui (avec un répertoire hispanisant au possible) et les prouesses acrobatiques, pyrotechniques, musicales et théâtrales de la troupe allemande du Pan.Optikum. Et on est loin encore d'avoir fait le tour de cette luxueuse parade estivale...

Les Nuits de Fourvière, jusqu'au 5 août (Théâtres Romains de Fourvière, Lyon 5e)

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